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Dim 19 Mar - 19:47
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L'épée au niveau de ma hanche, l'arc à la main, Ninquelotë sur mon épaule, rien ne pouvait me porter préjudice. Ni les regards de certains passants qui se demandaient pourquoi je portais une cape, ni les doigts des enfants pointés sur moi et mon écureuil, ni même le soleil qui menaçait de me réduire en cendres. J'allais au palais, voir si il n'y avait pas quelque chose à faire, une mission à me confier. Après tout, j'étais membre de la garde royale, je devais faire passer ma Reine avant tous les autres. Même avant mon propre bonheur. Question de priorités, et je n'avais pas le choix. J'avais prêté serment devant des tas de personnes, devant Elwing, j'étais dans l'obligation d'obéir.
Je posais mes pieds sur le sol, la semelle de mes chaussures de combat à la perceptible tant je les portais. Ma peau en grande partie dénudée sentait l'odeur des bois, cette odeur si spéciale que j'avais naturellement. Une mèche de cheveux violette s'échappa de ma cape, volant selon le bon vouloir de la légère brise qui faisait voler quelques plumes abandonnées par des volatiles. Un simple coup d'oeil de mes prunelles bleues dissuadaient les habitants de venir satisfaire leur curiosité en enlevant ma cape. J'inspirais le respect, et non pas la peur. Mais le respect ici se traduisait souvent par des actions proches de la peur. Mon sourire en coin montrait ma gentillesse.
Un papillon qui voletait un peu partout fut la pauvre proie de Nin, qui avait décidé de jouer tout en m'accompagnant. Son pelage blanc était brossé, lavé, elle aussi inspirait un respect et elle avait en plus de ça une grandeur et une prestance, malgré sa petite taille. On ne se prosternait pas devant nous, nous n'étions que des gardes, mais notre physique montrait bien qu'il ne fallait pas venir nous chercher des noises. Elle jouait avec un papillon, sans pour autant s'éloigner de moi. Quel étrange duo nous formions, et surtout quel étrange lien nous unissait. Tous autour de nous voyait qu'une simple oeillade d'un côté ou de l'autre faisait changer le comportement de l'animal à mes côtés.
Alors que nous arrivions au centre de la ville, non loin du palais, un attroupement qui bloquait le passage attira mon regard. Sans prévenir, je changeais de direction afin d'aller moi-même régler les histoires. Un chariot devant qui j'avais coupé allait s'énerver, quand il aperçu mon arme, décoré du signe de la garde royale. Il ne fit alors aucun commentaire, préférant sourire. Je me dirigeais droit vers le groupe, entendant des bruits de coups. Je levais les yeux au ciel, certaine de devoir séparer deux marchands pas en accord sur la valeur d'un produit, ou une broutille semblable. C'était assez fréquent, dans Drayame. Mes yeux se posèrent sur les combattants et je décidais de faire partir la foule :

Retournez à vos activités, ce n'est pas un champ de foire ! Allez, du balai !

Les passants, mécontents de se faire jeter de la bagarre, reprirent leur train de vie, grommelant dans leurs barbes. Je me tournais vers les combattants, qui ne s'étaient pas arrêtés pour autant. Mes yeux se posèrent sur celui en mauvaise posture, avant que le plus fort ne lève son arme pour l'abattre sur lui. Si son geste assassin avait atteint sa cible, cela aurait sûrement été mortel. Seulement, bien plus rapide que lui, j'avais sorti mon épée et ma lame avait rencontrée la sienne dans un grand bruit de métal. Je m'interposais entre eux, mes yeux plantés dans ceux de l'homme. Il se remit en position d'attaque, mais je m'étais déjà détournée de lui. Il ne m'intéressait pas, cet idiot.
Je me penchais sur l'homme à terre. Même aussi mal en point, je le reconnaissait. Il avait partagé mon lit, même si ses derniers mots avaient été durs et blessants. Je posais une main sur sa joue, il était encore conscient. Un fin sourire prit place sur mes lèvres. Malgré ses paroles, je n'arrivais pas à lui en vouloir. Je traçais de tendres ronds sur sa joue, l'observant. J'en avais oublié l'autre homme.




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Mar 21 Mar - 19:46
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Je ne sais pas ce que j'avais foutu pour me retrouver dans une telle situation... Un combat. Si j'avais pu le régler d'une façon positive, je ne me serais pas inquiété. Sachant qu'au départ, je m'étais juste interposé par bonté de cœur, parce qu'un marchand s'était retrouvé dans une situation plutôt délicate, en compagnie de jeunes gens, de bandits, plutôt casse-pieds. Héroïquement, j'avais voulu l'aider. Et la situation avait vite empiré, parce que ces idiots avaient eu la bonne idée d'appeler du renfort, histoire de pouvoir bien me tabasser, pour pouvoir ensuite s'en prendre au marchand. Et ceux à la vue de tous, sans aucune gêne quelconque.

C'est alors que je suis passé à l'acte. Et je me suis fait remballer. Malgré ma musculature bien développée, disons suffisamment pour pouvoir me battre à mains nues face à des hommes armés, je ne faisais pas le poids contre autant de personnes. Je me suis donc fait mettre à terre, et j'ai été sauvé par une jeune femme que je ne pensais pas revoir de sitôt. Luinil. En effet, je me souvenais clairement d'elle. Je n'avais pas encore perdu la mémoire. Cependant, elle semblait plus s'attarder sur mon cas, que sur nos adversaires. Moi, avec le brouhaha environnant, je n'avais pas entendu arriver cette dernière. J'étais par ailleurs bien content de l'avoir, et d'avoir reçu son aide, cependant, avec sa réaction, elle n'allait pas beaucoup m'aider, au final. Elle s'amusait à faire des ronds avec son doigt sur ma gueule. Et moi, d'un œil soi-disant distrait, j'observais nos adversaires qui se rapprochaient. Il fallait que je sois le plus rapide. Même si je savais qu'elle était capable de se protéger bien plus facilement que moi…

