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 Pardon, s'il vous plaît; je m'incruste - PV Saskia Blancerf

 
Lun 27 Avr - 22:43
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La douleur… dans son flanc. Il ne savait pas pourquoi. Il ne savait plus. Il était dans une ruelle, déserte. Il faisait chaud- le soleil en était à son zénith, et tapait fort malgré un temps qui semblait frais.

A mois que ce ne soit le barda de cuir et de fourrure qu’il se trainait sur le dos. Il sentait ses cheveux coller à son front, la sueur qui descendait le long de son visage. Le sang, qui coulait de son flanc droit. Un foutue blessure- et il ne savait même pas comment il en était arrivé là. Il tenait encore fermement à la main sa hache, dégoulinante de sang.

Il titubait, raclant les murs, respirant difficilement- crachant le sang. Sa vue se troublait de plus en plus, et tout son corps n’était qu’une souffrance sourde- et pourtant, il te nait encore. Il ne se souvenait plus…

Un fragment de mémoire lui revint, une scène- lui, debout dans une maison, couvert de sang. A ses pieds, des cadavres, les tripes à l’air. Des hommes, qu’il avait probablement massacré.

Par tous les dieux Donovan, c’était il y a dix minutes !

Oh bon sang… pas elle…

Tu pourrais au moins avoir la décence de t’en souvenir.

L’Ombre-Sang grommela.

Et parler à haute et intelligible voix.

- LA FERME !

Et là… silence. Mais alors, le silence complet.

-Aurais-je réussi à te faire fermer ton clapet ?

Je reprenais ma respiration. Tu…

Donovan poussa un profond soupir, laissant la Petite Princesse faire un monologue dans sa tête. Parfois, il avait envie de s’enfoncer lui-même son marteau dans le crâne, histoire d’en finir. Mais malheureusement, il y avait deux choses que sa mémoire n’avait pas réussi à effacer : les limbes, et Nayris qui le renvoyait à la vie. Résultat : beaucoup de tracas pour pas grand-chose.

Restait qu’il savait même pas ce qu’il foutait là. Il était plein de sang, il avait chaud et par tous les dieux, Nayris lui donnait une de ces migraines…

Son regard tomba sur une fenêtre. Deux femmes, et un gosse. L’une d’elle, d’âge mûr, cheveux bruns, d’allure simple- mais avec un petit quelque chose de plus- exposait des herbes. Des herbes…

Donovan tituba jusqu’à la porte- et là, rassemblant ses dernières forces, il posa ses deux mains sur le cadre, prit un élan et défonça le bois fin d’un puissant coup de pied. Il entra dans la pièce, puant la sueur, le cuir et le sang, sa hache rougie à la main, et ses yeux brillant d’une lumière bleue intense à cause de la douleur. L’autre femme et l’enfant reculèrent lorsqu’il entra.

L’Ombre-Sang s’avança péniblement, tira une chaise et se laissa tomber dessus.

En voilà des manières…

-Toi, tais toi. Et toi, dit-il en plongeant ses yeux bleutés dans ceux de la femme, qu’est-tu ? Un médecin ? Tu as des herbes. Tu dois être un médecin. Soignes moi. J’ai mal. Je paierais.


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Mar 28 Avr - 2:08
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Comme tous les débuts d’hiver, lorsque les réserves débordaient et que les récoltes enfin engrangées, empaquetées, mises en tonneaux et en saumures étaient comptabilisées, Saskia allait toujours rendre visite à quelques cousins, amis et lointains parents qui résidaient à Sent'sura. C’était toujours un loisir bienvenu après les mois d’automne, les moissons, les récoltes et la folle activité de la fin de l’été. Là, on était à un pas de l’hiver, à un pas de la froidure et de la neige, et on profitait des dernières douceurs dans les jours déclinants pour prendre un peu de repos. Saskia n’aimait pas beaucoup la ville, mais elle tenait à ce que ses enfants gardent un contact régulier avec ce qu’elle appelait avec un peu de réticences la « Civilisation », qu’elle n’avait jamais beaucoup appréciée non plus.

Mélisande, du haut de ses seize ans, promettait de suivre les traces de sa mère et il n’y avait que Joreth pour apprécier vraiment de se mêler à la foule pressante des ces rues immenses et à ne pas se sentir trop oppressé entre ces hauts murs de pierre.

Saskia se réjouissant néanmoins toujours de ces promenades familiales où ni elle ni ses enfants n’étaient réellement tenus par des obligations pesantes. Une fois leur bagage déposé chez le cousin Odon qui les logeait, ils pouvaient à loisir passer leurs quelques jours à s’égayer de-ci de-là, sous bonne garde néanmoins, car Saskia connaissait assez son aîné pour savoir que lâcher un jeune homme de vingt ans dans une ville aussi grande n’était jamais gage de réussite. Elle en profitait toujours pour vendre quelques excédents, et surtout quelques herbes médicinales qu’elle moissonnait en abondance aux abords de sa maison, dans son jardin et dans les bois environnants. Quelques-uns pouvaient se monnayer à prix d’or chez certains apothicaires, et elle tâchait toujours d’en tirer le meilleur prix.

