Terra Mystica

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 Formes de vie

 
Jeu 21 Mai - 14:20
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C’était toujours ainsi, et ainsi ce devait toujours être. La neige ruisselait déjà en rivières chantantes et semblait se dissoudre et s’évanouir sous la caresse d’un soleil printanier, encore timide, encore engourdi de froidures et de frimas, et les montagnes secouaient leurs flancs pour se défaire de leurs mantes de givre et revêtir d’éblouissantes parures de verts chatoyants. C’était toujours ainsi, le même parfum dans l’air, le même fourmillement qui animait chaque chose, chaque être, jusqu’à la plus petite pierre ravie de revenir à la chaleur du jour et au bout de vingt années rien n’avait vraiment changé. C’était le même son, qui animait chaque chose, chaque être, jusqu’aux plus fins brins d’herbe des alpages qui se couchaient docilement sous les rafales vagabondes. Le même chant qui s’emparait de tout et faisait de longues complaintes d’une douceur infinie dans l’air pur et limpide des hauteurs.

Toujours à la source, cent fois revenir. Phalène s’en allait chaque printemps retourner à ses montagnes, retourner à l’origine, retrouver comme on va en pèlerinage les premières sensations qui avaient présidé à sa seconde naissance. L’enfant de l’hiver chaque année revenait saluer le printemps et se tenir sur le seuil de la saison première en diluant ses refrains dans la sérénité altière des vallées profondes. Comme au premier jour, chaque sensation était aussi vive, comme à la première seconde, au moment de l’éveil. Pieds nus sur la terre encore froide, elle se tenait debout près d’un ruisseau, au creux d’un val où dansaient les fleurs de cigüe et les prêles chuchotantes. Elle avait fermé les yeux, comme pour revenir à son état premier, à cette stase interminable qui l’avait vue mourir pour renaître, pareille au soleil, pareille au monde entier. Elle avait suivi la course des jours, elle avait sombré dans l’hiver pour renaître au premier bourgeon et ses yeux à peine éclos s’étaient ouverts sur le ciel infini. Alors, comme le monde, comme le soleil, comme chaque graine plantée dans l’automne finissant, Phalène était revenue à l’origine, pour s’élever de nouveau.

Dans le silence, elle écouta. Le bruissement de l’eau sur les pierres, et le grondement lointain, continu, absolu, du vent sur les cimes qui résonnait de toutes parts comme une note basse et infiniment longue. L’ossature du chant. Et puis, plus aigu, plus subtil, comme un immense chœur de voix frémissantes, la voix qui s’élevait, allait, venait comme un refrain incertain, les soupirs de la brise apaisée qui couchait la prairie sous son large souffle égaré. Lentement, elle esquissa un geste, ses pieds nus toujours fermement ancrés sur le sol humide comme une chair âpre et glaciale. Son corps ploya, se courba comme la cime d’un arbre, d’un vaste mouvement puissant et sûr, et elle se mit à chanter. Ce ne fut d’abord qu’un fredonnement sourd et étonnamment grave pour une personne si petite, un instant de stase, un moment d’attente. La note roulait, puissante et persistante, avant que dans l’élan donné par une brusque rafale, le corps de Phalène ne se déploie soudainement, ouvrant les bras dans la vague noire de ses cheveux emmêlés comme si c’étaient de vastes ailes prêtes à l’emporter. Elle se figea à l’apogée de son impulsion, soudain en équilibre sur la pointe d’un de ses pieds, et laissa la bise s’engouffrer de toutes parts pour la soulever, faisant battre les larges pans de son manteau sombre, les gonflant comme la voile de quelque navire irréel.

Sa voix s’était ouverte pour accompagner le souffle qui l’avait enveloppée, et le chant éclatait à présent dans un écho immense, vibrant, qui sembla emplir tout l’espace de la vallée. L’écho fut porté vers les cieux par une seconde rafale aussi forte que la première qui sembla l’emporter alors qu’elle bondissait en l’air pour atterrir au beau milieu du ruisseau dans une gerbe d’éclaboussures. Phalène laissa sa voix s’éteindre tandis que le vent décroissait, et ce ne fut qu’à cet instant qu’elle ouvrit les yeux avec un ravissement qui fit naître un rire sonore sur ses lèvres. Il y avait de ces instants par trop fugaces où son esprit semblait enfin pouvoir s’accorder à la vibration de ce qui l’entourait, et dans ces moments elle n’avait plus besoin de voir, ni de savoir ; il lui suffisait d’être, il lui suffisait de se laisser porter par les courants et c’était alors comme si tout son être s’y diluait, comme si elle n’existait plus, et était à la fois le vent, la terre, l’eau, toute chose en même temps, à peine conscience de sa propre existence. Il y avait dans ces brèves minutes un délice sans pareil, comme si elle était enfin à sa place et trouvait un sens à son existence.

