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 [Abandonné] Quand Selian rencontre Saline [PV Anna Myrkrähe]

 
Dim 18 Jan - 15:28
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Depuis plusieurs mois, Albar s'arrangeait pour que ses entrevues se déroulent chez lui, au manoir Tlassin. Plus les jours passaient et moins il se sentait en sécurité au palais de Luütra, là où avaient pourtant lieu la majorité des réunions officielles. Plusieurs fois, particulièrement inquiet, il avait prétexté un empêchement quelconque pour ne pas s'y rendre. D'autres fois, il avait préféré s'y rendre plusieurs heures à l'avance et inspecter lui même la pièce dans laquelle la rencontre était prévue, cherchant le moindre piège, passage secret, ou enchantement maléfique qui aurait pu s'y trouver.

Aussi, lorsqu'il avait le pouvoir de décider du lieu, il maréchal choisissait invariablement sa maison : c'était un endroit qu'il connaissait par cœur, à tel point qu'il aurait pu s'y battre les yeux fermés, ce qui n'était en aucun cas une hyperbole douteuse car, plusieurs fois, le maréchal s'était bandé les yeux et s'était entraîné à l'intérieur, ne cassant qu'un ou deux vases durant des dizaines de tentatives, ce qui était un résultat appréciable.

Il restait à voir si son invitée allait suivre ses règles. Cela n'avait posé que rarement problème, mais les combattants en particulier avaient du mal à se séparer de leurs armes, chose qu'il pouvait comprendre, devant à la sienne de l'avoir sauvé un nombre incalculable de fois. Pourtant, lorsque l'on entrait dans le vestibule du manoir, abandonner son attirail était la seule solution pour espérer aller plus avant. S'il y avait refus, c'était un demi-tour pur et simple. S'il y avait refus agressif, c'était la rapière sous la gorge. S'il y avait acception douteuse, c'était la fouille corporelle. Le maréchal ne plaisantait pas avec la sécurité, surtout la sienne. S'il ne pouvait priver quelqu'un de ses pouvoirs magiques, il pouvait au moins amoindrir les risques liés à une possible décapitation.

La général de Saline n'allait pas tarder à arriver. Neige, sa rapière, était attaché à son côté, tandis que le maréchal arborait un de ses habituels costumes noirs, agrémenté de légères touches de blanc çà et là. Sobre et formel, c'était sans nul doute la meilleure tenue qu'il puisse porter pour faire face à un salinéen. Ses opinions sur ce peuple restaient mitigées : il en avait vu le meilleur, mais aussi le pire, et il cherchait encore à savoir lequel des deux avait le plus de valeur.

Passant la main dans ses cheveux, il consulta une dernière fois les quelques états de service qu'on lui avait fourni à propos de la fameuse Anna Myrkrähe. Pas tout à fait ce qu'il appellerait exemplaire, dans la mesure où c'était quelqu'un qui savait se faire entendre, mais elle était une prodigieuse meneuse d'homme, à ce que l'on en disait, et Yehadiel savait à quel point il est difficile, pour une femme, de se faire un nom dans l'armée de Cadrak. Elle était, de plus, réputée proche de ses troupes, chose qu'Albar avait plutôt tendance à désapprouver, ou du moins, pour être plus exact, il considérait que ce n'était pas le meilleur moyen de commander à ses hommes.

Vaquant à ses occupations, il finit par être mentalement contacté par Grawhir, son faucon familier, lui avertissant de la venue de sa visiteuse. Terminant sa lettre, le maréchal l'attendit dans le vestibule, la main posée négligemment sur sa rapière, l'entendant descendre de sa monture.

« Général, lui dit-il lorsqu'elle passa la porte, après s'être poliment incliné, avant d'aller plus loin, pourriez vous laisser toutes vos armes dans l'entrée je vous prie ? Simple mesure de sécurité. »


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Dim 18 Jan - 20:54
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A Cardrak, on n'avait de nombreuses raisons de dénigrer les étrangers. A vrai dire, toutes les raisons étaient bonnes pour rayer ce qui n'avaient pas eu la chance de naître au sein des remparts de la ville de fer et de sel, ce qui n'avaient pas conquis leur droit à la vie en survivant à la terrible épreuve des flots. Il semblait aller sans dire, dès lors, que l'idée même de remettre l'autorité des forces de Cardrak - et de tout Saline - entre les mains d'un étranger pour lequel le "général de Saline" n'était finalement qu'un vulgaire subalterne en période de guerre était très mal vécu. Le titre même de "général" était une conception purement étrangère, traduit nerveusement par le néologisme "Allfältherre", peu ou prou "Chef de Guerre en Chef". Un néologisme qui n'était guère utilisé que par les lettrés et les plus érudits, quand les hommes du rang et les guerriers, en général, ne se référait à leur "officier" que comme ils s'adresserait à n'importe quel autre chef de guerre : avec un respect tacite, un respect qui doit se gagner, et qui doit se conserver.

Ce respect, l'étranger ne l'a pas, c'est un fait. L'organisation militaire Salinéenne, encore quelque peu basique, ne laisse certainement pas de places aux joyeuses notions de lignages ou de formation "scolaires" : le Cardrakien révère la force, sous toutes ses formes, et tout le talent du monde, toute son intelligence ou même tout son or, ne suffiront pas à vous acheter le respect. Oh, certes, vous pourriez peut-être vous offrir un Salinéen de la sorte, mais cela vous desservirait plus que ça ne vous aiderait : si la motivation d'un guerrier du grand sud se tourne vers l'argent, alors il agira envers elle comme ses frères plus vertueux agissent envers le respect par la force, il la saisira, et ce au moindre signe de faiblesse.