Cependant, pour une raison que je ne compris pas de suite, je voulais la rassurer, même si je savais que j'allais lui dire quelque chose qui allait avoir l'effet inverse. En effet, depuis quelques secondes, mon esprit, même si je ne le possède pas, et qu'il ne m'appartient pas, ce bon vieux Almodeus, c'était amusé à m'envoyer des messages mentaux, pour me dire d'activer son pouvoir et d'abandonner mes souvenirs, en échange de la puissance qui me permettrait de sauver tous les gens étant présents ici. D'un côté, je refusais cette idée. Je ne voulais pas perdre la mémoire à nouveau, et n'avoir plus qu'une vague impression d'avoir connu l'elfe « morte ». Et pourtant, d'un autre côté, il devenait évident que vu leur nombre, même si elle était forte, elle ne pourrait pas faire le poids. Et puis, je pouvais très bien demander à Almodeus de me donner quelques informations une fois que j'aurai perdu la mémoire, afin que je puisse me resituer. Il avait d'ailleurs prit cette habitude depuis le début, c'est pour ça que je savais à peu près qui j'étais à chaque fois, sans trop en savoir non plus. Par exemple, tout ce que je sais, c'est que je viens d'une région lointaine que selon lui personne ne soupçonne. En gros, je débarque de nulle part. Ça me fait d'ailleurs penser qu'il ne m'a jamais rien dit sur sa propre existence, mais en l'occurrence, ce n'était pas le plus important…

D'ailleurs, il commençait à apparaître au-dessus de mon corps. Dans sa grande bure blanche à capuche, avec son masque doré et ses yeux lumineux, il flottille au-dessus de moi, en essayant de faire reculer les bandits, par sa simple présence. Cependant, étant donné qu'il ne faisait rien d'autre, les bandits ont fini par continuer à avancer. C'est alors qu'il s'exprima directement à moi, sans prendre la peine de me parler à travers mon esprit. Je n'osais imaginer la tête que feraient ces gens ainsi que Luinil, lorsque j'activerais le pouvoir du pacte qui nous reliait, lui et moi.

– Axel, il est l'heure. Par le contrat qui nous lie, je t'offre mon pouvoir. Et par ce même contrat, tu honores ce que tu me dois. Je réclame ainsi une énième fois tes souvenirs. En échange je te permets de devenir un chevalier déchu. Un chevalier obscur, plus noir que les ténèbres, guidé par un cœur de lumière, qui lui sera plus lumineux et plus puissant que les anges eux-mêmes. Tu n'es ni le mal, ni le bien. Tu es le statut quo. Tu es le Chevalier Noir... Par ton armure digne du diable, et ma magie digne d'un dieu, je t'offre la puissance de sauver ceux qui te sont chers. Lança-t-il sur un ton complètement solennel et cliché...

– Arrête ton char et lance le pacte. On n'a pas le temps d'attendre. Et s'il te plaît, ne fait plus de formulation à la con, tu me fatigues… Et... Pardon d'avoir caché ça, Luinil. Lâchais-je en soupirant.

Il attendit que je me redresse, sans adresser un regard à quiconque, puis dans un geste étrange, il me serra la main et entama ma transformation dans un nuage de flammes bleutées. Je ne vais pas m'étendre sur ma transformation, mais je peux vous dire que j'avais la "classe" et une énorme épée, ainsi qu'une cape littéralement faite d'ombres, que j'ai tendance à retirer, à faire disparaître. Toutefois, cette transformation a évidemment un malus. Si je reste transformé trop longtemps, il y a un risque que je passe en mode bestial, un mode plus agressif, avec une forme plus agressive, et que je ne me contrôle plus. Ainsi, je détruirai toute forme de vie dans un rayon de plusieurs kilomètres, avant d'être satisfait, ou plutôt, jusqu'à l'épuisement. Et dès que je suis épuisé, je redeviens normal. Mais ça c'est pour la petite anecdote.

Maintenant, d'un pas lourd, je me dirigeais vers mes victimes pour les achever, tandis que ma lame, ma lourde lame, avait tendance à traîner sur le sol. Une lame lourde pour les hommes, une lame que je voulais lourde en apparence, mais en réalité j'avais beaucoup de facilité à la manier, grâce au pouvoir de mon ami l'esprit. À supposer que je puisse appeler ça un ami, au passage. Par contre, ce qui était sûr, c'était que les bandits n'allaient pas survivre… J'allais leur faire payer le prix de leur stupidité. Quitte à passer pour un monstre. Et ce devant une femme qui me prenait pour un ange. Car si j'étais un ange, j'étais déchu…

PS : apparence en armure => http://img14.deviantart.net/8255/i/2011/055/1/1/monster___dark_knight_ver__1_2_by_reaper78-d3a9tak.jpg


Sam 1 Avr - 0:10
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Pourquoi cela devait se dérouler ainsi ? Pourquoi est-ce-que le passé m'avait rattrapé ? Pourquoi devais-je, malgré moi, retrouver face à moi celui qui avait partagé ma couche, mon corps, ma maison, avant de m'abandonner comme si je n'était qu'une simple fille de joie ? Et surtout, pourquoi étais-je venue l'aider, au lieu de le laisser se débrouiller ? Mes sentiments à son égard étaient donc vrais, même si je tentais de me persuader du contraire. J'avais essayé de l'oublier, de passer à autre, chose, et quand j'avais réussi, le voilà qui revenait me poursuivre alors que je ne le désirais pas. E ne comprenais pas le Destin.

Alors que je perdais mon regard sur lui, il regardait ailleurs. Plus loin que mon épaule, plus loin que Nin qui s'y était installée. Il regardait les autres, qui s'approchaient dangereusement, je le sentais, dans mon dos. J'allais me retourner pour les empêcher de s'en prendre à mon homme, mais il fut plus rapide. Ou du moins, quelque chose en lui fut plus rapide. Je m'étais reculée, et alors que je m'apprêtais à me retourner pour leur enfoncer mon épée et mes flèches entre leurs côtes pour être sûre qu'ils ne recommenceraient pas, une chose attira mon œil avisé. Je tournais mon visage face à lui, surprise.

Un truc blanc s'étendait au dessus de lui, comme une ombre à mi-chemin entre l'être et le simple brouillard. J'aurais presque pu le toucher, mais je craignais qu'en faisant cela, il ne s'évapore comme un simple volute de vent. Mes yeux observaient cet étrange chose, tout en essayant d'en déterminer l'origine, sachant que cela provenait de Lui. Rapidement, un masque doré et des genre d'yeux lumineux firent leur apparition. Ce qui eut pour effet de faire arrêter un instant ceux qui approchaient, mais qui reprirent rapidement leur marche. Alors une voix venue d'ailleurs s'exprima à mon compagnon :

Axel, il est l'heure. Par le contrat qui nous lie, je t'offre mon pouvoir. Et par ce même contrat, tu honores ce que tu me dois. Je réclame ainsi une énième fois tes souvenirs. En échange je te permets de devenir un chevalier déchu. Un chevalier obscur, plus noir que les ténèbres, guidé par un cœur de lumière, qui lui sera plus lumineux et plus puissant que les anges eux-mêmes. Tu n'es ni le mal, ni le bien. Tu es le statut quo. Tu es le Chevalier Noir... Par ton armure digne du diable, et ma magie digne d'un dieu, je t'offre la puissance de sauver ceux qui te sont chers.
Arrête ton char et lance le pacte. On n'a pas le temps d'attendre. Et s'il te plaît, ne fait plus de formulation à la con, tu me fatigues… Et... Pardon d'avoir caché ça, Luinil.