Les esprits chantaient dans le vent... Des voix vagabondes, des murmures millénaires, cent mille années de peine et de labeurs, cent mille années de peines et de joies, un million d’âmes et d’esprits qui chuchotaient à son esprit ouvert à tous les vents des tristesses insondables et des évocations lointaines de grands paysages.

Et puis, et puis une voix. Une présence ? Phalène demeura suspendue dans un mouvement, ses jupes et ses cheveux retombant autour d’elle. Elle ferma les yeux, car la vue était toujours parasite, quand elle ouvrait les autres sens de son esprit.

— Qui parle ? Dit-elle d’une voix mélodieuse comme un chant d’oiseau. Nous entendons ton souffle mort. Es-tu là ?


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Lun 25 Mai - 23:42
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Il m'impressionnait.

Je le suivais depuis des jours, peut-être des mois. Il avait une aura particulière, une présence silencieuse, comme s'il connaissait le monde, comme s'il connaissait les êtres, le devenir et la provenance des choses.

Cela avait commencé dans un petit village des plaines mystiques, là où j’errais toujours. L'homme était d'un certain âge, il se faisait appeler "Le solitaire", là-bas, et il en souriait. Il en souriait parce que ça n'était pas moqueur, et parce que, il l'avouait, dans le fond, sa solitude était son amie.
Sans famille, sans compagnie. Seul dans une cabane, un peu éloignée du bourg. Il chassait.

Massif meuble de bois, un arc posé dessus. Le crépitement d'un feu dans la cheminée. Et ses pupilles noires, dans lesquelles les flammes se reflétaient.

Son silence, constant, ne contenait pas du vide. Il s'agissait, je le sentais, de l'appréciation de l'absence de bruit. Une forme de sagesse. C'était cela, dans le fond, qui m'intéressait le plus, chez lui, parce que j'y retrouvais Messine.

Un jour d'hiver, il s'est levé, et a dit à lui-même qu'il devait y aller. Il rangea sa cabane, la laissant presque vierge, comme s'il saluait le lieu, lui disant au revoir.

Les gens du village le questionnèrent. Il avoua :

- Je vais faire mon pèlerinage.

Alors, ils hochèrent la tête, le laissant. Cela m'intriguait.
L'homme prit son chariot, et fit partir ses chevaux. J'en profitai pour monter à l'intérieur, me laissant porter avec lui.

Je ne pus estimer la longueur du voyage.

Dans le froid des landes, étendues d'herbes grisâtres, sous des nuages sombres. Les roues qui grinçaient. Aucune voix, aucune musique. Rien que du vent.

Il m'impressionnait. Cet homme m'impressionnait, et je commençais à avoir une forme d'admiration pour lui.
Pendant sa traversée, il rencontra de nombreux étrangers, qui le questionnaient sur sa présence. Je pus alors comprendre, alors qu'il s'expliquait de manière floue, que les montagnes, où il se rendait, étaient l'équivalent de ma falaise.

Il y avait habité, il avait chassé là-bas. Emmené la femme de sa vie, et aimé.

Puis sa femme y était morte. Sa tombe y fut creusée. Ainsi le voyage consistait en un recueillement sur cette tombe.

Pour lui, il s'agissait d'une forme de méditation, d'un rituel, proche d'une tradition religieuse. En cette raison, il avait choisi de nommer ce rituel "son pèlerinage".

J'appris aussi qu'il s'appelait Doln.

Bientôt, la saison fut plus clémente. L'herbe retrouva un vert tendre. Et le vent, qui faisait vibrer les cheveux du voyageur, s'adoucissait. Il s'agissait, pour Doln, de rendre hommage à sa femme décédée, et pourtant, sans cesse, je le voyais sourire.