Ce jour-là, arrivée depuis la veille au soir, Saskia se remettait d’un long voyage éprouvant en préparant quelques bouquets de fleurs séchées et des fagots d’herbes pour les amener chez un revendeur. Assise sur son tabouret, une brassée de feuilles sur les genoux, elle chantonnait gaiement en surveillant l’ouvrage d’une de ses petites cousines près d’elle, tandis que sa fille faisait les comptes et que Joreth liait les fagots dans un sac. Ils occupaient l’échoppe au rez-de-chaussée de la maison du cousin qui les hébergeait, et qui était close pour l’heure, ne laissant filtrer que des rais fugaces d’un soleil automnal à travers la porte.

Celle-ci vola soudainement en morceaux et Saskia se leva brusquement en poussant un grand cri, faisant tomber de ses genoux une cascade de feuilles sèches, tandis que Mélisande et Joreth se figeaient sur place, tirant de leurs ceintures les couteaux qu’ils avaient toujours à portée de main, qu’il s’agisse de couper des pommes ou de menacer un agresseur. Très vite néanmoins, sans savoir ce qui, de la hache pleine de sang, de la mine patibulaire, déformée par la souffrance qu’avait le sombre étranger ou du rugissement à peine articulait qu’il poussa était le plus effrayant, la châtelaine rappela son petit monde à l’ordre. Elle était fière du courage -ou de l'inconscience- de ses enfants, mais ce n'était pas le moment de risquer leur vie.

La petite fille assise près d’elle s’était réfugiée dans ses jupes alors qu’elle reculait sur le passage de l’inconnu, lequel sembla, à bien y regarder, en bien sale état. Elle la serra contre elle, la rassura de quelques mots, puis observa le nouveau venu avec attention, le cœur encore battant de surprise, cachant sa peur derrière un masque très digne. Ce n'était pas à elle de craindre et surtout pas de le montrer.

La voix hachée, les ordres débités d’un ton sec ne firent rien pour apaiser Joreth qui ne savait que faire entre la prudence et la hardiesse, mais sa mère prit les devants et s’approcha de l’inconnu, la mine un peu pincée et les poings sur les hanches comme une matrone prête à fustiger un enfant imprudent. Elle était effrayée et furieuse à la fois : il n’y a bien qu’en ville que les gens se permettent de faire irruption de la sorte, mais elle ne pouvait guère s’opposer à quelqu’un qui faisait au moins le double de son poids en muscles et qui aurait pu la casser en deux sans le moindre effort. Il avait quelque chose de terrifiant, c'était un fait, et elle s’en apercevait chaque seconde un peu plus alors qu’elle se tenait devant lui. Des yeux comme des flammes bleues, un visage taillé comme par un sculpteur enragé, et une aura sanglante de brutalité qui exsudait littéralement de ses pores, crasseux de sueur, de poussière et de ce qui suppurait de sa plaie au flanc. Quelque chose au fond d'elle avait envie de fuir.

— Je peux vous soigner, oui, dit-elle d’un ton un peu sec, bien différent de sa douceur naturelle.

Il avait besoin d'elle, c'était hors de question. Joreth et Mélisande esquissèrent un vol de protestations, qui moururent aussitôt devant la résolution de leur mère.

— Un instant. Fils, emmène Gisel chez son père et va prévenir l’apothicaire que tout sera prêt pour demain, ordonna Saskia d’un ton qui ne souffrait aucune réplique. Mélisande, va à l’étage me chercher ma trousse, des linges et une bassine d’eau propres. Fais vite. Je te ferais savoir si j’ai besoin de toi, et si ce n’est pas le cas, tu iras rejoindre ton frère.

Chacun s’exécuta avec une rapidité d’autant plus remarquable que lorsque la très aimable Saskia commençait à distribuer des injonctions aussi inflexibles, il n’était pas l’heure de rechigner, fut-il question de la laisser seule en compagnie d’un homme à qui on n’aurait pas confié un œuf tant il inspirait peu confiance. Mais chacun fut à cet instant très conscient que ce qu’elle risquait à rester seule avec lui était bien inférieur à ce qui pouvait lui arriver si elle refusait, et tant qu’à faire, Saskia préférait que ses enfants ne soient pas impliqués. Comme toujours, la crainte s'effaçait devant l'ouvrage et pour oublier la peur qui lui rampait le long des entrailles, Saskia se mettait au travail.

