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 Bioshock Infinite : Recommencement

 
Lun 27 Juil - 17:47
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Bonjour, bonsoir à toutes et à tous, voici la suite tant attendue - en toute honnêteté il y a quelques semaines je n'avais même pas encore eu l'idée d'en faire une - de ma précédente fic sur Bioshock Infinite. Si vous ne l'avez pas lue, je vous la conseille, pour des raisons évidentes de compréhensions telles que "c'est qui lui?", "pourquoi ils sont là?", "nom de Dieu il s'est passé quoi?". Elle se trouve ICI

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Il faudrait que je date mes voxophones, par rapport à ce qui s'est passé à Columbia. J'ai à peu près terminé, mais en les réécoutant, je me suis rendu compte que ce n'est pas toujours tout à fait cohérent. Il y en a que j'avais enregistré avant de partir de la ville, d'autres avant de rencontrer Booker, ou de sauver Elizabeth. Au final, même moi je m'y perds un peu. Je suppose que je ferai ça demain.

J'aimerais raconter une autre aventure, désormais. Cette nouvelle série de voxophone, en complément avec ce qu'Elizabeth a écrit, devrait être plus complète. Pour l'instant, elle ne veut toujours rien écrire sur ce qui s'est passé à Columbia. J'imagine que ça viendra tôt ou tard.

Ce qui s'est passé à Schrein a eu lieu en l'an 1923, cinq ans après la guerre. Quand elle a éclaté, nous vivions aux Etats-Unis, Elizabeth et moi. Après tout ce qui s'était passé à Columbia, et après avoir pas mal voyagé avec Booker, nous avons décidé de nous poser, de mener une vie normale. Nous n'y avions jamais eu droit, et c'est ce que nous voulions par dessus tout. Alors on s'est trouvé une maison, une agréable petite demeure en banlieue, et on a vécu comme n'importe quel américain. Columbia avait un statut bien particulier, notamment parce que son existence était si secrète qu'elle était presque inconnue de tous, mais nous nous sommes débrouillés, et au final, nous avions notre extrait de naissance, notre nationalité, et nous payions nos impôts en bonne et due forme. Booker vivait non loin de nous, et tenait toujours un cabinet de détective privé. Je me demande combien de temps cette idée va lui rester en tête. Il a vraiment l'air de tenir à ce job, même si ça ne marche qu'à moitié.

Nous étions respectables. Elizabeth était professeure, l'une des rares de l'état, et enseignait l'histoire dans une université locale. C'était du public, pas du privé, alors la paie n'était pas tout à fait florissante, mais on s'en sortait bien. De mon côté, je venais de finir mes études d'architecte. Allez savoir comment je me suis rendu compte que c'était mon dada, mais j'étais plutôt bon. C'était bien carré, précis, c'était tout en planification et en élaboration. Un peu comme quand je tenais une arme... Et je refusais d'aller dans l'armée. Les premières années n'ont pas été tout à fait facile, mais on fini par trouver sa place.

Maintenant que c'est derrière nous, je ne saurais dire si on appréciait vraiment cette vie ou pas. C'était tranquille, calme, et nous n'étions pas malheureux, loin de là. Mais le monde d'en bas était tellement... Différent. Mieux sur bien des points, mais ennuyeux sur tellement d'autres. Leur retard technologique me faisait presque mal au cœur. Quand je regardais autour de moi, je me rendais compte à quel point ce que je prenais pour acquis à Columbia était en réalité extraordinaire. Pas de Handyman, un usage mou de l'électricité, pas de toniques non plus. Et par extension, pas de cristaux. Booker et moi n'utilisions presque jamais nos toniques, même si nous avons vite remarqué que tout ce qui était sucré nous permettait de nous recharger un minimum.

Cela dit, nous n'étions pas à plaindre. Elizabeth et moi filions le parfait bonheur malgré tout, et nos voisins étaient sympathiques. Et puis, je peux difficilement cracher sur ces quelques années, car c'est lors de celles-ci que nous nous sommes mariés. Au risque d'enfoncer des portes ouvertes... C'était le plus beau jour de toute ma vie. Jusqu'à ma mort je me souviendrai du moment où je l'ai vue avancer vers moi, dans sa superbe robe blanche, avant de doucement lever ses yeux vers moi. Quand j'ai plongé mon regard dans le sien, j'ai... J'ai su. Tout simplement. Je l'ai regardée droit dans les yeux et je me suis dit : « oui, je veux épouser cette femme et vivre avec ». Et c'est ce que j'ai fait.

Et puis vint la guerre. Ce qu'il y a de bien, et de mal aussi, avec les Etats-Unis, c'est leur isolationnisme. L'Europe était empêtrée dans sa sordide guerre de tranchée, tandis que nous étions entrain de préparer un effort de guerre purement industriel. Les informations relataient des morts si loin de nous que nous n'avions aucune raison de nous en inquiéter. Jusqu'à ce que les allemands reprenne la guerre des sous-marins, deux ans après le RMS Lusitania. On savait que ce n'était qu'une question de temps avant qu'on ne prenne part à la guerre, alors on s'était préparé, avec Booker. Au vu de notre passé à tous les deux, on était certain d'être les premiers à être mobilisés. Et c'est ce qui s'est passé.

Ça a brisé le cœur d'Elizabeth, et le mien aussi par la même occasion. Son père et son époux qui partaient tous les deux à la guerre, loin de chez eux. J'en avais vu bien assez à Columbia, et je ne voulais pas retenter l'expérience, mais on ne dit pas non à ce genre de lettre. Alors nous sommes partis, tous les deux, avant d'être séparés dans différents régiments.

J'écrivais tous les jours à Elizabeth, et par bonheur, je n'ai presque jamais mis le pied dans une tranchée. Les soldats qui étaient là bas, ceux qui avaient vu le début de cette guerre... Enfin, ceux qui y avaient survécu, et ça ne faisait pas des masses de monde. Certains me faisaient peur, bien plus que les allemands. Ils étaient devenus... Je ne sais pas. Plus vraiment des hommes. Ils avaient perdu quelque chose dans tous ces combats, et j'aurais préféré revivre les événements de Columbia plutôt que de combattre à leurs côtés. J'avais peur qu'ils me plantent un poignard dans le dos, juste pour essayer.

J'ai eu le bon rôle au final. On est arrivé vers la fin de la guerre, le pire était passé, et nous étions bien équipés. Et Booker et moi, nous avions encore nos toniques, qu'on utilisait discrètement, pour nous simplifier la vie. On s'en sortait bien en fin de compte, mais ça ne m'a pas empêché de la vivre très mal. Les français l'appelaient « la der des der », la « dernière des dernières », et bon sang, j'espère qu'ils avaient raison.

Pour ma part, je ne veux pas trop en parler. J'en ai fait des cauchemars pendants des années. Tout ce que j'ai besoin de dire, c'est que Booker et moi en sommes ressortis bien vivants, et sans blessure grave. Ils lui ont même donné la Croix de Guerre. Et qu'après tout ça, nous avons commencé à nous dire qu'une vie normale n'était peut-être pas la meilleure solution possible. Et nous n'étions pas les seuls.