Je ne comprenais pas. C'était quoi ce bordel ? Je n'y comprenais rien, et surtout... Qu'est-ce-que cela voulait dire ? Et qu'est-ce-que cela impliquerait ? Je voulais savoir, j'avais besoin de comprendre. Je me tournais vers Axel, mais ce n'était plus lui. À la place, un être se tenait là, dans une armure plus solide que n'importe quel roc, sauf peut-être ceux des nains, et une lourde épée pendait à sa hanche. Puis rapidement dans sa main, tandis qu'une cape faite de brouillard, ou un truc dans le même genre, frappait au vent. Mes yeux s'écarquillèrent, non pas de peur mais de surprise. Non, je n'avais pas peur de lui.

Je le voyais s'avancer vers les hommes, l'épée traînant au sol. Elle semblait lourde, trop lourde pour lui, mais mon instinct elfique me disait que ce n'était qu'une apparence. Il paraissait puissant, assez pour porter cette épée avec son petit doigt s'il le désirait, et je ne remettrais pas en doute cette force. Je le voyais dans ses yeux, il n'allait rien laisser passer. J'hésitais, je ne savais pas quoi faire. M'interposer pour éviter qu'il ne détruise une partie de la ville, ou bien le laisser régler ses comptes. Je ne savais pas si mon devoir était de le faire, mais mon hésitation ne fut que de courte durée. Je m'avançais.

Mes mains se posèrent doucement sur son bras, sans que je ne cherche à le retenir. C'était une supplication silencieuse, une demande de ne pas agir comme un monstre. Le temps était décidé à se mettre de mon côté, car les nuages arrivèrent et me permirent d'enlever ma capuche sans craindre de me faire réduire en cendres. Mon visage violet exposé à la lumière, les marchands firent aussitôt deux pas en arrière, avant de se tourner pour fuir. Ils courraient, et je me mis face à Axel. Mes yeux pleins de larmes, je murmurais des supplications, lui demandant d'arrêter. Tout dans mes gestes se rapportaient à ma voix :

S'il-te-plaît... Arrête... Axel...

Je ne voulais pas qu'il fasse ça. Je tenais à ma ville, je refusais qu'il la détruise. Et en même temps, je tenais à lui et je refusais qu'il se détruise. Je rangeais mon épée et mes flèches, montrant que je ne lui voulais pas de mal. Doucement, je posais mes mains à plat sur lui, suppliant non pas l'homme en lui, mais la Chose qui l'avait rendu ainsi.




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Sam 1 Avr - 10:30
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Me raisonner était inutile. M'arrêter était impossible. Car mon esprit se retrouvait en quelque sorte « corrompu » par une énergie magique que je ne comprenais pas. Une énergie qui supprimait mes instincts les plus gênants. Qui me poussait à la bestialité la plus pure. Qui m'offrait force et résistance. Et pourtant, j'arrivais à rester conscient de mes actes. J'arrivais à m'exprimer. C'est comme ça que j'ai pu lui répondre. D'une voix rauque et obscure, dont le tintement vocal était altéré, par un timbre plus démoniaque, plus inhumain, qu'à l'accoutumée. Pourtant, l'on pouvait quand même reconnaître ma voix. Elle était quand même bien différente…

– S'il-te-plaît... Arrête... Axel...


Je ne pouvais pas m'arrêter. Je ne voulais pas m'arrêter. Je venais de volontairement sacrifier des souvenirs dont je n'avais plus aucune idée. Et pourtant, une femme que je ne connaissais pas, une femme que je n'avais jamais vue, était en train d'essayer de me demander de m'arrêter. Pourtant, je sais très bien qu'à chaque fois que j'ai c'est armure sur le dos, c'est pour une bonne raison, car l'esprit me le répète sans cesse. Il envoie dans mon esprit des bribes de souvenirs, les bases de ce que je dois savoir. Et j'étais obligé de le croire, puisque je n'avais pas de preuves. C'est donc sur ce schéma, qu'il m'expliqua que je devais ignorer la femme, et me concentrer sur les hommes devant moi, qui avaient fait du mal. Je devais les punir pour leur péché commun. En essayant de ne pas faire couler le sang. Réaliser cela allait être difficile.

L'esprit me conseilla de lui répondre, en me donnant un schéma à suivre. Je me suis donc arrêté, puis j'ai empoigné fermement mon épée avant de la soulever, à une main, pour ensuite pointer mes adversaires. Puis, dans un long râle, mêlé à un soupir, de ma bouche sont sortis quelques mots pour la jeune femme, accompagnés par quelques flammes bleutées. Par politesse, je pris la peine de me tourner, pour m'apercevoir que c'était une personne à la peau étrange, et aux oreilles pointues. Selon l'esprit, c'était ce qu'on appelait un elfe. D'accord, c'est noté. De plus, je m'étais aperçu qu'elle m'avait appelé par mon prénom, sans doute. C'était intéressant, cela voulait donc dire qu'elle était proche de moi. Ou plutôt, de l'ancien moi. Parce que d'après ce que je venais de comprendre, à chaque fois que je me transformais en cette chose, je perdais la mémoire, et le ciel m'en est témoin, ce cercle vicieux recommençait encore et toujours. C'est barbant…

– Je suis navré mais j'ai quelque chose à faire. De plus, l'homme à qui vous faites référence n'existe plus. Je ne sais pas qui vous êtes, car tout ce que je sais, c'est que ces hommes doivent payer. Maintenant, si vous voulez vivre, écartez-vous, car bientôt, je vais abandonner toute forme d'intelligence pour ne devenir que l'équivalence d'un monstre magique, un chasseur, un traqueur, un tueur, ou, comme le dit cet esprit dans ma tête, le Chevalier Noir. Désormais, veuillez m'excuser si jamais vous souffrez, mais je n'en suis plus coupable. Car techniquement, je n'existe plus. Passer une bonne journée.