— J’espère que votre blessure n’est pas trop grave, dit-elle enfin en s’adressant à l’étranger. Vous avez de la chance d’être tombée sur moi.

Tandis que sa fille décampait à l’étage, elle s’essuya les mains dans son tablier et jaugea du regard la planche maigrelette sur tréteaux dont Mélisande s’était servie de support pour écrire : mieux valait ne pas tenter le diable, elle risquait de ne pas pouvoir supporter le poids du blessé qui devrait se contenter d’un support un peu plus inconfortable. Pour l’heure, il avait l’air de tenir assis, mais vu le flot de sang qui semblait ruisseler de son côté, cela n’était pas définitif.

— Montrez-moi, et ôtez tout ça pour commencer, reprit-elle d’un ton égal, toujours un peu sec, mais déjà plus aimable, comme si elle avait une sorte de douceur naturelle qui ne pouvait que revenir à surface.

Après tout, il y avait un million de raisons pour lesquelles il pouvait s’être précipité ici, une arme ensanglantée à la main. La souffrance fait faire de drôles de choses, parfois. Si elle commençait à se poser des questions sur ceux qui réclamaient son aide, elle finirait pas ne plus soigner personne : combien d'assassins et de meurtriers avait-elle déjà pansés? Mieux valait ignorer cela, sans doute.

Mélisande revint rapidement, portant avec précautions un grand bassin de cuivre rempli d’eau chaude, et avec une grande sacoche en bandoulière qu’elle déposa près de sa mère qui s’agenouillait déjà pour examiner la blessure.

Elle resta à bonne distance de l’étranger, les mains croisées dans le dos pour les empêcher de trembler. L’adolescente ressemblait beaucoup à Saskia : les mêmes cheveux bruns très fournis, le même joli visage ovale, les mêmes yeux noisette et un peu dorés, mais il y avait chez la jeune fille infiniment plus de dureté, quelque chose de sauvage et très âpre que n'avaient pas encore adoucis les signes de l'âge.


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Jeu 30 Avr - 17:02
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La femme- celle qui disait pouvoir le soigner- elle lui plaisait. Enfin… Elle avait un ton sec, qui démontrait un vrai caractère, et ça, Donovan aimait bien. Les gosses devaient être ses propres enfants, d’après ce qu’il avait compris. Il sentait leur peur, tenue en respect par leur mère qui ne laissait transparaître aucune faiblesse. Il les effrayait. Il devait même les dégouter, avec tout ce sang. Avec cette allure meurtrière qu’il avait en cet instant.

Pourtant ils obéissaient, se tenaient tranquilles. Il exhala un long souffle quand la femme lui demanda d’enlever tout son équipement. Rassemblant toute la force qui lui restait, il laissa tomber la hache qu’il avait dans la main et s’exécuta. Ce fut lent et pénible, mais il défit peu à peu son cuir et son fer, laissa nu un corps marqué par les combats.

Sur ce qu’il laissa voir, les marques noires de l’Ombre-Sang travaillaient sa peau, s’étendant petit à petit, alors que le sang coulait à flot de sa blessure.

- Je sais même plus comment j’ai reçu ça, fit-il tout bas alors que la femme s’agenouillait pour examiner la plaie.

Un coup de couteau.

- Un coup de couteau. Comme une lame courte a pu faire autant de dégâts ?

Tu n’as pas fait attention. Tu t’es presque laissé embrocher.

- Mmh… D’accord, Petite Princesse.

Il jeta un coup d’œil à l’adolescente, qui tenait visiblement à être le plus loin possible de lui.

- Je ne te ferais pas de mal, petite, fit-il, crachant du sang.

Il passa un doigt ensanglanté sous le visage de la femme, la forçant délicatement à relever les yeux vers les siens.

- Je ne vous ferais pas de mal. Ni à toi, ni à ta famille. Mais il faut que tu sache…

Il grimaça sous le coup de la douleur. Les vertiges se faisaient de plus en plus forts et il doutait de rester éveiller encore longtemps.

- C’est important. Fouillez mes vêtements. Il y a des feuilles et un morceau de charbon, pour écrire. Vous y écrivez votre nom. Et ce que vous faîtes pour moi…tout ça. Ce qu’il vient de se passer. Dans peu de temps, j’aurais tout oublié. Je ne saurais même plus si je vous connais ou pas. Alors faîtes-le. Sinon je ne pourrais pas tenir ma promesse.

Il respira laborieusement.

- Je me nomme Thatch. Edward Thatch.