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Mar 28 Juil - 17:49
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Columbia n'était pas une première. L'idée même était sans doute aussi vieille que la société elle même, quelle qu'elle soit. La volonté de s'échapper d'un monde qui correspondait pas à nos rêves, je pense que l'Homme l'a toujours eue. Comstock était l'un de ceux là, et il s'en est donné les moyens pour fonder ce qui représentait l'idéal de la société à ses yeux : Columbia. Et je veux bien croire que l'idée de base n'était pas mauvaise. Une ville où la loi du Seigneur est la seule qui s'applique, c'est un projet séduisant, et s'il avait été énoncé par quelqu'un de plus vertueux, il aurait pu marcher. On aurait eu une cité parfaite, unie dans la religion, qui évoluait au rythme de « aimez-vous les uns les autres » et de « tu ne tueras point ». Bon, ça n'avait pas tout à fait marché, mais l'idée était là.

Toujours les hommes ont voulu créer des utopies. Elizabeth pourrait en parler pendant des heures. En fait, ça lui arrive d'en parler pendant des heures. Arcadia, El Dorado, le Royaume de Jerusalem, etc. Chaque civilisation et chaque époque devait en avoir une. Et après la Grande Guerre... Les années folles, on a appelé ça comme ça. Ça correspond plutôt bien, c'est vrai. Quand on survit à quelque chose comme ça, on a envie de célébrer la vie, et bon Dieu, elle a été célébrée. Mais d'autres... D'autres ont voulu fuir le monde qui avait tant souffert, et tant fait souffrir. Lizzie, Booker et moi, nous ne faisions pas vraiment partie de ces deux catégories. On ressentait un espèce de malaise, oui, mais rien de suffisant pour nous donner envie de tout plaquer.

Le temps passant, on a décidé de voyager à nouveau. Mes derniers souvenirs de l'Europe étaient mort et désolation, et j'avais envie de changer ça. En plus, une certaine personne avait envie de revoir Paris. Pour la quatrième fois.

Au début, il n'y avait qu'Elizabeth et moi. C'était en quelque sorte notre voyage de noce, que nous n'avions pas pu faire dans les temps. Londres, Paris, Rome, et évidemment, Venise. Légère déception d'ailleurs. C'était très beau, bien sûr, mais dès que l'on essayait de sortir des canaux habituels, l'odeur devenait vite insupportable. Cela dit, nous avons profité de ces quelques mois du mieux que nous le pouvions. Booker a fini par nous rejoindre à Zurich, une fois qu'il avait eu le temps de mettre fin à ses affaires en cours. C'est là bas qu'on a entendu parler de Schrein en premier.

On restait dans un assez bel hôtel, environ une semaine avant l'arrivée de Booker. Nous étions en quelque sorte l'attraction du quartier. Les deux américains venus en ville pour voyager. Le jeune et beau vétéran de la Grande Guerre – ne me jugez pas, je ne fais que répéter – et la superbe brune à l'accent délicieux. Chaque fois qu'elle sortait en ville, elle rentrait en me racontant comment tel ou tel homme avait été particulièrement charmant avec elle. Je crois que ça l'amusait de me rendre jaloux. Je ne peux pas lui en vouloir d'ailleurs, j'aurais sans doute fait la même chose.

Toujours était-il qu'un jour, lors d'un petit gala organisé en ville, auquel nous avions été gracieusement invité, un vieil homme nous a abordé. Ou devrais-je dire, un cinquantenaire peu fringant. Avec Booker qui allait passer le demi-siècle d'âge dans quelques mois, nous faisions très attention à nos mots, pour ne pas vexer ce vieux grincheux. Bref, cet homme nous a raconté une histoire intéressante. Il avait entendu mes récits de guerre et les histoires d'Elizabeth, et nous parla d'une utopie contemporaine. Il pesait ses mots avec soin, souhaitant visiblement ne pas trop en dire, tout en en disant assez pour nous intéresser. Un sanctuaire, caché dans les montagnes, épargné par les guerres des Hommes, et épargnant la guerre aux Hommes. Malgré nos questions, nous n'en avions pas obtenu beaucoup plus de sa part. Il était finalement parti, sans nous avoir dit ni son nom ni quoi que ce soit d'autre, en vérité.

Lizzie et moi avons beaucoup parlé de toute cette histoire, bien sûr. Le spectre de Columbia a plané sur toute la conversation. Nous avons d'abord douté de son existence, bien sûr, mais après avoir vécu dans une ville volante... Nous étions prêt à admettre qu'une cité au cœur des Alpes n'était pas très étonnant. Et on s'en méfiait autant que nous étions curieux. En gros, la conversation qu'on a eue à ce moment là, et toutes celles qu'on a eues après, se résumaient à : « et si c'était vrai ? ». Bien sûr qu'il y avait des risques, des craintes, des précautions à prendre, mais... Si cet homme nous avait juste dit la vérité pure et simple ? Pas de guerre. L'idée me séduisait.

Quand Booker est arrivé, nous lui avons raconté tout ça. Même si je voyais bien que lui aussi avait envie d'y croire, son cynisme faillit me décourager. Plus encore que nous, il avait gardé une épaisse cicatrice des événements de Columbia. Il avait mis presque dix ans à surmonter définitivement sa culpabilité, après avoir compris qu'Elizabeth était sa fille, et qu'il l'avait vendue à Comstock. Sans nous, je ne lui aurais pas donné plus de cinq ans d'alcoolisme avant de mettre fin à ses jours. Je ne parle même pas des problèmes causés par ce qu'il ne savait pas. Ses saignements de nez et ses vertiges avaient mis plusieurs années à disparaître eux aussi, et on le craignait toujours assez fragile, au niveau de sa santé j'entends. Tout ça pour dire que, les idéologies, il ne voulait plus en entendre parler.

Ça a été le mot d'ordre pendant quelques semaines. On avait presque réussi à oublier cette histoire, notamment en voyant les piètres performances de grand père Dewitt au ski – sincèrement, c'était ridicule et hilarant. J'avais l'impression de regarder un chiot qui tombait à chaque pas : je me sentais mal d'en rire, mais c'était plus fort que moi – mais, en fin de compte, quelqu'un d'autre à choisi pour nous.

Ce jour là, nous avions pris un zeppelin, direction Berlin. Il n'y avait que peu de personnes dans le dirigeable, et je suppose que ça aurait du nous mettre la puce à l'oreille. Nous avions bel et bien remarqué que cela avait quelque chose de bizarre, mais sans faire le rapprochement.

Alors que nous étions en vol au dessus des Alpes, un passager vint vers nous. Un jeune homme, d'une vingtaine d'année, pas plus, vêtu d'un élégant costume et d'un haut de forme, parlant un américain parfait et avec une fine cicatrice sur la gorge. Il a commencé par nous faire la causette comme l'aurait fait n'importe quel compatriote rencontré en pays étranger. Il était aimable et propre sur lui, mais quelque chose dans son visage m'était familier. C'est alors que nous lui avons demandé son nom.

« Richard, nous dit-il. Richard Fink. Vous avez sans doute connu mon père : Jeremiah Fink. »


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Mer 29 Juil - 17:55
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Un silence de mort était rapidement tombé à notre table. Bien sûr que nous connaissions son père. Jeremiah Fink, ce monstre qui dirigeait toutes les industries de Columbia, réduisant en esclavage tous les habitants de Finkton. Aux dernières nouvelles, Daisy Fitzroy l'avait scalpé, et nous avions supposé que toute la famille de ce génie malsain y était passée aussi. C'était visiblement une erreur, même si la vieille estafilade sur sa gorge laissait entendre qu'on avait essayé.

Après quelques instants de silence, Booker et moi nous sommes levés d'un même mouvement, tandis qu'Elizabeth avait reculé de quelques centimètres, choquée. Booker s'était saisi d'un poignard qu'il avait caché dans sa botte, à la grande surprise du dénommé Richard qui fit un bond en arrière impressionnant.