De fait, je continuais à avancer, d'un pas toujours plus lourd, et laissant peu à peu mon humanité disparaître au fond de mon cœur et de mon âme, pour ne laisser ressortir sur cette armure d'obsidienne, ce qui semblait être les flammes bleutées et puissantes d'une justice qui se voulait divine. Plus les flammes brûlent, plus mon âme est consumée, et plus je deviens puissant, rapide, et inarrêtable, tel une machine de guerre d'un genre nouveau…


Sam 1 Avr - 22:07
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Je croisais le regard de cet homme qui, malgré le fait qu'il ait partagé ma couche, n'était déjà plus le même. Il ne me reconnaissait pas, il ne savait plus qui j'étais. Cela me blessait, et en même temps, il n'avait pas l'air de s'en inquiéter. C'était normal, ça ? Je ne comprenais pas, et pourtant quelque chose en moi me disait que je ne devais pas continuer comme ça. Je ne devais pas m'interposer, mais en même temps... Mon devoir était de protéger ma ville et les habitants. Je posais ma main sur mon épée, tout en reculant. J'avais mes priorités, et si ce monstre voulait détruire ma ville, je devais l'en empêcher.

Je suis navré mais j'ai quelque chose à faire. De plus, l'homme à qui vous faites référence n'existe plus. Je ne sais pas qui vous êtes, car tout ce que je sais, c'est que ces hommes doivent payer. Maintenant, si vous voulez vivre, écartez-vous, car bientôt, je vais abandonner toute forme d'intelligence pour ne devenir que l'équivalence d'un monstre magique, un chasseur, un traqueur, un tueur, ou, comme le dit cet esprit dans ma tête, le Chevalier Noir. Désormais, veuillez m'excuser si jamais vous souffrez, mais je n'en suis plus coupable. Car techniquement, je n'existe plus. Passer une bonne journée.

Quoi ? Il osait me défiler ainsi, comme une vulgaire chose sans importance ? Comme si la nuit que nous avions passée ne comptait plus, comme si... Oh, ça non, je ne laisserais pas passer. Mon épée fut sortie de son fourreau plus rapidement que je ne le voulais. Je ne pensais pas que ça se passerait ainsi, je pensais qu'il serait moins... Monstrueux. Mais j'étais une elfe entraînée au combat, je devais me battre pour la sécurité de tous. Mes yeux balayèrent derrière moi, les commerçants n'avaient pas attendu pour partir. Déjà leurs pas s'entendaient dans les rues, s'éloignant rapidement. Heureusement.

Mes prunelles croisèrent celles d'une gamine. Une petite fille d'une grande beauté, avec une peau blanche comme la neige et des yeux rosés. Ses boucles marrons descendaient au niveau de ses hanches, il s'agissait d'une jeune, très jeune nymphe des bois. Et dans ses yeux, je lisais la peur, une terreur sans nom s'était emparée d'elle. Elle ne bougeait plus, elle était tétanisée. Je voulais lui faire signe de partir, mais je me doutais qu'elle ne pourrait pas. Elle avait peur, elle ne bougerait pas, même si je lui faisait signe de partir. Alors je pris une décision qui pourrait certainement me coûter la vie.

Je lui tournais le dos. Oui, à celui qui faisait peur à cette pauvre enfant, j'osais me détourner de lui. Puis je m'approchais de la gamine, qui, me voyant arriver l'arme au poing, prit encore plus peur. Mais quand mon long bras violet s'enroula autour d'elle et la déposa dans un coin plus sombre et plus camouflé, j'entendis son murmure de remerciement. Je lui souris, avant de me tourner face au monstre. Mes yeux brillaient alors d'une détermination sans failles. Celui que je connaissais n'était plus ? Dans ce cas, rien ne m'empêchait de faire ce que je voulais, sans craindre de blesser mon compagnon d'une nuit.

J'empoignais mon épée plus fermement. Mes phalanges blanchirent un peu, mais je ne prêtais pas attention à ce détail insignifiant. Nayris m'avait donnée une seconde vie, je me devais de la mettre au service des miens. Et lui, malgré ça, ne faisait pas partie des miens. Je voulais le considérer comme un des miens, mais il n'était plus celui que je connaissais, celui que j'aimais. Alors je me postais entre lui et les autres, seule, une elfe contre un mec en armure. Je plantais mon regard dans le sien, je ne le craignais pas. Puis, lentement, ma voix s'éleva dans le calme revenu, si ce n'est les sanglots étouffés de la nymphe :

Démon, je ne sais qui tu es, mais je te demande de l'arrêter. Je ne veux pas me battre, mais il est impossible que je laisse une chose pareille s'en prendre aux habitants d'ici. Les marchands seront de mon affaire, je m'en occupe. Maintenant, laisse-le...

Mes yeux ne le lâchaient pas. J'étais immobile, je n'avais pas peur. Je pourrais mourir pour cette ville.




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Sam 1 Avr - 22:43
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Je l'ai senti, son désir de me défier. Tout cela parce qu'elle pensait sans doute que je l'avais défiée. C'était faux. Je l'avais juste mise en garde, et ce n'était pas ma faute si elle ne le comprenait pas. Je me fichais de sa réaction. Je me fichais qu'elle m'attaque. Elle ne ferait pas le poids. Et pour une raison que je ne comprenais pas, son prénom me revint en tête. Toutefois, je décidai de ne pas le prononcer. Parce qu'elle est en train de faire quelque chose d'important devant mes yeux.

Elle était en train de mettre une enfant à l'abri. Puis elle revint vers moi. D'après ce que j'avais pu comprendre, cet enfant ne pouvait pas bouger. Sans doute avais-je l'air d'un monstre à ses yeux. Je pouvais comprendre ce point de vue, et je pouvais l'accepter. Cependant, là où la jeune enfant avait été déposée, elle pouvait encore voir la zone dans laquelle nous nous trouvions. Et pour prouver que je n'étais pas un monstre, je comptais bien la mettre en sécurité si les choses devaient dégénérer. Cependant, Luinil s'adressa à moi.

– Démon, je ne sais qui tu es, mais je te demande de l'arrêter. Je ne veux pas me battre, mais il est impossible que je laisse une chose pareille s'en prendre aux habitants d'ici. Les marchands seront de mon affaire, je m'en occupe. Maintenant, laisse-le...