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Jeu 30 Avr - 21:32
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Voyant la difficulté qu’avait l’homme à se défaire de son équipement, Saskia lui prêta main-forte, sans montrer le moindre émoi devant l’arme encore couverte de caillots brunâtres ni les étoffes collées par le sang qui coulait de la plaie. Ses mains tremblaient un peu, néanmoins, et c’était la seule chose qui put trahir son effroi. Avec une habileté qui trahissait une certaine expérience de la chose, elle eut tôt fait d’aider le guerrier à ôter ses frusques, veillant à ne pas aggraver son état par des mouvements trop brusques. Le mal en lui-même était assez anodin quand on recoud des blessures de chasse et qu’on soigne des attaques de sangliers, et ce n’était certainement pas ça qui troublait Saskia qui eut un mouvement de recul en voyant les marques noires qu’elle voyait très distinctement se mouvoir sur la peau sombre, tout autour des lèvres de la plaie.

Elle ne dit rien cependant, mais elle était à présent certaine qu’il y avait quelque diablerie à l’œuvre chez cet homme, et cela ne lui plaisait pas. Néanmoins, elle ne pouvait qu’essayer de faire son mieux pour en être au plus vite débarrassée.

Il parla, à voix basse, mais Sakia ne répondit pas ; il semblait monologuer, ménageant parfois un silence, comme s’il écoutait des paroles inaudibles pour les autres. En d’autres circonstances, elle aurait pris cela avec un brin de perplexité, mais cela ne fit qu’ajouter à son inquiétude : était-il fou ? On ne sait jamais ce qui peut arriver, quand un homme qui n’a pas toute sa tête se promène avec autant d’armes sur lui... Elle prit bien garde de ne pas faire part de ses réflexions, bien évidemment, et resta silencieuse tandis qu’elle épongeait la plaie pour mieux l’examiner et jauger de sa gravité. Tirant à elle le bassin d’eau chaude, elle y jeta quelques feuilles émiettées qui libérèrent un puissant et entêtant parfum de sève puis entreprit de nettoyer très soigneusement la zone.

Mélisande eut un léger sursaut quand elle comprit qu’il s’adressait à elle, et darda vers lui un regard noir, mais néanmoins attentif. Sa promesse ne semblait apaiser ni la fille ni la mère, et celle-ci se crispa légèrement quand il passa un doigt souillé de sang sur son visage. Elle se figea légèrement, levant à contrecœur les yeux vers lui : ce qu’elle voyait sur ce visage âpre et tranchant ne lui plaisait pas, mais elle était surprise d’y lire quelque chose de presque paisible au milieu des affres de la douleur et de la faiblesse. Il perdait beaucoup trop de sang, sans doute ne resterait-il pas conscient très longtemps encore.

Saskia fronça légèrement les sourcils, perplexe, quand il dicta ses consignes, puis eut un hochement de tête et fit signe à sa fille de s’exécuter.

— Fais ce qu’il dit, fille, ordonna-t-elle sans quitter l’homme des yeux.

Elle continua à presser les linges mouillés sur la plaie toujours béante, qui aurait sans doute besoin d’être recousue. Mélisande eut un instant d’hésitation, puis fit ce qu’on lui dictait, et sortit une page vierge pour y écrire, d’une main maladroite et tremblante, leurs noms et le récit des présents évènements. Ceci terminé, elle posa le feuillet sur la table, refusant de toute évidence de s’approcher plus du dénommé Edward.

— Je m’appelle Saskia Blancerf, répondit la châtelaine en nouant un bandage sommaire autour de l’abdomen du blessé. La princesse ci-présente est ma fille, Mélisande.

La femme se remit debout et tendit le bras à Edward, l’air grave, un peu soucieux.

— Je vais devoir vous demander de vous allonger à l’étage, sire Thatch. La plaie doit être recousue et il faut que vous soyez immobile. Je regrette, mais cela risque de prendre du temps. Pouvez-vous tenir debout quelques minutes de plus ?

Une pause, puis elle lança quelque chose qui lui brûlait les lèvres depuis un moment :

— Que va-t-il se passer, maintenant ?


Elle n’avait pas haussé d’un ton, sa voix n’avait pas tremblé et restait très calme, mais de ce calme tendu qu’ont les adultes qui ne veulent pas effrayer les enfants et qui cherchent à éviter le pire. Il allait perdre la mémoire, disait-il : tout de suite ? Dès qu’il aurait perdu connaissance ? Cela l’inquiétait, comme elle s’inquiétait de voir les marques noires grouiller comme des vers autour de la blessure, se mêler au rouge passé et aux coagulations sales qui suintaient sous le linge. Tout ça n’était pas normal. Saskia était prête à affronter bien des bizarreries de la part de ses patients, mais elle préférait en général être prévenue d’abord afin de réagir en conséquence.

Il était de plus en plus évident que Edward n’était pas un simple humain ; elle espérait que ses connaissances soient suffisantes pour son cas.