« Whoa, calmez-vous, nous dit-il alors. Je ne suis pas mon père, je ne suis pas là pour faire de mal à qui que ce soit ! »

C'était compréhensible. S'il était bien le fils de Fink, il devait avoir entre huit et douze ans lors des événements de Columbia. Même s'il avait visiblement passé un sale moment, il ne pouvait pas saisir l'entièreté de l'horreur qu'avaient été ces quelques jours pour nous. Et d'ailleurs, c'était le fils du second homme le plus riche de la ville volante : sa vie avait été sensiblement plus épanouie que celle d'Elizabeth, ou la mienne. Bien sûr, je vous dis ça avec le recul. A cet instant là, j'étais clairement du côté de Booker.

Voyant que mon beau père – c'est très difficile de l'appeler comme ça, même encore maintenant, mais Lizzie veut que je fasse l'effort – n'avait pas la moindre intention de baisser les armes, Richard leva les bras et recula encore d'un petit mètre, avant de nous expliquer la situation.

« Écoutez, expliqua-t-il, je vous jure que je suis complètement inoffensif. Je ne suis même pas armé. Je voulais juste vous voir, et vous faire une proposition. Quand je suis parti de Columbia, tout le monde parlait de vous, alors, après avoir trouvé Schrein et avoir entendu parler de vous... Vous connaissez Schrein n'est-ce pas ? On a du vous en parler, non ? »

Elizabeth avait quelques notions d'allemand, aussi reconnut-elle le mot : il signifiait « sanctuaire ». Le « on » dont il parlait n'était autre que l'homme qui nous avait abordé lors de ce gala, quelques semaines plus tôt. Lorsqu'elle nous l'expliqua, nous fûmes un minimum contrariés. Quand bien même nous étions prêts à croire qu'il venait vers nous avec les meilleures intentions du monde – et ce n'était pas le cas à ce moment là – la façon dont tout ça avait été organisé ne nous plaisait pas. Du tout. Ça ressemblait beaucoup trop à un complot pour qu'on puisse en faire abstraction.

« Qu'est-ce que tu nous veux exactement, Richard ? »

Je lui avais demandé un peu abruptement, certes.

« Après ce qui s'est passé à Columbia... Comstock était un menteur, mais vous, Mlle Elizabeth, vous avez été plus que le miracle qu'il nous avait promis. Vous êtes un exemple là haut.
- C'est Mme Cooper, pour vous, répliqua-t-elle, glaciale.
- D'accord, bien sûr, répond-il, conciliant. Ce que je voulais dire c'est que... Columbia m'a appris que si on veut bâtir un monde meilleur, il faut s'en donner les moyens. Mais ça n'a pas marché là haut, alors que, ici bas... Il y a Schrein. Et je vous propose de vous y emmener. »


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Jeu 30 Juil - 18:01
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Une Columbia qui n'avait pas échouée... Le concept était tentant, sans compter que nous avions mis de côté tous débats quant au sanctuaire, mais pas nos pensées. Si elle s'était fait silencieuse, l'idée était restée dans un coin de nos têtes, elle avait même commencé à évoluer. Pour ma part, même si je n'avais aucune confiance en Fink junior, je ne pouvais pas m'empêcher d'être curieux. Qui ne l'aurait pas été ?

« Comment est-elle, cette ville ? »

C'était Elizabeth qui avait posé la question, avant que quiconque ne puisse réagir. Connaissant Booker, il se serait contenté d'un simple « non » avant d'exiger le départ du jeune homme. Sans doute était-ce là la solution la plus sage et la plus sûre, mais elle avait un gros défaut : nous n'aurions rien su. Et même lui était d'accord avec nous sur un point : mieux valait avoir des regrets que des questions sans réponses.

« Elle est... Je ne peux pas vraiment vous la décrire sans vous la montrer, mais si je devais dire quelques mots à son sujet, c'est que Schrein est l'harmonie. L'harmonie entre l'Homme et la nature, entre l'Homme et l'Homme aussi. Elle existe depuis des siècles, et jamais aucun conflit plus violent qu'une dispute de voisins n'a ébranlé la cité. C'est une société différente de tout ce que vous avez connu, où chacun trouve sa place, quelle qu'elle soit, et vit en faisant ce qu'il aime et ce pourquoi il est doué. Et depuis mon arrivée en ville, elle a fait un grand pas en avant au niveau de la technologie. Imaginez un peu... Ils ne connaissaient même pas les toniques avant ! Sans parler de toutes les améliorations ici où là... Croyez moi, on y vit encore mieux qu'à Columbia. »

Ce n'était pas spécialement compliqué pour moi. A peu près tout ce qui avait un toit et une isolation correcte était mieux que les casernes des Fondateurs. Quant à Elizabeth, chaque maison disposant d'une porte qu'elle pouvait ouvrir à sa guise était meilleure que sa tour. Nous n'étions pas spécialement les mieux lotis de Columbia, même si nous n'étions pas non plus les pires, loin de là. Le fait était qu'il venait de nous confirmer qu'il n'avait définitivement pas réalisé l'enfer que pouvait véritablement être Columbia. Mais ça ne voulait pas dire qu'il avait tort.

Les quelques informations données étaient minces, mais donnaient à réfléchir. D'une part, la prétendue ancienneté de la ville. Si elle existait depuis si longtemps sans avoir fini comme la ville volante, c'était déjà un bon point pour elle. Et cette histoire de tonique, et de technologie. Ça laissait entendre que Richard était au moins aussi intelligent que son père. Ce qui me dérangerait tout particulièrement, pour une raison que je n'arrivais pas encore à saisir. Avec le recul, je me dis que c'était son évidente malléabilité qui le rendait dangereux à son insu.

« Et dans cette cité, demandais-je, qui est le chef ?
- Il y en a trois. Chacun représente une partie de l'être humain, c'est comme ça que ça a été conçu. Il y a l'Âme, qui représente les prêtres et les philosophes, ainsi que les croyants en général. Les artistes aussi, même si on se demande de plus en plus s'ils ne font pas partie de l'autre catégorie. Il y a l'Esprit, celui qui représente les scientifiques, comme moi, avait-il dit avec fierté. Et en dernier, le Corps, qui représente les travailleurs en général, enfin ce qu'il reste en gros. Toutes les décisions se prennent à la majorité.
- D'accord, et si – et je dis bien « si » – on accepte d'aller voir, ajoutai-je alors en voyant le regard de Booker, juste d'aller voir, qu'est-ce qui nous dit qu'on pourra repartir ?
- Ce n'est pas Columbia là bas, monsieur... Monsieur ?
- Monsieur Cooper, répondis-je en prenant la main d'Elizabeth. Comstock parlait de moi comme « le traître ». La Vox, je sais pas.
- Ah, oui, pardon, vous, me répliqua-t-il avec une sorte de gêne. Oui, désolé, c'est vrai que... Enfin, bref, vous êtes libres de partir quand vous voulez. Regardez moi par exemple. Ou bien Helmut, que vous avez croisé au gala. Nous sommes dehors sans le moindre soucis.
- Si j'ai bien compris, dit Booker, on va devoir se contenter de votre parole ?
- Vous avez réussi à quitter une ville volante en pleine révolution, alors je pense qu'une ville tout à fait sur le sol et tout à fait en paix ne devrait pas vous retenir, dans le pire des cas, pas vrai ? »

Il rit alors à sa propre plaisanterie, sans réussir à nous décrocher un seul sourire. Hilarant, vraiment. Surtout quand on sait comment cette histoire s'est finie. En fait, c'était vraiment drôle.