En me traitant de démon, je ne comprenais pas où elle voulait en venir. Sans doute pensait-elle que j'étais un esprit possédant l'homme qu'elle avait aimé, voire, qu'elle aimait encore. Je rangeais mon épée dans mon dos, et je m'approchais du coin sombre où était la fillette. Je pouvais voir la peur dans son regard. Je m'agenouillai calmement, et je tendais ma main vers elle. Puis j'attendais quelques secondes, avant de murmurer, d'une voix relativement douce, quelques mots pour ce jeune être…

– Je suis désolé de t'avoir effrayée. Loin de moi l'idée de te faire peur. Pour te prouver que je ne suis pas effrayant, je t'invite à soulever mon casque. Tu verras, il n'est pas lourd pour ceux qui ont le cœur pur. Tu es innocente, tu es jeune, tu es une enfant. Je ne te veux pas de mal. Et c'est pour toi que j'ai rangé mon arme. Les enfants doivent être protégés, ils ne doivent pas assister à des combats. L'esprit de lumière qui m'accompagne vient de me dire que tu es une nymphe, que je te dois le respect. Je suis donc ton obligé, petite-fille. Demande moi ce que tu veux.

Puis-je tourner la tête vers les bandits, et je me contentais de soupirer. Enfin, je regardais dans la direction de la jeune elfe, et sans un mot, je m'inclinais devant elle par respect, avant de retourner auprès de la petite nymphe.


Sam 1 Avr - 23:42
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Pourquoi ? Pourquoi agit-il ainsi ? J'étais face à lui, prête à le mettre au défi de me battre, j'étais quasiment sûre de ne pas perdre, mais voilà que... Il se défilait. Il rangeait son arme, comme une tapette. N'était-il donc pas un monstre assoiffé de sang ? Cela n'était pas normal, et je soupçonnais un semblant de tactique afin de m'atteindre plus facilement. Je restais sur mes gardes, mon regard ne le lâchait pas une seule seconde. J'étais toujours aussi peu mobile, comme si j'étais devenue une véritable statue. J'étais en position d'attaque, je me méfiais comme si le diable s'était incarné en lui, et je n'avais peut-être pas tort.

Mais, le plus étonnant, ce n'était pas tant sa réaction. C'est qu'il ne me regardait pas, c'était à la limite de l'ignorance. Je le vis s'approcher de la fillette, et mon premier réflexe fut de m'avancer pour m'interposer. Mais un simple regard de la part de la demoiselle m'indiqua que je devais le laisser faire. J'avais un intense respect pour ces êtres nés d'un arbre, et je me pliais à sa volonté. Je rangeais mon arme, gardant cependant mon arc à portée de main. On ne sait jamais, même si l'enfant ne semblait pas vouloir que j'intervienne, je devais me montrer prête à réagir au moindre mouvement offensif envers la petite fille.

Il se mit à genoux devant elle, comme si il ne lui voulait aucun mal. Où était donc passé l'être abominable et tueur qui était prêt à détruire le monde entier quelques minutes avant ? Il lui tendit la main, et, comme un automatisme, mes doigts se saisirent de mon arc et encochèrent une flèche. Je le sentais, l'enfant avait peur, mais en même temps, elle ne voulait pas que je réagisse. Alors je ne bougeais pas, n'écoutant même pas les mots qu'il prononçait à l'attention du petit être recroquevillé dans son coin. Mes yeux étaient fixés sur les rues désertes, craignant le retour d'un des marchands, mais rien ne vint.

J'espérais que la jeune nymphe, malgré sa peur, saurait garder un semblant de calme. Je ne voulais pas que la ville prenne une mauvaise réputation auprès des nymphes, surtout qu'elle attirait pas mal de créatures. Autrement dit, si cet événement venait ruiner notre économie, il en serait le responsable. Et là, armure ou non, nymphe ou non, enfant ou non, peuple ou non, je détruirais cet homme - ou cette chose qu'il était. Rien ni personne n'avait le droit de briser la belle ville des Elfes, celle où ma tendre Reine exerçait un pouvoir que je décidais parfaitement justifié. La petite me sortit de mes pensées en prononçant quelques mots :

Je... Peu m'importe ce que tu es... Arrête... J'ai peur...

Je vis que les yeux déjà remplis de larmes de la fillette eurent une dernière vague. Les perles salées coulèrent sur ses joues, et elle leva vers moi un regard plein de peur. Je m'avançais et, malgré mon respect incommensurable pour ces êtres hors du commun, je pris l'enfant dans mes bras. Après avoir négligemment poussé la chose en armure, bien entendu. Mes yeux se posèrent sur lui, et je lui lançais un regard plein de colère, de haine, et de tristesse. Puis, comme un coup de fouet, je lâchais une phrase qui, je l'espérais, ne passerait pas aussi inaperçu que l'oiseau qui traversa le ciel au moment où les mots sortirent :

J'espère, Axel Carter, que tu es fier de toi. Faire peur à une nymphe... J'ai pitié de toi.

Je fis demi-tour, la petite collée à moi dans mes bras. Je ne sentais plus de peur venant d'elle, mais plutôt de la fatigue. Je posais un regard tendre sur elle, puis remis ma capuche sur ma tête. Le soleil réapparaissait lentement, et me décomposer devant eux ne serait pas du meilleur goût. Je récupérais mon adorable petite écureuil, avant de tourner les talons. Ma voix s'éleva de nouveau :

Vient.

Je venais de lui dire de me suivre. Ou plutôt, de lui ordonner de bouger sa carcasse et de me suivre. Le choix, il ne l'avait pas vraiment.




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Dim 2 Avr - 13:49
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Peur et haine… voilà ce que je récoltais, peu importe mes actions, et peu importe leur teneur. J'y étais habitué. Ou plutôt, j'avais l'impression d'y être habitué. Je me suis donc redressé, épais dans mon dos, en attendant mon jugement. À la place, pour une fois, j'ai eu droit à de la pitié. Ayant un ordre sec, celui de suivre cet elfe. Je n'avais aucune raison de lui obéir. Et elle n'avait pas les moyens de m'y forcer. Après tout, je n'étais que de passage. J'étais un voyageur. J'allais sans doute disparaître très bientôt. Cependant, mon cher esprit, m'ordonna de la suivre. Et pendant que je marchais derrière elle, d'un pas naître, il en profita pour parler, en apparaissant de nouveau devant nous, ou plutôt, au-dessus de nous.