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Lun 18 Mai - 16:10
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Il sentait leur peur. Il n’avait pas la moindre idée d’où il était, mais il sentait la peur dans cette pièce où il était. Il était blessé, couvert de sang, mais il n’y avait ni guerrier, ni cadavre aux alentours. Juste ces femmes autour de lui. Il sentait leur peur…

Et ça l’excitait. Cette fillette, qui notait quelque chose sur un bout de papier. Avec une main tremblante, qui posa tout sur une table. Cette évidente envie de ne pas l’approcher de trop près. Si jeune… Et puis, cette femme, forte, qui apparemment lui tenait tête. D’une apparence calme ; et pourtant, Donovan senti la tension. Elle se devait de rester forte, de ne pas flancher, mais elle était tendue.

— Je m’appelle Saskia Blancerf. La princesse ci-présente est ma fille, Mélisande.

Il se contenta de fixer le bras qu’elle lui tendait.

— Je vais devoir vous demander de vous allonger à l’étage, sire Thatch. La plaie doit être recousue et il faut que vous soyez immobile. Je regrette, mais cela risque de prendre du temps. Pouvez-vous tenir debout quelques minutes de plus ?


Par tous les dieux, mais qui était-elle ?

— Que va-t-il se passer, maintenant ?

Maintenant ? Avec cette atmosphère pesante, il avait bien envie de s’amuser un peu…

- Vu que je n’ai pas la moindre foutue idée de qui vous êtes et de ce que je fais ici…

Il attrapa sa hache ; elle n’était pas loin. Il sera le manche trempé de sang, rassembla ses forces- et constata qu’il était salement amoché. Couvert de sang qui avait maintenant séché, parcourut de nom-breuses coupures. Dont une assez vilaine.

Il supporta la douleur- car la tentation était trop forte. Il n’était guère plus qu’un animal ; et devant la peur, devant la tension qui embrumait cette pièce, les désirs de violence devenaient excessifs. Il avait besoin de faire du mal.

Donovan…


- Oh, toi la ferme.

Il se leva péniblement, et, comme à chaque fois qu’il éprouvait des émotions intenses, la lueur bleue dans ses yeux brilla à pleine puissance. Il repoussa la chaise en arrière d’un geste brusque, et s’approcha dangereusement de la femme. Saskia Blancerf, avait-elle dit…

Donovan, stop. Elles t’ont aidée. Cesse donc ceci !

Il eut un rire, gutturale, plus proche du grognement bestial que de l’humain. Cesser ?

- C’est toi qui m’as mis dans cet état, fit-il en se remémorant du « cadeau » dont l’avait affligé la Petite Princesse. Toi, toi, toi ! C’était ton idée. Ton petit souvenir mortuaire.

Donovan !

- SILENCE !

Son cri de colère retenti dans la pièce, explosion de bas instincts trop longtemps contenus. Sa bouche se tordit en un rictus menaçant ; il ne pouvait plus s’en empêcher- il lui fallait voir du sang. Il saisit la femme par son col, la poussa hors de son chemin pour s’avancer vers la jeune fille.

Et l’explosion de rage amena la bête qui sommeillait en lui. Avide de violence, l’Ombre-Sang fit surface, sans même que Donovan ne se rende compte de son changement d’état. Sans même qu’il ne se rende compte de sa peau qui brulait sous la fumée noire dégagée par le monstre.

Trop longtemps… trop longtemps il était resté enfermé dans le corps de ce fou amnésique. L’Ombre-Sang émit un râle sourd, grogna en passant une langue décharnée sur des lèvres inexistantes. Il ressen-tait la peur ; et s’en délectait.

D’une main, il envoya valser la table contre un mur- il avança vers la femelle en face de lui et…


Arrêtes ça !

L’Ombre-Sang repartit aussi vite qu’il était apparu. Donovan se retrouva soudainement… là. Face à une jeune fille qui avait l’air d’avoir eu la trouille de sa vie. Et une autre femme, aussi- qui n’avait pas l’air très contente.

- Saskia ?, fit-il ; d’un air surpris.

Il avait l’air de se souvenir d’elle. Il ignorait plus ou moins les détails mais…

- Vous me soignez, non ?

Puis… ce fut le noir complet- il ne sentit même pas son corps s’effondrer sur le sol.


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Lun 18 Mai - 18:27
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Pour l’heure, tout semblait encore sur les rails ; l’homme était bourru, rude, mais pas méchant pour un sou, et on l’eut été à moins, avec une blessure pareille pour lui trouer le flanc. Et puis, et puis il resta silencieux quand elle parla, et puis il laissa tomber ces quelques mots qui, sans trop savoir pour quelle raison, glacèrent le sang de Saskia. Il avait eu l’air d’un sérieux mortel quand il avait parlé de ce qui risquait de se passer, de cette perte de mémoire soudaine, mais elle ne pensait pas un instant que cela aurait pu arriver si tôt, si soudainement, alors que les noirceurs serpentines de sa peau grouillaient comme des poignées de vers sur sa peau sombre.