Au loin, alors, je vis des pics, perçant les nuages.

Mon ami, Doln, avait bien été silencieux pendant ces jours. Et j'en avais appris beaucoup sur lui, à travers son manque de parole.
Mais quelque chose me gênait. Je ne pouvais pas simplement l'observer venir, et repartir, sans lui demander. Lui demander, comment il arrivait à si bien accepter la mort, comment il souriait à la vie sans que son œil ne reflète de regrets. Cet homme, qui me ressemblait tant, et qui semblait bien plus apaisé que moi, je voulais apprendre d'où lui venait sa sagesse.
Ma conscience me criait, elle me hurlait que jamais cela n'aurait pu être exprimé par les mots, et qu'aucun professeur n'aurait pu m'apprendre à faire mon propre deuil, mais ma confusion, qui me rongeait, faisait bien plus de bruit, en moi.

Alors je choisis d’apparaître auprès de lui.

- Comment faites-vous, pour que la mort ne vous fasse pas mal ? avais-je demandé.

Il se tourna vers mon visage, nullement étonné. Comme si, dans son silence, il avait pu clairement m'entendre depuis des semaines. Comme s'il savait ma présence.

- Elle me fait mal. Tous les jours. Lorsque le soleil se lève, lorsqu'il se couche. Lorsqu'un oiseau chante, lorsque le vent souffle. Chaque instant. Elle me fait mal. disait-il alors.

Je l'observais.

- Alors comment faites-vous pour sourire ?

Il sourit en réponse.

- La mort ne détruit pas. Tant que les souvenirs seront là, ma femme continuera à exister, à travers moi. Le passé n'a pas disparu, il est dans ces terres, dans cet air. Chaque être qui a existé, existe toujours, quelque part. C'est un tout.

J'hochais la tête. Je n'étais pas sûr de comprendre, mais j'avais l'intuition de ressentir ce qu'il affirmait. Je songeais alors que j'aurais aimé continuer à vivre auprès de lui, pour apprendre à en faire de même.

- Et, vous, vous savez pourquoi elle est morte ? Vous, je veux dire, vous comprenez ?

Il haussa les épaules, comme si ce que je demandais n'était pas une question qu'il fallait se poser. Comme si la question qui, je crois, me hantait, moi, depuis toujours, n'était qu'une brindille. Une brindille que l'on pouvait balayer d'un revers de main.

- Il n'y a rien à comprendre. Les gens meurent. C'est comme ça.

Après tout, je ne pouvais pas lui donner tort. Peut-être, je me fis alors la réflexion, qu'il y avait une nuance entre lui et moi. Sa femme, je pensais, était certainement morte par un accident tragique. Un événement auquel on ne pouvait, réellement, donner aucun sens, et où il était proscrit d'en chercher.
Mais, dans mon cas, il s'agissait d'un suicide. Messine avait fait un choix, elle avait réellement fait le choix de mourir. Et un choix, contrairement à un accident, pouvait avoir un sens.

Je suis resté bien longtemps auprès de lui. Nous avons discuté de tout et de rien. Nous avons échangé. Parfois par le silence.
Cela ne me dérangeait pas de rester silencieux près de lui.
J'avais l'impression de vivre à nouveau. Et de ne pas avoir besoin de crier pour être présent.

Des moments longs sont passés.

Alors, je me sentais fatigué, très fatigué, et j'ai fait le choix de me reposer.

Le lendemain matin, le chariot nous transporta dans la montagne. Le paysage était magnifique. Je l'observais, pensif, réfléchissant à la discussion de la veille.

Alors, de derrière un large rocher, et, de l'autre côté, un buisson, trois hommes ont surgi.

- Arrête toi. Et donne nous tes biens. ordonna l'un d'entre-eux.

Il s'agissait de bandits de grand chemin, en petit nombre, visiblement.

- Je n'ai rien. fit Doln, et il ne mentait pas.

Moi, j'étais fatigué, exténué, et je ne pouvais aucunement apparaître, aucunement intervenir. Un autre brigand se mit à crier :

- Te fous pas de nous !

- On est pas là pour rire, vieillard. reprit le premier, qui semblait être le chef du groupe.

J'étais horrifié, je ne voulais pas que cela tourne mal.

- Je ne mens pas, vous pouvez me fouiller, je n'ai rien.