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Ven 31 Juil - 18:03
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On en a débattu. Longtemps. Après son petit laïus, nous avons envoyé Richie sur les roses le temps de prendre notre décision. Booker était contre, j'étais pour, Elizabeth ne savait pas, pour vous résumer simplement la situation. Bien évidemment, je n'étais pas prêt à me jeter là bas tête la première, mais j'avais cette curiosité, et ce besoin de savoir si un tel endroit était bien réel. Booker avait massacré et scalpé des indiens par dizaines alors que je n'avais que quatre ans, sans parler de ce qui s'est passé ensuite chez Pinkerton. Il avait appris à calmer ses démons et à vivre avec. Ce n'était pas mon cas : Columbia me faisait encore du mal, onze ans après, et la Grande Guerre avait achevé de me malmener. Cette paix, j'avais besoin de la voir. Si elle était réelle, j'avais besoin de la ressentir, et si elle n'était qu'un mensonge de plus, j'avais besoin de le savoir, afin de comprendre qu'il en allait de la nature humaine.

Ça nous a pris des heures, mais finalement, Elizabeth a tranché. « Nous irons », a-t-elle dit. L'utopie est par définition impossible, m'avait-elle souvent dit. Je crois qu'elle s'accrochait à la même chose que moi : le monde est-il par définition condamnée à salir ses idéologies, ou bien est-il capable de s'élever au dessus de ça ? Nous avions passé des années à réfléchir à cette question, après avoir grandit de l'idylle qu'était sensé être Columbia. Je suppose qu'après avoir été victime de l'erreur de quelqu'un, on souhaite savoir si d'autres son capables de réussir.

Booker a grommelé pendant approximativement quinze ans après que notre petit triumvirat personnel ait rendu sa décision, mais il ne s'est bien évidemment pas défilé. Il avait fallu une décennie pour lui faire comprendre qu'il n'était pas un mauvais père, mais je me demande encore combien de temps il faudra pour le convaincre qu'il est même plutôt bon dans ce rôle. Il commençait à s'essouffler rapidement, à avoir mal aux articulations et à avoir le sommeil agité, et pourtant, qu'importe la situation, on se sentait toujours en sécurité à ses côtés.

Nous sommes retournés voir Richard, et notre décision l'a presque fait bondir au plafond. Petit connard irresponsable... Il était tout heureux, et fier comme un coq, en annonçant au pilote la destination. Malgré son insistance pour nous faire la conversation, nous ne lui avons pas adressé la parole durant tout le reste du trajet. Cette décision nous fut difficile, et son insouciance était aussi dérangeante qu'impolie.

Nous avons regardé le paysage défiler sous nos yeux. Les sommets des Alpes étaient déjà blanchis par les premières neiges de Novembre, et nous nous éloignions chaque instant un peu plus de toute civilisation, nous perdant entre les pics et les falaises. Pour une ville qui n'avait pas la chance de voler au dessus des nuages, Schrein avait réussi à trouver une excellente cachette, il fallait le lui reconnaître.

Pendant le voyage, j'ai fini par être assailli par de nombreux doutes. Est-ce que j'avais bien fait de soutenir cette idée ? Est-ce que je n'étais pas entrain de nous précipiter dans un nouvel enfer ? Et si c'était le cas, allais-je pouvoir me le pardonner un jour, si nous nous en sortions vivants ? Cette ville existait-elle réellement d'ailleurs ? Sans que je ne puisse expliquer comment, Elizabeth a senti mon trouble, et elle a posé sa main sur mon bras, avec un petit sourire encourageant. Sans avoir besoin de prononcer le moindre mot, elle arrivait à apaiser mes craintes.

Le temps commençait à se faire long quand Booker s'impatienta.

« Bon, on y arrive quand, à votre havre de paix ?
- Vous pouvez presque considérer que nous y sommes, monsieur Dewitt. »

Nous avons tous regardé par les fenêtres, à la recherche d'un détail qui nous aurait échappé, mais il n'y avait rien d'autre que des montagnes, et pas l'ombre d'une part de civilisation. Dans le doute, nous avons même jeté un regard vers le ciel.

« Non non non, nous dit Richard, vous ne la verrez pas d'ici, mais je vous assure qu'elle est là.
- Elle est dans la montagne ? Demandais-je.
- Presque ! En fait, elle est en dessous ! Regardez cette crevasse. »

Il y avait effectivement une large crevasse qui fendait une vallée en deux. Elle était tout juste assez large pour que le dirigeable y passe sans trop de risque. Si le vent se levait, il était sans nul doute trop risqué de tenter d'y descendre en ballon.

Une ville sous la terre donc... S'il fallait s'en évader, ce ne serait pas évident ai-je alors pensé. Fink avait beau dire ce qu'il voulait, à moins d'avoir une bonne pioche, beaucoup de courage et encore plus de temps, ils n'étaient pas prêts de sortir de ce trou si on tentait de les en empêcher. Alors que je me demandais à quoi pouvait bien ressembler une cité souterraine, et que mes idées m'évoquaient quelque chose de sombre et d'un tantinet glauque, le dirigeable descendait, et notre hôte nous avertit qu'il fallait fermer les yeux lors du franchissement du trou. Apparemment, la cité était éclairée comme en plein jour grâce à un complexe système de miroirs, et les reflets étaient particulièrement agressifs lorsque l'on franchissait l'unique porte d'entrée qu'était la crevasse. Soit.

Alors que nous descendions et qu'il nous abrutissait avec divers détails techniques, tels que l'alimentation en eau de Schrein, nous fermions les yeux avec impatience et crainte, prêt à découvrir ce qui se trouvait en dessous de nous. Et lorsque nous avons enfin pu regarder autour de nous, nous avons immédiatement été surpris : sous nos pieds se trouvait une jungle luxuriante, et en son cœur, sans délimitation véritable, une ville immense. Schrein. Pour un premier regard, elle m'avait fait de l'effet.


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Sam 1 Aoû - 18:01
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Ce qui était incroyable, c'était... Plein de choses en fait. Déjà, la simple existence d'une jungle apparemment africaine ou indienne au cœur d'une chaîne de montagne européenne m'avait pris de court. C'était fou, tout simplement. Je voyais des champs, des cultures de différentes céréales provenant de notre climat tempéré habituel, sur des dizaines d'hectares, et tout autour il y avait une végétation inextricable. Sans même parler de la taille de cette caverne : je n'en voyais pas le bout, peu importe dans quelle direction je regardais. La ville était à moitié aussi grande que Paris, et pourtant, elle ne devait pas occuper plus d'un cinquième de la grotte. Puis je remarquais qu'à un certain point, il était impossible de distinguer ville et jungle.

J'avais de vagues notions de sciences naturelles, je savais bien que cette forêt amazonienne existait depuis très longtemps, sans doute plus d'un siècle, au minimum. Et je savais aussi que dans les forêts, il y a de la vie. Beaucoup, surtout dans ce genre d'environnement. Je ne vais pas vous détailler ce qu'on appelle un écosystème, mais cette jungle en avait forcément un. Donc, il y avait de grands prédateurs. Sans doute pas des loups, mais certainement des tigres, ou des jaguars. En somme, des animaux dangereux pour l'homme. Et pourtant, rien ne semblait avoir été construit pour les repousser. Ça n'avait aucun sens.

Le dirigeable descendait lentement, pendant que nous étions tous entrain de ne pas en croire nos yeux. Lizzie me serrait le bras un peu plus fort à chaque détail qu'elle découvrait, et, pendant quelques instants, je n'ai plus entendu Booker respirer.