La femme eut un mouvement de recul quand il saisit sa hache, et d’un réflexe tout naturel, se plaça entre Edward et sa fille. C’était idiot et parfaitement inconscient, mais étrangement, elle avait l’intuition que de toute façon, s’il décidait de s’en prendre à l’une ou à l’autre, le résultat serait le même : ni l’adolescente ni sa mère n’étaient de taille. Elles ne l’étaient pas devant un homme armé, un simple humain, et elles ne le seraient pas plus devant cette chose, faute de terme plus adéquat, qui avait pris peu à peu la place du patient. Noir à présent, et les yeux bleus comme ces flammes funèbres qui volent au-dessus des cimetières, dans la nuit. Un visage de cauchemar, une vision d’agonie. Ses yeux, dieux, ses yeux étaient terrifiants, plus encore que ce visage déformé qui se tendait vers elle avec une avidité cruelle. Mélisande se blottit dans le dos de sa mère, les mâchoires serrées sur un sanglot de terreur, tandis que Saskia s’efforçait de rester le plus loin possible d’Edward qui, sans le savoir, lui barrait la route, vers l’unique sortie.

Il parla encore, mais elle ne comprit rien, comme s’il lui manquait la moitié du dialogue et qu’il tempêtait contre lui-même, ou quelque chose de ce genre. Elle crut un instant qu’il parlait de sa fille, mais à vrai dire, il était bien trop difficile de démêler quoi que ce soit au milieu des brèves phrases qui furent prononcées tandis qu’il les guettait comme un loup affamé. En un instant, tout changea, et alors qu’il écartait sans effort la table qui les séparait, Saskia vit avec horreur qu’il avait changé d’aspect et de substance, pour se changer en quelque chose d’encore pire. Son visage était encore reconnaissable, mais c’était comme une horrible parodie, comme un monstre qui aurait fait son masque de l’os et de la peau d’un humain pour s’en grimer avec une sordide facétie. Et il souriait, un peu, il se régalait d’avance, se délectait de leur terreur, si bien que Saskia ne sut que faire. On est peu de choses, face à tant de sauvagerie, même quand on a à cœur de protéger sa famille, même quand on a tous les idéaux du monde et le courage de cent hommes.

Mélisande avait laissé échapper un cri, quand Edward avait lancé les tréteaux à grand bruit contre le mur, et s’était presque effondrée au sol, blottie, recroquevillée contre les jambes de sa mère qui s’efforçait de rester droite, dérisoire au possible, figée dans une terreur indicible qui lui faisait voir ses derniers instants. Et puis, plus rien.

Edward se retrouva face à elle, clignant de ses yeux redevenus aussi banals que possible, l’air de ne pas savoir ce qui venait de se passer. Saskia ouvrit la bouche sans trop savoir si elle allait l’agonir d’injures ou le rassurer, et puis il s’effondra, un flot de sang jaillissant de son flanc.

Pantelante, comme vidée de toutes ses forces, la femme prit le temps de s’asseoir, accroupie sur ses talons, et serra de toutes ses forces sa fille dans ses bras. Mélisande sanglotait encore un peu, livide, tremblante comme une feuille par grand vent, et Saskia ne se sentait guère mieux, à vrai dire. Elle eut l’irrépressible envie d’abandonner là le malheureux à son sort ; mais ce n’était pas correct et elle s’engageait toujours à guérir tous ceux qui le lui demandaient. Finalement, elle se redressa, ordonna à Mélisande de l’aider à monter le corps du blessé à l’étage, et la renvoya chez son oncle aussitôt. Pas question de risquer de nouveau la vie de sa fille !

Restée seule avec lui, Saskia eut bien assez à faire pour s’occuper et cesser d’avoir peur. Elle tremblait encore, un peu, parfois. Ses membres gourds semblaient avoir été vidés de toutes leurs forces et elle peinait encore à respirer, la poitrine écrasée dans l’étau glacial d’une angoisse terrible. Ce fut un peu plus difficile que prévu, privé de l’aide de quelqu’un ; mais comme toujours, elle finissait par se débrouiller, espérant seulement que son patient serait assez résistant pour survivre à l’opération. Une fois la plaie lavée avec le plus grand soin avec une eau où elle avait fait infuser quelques plantes, elle se hâta de la recoudre, usant d’une aiguille de cuivre recourbée et d’un fil de soie excessivement fin. En général, c’était à ce moment-là que les blessés se réveillaient, tirés de leur torpeur par la douleur, mais celui-là devait avoir perdu trop de sang pour revenir si vite. Elle eut le temps d’achever la longue et délicate opération et de laver de nouveau la blessure, se disant qu’à tout prendre, il aurait plutôt besoin d’un bain complet. Une fois cela terminé, il fallait à présent le garder en vie, et déjà, s’assurer qu’il vivait toujours ; pour ce faire, elle prit soin de garder à portée de main tout ce qu’il lui faudrait administrer pour le requinquer.