Le sanguin, qui avait crié quelques instant auparavant, s'approcha tout près, mit un couteau sous la gorge de Doln, et siffla lentement :

- Dans ce cas on va pouvoir t'ouvrir, ça sera plus pratique pour te fouiller.

Visiblement, mon ami n'avait guère apprécié la menace, car il prit la main du jeune bandit et l'écarta lentement de lui, avant de lui faire tomber son arme à terre, les yeux déterminés.

Le troisième, un grand chauve, lui cria qu'il venait de faire la plus grosse bêtise de sa vie. Le sanguin donna un coup de poing dans les côtes de mon ami, qui se plia de douleur, il ramassa son couteau, et tenta de s'en servir.

Doln, dégainant son couteau de chasse, fut plus rapide. Il ouvrit le torse du bandit, qui s'écroula. Le chef du groupe prit son arc et tira une flèche, qui manqua la cible, alors que le grand chauve se ruait vers mon compagnon, une hache levée au dessus de sa tête.

La hache en question s'abattit bientôt vers le vieux chasseur, qui parvint, par son expérience, et surtout grâce au manque de technique de son adversaire, à l'esquiver. Il lui planta son couteau dans le cou, faisant ruisseler le sang.

Alors, une seconde flèche partit, et vint se ficher dans l'épaule.

Doln cria de douleur. J'observais, tétanisé.
Le chasseur parvint à se cacher derrière une planche du chariot. Alors que le chef continuait de tirer. Tremblant, l'homme prit son arc et son carquois. Sa main dégoulinait de sang, elle était prise de spasmes. Je voyais à sa mâchoire serrée que la douleur semblait insoutenable.
Le trait semblait planté si profond. L'on ne voyait qu'un petit bout de bois sortant de la chair, et, de l'autre côté du corps, dans le dos, un bout de métal brillant.

Le chasseur se leva alors, soudainement. Et les deux hommes tirèrent en même temps.

La flèche du bandit vint planter le torse du chasseur.
Celle de ce dernier, elle, traversa le crâne du premier. Incroyablement précis malgré sa blessure. Un homme admirable.

Un homme admirable, mais qui allait mourir. Il s'écroulait.

Paniquant, voulant encore le voir, vivre avec lui, je m'écartais, cherchant de l'aide.

J'essayais de crier, de hurler. Mais personne ne pouvait m'entendre. Impossible de me matérialiser, j'avais déjà beaucoup de mal à me déplacer.

Alors, quelque part, j'entendis un chant. Me focalisant dessus, je le cherchais, pressé.

Je vis une petite femme curieuse, là, seule, sur la montagne. Elle chantait, magnifiquement, semblant être au milieu d'un tableau irréel. Et ses habits flottaient avec le vent.
Bientôt, je la vis sauter dans le ruisseau qui se trouvait devant elle, répandant l'eau dans l'air. Elle me semblait si étrangère et si connue à la fois, comme un visage souvent croisé, jamais fréquenté.
Je me disais qu'elle était une forme de miracle, la seule à pouvoir, surement, m'entendre, alors. Aucune raison rationnelle ne me sifflait ce savoir, uniquement ma propre conscience, mon état de mort.

Je m'approchai d'elle, criant, sans être matérialisé, essayant de me faire entendre. Je la suppliais de m'écouter.

- Qui parle ? Nous entendons ton souffle mort. Es-tu là ?

Répondit-elle. Et ce fut, pour moi, une délivrance. Elle m'entendait, elle pouvait réellement m'entendre.

- Un homme, il meurt, là-bas. Allez l'aider ! tentais-je de répéter, en espérant qu'elle comprenne. Aidez-le. Il est plus bas, sur la route. Aidez-le !


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Jeu 28 Mai - 13:59
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Phalène plissa les yeux, balaya l’air devant elle, et parvint à fixer son attention sur ce qui lui répondait. Dans le vent sifflait une voix faible, troublée, comme épuisée et tremblante. Ô, pauvre âme... Elle s’étonna de la clarté du discours, et de cette chose qui semblait étrangement... consciente. Fluide, assurée malgré la crainte qui lui faisait vibrer le timbre comme d’une terreur livide. D’ordinaire, les spectres et les esprits avaient quelque chose de simple, de très primaire en certaines fois, et s’exprimaient dans un langage que la jeune femme peinait un peu à comprendre, parfois même hors de portée de ses capacités de réflexion. Ils avaient quelque chose d’enfui, de dilué, d’éthéré, à demi présents, souvent à peine perceptibles, mais celui-là était d’une tout autre trempe.