« Ouah, finit-il par dire.
- J'ai eu la même réaction la première fois, dit alors Richard. C'est magnifique, pas vrai ?
- Elle existe vraiment, ne pus-je m'empêcher de déclamer.
- Évidemment qu'elle existe, s'emporta Fink. J'espère qu'au moins maintenant vous me ferez un peu plus confiance.
- Si vous espérez quoi que ce soit de nous, commença Booker.
- Vous risquez d'être déçu, terminai-je.
- Ce n'est pas exactement ce que je voulais dire, me dit-il.
- Je m'en doute, mais c'était l'idée, non ? »

Elizabeth ne put retenir un petit gloussement. Plus le temps passait, plus ce genre de discussion arrivait régulièrement avec Booker, et ça l'amusait beaucoup. Lui et moi entretenions une relation assez étrange en fin de compte. Il avait longtemps été une sorte de mentor, mais aussi un coéquipier. Sans même parler de notre lien familial.

« C'est magnifique, dit alors Elizabeth.
- Et ce n'est que le début, madame. Ce que vous voyez, c'est le cadre d'une œuvre d'art. C'est un très joli cadre, oui, mais attendez de voir la peinture.
- Et qui est le peintre ?
- L'Homme, avec un grand H.
- Reste à savoir s'il s'agit du
Radeau de la Méduse ou de La Tour de Babel. »

Je n'étais pas tout à fait cultivé en art. J'ai du lui demander, plus tard, ce que représentaient ces œuvres, et l'analogie était effectivement bien trouvée, encore que la tour de Babel n'a jamais atteint le ciel, dans la mythologie. Ne me jugez pas, c'est juste que pour moi, l'art... Pourquoi s'ennuyer à regarder des heures durant de belles choses créées par l'homme alors qu'il y en a tout autour de nous, naturelles, bien plus que nous ne pourrons jamais en voir dans toute une vie ? A part la musique, je vous avoue que l'art me passe complètement par dessus la tête.

Nous avons continué à exprimer à la fois notre émerveillement et notre scepticisme pendant tout le temps qu'a mis le zeppelin pour atteindre le sol. Nous avons atterri à quelques centaines de mètres de la ville elle même, non loin d'autres dirigeables. Une petite foule nous attendait. Il y avait environ deux cents personnes, et trois d'entre elles se tenaient devant. Les fameux dirigeants de la ville, c'était certain. Personne n'avait l'air d'avoir d'armes, et personne n'avait l'air d'être un soldat non plus. Les choses commençaient plutôt bien.

« Oh, j'ai failli oublier, dit alors Richard. Est-ce que vous avez des armes ? Bon, dit-il après un court silence, je sais que monsieur Dewitt en a, mais... Enfin, elles sont interdites dans la ville, vous allez devoir les laisser ici. »

C'était aussi rassurant qu'inquiétant. Tout comme Booker, j'avais un poignard sur moi, le même depuis Columbia. Il m'avait sauvé la vie plusieurs fois, bref, je pense que vous connaissez la chanson. Mais si les armes étaient prohibées, qui étions nous pour nous introduire en ces lieux et violer les règles de ce qui semblait vouloir être une cité parfaite ? Sans même parler du fait que si jamais nous avions besoin d'un couteau, il était facile d'en trouver un dans n'importe quelle cuisine.

J'ai donné le mien assez rapidement, et même si Booker a essayé de négocier, il a fini par faire de même. Elizabeth aussi.

Visiblement soulagé qu'il n'y ait pas eu d'esclandre – peut-être que nous avions vraiment l'air de sauvages – Richard nous ouvrit la porte, tandis qu'une lourde chaleur entrait dans le dirigeable.

Elizabeth et moi sommes sortis en premier, suivis de prêt par Booker. La foule nous a applaudi poliment, couvrant le son d'oiseaux que je n'avais jamais entendu que dans un zoo. Les trois hommes se sont avancés d'un même mouvement. Celui du milieu, grand, fin, visiblement âgé et imberbe, nous adressa la parole.

« Mes frères, ma sœur, c'est un réel bonheur de vous avoir parmi nous. Bienvenue au sanctuaire de l'humanité. Bienvenue à Schrein ! »


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Dim 2 Aoû - 17:36
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Ayant pris la désagréable habitude de me trouver en terrain dangereux, que ce soit à Columbia, au front, ou dans les bureaux de poste de D.C., j'ai immédiatement observé avec une nervosité maladive tout ce et tous ceux qui se trouvaient autour de moi, avec une attention toute particulière pour les trois chefs de la ville. Les gens étaient, dans l'ensemble vêtus comme à peu près n'importe où ailleurs, encore que certains habits me rappelaient ceux des premiers jours de Columbia, et je suis à peu près sûr qu'un couple était habillé comme mes parents l'étaient sur la photo de famille qui m'avait accompagné pendant longtemps, à ceci près que les deux personnes qui se tenaient devant moi étaient noires.

Nos trois hôtes faisaient figure d'hurluberlus dans tout ce beau monde habillé pour le sermon du dimanche : celui qui nous avait parlé portait ce que je pourrais appeler une soutane, bien que sensiblement différente de celles de nos prêtres. Blanche crème avec quelques traces de rouge bordeaux, il avait l'air à la fois d'un pape, d'un imam, et d'un prêtre pour ce culte oriental dont j'ai jamais su le nom. Toujours est-il que... Excuse moi chérie, qu'as-tu dit ? Ah oui, exact, le bouddhisme, merci beaucoup.

Donc, oui... Il avait l'air de vouloir concilier ces trois religions. Je ne sais pas s'il avait grandit à Schrein ou s'il venait de l'extérieur, mais il avait quelques reliquats d'un accent allemand plutôt distingué. Soit l'éducation qu'il avait reçue dans la ville sous la montagne était très sophistiquée, soit il avait été l'enfant d'une riche famille germanique. Nous avons appris, bien plus tard, qu'un de ses lointains parents n'était autre que le Kaiser Wilhelm en personne.

A sa droite se tenait un homme qui semblait être tout son contraire : plus petit, il arborait fièrement une protubérance naissante mais bien disposée à prendre de l'ampleur au niveau du ventre. Vêtu à peu de choses près comme Richie, hormis un chapeau ridiculement grand, son visage était auréolé d'une moustache qui me rappela immédiatement celle de Jeremiah Fink lui même, quoique cette impression fut contrebalancée par la présence d'une épaisse barbe grisonnante sous celle-ci. Il devait avoir dans la cinquantaine, un peu plus âgé que Booker, tandis que Félix – le premier homme, avec sa soutane – avait très certainement dépassé les soixante-dix.

Enfin, à gauche de ce dernier se trouvait un rude gaillard, bien plus jeune que ses deux compères. Ne dépassant certainement pas la trentaine, il était visiblement rompu aux travaux manuels : ses mains étaient calleuses, ses épaules larges et sa peau bronzée. Il était habillé de façon très simple, comme si on l'avait interrompu en plein abattage d'un arbre sans lui laisser le temps de se changer. Au moins son rôle dans la hiérarchie était clair.

L'Âme, l'Esprit et le Corps, venus pour nous accueillir. Alors que je les détaillais sans vergogne, Richard, avec son entrain habituel, nous présenta à nos nouveaux hôtes.