– Jeune elfe, je te prie de respecter mon Champion. Et de lui accorder un peu plus de prestige. Car en lui faisant front, c'est à moi que tu t'opposes. De plus, il a obéi à mes ordres en agissant ainsi. Il n'a pas de volonté propre sous cette forme, aussi étrange que cela puisse paraître. Ce n'est plus qu'un pantin. À chaque fois qu'il fait appel à mes pouvoirs, il perd ses souvenirs. Il perd sa raison d'être. Il perd le symbole même de son existence. Par contre, ce qui me perturbe, c'est qu'il se souvient de ton prénom. Blague à part, où veux-tu l'emmener ?

Je regardais mon maître avec insistance. Je ne comprenais pas où il voulait en venir. Peu importe où j'allais, je n'aurais qu'à faire ce que je sais faire le mieux. Tuer. Protéger les innocents. Faire respecter la justice. Combattre le mal. Une vision utopique de mon existence, mais qui pourtant me composait. Partout sur mon armure, des symboles runiques anciens étaient gravés. Leur signification était semblable à ce que je venais de dire ou plutôt de penser. Je suis sans doute un genre d'ange de la mort. Même si selon Almodeus, l'origine de ce pouvoir était toute autre. Je n'avais jamais pris le temps d'y réfléchir, ou alors, si c'était le cas, en me transformant, j'avais de nouveau tout oublié. Mais ce n'était pas important, pour le moment. À vrai dire, j'étais perdu.

– Peu m'importe où elle m'emmène. Il est clair que je suis effrayant. Il est clair que je suis dangereux. Il est clair qu'elle risque de s'en prendre à moi. Dans tous les cas, je ferais ce qui est nécessaire pour accomplir l'objectif de mon existence en ce monde. J'irai dans la forêt pour prier les nymphes de me pardonner. J'irai m'incliner, face contre terre, chez chaque habitant de ce lieu. J'irai prier pour obtenir pénitence. Et ensuite, je continuerai ma route.

Je n'avais que ça à dire, tandis que je continuais de marcher…


Mar 4 Avr - 9:44
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Certains êtres, comme les nymphes, n'inspiraient que le respect et la sagesse. D'autres, comme les nains, étaient le symbole de la force brute. Les Elfes, en dehors de moi, montraient d'eux une grâce et une façon de se mouvoir qu'aucune autre race n'avait. Les vampires, eux, étaient de véritables suceurs de sang, comme dans les contes pour enfant. Mais il existait d'autres personnes, qui n'inspirait rien de tout cela. Moi. J'inspirais à la fois une partie elfique qui faisait parfois des jaloux, mais aussi une partie de morte-vivante. Et croyez-moi, ce n'est pas vraiment glorieux d'être considéré comme un être mauvais.

Oui, j'avais rencontrée Nayris, et je lui avais parlé. Oui, j'avais eu une épreuve à surmonter si je voulais revenir parmi les vivants. Et oui, j'avais réussi mon épreuve et j'étais revenue en tant que revenante. Je lisais bien, les premiers temps, la peur et le dégoût dans les yeux des gens. C'est peut-être pour cela que je n'avais pas ce ressenti-là par rapport à cette chose. Mon statut de Membre de la Garde Royale m'avait accordé un respect qui faisait que les habitants avaient désormais confiance en moi, et je savais qu'en voyant l'être en armure avec moi, ils seraient un tant soit peu rassurés. J'avais prouvé ma valeur auprès d'eux.

Je m'étais battue comme une diablesse pour entrer dans la Garde Royale de ma Reine, et jusque là, je ne les avait jamais déçus, ni trahis. Ils avaient confiance en moi, et souvent, même si mes actions n'étaient pas à leur goût, ils me laissaient faire comme bon me semblait. Je n'étais pas du genre à prendre la grosse tête, et c'est aussi ça qui faisait que les habitants me faisaient confiance. C'est donc avec la petite nymphe à moitié endormie dans mes bras, recouverte par un pan de ma cape, que je traversais la ville en direction de la forêt. Pourquoi la forêt ? Eh bien, parce que nous y serions tranquilles, loin des regards indiscrets.

Je marchais plutôt tranquillement, portant la petite endormie dans mes bras qui ne faiblissaient pas. Nin sautillait à ma gauche, puis à ma droite, sans pour autant baisser son attention sur Axel. Ou ce qu'il en restait. Je la vis passer, puis repasser, et passer une nouvelle fois devant moi. Au bout d'un moment, en ayant un peu marre de la voir faire ses allers-retours, je lui lançais un simple ordre doux, lui demandant d'arrêter de faire ça. Elle resta donc à ma droite, sans avoir mal pris ma demande. Alors que nous marchions, j'entendis que l'être qui possédait Axel s'adressa à moi, et mes oreilles tressaillirent quand je l'écoutais :

Jeune elfe, je te prie de respecter mon Champion. Et de lui accorder un peu plus de prestige. Car en lui faisant front, c'est à moi que tu t'opposes. De plus, il a obéi à mes ordres en agissant ainsi. Il n'a pas de volonté propre sous cette forme, aussi étrange que cela puisse paraître. Ce n'est plus qu'un pantin. À chaque fois qu'il fait appel à mes pouvoirs, il perd ses souvenirs. Il perd sa raison d'être. Il perd le symbole même de son existence. Par contre, ce qui me perturbe, c'est qu'il se souvient de ton prénom. Blague à part, où veux-tu l'emmener ?

Ainsi donc, Axel était un Champion, il avait obéit aux ordres de je-ne-sais quel instance informelle, il était un pantin et il perdait ses souvenirs. Un fin sourire s'étira sur mon visage, et je me contentais de mémoriser le peu de choses que je venais d'apprendre sur sa transformation étrange. Ce qui, apparemment, le perturbait, c'est que le jeune homme – ou ce qu'il en restait – se souvenait de mon nom. M'aurait-il finalement un tant soit peu gardée en mémoire. Il me demanda où je comptait emmener son protégé, mais avant que je ne réponde, Axel prit la parole comme un automate :

Peu m'importe où elle m'emmène. Il est clair que je suis effrayant. Il est clair que je suis dangereux. Il est clair qu'elle risque de s'en prendre à moi. Dans tous les cas, je ferais ce qui est nécessaire pour accomplir l'objectif de mon existence en ce monde. J'irai dans la forêt pour prier les nymphes de me pardonner. J'irai m'incliner, face contre terre, chez chaque habitant de ce lieu. J'irai prier pour obtenir pénitence. Et ensuite, je continuerai ma route.

