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 Le sacrifice du fils prodigue.

 
Jeu 6 Aoû - 4:23
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Ambiance.

Matthieu Granz. Il connaissait ce nom par cœur. Il connaissait aussi son visage, son odeur, ses actions par cœur. Il savait tout de cet homme, de même que cet homme connaissait le cœur de Lothaire. Depuis que le trentenaire avait reçu la lettre de Magrant Malnoir, il était sur d’une chose. Servir Nayris avait toujours été son but final, voilà, qu'enfin, on lui reconnaissait son talent, enfin, on se rendait compte de la justesse dont il faisait preuve. Finalement il pourrait servir la déesse comme il l’entendait, car c’était la volonté divine, la justice de la Mort qui s’abattrait sur ce monde. Le religieux aurait pu choisir de retourner à la capitale de Terre, chercher ses parents s’ils étaient encore en vie, mais à vrai dire, il n’avait aucune considération pour deux misérables êtres.

La seule personne qui, dans son ancienne vie, avait compté à ses yeux était Matthieu Granz. Ce juriste réputé pour son bon gout mais aussi pour ses analyses directes et véridiques. Cet homme représentait le père qu’il n’avait jamais eu, un éducateur qui lui avait donné les moyens de se former, qui l’avait toujours encouragé et aidé. Le poussant sans cesse vers un idéal personnel. Il l’avait aimé, aimé comme un disciple aime son maître, l’amour intellectuel. Il n’avait jamais songé à mettre quelqu’un personnellement dans la catégorie de gens qu’il appelle les « traîtres ». Et voilà qu’il devait y placer la seule personne qui avait toujours eu de la considération pour lui.

Le clerc n’avait jamais songé à le sacrifier. Lui, son ancien maître. Mais maintenant qu’il était face à cette maison, en pleine nuit dans les ruelles froides d’une ville coquette de Selian, il y pensait. Il y pensait car il devait le faire, il l’avait choisis lui par amitié. Quand la divinité même, la suprématie la plus grande vous demande de lui donner l’être qui vous est le plus cher, être choisi représente un hommage. Au moins il ne souffrirait pas la déchéance de ce monde. Il servirait indirectement la plus belle des causes, une tâche ingrate, mais fortement magnifique.

Lothaire Albann approcha de la porte d’entrée. Il portait un ensemble verdâtre, un kimono complet avec le par-dessus qui va avec, afin de se protéger du grand froid de la région. Ses deux sabres étaient là. Il toqua à la porte une fois, rien, deuxième fois, un bruit de clefs dans la serrure. Les lourds battants grincèrent, laissant passer un filet de lumière jaunâtre ainsi que la tête d’un vieil homme. Matthieu Granz. De l’eau avait coulé sous les ponts.
Et l’homme droit et juste était devenu un vieux bourgeois en pantoufle, des cheveux gris à profusions qui lui tombaient sur les épaules, une grosse couverture pourpre le protégeait du froid. Le visage du retraité s’illumina, ses rides semblèrent disparaitre l’espace de quelques secondes. Et une lueur de joie enflamma ses petits yeux jaunis, qui auparavant étaient cachés sous une importante masse de sourcils roux.

« Lo..Lothaire Albann ! C’est bien toi ? Dîtes moi que je rêve, ça c’est une surprise ! Tu as bien changé, oh mais dis moi tu dois avoir froid, aller, rentre ! Je t’en prie ! Ne soit pas timide ! »

Le vieil homme avança dans la pièce éclairée par un feu de cheminée. De ses mains pleines d’arthrites il apporta difficilement un deuxième fauteuil auprès de l’âtre afin de lui tenir compagnie et d’engager la discussion avec son ancien élève qui, sans un mot était rentré dans la pièce, le regard sombre prit place en face du vieillard.

« Alors, dis-moi quel bon vent t’amène ? Je n’ai que des mauvaises nouvelles du continent, j’ai bien essayé de joindre tes parents, mais avec le blocus… Puis même après, ils ont dû déménager, et toi aussi d’ailleurs. Tu habites toujours dans la capitale ? Tu étais devenu juge aux dernières nouvelles, et tu as réussi à garder ton travail malgré l’invasion ? Dis-moi tout, que deviens-tu ?! »

Le juriste lui répondit d’une voix sobre et monotone, comme sorti d’outre-tombe, rappelant la lenteur et la gravité d’un revenant. D’après le vieux, ses parents ne répondaient plus ? Surement morts.

« Je suis dans ce pays pour quelques petites affaires à régler tout simplement, en rapport avec mon métier. Et je souhaitais tout particulièrement te rendre visite. Je n’habite plus la capitale, disons que… je suis en province. Tu sais l’arrivée des démons à changer énormément de choses dans ma vie. J’ai moi aussi perdu le contact avec mes parents, nous nous sommes… brouillé en quelque sorte. Mais je vois que tu t’es bien installé. »

Le vieux professeur trop content de retrouver enfin un visage amical et connu ne prêtait pas attention aux changements de comportements de son élève. Ni aux deux énormes planches en bois qu’il n'avait accompagné. Toutes les deux réunis aurait fait la taille d’une table à manger, elles étaient retenues l’une à l’autre par des ficelles.

« Oh moi tu sais, je suis parti de Terre la queue entre les jambes, j’ai revendu ce que j’y avais et j’ai filé avec tout mon argent. Au début, je voulais aller exercer à Cardrak, mais ils ont un système beaucoup trop différent et puis ils n’acceptent pas qu’un étranger s’installe, je n’aurais eu personne là-bas. Finalement je me suis installé ici et j’y profite d'une retraite bien méritée, au début il y avait des fêtes, j’invitais du monde, je reprenais contact avec d’anciennes connaissances de jeunesses. Mais maintenant je suis seul. Seul et vieux. J’ai pas réussi à me marier, trop coureur de jupons. Ça me fait vraiment plaisir de te revoir depuis toutes ces années. »

Lothaire se leva alors, et, d’un sac qu’il portait dans le dos sorti des cordes. Tout cela devant les yeux étonnés de Matthieu.

« Maître je m’excuse, je n’ai pas été totalement clair sur tout. Ma nouvelle profession est religieuse, mais ça reste de la justice, mais divine cette fois-ci, elle nous dépasse toute cette justice. C’est la dernière justice qui n’a pas été pervertie dans ce monde, car sa volonté est sans failles, et je suis son servent. »

Encore plus étonner le notaire prit une mine plus interrogative et moins confiante.

« Quelle volonté ? De quelle divinité tu parles ? »

« De la seule qui ait un sens, voyons. Nayris. » Dit-il tout en plaçant d’un geste rapide un bâillon dans la bouche du pauvre homme. Par la suite il attacha sa victime, liant ses poings et ses pieds. Lothaire déplia les deux planches de bois qu’il avait apporté et les déposa sur la table du salon. Les planches formaient un ensemble, elles étaient gravées et semblaient être… Le premier autel, la première table de sacrifice portable. Le dessus des planches était recouvert d’une fine épaisseur en pierre sculptée très soigneusement. De son sac, le trentenaire sorti aussi sa poupée autour de laquelle il disposa quelques bougies. Il apporta enfin son ami, le plaçant au centre de tout ce petit cirque, puis levant sa lame, qui renvoyait quelques reflets, et le fer coupa délicatement, avec un soin la jugulaire du sacrifié. Dans un simple souffle, Lothaire, lança de façon pieuse.

« Pour la gloire de Nayris. »


" Faites semblant de pleurer mes amis, car les poètes font semblant de mourir.. "

Jean Cocteau, Le Testament d'Orphée.





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