« Les amis, commença-t-il, montant ainsi notre relation à un palier qu'elle n'était pas prête d'atteindre, je vous présente les trois guides de Schrein ! Voici...
- Allons Richie, le coupa l'homme au chapeau trop grand, et avec un fort accent français, laissez les souffler un peu. Pardonnez moi messieurs, continua-t-il en avançant vers nous et en nous tendant la main. Je suis Gustave Geist. Je suis le guide de tous les hommes de science de cette ville. »

Nous avons eu un petit temps de battement durant lequel nous contemplions sa main tendue sans savoir quoi faire, jusqu'à ce qu'Elizabeth la saisisse et la serre poliment.

« Elizabeth Cooper, dit-elle.
- Oh, vous n'êtes plus « Comstock » ? Enchanté très chère, j'ai tellement entendu parler de vous. Et vous devez être le fameux Booker, n'est-ce pas ? Votre histoire a fait le tour de la ville des centaines de fois, et j'apprécierai fort que vous nous la racontiez en temps voulu.
- Je promets rien, répondit Booker, lapidaire.
- Quant à vous, termina-t-il à mon attention, vous étiez aussi à Columbia, je me trompe ? Au fur et à mesure que l'histoire a été racontée, votre nom n'a pas cessé de changer. Alors dites moi, êtes vous James, Connor, Douglas...
- Restons-en à monsieur Cooper, si vous le voulez.
- Oh, on cultive le secret à ce que je vois. Eh bien ma foi, bienvenue à Schrein monsieur Cooper ! »

Dès lors que cet interminable serrage de main fut terminé, l'homme du milieu, celui qui avait parlé, s'avança à son tour vers nous, s'inclinant poliment.

« Si notre cher Geist a achevé son interminable diatribe, permettez moi à mon tour de me présenter : Félix Seele, représentant de la foi à Schrein. Je m'excuse par avance si mes propos sont déplacés, mais mon devoir m'oblige à vous assurer que le pandéisme de Schrein est bien différent de la religion unique et militaire de Zachary Comstock. »

Je crois que nous avons tous grimacé à l'évocation de ce nom, à divers degré. Au moins il avait la décence de prendre des gants, mais ce n'était jamais plaisant d'entendre le nom de ce vieux pourri. Je pouvais néanmoins comprendre ce qu'il avait derrière la tête : la religion avait perdu beaucoup de son crédit auprès de nous, et il fallait bien qu'il tente de remettre le navire à flots. Quant à son pandéisme... Vu que beaucoup de croyances se marchent dessus, j'ai un peu de mal à imaginer qu'on puisse tous les vénérer, mais après tout... Ça n'était pas à moi de juger.

Lizzie grommela avec toute la subtilité possible que ce n'était rien, et qu'elle ne mettait pas toutes les Eglises dans le même panier, ce que Booker et moi avons confirmé d'un grognement et d'un signe de tête. Il a compris qu'il était en terrain miné je pense, car il n'a rien ajouté, laissant le dernier homme se présenter.

« Neil Körper, dit-il avec un sourire apparemment sincère et un accent britannique. Vous l'aurez deviné, je suis le Corps de Schrein. Sans nous, il n'y aurait même pas de ville, juste une clairière boueuse avec des philosophes sans abri. »

Gustave eut l'air de trouver ça drôle, mais Felix eut une mimique très certainement semblable à la notre lorsqu'il avait évoqué Comstock. A l'évidence, ces deux là n'avaient pas beaucoup d'atomes crochus. Non pas que ce soit notre problème, ai-je alors pensé. A tort, comme bien souvent.


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Lun 3 Aoû - 17:50
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Rapidement, nous nous sommes mis en marche, alors qu'ils nous guidaient vers ce qui allait être nos quartiers provisoires. Si nous décidions de rester, disaient-ils, alors nous serions relogés convenablement, selon nos besoins. Tandis que nous traversions les divers quartiers de la cité, très différents les uns des autres, une petite troupe se formait derrière nous : des badauds curieux semblait-il. Et dès qu'un d'entre eux quittait la file, visiblement ennuyé, un ou deux autres prenaient sa place. Accueillaient-ils tous les nouveaux venus comme ça, ou bien notre passif a Columbia, apparemment bien connu ici, nous accordait plus de notoriété que la plupart des gens ? Difficile à dire...

Gustave était le plus bavard de tous, nous récitant l'histoire de chaque quartier que nous traversions. S'il était vite devenu agaçant, son discours n'en fut pas moins instructif, et voici ce que nous avons compris du fonctionnement de la ville : comme l'avait dit Richie, c'est chacun sa place, et cette dernière est entièrement déterminée par les aptitudes. C'est avant toute chose à cela que sert l'école à Schrein, à déterminer ce à quoi une personne est douée, à la suite de quoi, elle fera sa vie dans ce domaine, sous la tutelle de l'un des trois ordres de la ville. C'était simple, mais efficace, et chacun trouvait sa place au cœur de la société dissimulée dans la montagne. C'était pour cela également, expliquaient-ils, qu'il n'y avait ni mendiant, ni système de caste ou de classe autre que les ordres. De même, il n'y avait pas d'argent à proprement parler à Schrein. Chaque personne recevait ce dont elle avait besoin de la part des divers ordres. Les fermiers du Corps nourrissaient les hommes de l'Esprit et de l'Âme. Les hommes de l'âme soignaient les cœurs des autres, et leur apportaient la paix, la joie, la réflexion, tandis que ceux de l'Esprit œuvraient au progrès et au bon fonctionnement de Schrein. C'est là un résumé très sommaire de l'organisation, mais il en allait ainsi. Quant à ceux qui désiraient plus que ce dont ils avaient besoin, il suffisait de le demander à la personne concernée. Pour un nouveau vêtement un peu fantaisiste, il fallait aller consulter le tailleur et, selon ses occupations et ses envies, il le réalisait, ou non. Tout était basé sur le consentement mutuel.

Quant à la ville elle même, elle était vieille. Plus on s'enfonçait en son cœur, plus les bâtiments devenaient anciens, et les architectures différentes. De nombreux siècles défilaient sous nos yeux, comme si nous voyagions dans le temps. Alors que la bordure extérieure de la cité était le théâtre de nombreux travaux, et que s'érigeaient des habitations très semblables à notre maison en Amérique, cinq cent mètres plus loin se trouvait une architecture purement victorienne. J'étais bien évidemment très attentif à ce genre de détail. J'avais l'oeil du professionnel, si on peut dire.

On nous a parlé de tout et de rien en chemin : de la façon dont l'eau était acheminée, de la mode de ces dernières années, de l'absence de protection contre les animaux sauvages – car en effet, la forêt en grouillait, et pas des plus tendres – et également de l'existence de forces de l'ordre, contrairement à ce que nous avait dit Richie. Si on a évidemment commencé à se renfrogner bien vite, Félix nous a affirmé sans perdre une seconde que les choses étaient différentes de ce que l'on pouvait imaginer : cette police n'avait pas d'armes à feu, ni tranchantes, juste des matraques, et servaient plus à rendre service et à résoudre les problèmes mineurs qu'à surveiller la population.

Alors que la discussion semblait vouloir dévier sur un sujet qui nous intéressait particulièrement, à savoir les toniques et leur évolution depuis Columbia, nous sommes arrivés au vieux château de la ville. Sans doute avait-il était médiéval à une époque, mais il avait reçu tant de rajouts çà et là qu'il ne ressemblait, il fallait le reconnaître, plus à rien. C'était à la fois le cauchemar et le rêve de tout architecte : un grand n'importe quoi savamment organisé et maîtrisé. C'était aussi beau que laid. Et c'est apparemment là que nous serions logés pendant quelques temps.