Saskia avait fini par s’asseoir sur une chaise, dans l’embrasure de la fenêtre qui laissait entrer un courant d’air très doux dans la petite chambre. L’endroit était modeste, mais confortable, typique de ces maisons de marchands qu’on trouve à Sent'sura. Elle avait étendu son patient sur un lit, et déjà les linges tachés de sang étaient jetés dans un coin, prêts à être lessivés à grande eau. Une lampe brûlait dans un recoin, complétant d’un éclat fragile le soleil qui déclinait déjà et jetait des ombres longues sur le plancher couvert de profonds tapis. Une odeur de soupe grasse flottait dans l’air, mêlée aux fragrances végétales des plantes et des baumes dont elle avait usé, et à la puanteur fade du sang séché : Saskia veillait manifestement à tout et savait fort bien qu’il n’y a pas beaucoup de maux qui résistent à un demi-litre de bouillon de poule bien épicé.

Il n’y avait plus qu’à attendre son réveil, maintenant.



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Ven 5 Juin - 11:49
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Lèves toi.

La voix de Nayris, qui résonnait dans sa tête. Donovan gémit- il lui semblait entendre un écho à l’intérieur de son crâne.

Lèves toi.

Il remua ; l’obscurité était totale. Il prit une profonde inspiration- il avait mal de partout. Sa bouche était pâteuse, son ventre le lançait, et les draps, sur lui, semblaient le bruler.

Lèves toi !

Il ouvrit soudainement les yeux, gémit. Il poussa un juron, et tenta de se relever ; en vain. A peine remua-t-il que la douleur dans son flanc se fit plus forte, et ses bras ne parvinrent même pas à le porter. Il jeta un regard dépité autour de lui.

Il était dans une chambre, simple, et sans beaucoup de luminosité- ce qui lui convenait tout à fait en pareil circonstances. Lorsqu’il prit conscience de l’agréable odeur de nourriture, son ventre émit d’étranges bruits, et son esprit se rappela à quel point il avait soif.

Il ne remarqua la femme qu’en dernier. Une ombre dans la pièce. Un visage agréable, dont émanait un sentiment d’apaisement. Pour lui- la femme, elle, semblait quelque peu tendue. Mais croiser ses yeux le calma. Il poussa un profond soupir.

- Saskia, fit-il avec une voix déchirée.

Il s’en souvenait, un peu. Pas de tout, loin de là, mais il avait une vague idée, une vague notion de ce qu’était leur relation : guérisseuse gentille et patient difficile. Encore que, il n’avait aucune idée d’à quel point il avait pu être difficile. Il ne la connaissait que depuis peu, et elle ne lui devait rien- de cela il s’en souvenait. Et, elle avait une fille. Ou quelque chose comme ça. Ou était-ce un garçon ? Il ne pouvait l’affirmer avec certitude.

- Tu es seule avec moi. Ce n’est pas forcément une bonne idée.

Il tenta un sourire, mais celui-ci ressembla plus à une grimace.

- Mais je t’en remercie ; je saurais être reconnaissant.

Quelque chose le tracassait cependant.

- Pourquoi as-tu fait cela ?

Il la regardait droit dans les yeux, le bleu de ses pupilles aussi froid que la glace du fin fond de la Toundra.

- Je ne me souviens pas de tout. Une idée, tout au plus. On ne se connaît pas depuis longtemps. Presque un inconnu, pour toi. Et je peux encore sentir ta tension- ceci, plus la vague impression d’avoir fait quelque chose de mauvais, me font dire que nous ne sommes pas proches. Je dois même être un danger, pour toi. Pour ta famille. Alors pourquoi s’obstiner à me soigner, à me garder en vie, alors que je suis à ta merci ?

Il se passa un doigt sur la gorge, de gauche à droite.

- Voilà ce que tu aurais dû faire, pendant mon « absence ». En tous cas, c’est ce que moi j’aurais fait. C’est facile. Une lame de couteau, même pas forcément bien effilée. Et tu en aurais fini, avec tes problèmes.


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Dim 7 Juin - 10:52
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Saskia somnolait sur son ouvrage. La pièce sombrait doucement dans une obscurité très douce, tamisée, et seuls quelques rayons obliques d’un soleil déclinant venaient transpercer le velours délicat du soir. Elle avait pris avec elle de quoi s’occuper les mains, en dépit de la terreur qui lui rampait au fond des entrailles. Ses vieux doigts encore agiles liaient quelques fagots de plantes, parmi celles qu’elle avait pu récupérer au milieu du désordre d’en bas.