Alors, à ce moment-là, je m'immobilisais. Je déposais l'enfant sur un petit coin de mousse tendre, où elle continua de se reposer. Je me tournais vers Axel, mes yeux cherchant à déterminer ce qu'il était. Et où était celui que j'aimais. Lentement, comme un escargot, je m'approchais de lui. Ma main se posa sur son bras, remontant jusqu'à son épaule. Le contact glacé du métal ne me dérangeait pas, et je laisse mes doigts passer le long de toute son armure. Je savais que, quelque part dans ces plaques, se terrait mon ami, mon amant, et qu'il ne m'avait pas totalement oubliée. Alors je voulais le revoir, lui parler, à lui et non à cet esprit.

Doucement, je reculais. Mes yeux ne le lâchait pas, j'avais confiance en lui. Je pris une profonde inspiration, Nin était déjà grimpée à un arbre pour observer la scène. Elle me regardait, puis Axel, et la nymphe. Mes doigts glissèrent tendrement sur la joue de l'adorable créature endormie, tandis que je cherchais à évaluer son niveau de peur précédent. Apparemment, elle n'était plus trop sous le choc, vu comment sa respiration était lente et mesurée. Doucement, je me relevais, et me mis face à Axel. Puis ma voix brisa le silence de la forêt, ce silence réconfortant, afin que je fasse un demande simple mais claire :

Esprit, j'ignore ton nom, mais j'aimerais que tu le laisse tranquille. Je l'accompagnerais dans sa quête du pardon, et j'empêcherais quiconque de l'obliger à perdre de nouveau ses souvenirs. Je me suis opposée à toi afin de retrouver l'homme qui a partagé mon lit et qui possède mon cœur. Rien ne l'oblige à être ainsi, et je désire simplement le retrouver humain.

Mes yeux ne bougeaient pas plus que mon corps. Nin sauta au sol, avant de se mettre au pied du géant de métal. Un couinement à la fois triste et suppliant sortit d'entre ses dents, comme si elle joignait sa plainte à la mienne. Je récupérais doucement l'animal doux comme du velours dans mes mains, avant de la poser sur l'armure. Je savais qu'elle ne craignait rien, elle était aussi inoffensive que moi en cet instant. Nous n'allions tout de même pas nous montrer méchantes. Notamment parce que nous ne ferions sans doute pas le poids, et que nous avions une jeune nymphe dont l'innocence devait être préservée.




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Mer 5 Avr - 18:35
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Esprit, j'ignore ton nom, mais j'aimerais que tu le laisse tranquille. Je l'accompagnerais dans sa quête du pardon, et j'empêcherais quiconque de l'obliger à perdre de nouveau ses souvenirs. Je me suis opposée à toi afin de retrouver l'homme qui a partagé mon lit et qui possède mon cœur. Rien ne l'oblige à être ainsi, et je désire simplement le retrouver humain.

Je me sentais triste pour elle. Même si je ne savais pas exactement si c'était de la tristesse, ou bien autre chose. Elle demandait à Almodeus de s'expliquer, plus ou moins. De me laisser tranquille. Mais le problème, c'est que c'était impossible. Il était impossible que je me sépare de lui. Je le sentais au fond de mon être. Comme une chaîne faite dans le métal le plus pur, et ne pouvant se rompre, mon âme, était liée à cet esprit. Ensuite, lorsque je la vis s'approcher de moi, et me toucher sans crainte, je fus rassuré. Cependant, mon esprit, mon maître, façon de parler, je le sentais en pleine réflexion. Ils étaient uniquement focalisés sur ça. C'est d'ailleurs pour ça que je n'ai pas réagi lorsque le petit écureuil est venu se poser sur mon épaule…

En effet, je sentais monter la tension. Almodeus était en train de s'énerver, pour une raison que je ne comprenais pas. Il me demanda d'aller m'agenouiller auprès de la nymphe, ce que je fis, puis il apparut auprès de nous dans un corps semi physique. Il ressembla alors à un grand homme, dans une bure blanche soyeuse, aux décorations dorées. Il avait un visage légèrement bronzé, des yeux violets et bleus à la fois, dans lesquels on pouvait se perdre, et une chevelure argentée qui aurait pu faire pâlir la lune à côté.

Après avoir caressé le visage de la petite fille, il me regarda en souriant, puis reporta son attention sur l'elfe. Il s'avança alors jusqu'à elle, sans cesser de sourire, puis lui opposa ses propres arguments. Il parlait d'une voix calme et douce, une voix qui semblait venir d'un autre temps. Une voix qui malgré mon armure, arrivait à me faire frissonner. Le ton était... Doux et ferme.

Je me présente à vous d'une façon plus convenable qu'à l'accoutumée. Je suppose. Mon nom ne vous dira rien, je vous préviens. Je suis Almodeus, ou plus communément appelé « l'ange au masque d'or ». Mon but est simplement d'offrir aux cœurs purs que je rencontre, ce qu'ils désirent le plus. Malheureusement, je crains que vous n'ayez pas compris la situation à laquelle vous venez de vous mêler. Je me sens donc obligé de vous apporter quelques éclaircissements… Dit-il en souriant.

Il prit la peine de me rejoindre à nouveau, afin de veiller sur la nymphe. Après avoir passé sa main lumineuse au-dessus du front de l'enfant, il soupira de soulagement. Puis il se redressa, et d'un pas lent, il fit le tour de Luinil, semblant la détailler. Semblant l'analyser. Enfin, il s'essaya sur un tronc d'arbre non loin. Puis il reprit son discours… toujours avec son horrible sourire au visage. Horrible, dans le sens où il était bien trop pur pour être humain. Et cette pureté avait le don de me dégoûter et de m'émerveiller en même temps.

Voilà, je me suis juste assuré que la petite fille fasse de beaux rêves. Et je suis navré de vous apprendre que je ne pourrais pas laisser votre ami tranquille. Car même si vous l'aimez, et même si vous voulez l'aider... il est lié à moi, par un contrat qui remonte à son enfance, quand je l'ai rencontré, il y a de cela bien longtemps. Un contrat qu'il a signé après que je lui ai expliqué ce qu'il risquait. Il ne devait avoir que seize ans. Il sortait d'une période difficile. Il avait besoin de puissance. Et je lui ai proposé de lui en offrir en échange de ce qu'il avait de plus précieux. J'aurais pensé qu'il fut tenté de m'offrir sa vie ou son âme. Mais il eut choisi ses souvenirs...