Je n'ai que moyennement écoute tout ce que nos trois guides racontaient, exaspéré par un balcon, du début du 19ème ornementant une fenêtre de style renaissance, que l'on avait aménagé après avoir vraisemblablement agrandit une meurtrière. Quand j'ai recentré mon attention sur eux, ils s'éloignaient tous, retournant à leurs occupations tandis que Richie nous guidait à nos trois chambres, bien que nous n'en ayons besoin que de deux. C'était assez contrariant de devoir expliquer constamment notre relation, avec Elizabeth. Sans parler de toutes ces fois où l'on me demande qui je suis après l'avoir encensée, ainsi que Booker. C'était compréhensible, bien sûr, et je repense souvent aux paroles des Lutèce, me concernant. Et ce n'est pas très plaisant de s'entendre confirmer que l'on n'est pas sensé appartenir à cette histoire.


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Mar 4 Aoû - 17:45
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L'intérieur du palais – encore que même aujourd'hui je me demande si c'est bien la meilleure façon de nommer ce château défiguré – était un peu plus cohérent que ses façades. Il ne s'en dégageait aucun luxe particulier, bien que je ne puisse vraiment pas le qualifier d'austère. C'était... Suffisant. C'est le meilleur moyen de vous le décrire : il y avait ce qu'il fallait, et peut-être un peu plus, pour rendre l'endroit agréable. Il en allait de même pour les chambres.

Richie a eu la politesse de ne pas s'imposer plus longtemps que nécessaire : après nous avoir ouvert nos chambres, il nous a simplement précisé l'heure à laquelle on viendrait nous chercher pour le repas, et les interminables discussions qui allaient forcément s'ensuivre. Je ne m'en étais pas rendu compte, jusqu'alors, mais j'étais mort de fatigue, et lorsque j'ai commis l'erreur de me laisser tomber sur le lit de notre chambre, je me suis retrouvé comme aspiré par lui. Il avait visiblement l'intention de me manger, et je n'avais ni la force ni la motivation nécessaire pour l'en empêcher. Tout du moins jusqu'à ce que je ne sois plus le seul dans ce lit. Lizzie avait l'air aussi fatiguée, et au moins aussi confuse que moi. Je crois que j'avais sincèrement envie de discuter de tout cela, quand je me suis tourné vers elle. Mais en fin de compte, nous nous sommes endormis avant de pouvoir ouvrir la bouche.

Une ou deux heures après, la voix rauque de Booker nous réveilla, retentissant de derrière la porte, quelques coups portés à l'encontre de celle-ci marquant le rythme d'une musique assez déplaisante. L'esprit dans le vague et les yeux Dieu seul sait où, je me suis levé pour lui ouvrir, pendant qu'Elizabeth marmonnait ce que, je pense, étaient des insultes à l'encontre de son père. Il n'entendit rien, ou le feignit, car lorsqu'il passa la porte, il était déjà entrain de nous expliquer son point de vue sur cet endroit, avec une ferme conviction. Le résumé était simple, et concis : cet endroit faisait encore illusion, mais il se sentait exactement dans le même état que lors de ses premières heures à Columbia, avant le tombola.

Que voulez-vous répondre à cela ? A peine réveillés, nous nous faisons assommer par l'argument « je le sens dans mes tripes ». Nous n'avions pas d'opinion aussi tranchée, et surtout, cela ne servait à rien de partir alors que nous venions à peine d'arriver. Quel intérêt d'avoir accepté la proposition de Richard s'il s'agissait de partir aussitôt après avoir mis le pied dans cette ville pleine de promesses ?

Aujourd'hui, ce serait facile de dire qu'avec du recul, c'était Booker qui avait raison, mais je persiste à penser que rester à Schrein comme nous l'avons fait était la meilleure chose à faire, du moins meilleure que d'en partir sans l'avoir connue. Et aussi étonnant que ça puisse paraître, mon beau-père en est venu à penser la même chose.

Toujours est-il que nous avons rejeté ses craintes et ses mises en garde. On les a écoutées, bien sûr, et nous n'étions pas stupides au point de les ignorer, mais nous avons décidé de nous forger notre propre opinion de la situation, n'étant pas convaincu par le ressenti de ses tripes, pourtant si habiles détectives. Ça ne lui a évidemment pas plût, et il quitta la chambre avec pertes et fracas, à tel point que, lorsque l'on vint nous chercher, quelques heures plus tard, pour le dîner, nous nous demandions s'il serait avec nous. Ce fut le cas : il était manifestement plus qu'heureux d'avoir une occasion de quitter cette chambre.

Le repas que l'on nous servit dans une grand salle, visiblement destinée aux grandes occasions, fut copieux sans que l'on puisse véritablement parler de banquet. C'était un dîner officiel de bienvenue, et on nous annonça immédiatement, comme pour éviter que l'on ait de faux espoirs, que ce n'était certainement pas la quantité qu'il fallait espérer avoir tous les jours. C'était ma foi de bonne guerre mais ça m'a fait un pincement au cœur.

Entre deux bouchées çà et là, nous en apprenions encore plus sur la ville, mais je ne vais pas vous ennuyer avec ces détails maintenant, car la partie la plus importante du repas fut quand Félix nous expliqua que nous avions une semaine pour prendre notre décision : rester à Schrein, et suivre les règles de la cité, ou bien quitter le Sanctuaire, et n'y revenir que si notre avis à changé. Pendant toute cette semaine, avait-il dit, nous allions avoir quartier libre, ainsi que divers guides à notre disposition, pour apprendre tout ce qu'il y avait à savoir sur sa ville.

C'étaient là ses règles, et on les a accepté. J'ajouterai que l'on a été très consciencieux dans nos recherches, avant de dire « oui ».


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Mer 5 Aoû - 18:05
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Schrein a fait illusion. Pendant plus d'un an. Lors de cette semaine d'investigations que l'on nous avait accordé, rien ne nous sauta aux yeux, et pourtant nous cherchions la petite bête. Les gens n'étaient pas forcément plus aimables qu'ailleurs, mais toute forme de violence et d'abus de pouvoir semblaient exclus de la cité.

Assez rapidement, nous avons compris que nous serions moins libre de nos mouvements qu'en Amérique. En résumé, il n'était pas possible de faire tout ce que l'on voulait : les jeux d'argent étaient interdits – il n'y avait pas d'argent, ou est d'accord, mais chacun avait ses propriétés, qu'il aurait pu miser – et n'étaient tolérés qu'à des fins ludiques. Les seuls sports existant étaient des sports d'équipe, et n'étaient, eux aussi, autorisés qu'à titre ludique : personne, dans la ville, n'était sportif de métier. Il en allait de même pour les comédiens : les activités telles que le théâtre ou le chant étaient encouragées, mais ne pouvaient constituer un véritable travail.

On avait été habitués à bien pire, à Columbia, et Booker n'en avait tout simplement rien à faire, alors toutes ces restrictions ne nous ont pas véritablement choqué. Le décalage avec les Etats-Unis, pays de la liberté, était évident, mais Félix nous expliqua bien assez vite qu'un arbre sans tuteur pousse n'importe comment, au point d'être un danger pour lui même et pour les autres s'il grandit suffisamment. C'était la métaphore qu'il avait employé, et c'est ainsi qu'il justifiait les nombreuses règles de la cité.

Plus tard, c'est la répartition des tonique qui nous avait inquiété. Richie était peut-être un imbécile naïf, mais je peux vous assurer sur ma tombe que c'était un véritable génie. Les toniques de son père étaient réputés un peu instables, et avaient causé de nombreux problèmes en ville, avant même l'arrivée de Booker. En quelques années de travaux, juste avec les travaux préliminaires de son père et d'un certain docteur Suchong, il était parvenu à les rendre presque sans danger, au prix d'un moyen d'ingestion moins plaisant : il fallait injecter directement le produit dans ses veines. C'est sans doute pour cela qu'une partie de ceux qui y avaient droit refusaient de les employer. Et je ne peux pas vous en vouloir : j'avais exactement les même griefs, à Columbia.