Elle sursauta, quand la voix de l’homme résonna. Tirée de sa torpeur, elle se souvint tout à coup que ce n’était pas un rêve, et qu’elle se trouvait encore en compagnie d’un monstrueux danger public. Ça sentait le démon, tout ça, ou pire, l’œuvre de cette déesse de la mort que certains se plaisaient à vénérer : dans les deux cas, elle n’avait pas l’ombre d’une chance, alors mieux valait faire profil bas et se concentrer sur sa tâche, autant que faire se peut.

— C’est mieux ainsi, répliqua-t-elle d’un ton égal. Au moins, ma famille n’est pas en danger.

Malgré la peur et tout le reste, il y eut un soupçon de rancœur qui se faufila dans la douceur de ses yeux bruns : quelle mère pouvait pardonner à un étranger d’avoir voulu s’en prendre à son enfant ? Pas Saskia, en tout cas, et quoi qu’il arrive, cela demeurerait à la charge de l’étranger pendant au moins encore une centaine d’années, au bas mot. Reposant dans un panier les fagots qu’elle liait, elle brossa son tablier pour le débarrasser des feuilles et des brindilles qui y restaient, puis s’approcha du patient, à pas mesurés, un peu comme on vient près d’un fauve blessé.

Elle eut un sourire, quand il parla de se montrer reconnaissant, et aussitôt elle répondit :

— La seule récompense que j’exige est la sécurité, messire Edward. Pour moi et mes enfants. Quant au désordre que vous avez fichu en bas, disons que... eh bien, mettons cela sur le compte de l’agitation provoquée par votre blessure.

Ou du fait que vous êtes de toute évidence un monstre imprévisible, compléta-t-elle mentalement sans oser formuler tout haut ce qu’elle pensait. Elle le regardait dans les yeux, disant cela, et ne put s’empêcher de revoir, comme une réminiscence de cauchemar, la lueur folle des flammes bleues qui y avaient brûlé. Tirant un tabouret sous son séant, elle s’assit à son côté et, avec des gestes d’une infinie douceur, mais d’une fermeté qui ne souffrait aucune protestation, inspecta la blessure et le pansement.

Elle demeura silencieuse, quand il lui conseilla de l’abattre. Tuer ? Quelle idée. Ses mains tremblèrent à cette seule pensée. Elle rit, pourtant, un rire faux et grimaçant qui jura horriblement avec l’allure si paisible et si aimable de ses jolis traits un peu fanés. C’était un rire de sorcière sur le visage d’une madone, mais il passa bien vite et quelques secondes plus tard, elle avait baissé les yeux sur une coutumière expression pleine d’une espèce de tendresse un peu triste.

— Il y a longtemps, j’ai fait vœu au Père de Tout d’accueillir et de consacrer mes soins à tous ceux qui le demandaient. Vous m’avez demandé de l’aide — de façon fort cavalière, j’en conviens — et je vous la dois, jusqu’au bout. C’est ainsi. Je n’ai pas le cœur à refuser cela à quiconque, fut-il...

Elle fit un geste vague dans sa direction, cherchant les mots, mais le seul qui lui venait à l’esprit n’était pas très flatteur.

— Fut-il ce que vous êtes, compléta-t-elle en achevant par un haussement d’épaules.

Saskia finit par poser une main sur le front du blessé pour s’assurer qu’il n’avait pas de fièvre. Elle se demanda néanmoins si c’était très utile, puisqu’il n’était de toute évidence pas, ou pas complètement humain. Mais de ce qu’elle avait vu, la blessure et le reste s’étaient comportés exactement comme ceux d’un homme normal, sans doute le reste devait-il être à l’avenant, si l’on exceptait ses transformations et ses crises de démence.

— À ce propos, reprit-elle calmement en pressant encore sa paume sur le visage d’Edward, je vais faire mon possible pour que vous soyez sur pied rapidement, mais je soigne bien mieux les humains que les autres espèces. Espérons que cela suffira, quoique vous soyez.

Un brin de soulagement fut visible quand elle s’écarta de lui, car soudain on voyait distinctement qu’elle respirait un peu plus à son aise. Elle avait tâché de ne rien montrer, mais il était évident qu’elle se méfait de lui comme de la peste.

— Vous vous êtes transformé, reprit-elle au bout d’un moment, lui tournant le dos alors qu’elle se lavait les mains dans une bassine. Vous avez essayé de vous en prendre à ma fille. J’ignore ce qui vous a arrêté. Votre blessure, peut-être. Vous parliez à quelqu’un, je crois.

Un frisson, presque un haut-le-cœur, secoua les épaules solides de la châtelaine quand elle se remémora ces quelques instants. Elle avait parlé d’un ton un peu monocorde, mais très digne. Heureusement sans doute, il ne vit pas l’expression de son visage, hantée comme par un mauvais rêve, tandis qu'elle portait sa main à sa gorge, qui lui faisait encore mal là où il l'avait saisie par le col.



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