Mon ami fit alors une pause, et j'en profitais pour le rejoindre doucement, comme pour lui apporter mon soutien. Je vins me placer à ses côtés, à sa droite pour être précis, et, me tenant droit, d'un maintien altier, je plantais mon regard de braise, au sens littéral, dans celui de l'elfe. Puis, je terminais la phrase de mon mettre à sa place, ayant bien compris ce qu'il voulait dire. Et j'en profitais pour apporter les derniers éclaircissements. Les derniers détails, qui permettrait à cette jeune femme de comprendre qu'elle ne me récupérerait jamais. Et que je ne pourrai jamais plus la rendre heureuse…

Ce que mon maître essaie de dire, si on peut appeler ça un maître, et non pas un père de substitution, c'est qu'il a mes souvenirs. Ce qui implique qu'il peut me réapprendre qui j'ai été. Il est d'ailleurs en train de le faire, pendant son silence. Donc je risque de me souvenir de toi, mais ce n'est pas pour ça que tu pourras m'aider, ou bien que je retournerai dans tes bras comme si de rien n'était. Car maintenant, tu es au courant de mon secret, de mon pouvoir. Un pouvoir que je refuse d'abandonner. Pas parce que je me sentirais faible sans, mais parce qu'il fait partie de moi. Garde ton utopie pour toi. Étouffe cet amour que tu me portes. Vis ta vie. Je ne suis qu'un mirage. Et cette situation me convient. Je suis désolé Luinil, mais si tu restes auprès de moi, tu connaîtras un sort bien pire que la mort elle-même. Sachant que tu l'as déjà traversée.


Mer 5 Avr - 19:22
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Elle sentait bien l'énervement qui grimpait. Mais elle était certaine, cela ne venait pas d'Axel directement. Mais de la chose à l'intérieur. Elle serra les poings en voyant qu'elle le manipulait comme un simple pantin. Une simple parole de trop pourrait la faire sortir de ses gonds. En parlant de sortir, elle l'observa aller vers la nymphe, lui caresser le visage après avoir pris une forme plus spectrale. Elle ne bougea pas, Nin non plus. L'elfe se contenta donc de l'observer s'approcher, ses mains s'approchant de son écureuil et de son épée. Mais elle savait que cela ne servait à rien, il n'avait aucune texture. Elle l'écouta alors parler, non sans sentir l'énervement monter en elle :

Je me présente à vous d'une façon plus convenable qu'à l'accoutumée. Je suppose. Mon nom ne vous dira rien, je vous préviens. Je suis Almodeus, ou plus communément appelé « l'ange au masque d'or ». Mon but est simplement d'offrir aux cœurs purs que je rencontre, ce qu'ils désirent le plus. Malheureusement, je crains que vous n'ayez pas compris la situation à laquelle vous venez de vous mêler. Je me sens donc obligé de vous apporter quelques éclaircissements… Voilà, je me suis juste assuré que la petite fille fasse de beaux rêves. Et je suis navré de vous apprendre que je ne pourrais pas laisser votre ami tranquille. Car même si vous l'aimez, et même si vous voulez l'aider... il est lié à moi, par un contrat qui remonte à son enfance, quand je l'ai rencontré, il y a de cela bien longtemps. Un contrat qu'il a signé après que je lui ai expliqué ce qu'il risquait. Il ne devait avoir que seize ans. Il sortait d'une période difficile. Il avait besoin de puissance. Et je lui ai proposé de lui en offrir en échange de ce qu'il avait de plus précieux. J'aurais pensé qu'il fut tenté de m'offrir sa vie ou son âme. Mais il eut choisi ses souvenirs...

Elle ne le regardait même plus. Elle avait en elle tant de colère, tant de haine et tant d'envie de meurtre que c'est à peine si elle entendait les bruits autour d'elle. Elle serra les poings, et malgré Nin qui essayait de la calmer, de lui dire de ne pas céder à la colère, elle n'arrivait pas à retenir ses flux de sentiments qui la prenaient. Elle s'approcha de la jeune nymphe, la prenant dans ses bras. Il était clairement hors de question qu'elle laisse la jeune fille sans protection. Puis elle retourna se poster à son endroit précédent, l'enfant dans les bras. Cette fois, ce fut Axel lui-même qui prit la parole, et ce qu'il lui dit eut pour effet de briser les dernières barrières qui retenaient sa colère :

Ce que mon maître essaie de dire, si on peut appeler ça un maître, et non pas un père de substitution, c'est qu'il a mes souvenirs. Ce qui implique qu'il peut me réapprendre qui j'ai été. Il est d'ailleurs en train de le faire, pendant son silence. Donc je risque de me souvenir de toi, mais ce n'est pas pour ça que tu pourras m'aider, ou bien que je retournerai dans tes bras comme si de rien n'était. Car maintenant, tu es au courant de mon secret, de mon pouvoir. Un pouvoir que je refuse d'abandonner. Pas parce que je me sentirais faible sans, mais parce qu'il fait partie de moi. Garde ton utopie pour toi. Étouffe cet amour que tu me portes. Vis ta vie. Je ne suis qu'un mirage. Et cette situation me convient. Je suis désolé Luinil, mais si tu restes auprès de moi, tu connaîtras un sort bien pire que la mort elle-même. Sachant que tu l'as déjà traversée.

Elle sentit les larmes monter. Déposant doucement la nymphe à terre, elle se laissa tomber au sol. Les jambes repliées sous elle, elle tremblait. Ce n'étaient pas des larmes de tristesse, contrairement à ce qu'on pouvait penser. Elle releva la tête vers eux, une incommensurable haine envers eux. Et elle ne comptait pas détruire ses idées pour leur simple bonheur. Alors elle se leva, lentement, tout en portant la petite nymphe sur son dos. Elle réussit à la maintenir contre elle, malgré les difficultés. Elle s'approcha d'eux, ou plutôt de l'armure, avant de laisser échapper quelques mots simples :

Eh bien, si tel est ton désir, Axel Carter, je vais étouffer mon amour. Et vivre ma vie. Mais crois-moi, tu t'en mordras les doigts.

Elle se tourna dos à lui, la petite nymphe dans son dos. Un petit oiseau s'approcha d'elle, et elle lui murmura de simples paroles :

Toi, mon ami, va dire aux nymphes qu'un être abominable a terrorisée une des leurs. Dit leur que je l'ai recueillie, pour sa sécurité. Va, porte le message.

Elle le regarda s'éloigner, avant de se tourner rapidement vers Axel. Puis elle prit son élan, grimpa à un arbre et disparut en direction de chez elle. Elle serait la seule à pouvoir lui éviter d'être considéré comme un monstre et d'être rejeté de tous.




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