Richie avait totalement abandonné le tonique de Possession, jugé amoral par le triumvirat de Schrein et par ses habitants, ainsi que les Corbeaux Meurtriers, et avait drastiquement réduit la production de Baiser du diable. Ils n'étaient fournis qu'à ceux qui avaient besoin de flammes dans le travail : ceux qui travaillaient le métal, notamment, certains boulangers, dont les fours étaient énormes, et d'autres encore. L'Electroquartz, lui, était en plein boom, d'après ses dires, et s'utilisait à tous les coins de rue pour alimenter les très nombreux automates de la ville. Ça et d'autres encore, bien sûr. Il en avait même créé deux : l'un d'entre eux augmentait la force de son utilisateur, et était du véritable pain béni pour les divers maçons, bûcherons, et autres artisans de la ville. Il l'avait appelé Héraclès. L'autre, c'était un véritable petit bijou, et je me demande encore comment il a pu avoir cette idée, et le talent pour la réaliser. Ça s'appelait l'Arche de Noé. L'intérêt de la chose, c'est qu'il permettait d'imposer sa volonté aux animaux. Dans les divers élevages de la ville, c'était bien sûr beaucoup plus efficace : du jour au lendemain, plus aucun fermier ne s'est fait attaquer par une vache qui refusait d'être traite.

Le mieux, bien sûr, c'était concernant les prédateurs : plus aucun n'approchait de la ville désormais. Plus aucun troupeau n'était attaqué, et cela faisait des années que plus personne n'avait vu de jaguar rôder près des habitations. Avant Richie, c'était les Samaritains – le nom qu'ils avaient donné à leur espèce de police – qui surveillaient les abords de la cité, mais désormais, ils pouvaient se concentrer sur leur tâche principale, c'est à dire leur rôle de policiers/pompiers/ambulanciers. On les avait observé avec prudence, cherchant la faille, le symbole de l'oppression qu'ils n'allaient pas manquer de représenter, mais rien n'y faisait. Il s'agissait apparemment bel et bien d'un groupe tout ce qu'il y avait de plus serviable.

Alors, quand au bout de cette semaine de suspicion, on nous a demandé quelle était notre décision, nous avons répondu oui. Et nous en avons été très content, pendant un peu plus d'une année. Jusqu'à ce que Gustave me demande de lui rendre un petit service.


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Jeu 6 Aoû - 18:42
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Sitôt qu'on a accepté, il nous a fallu trouver un travail, évidemment. Pour Elizabeth et moi, ce fut plutôt facile : j'appartenais à l'Esprit, en tant qu'architecte, et Lizzie avait repris son rôle d'enseignante en histoire. Il avait été décidé que le métier de professeur dépendant avant tout de l'Âme, même si tout le monde reconnaissait qu'il s'agissait plutôt d'une compétence transversale.

Pour Booker, ce ne fut pas aussi facile de trouver sa place. Tantôt militaire, tantôt détective privé, les quelques métiers qu'il avait exercés n'étaient pas de mise à Schrein, alors il lui a fallu se réadapter. En définitive, il a rejoint les Samaritains. Ce n'était pas le meilleur travail de sa vie, nous disait-il, mais c'était paisible. Après quelques semaines, il a même reconnu qu'il était heureux de faire un peu de bien autour de lui. Il s'était fait à la vie en ville.

Mariés selon la politique des Etats-Unis, Elizabeth et moi avons eu l'autorisation de partager une maison, dans l'un des quartiers mixtes. Le fait est que, normalement, tout un chacun habite dans un quartier dédié à son Ordre. Il y avait, à Schrein, 14 quartiers du Corps, 5 de l'Âme, et 9 de l'Esprit. Cependant, comme l'amour n'avait pas de frontière, disait-on, il y avait 6 quartiers mixtes, dans lesquels les couples, ou ceux disposant d'une bonne raison d'habiter là plutôt que dans leur Ordre, étaient logés. La maison n'était pas bien grande, mais elle était tout à fait agréable.

Pour être franc avec vous, nous avons eu un peu plus de mal que prévu à nous habituer au manque de possessions du Sanctuaire. Où que nous regardions, il n'y avait rien en trop : pas de paire de chaussure qu'on ne mettait qu'une fois par mois, pas de vaisselle suffisante pour accueillir une dizaine de personnes à table, etc. Le nécessaire et le convenable, mais pas l'excès. Je suppose que nous nous étions habitués aux Etats-Unis plus que nous ne l'avions pensé.

Assez régulièrement, nous dînions avec Booker, et Neil se joignait souvent à nous. Le représentant du Corps était très différent de ses homologues. Il était plus... Simple. Plus agréable aussi. Il n'occupait pas ce poste depuis longtemps, et sa jeunesse le rendait encore plus détaché de la solennité qu'affichaient Gustave et Félix. Il faisait visiblement un bon travail, mais disait très honnêtement ne pas avoir le sentiment de porter le poids aussi lourd que ceux que s'amusaient à tracter ses deux comparses. Il n'était pas là pour élever l'âme des hommes, mais seulement pour les nourrir. J'ai vite appris que c'était là la cause de l'inimité entre lui et Félix : le vieil homme avait une mentalité de visionnaire, alors que Neil était beaucoup plus terre à terre.

Vint finalement un jour où, alors que je supervisais l'un des innombrables chantiers de rénovation des vieux quartiers, Richie est venu me chercher. Il m'a serré la main avec énergie et m'a demandé si je voulais bien le suivre. Selon lui, Gustave avait besoin d'un architecte de talent et dans les plus brefs délais, et c'est bien évidemment mon nom que le jeune Fink avait mis en avant. J'ai commencé par lui dire d'attendre, mais il avait insisté, prétextant que la situation était véritablement urgente, et lorsque j'ai compris qu'il n'allait pas le lâcher, j'ai accepté de le suivre jusqu'au château.

Là bas, Gustave m'a reçu avec une attitude assez étrange. Il avait l'air un peu inquiet, sans que je ne m'en préoccupe véritablement, à l'époque. Il me parla alors de son problème, de manière très concise. Trop d'ailleurs : il ne m'avait même pas donné assez d'informations pour résoudre son problème. En gros, il cherchait à déterminer quel mur porteur devait être détruit pour détourner un éboulement, de façon à ce que l'on puisse sauver un élément précis de la structure.

Il a renâclé, quand je lui ai demandé des plans, mais il a fini par mes les apporter, alors que je me demandais où cet éboulement avait pu avoir lieu, et pourquoi je n'en avais pas entendu parler. Je n'ai cependant pas voulu avoir d'ennuis, alors j'ai gardé mes doutes pour moi, et j'ai examiné les plans, sous l'oeil inquisiteur de Gustave. Ils ne représentaient rien de ce qu'il y avait dans la ville, j'en étais convaincu : c'était quelque chose d'immense, construit à flanc de mur, et l'éboulement en question menaçait la stabilité de toute la structure.

J'ai travaillé là dessus quelques heures, puis je lui ai apporté mes rectifications, plus curieux que jamais quand il me demanda de garder tout cela pour moi. C'est à mon retour, lorsque j'en ai discuté avec Elizabeth, que nous avons convenu qu'il y avait quelque chose de louche, qui méritait bien notre enquête.


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