Il usait d’une langue très étrange, pour un fantôme, pourrait-on dire. Elle écouta, attentivement, même s’il n’y avait guère à écouter d’autre que l’urgence.

Phalène sourit, tendit les bras, et rouvrit les yeux, veillant à ne pas se laisser distraire par la vue qui lui serait hélas nécessaire dans sa progression. Elle fit quelques pas, fouilla un bouquet de fougères et d’angéliques, pour en sortir un bâton de marche et un lourd barda qu’elle chargea sur ses épaules. Un corbeau, dérangé par le mouvement, s’envola brièvement, puis vint se poser sur son épaule.

— Guide-nous, lança-t-elle.

Elle doutait être très utile à un mourant, mais si elle pouvait mettre à profit ses maigres connaissances en médecine pour aider quelqu’un, et bien soit ! Mais elle avait surtout le pressentiment terrible qu’elle aurait plutôt recours à ses connaissances en matière de toilette funéraire et de chants de deuil. C’était ainsi qu’allait le monde, chez les vagabonds et les errants, après tout. Une chance qu’elle ait réussi à s’en sortir, toutes ces années.

— Nous craignons d'être guère utile, là-bas, prévint la jeune femme, Nous ne sommes pas guérisseuse, mais nous aiderons, à notre mesure, soyez assuré.


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Jeu 11 Juin - 23:00
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Spoiler:
 


Elle me demandait de la guider. Cela me posait un problème majeur.
Etant totalement exténué, ayant presque puisé dans mes dernières ressources pour parvenir à me déplacer jusqu'ici, je ne savais vraiment pas comment je pourrais réussir à trouver l'énergie nécessaire pour faire un travail aussi bête que celui de guide.

Cette constatation m'emplissait d'une frustration intense. Avais-je donc fait l'entièreté du parcours, traversé l'essentiel des obstacles, pour finalement m'effondrer juste avant l'accomplissement de ma tâche ? Non. Je ne pouvais l'accepter.
Et il fallait agir rapidement. Ne pas attendre.

Une brise souffla, faisant frémir l'herbe sous les pieds de la femme. Je l'entendis siffler dans les montagnes, portant une odeur printanière.
Mes yeux invisibles remontèrent dans ceux de ma nouvelle compagne, déterminés.

Se concentrer. Ma main. Se concentrer.

Noir.

J'élevai lentement mon bras, fermant les paupières. Mon poing se serrait.
Au bout d'un petit moment, je puisai au fond de moi, au delà de mes forces, pour parvenir enfin à faire se matérialiser une partie infime de ma main, sous forme très simpliste, fantomatique. Ceci fait, je pouvais donc maintenir la matérialisation un temps suffisant, puisqu'elle était extrêmement faible.

Aux yeux de la curieuse femme, j'étais une sorte de petite boule blanche, livide et lumineuse, constituant en réalité la forme simplifiée d'une partie de ma paume, qui avançait.

Je me mis alors à aller, du plus vite que je le pouvais, vers le lieu de l'incident. Dévalant les pentes, sautant les précipices : un fantôme ne craint pas les chutes, puisqu'il est déjà mort.
Peut-être que la jeune femme ne pouvait pas me suivre, mais je tenais à toujours rester à sa vue, jetant des coups d’œil derrière moi, afin de faire ce que je devais faire. Non pas marcher avec elle, mais lui indiquer le lieu. Sachant que la matérialisation me coûtait tout de même cher, je voulais m'exécuter au plus vite, pour être sûr de parvenir au bout.

- Venez ! C'est par ici ! Il va mourir ! Il faut l'aider !

Ma voix parlait seule. En fait, je ne pensais plus. Rares étaient ces instants pour moi, dans lesquels je m'impliquais dans un événement. Et cela me remuait tant, de le faire, que mon corps éthéré tout entier s'y dirigeait, sans que des questions, des jugements, des réflexions, ne viennent le perturber.
Finalement, la panique tuait ma confusion.
Voilà un sujet de réflexion bien curieux.



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