C'est comme cela qu'Anna avait réussi à se maintenir à sa place : elle n'était peut-être pas la plus forte physiquement, mais elle était certainement l'un des caractères les plus trempés du Sud. Ils étaient nombreux, ceux à l'avoir contesté, et ils étaient nombreux, ceux à l'avoir payé. Elle était aussi particulièrement éclairée, et retorse. Deux traits que l'on ne trouverait que rarement dans les hautes sphères de l'autorité Cardrakiennes, mais qui, quand ils y étaient, pouvaient sans laisser le moindre doute être de redoutables armes. Pour une fois, Saline pouvait se targuer d'avoir une véritable Générale dans ce rôle tant décrié de Général, une personne qui, loin de n'être qu'une brute sans cervelle, était capable de voir le tableau à plus grande échelle...

Est-ce que cela suffirait à convaincre une femme de Saline de se soumettre à l'autorité d'un Maréchal de Selian, certainement plus formé à sa fonction qu'elle-même ne l'était ?

Non.

Anna Myrkrähe n'appréciait pas Albar Tlassin. La seule raison pour laquelle elle acceptait les ordres de l'étranger était parce qu'elle recevait ses ordres d'Harald Wallah, et qu'Harald lui avait confié la directive impérieuse de suivre les ordres d'Albar Tlassin.
Elle suivait donc, mais elle ne l'estimait en aucune façon, et l'idée de devoir le rencontrer ne l'enchantait pas le moins du monde. Ce de quoi il voulait l'entretenir, elle s'en fichait. Elle n'était pas sans savoir qu'Harald et Albar avaient eu quelques anicroches quant à la tournure des récents évènement, mais elle se rangeait dès lors à l'avis de son roi. Que pouvait-il donc vouloir ? Ce n'était pas de la crainte, c'était du désintérêt total : pour tout dire, Anna craignait plus de devoir monter derrière un cavalier étranger pour la mener à ce "Manoir Tlassin" que d'y résider purement et simplement.

Quand elle descendit de sa "monture" de circonstance, non sans un léger malaise propre à ceux qui avaient passé leur vie sur un cheval des mers, elle était donc légèrement, comme les salinéens le placerait dans leur langue si poétique, foncièrement "förbannat", peu satisfaite de la situation. Accueillir dès lors une dame de Saline et sa corneille, une dignitaire de très haut rang et sa dame de compagnie, en lui demandant de déposer les armes ... Tant d'heures de trajets dans la neige sur le dos d'un quadrupède mené par un autre homme dont la compagnie ne lui plaisait certainement pas, pour finalement se voir demandée de rendre les armes.

Elle se demandait si le "Si je ne reviens pas d'ici une semaine, envoyez les hommes me chercher !" qu'elle avait expédié comme une boutade au fameux kejsare Wallah de Cardrak avant de partir ne prenait pas finalement des allures prophétiques.

Une longue et chaude cape de l'opaque vert des forêts noires du grand Sud sur le dos, la capuche couvrant son crâne pour ne laisser échapper que de fragmentaires filaments poivres et sels de sa toison et une bande de tissu assortie lui couvrant le bas du visage - qu'elle baissa immédiatement -, voilà ce qu'avait face à lui le Maréchal. De sa fonction, Anna ne portait que la broche des Huscarls fermant sa cape, bien qu'il ne faisait aucun doute que c'était bien elle, la Générale de Saline. Elle portait sur le dos un bouclier rond frappé d'un crâne de dragon, et sous lui, un carquois et un petit arc composite. A sa ceinture, c'était une hache à simple tranchant et plusieurs hachettes de lancer, qui marquaient, autour des deux fameuses épées papillons qui avaient contribué à sa légende de pirate. Finalement, en dernier lieu, Chitikka, sa corneille, reposait sur l'épaulière de cuir de son baudrier dorsal, du même matériaux que ses gants et les vêtements matelassés qui reposaient sous sa cape, et qui avaient donné bien du fil à retordre aux artisans de la capitale de Saline, en raison de formes bien plus affirmées que chez les guerriers que l'on équipait en temps normal.

Pourtant, ce que remarqua d'entrée de jeu Anna Myrkrähe chez son hôte, plus que sa paranoïa, c'était sa taille : elle était plus grande que lui, avec ses bons six pieds de hauteur et quelques. Personne n'aurait contesté le fait que, pour une femme, elle était plutôt grande - certains se risquant à la qualifier de géante, à leurs risques et périls. -, mais cela n'ôtait pas la cocasserie de se retrouver face à celui qui se voulait être son commandant, et de devoir baisser la tête. Cela la fit sourire, et finalement, elle éclata d'un rire fort. Fort peu à propos, mais fort sardonique, aussi.

" Fanken ! " jura-t-elle dans sa langue maternelle, avant de passer dans cette langue véhiculaire des royaumes de Glace qu'elle prenait un malin plaisir à massacrer avec son accent au point d'en être difficilement, alors même qu'elle pouvait parfaitement la parler, " Kések'ces kon'ries, Marchal ? D'pozer l'zarmes ? S'kurité ? P'ser vrément k'j'frai tan d'route à vot'invit'tion just'pour vou zouvrir l'panse ? "

" Kroaaaaaah ... 'Déraaaaaste ! " osa la corneille lettrée, avant de s'envoler de son perchoir pour aller se trouver un abri à la branche d'un arme situé non loin, alors que sa maitresse avait laissé tomber sa capuche pour révéler l'entièreté de sa chevelure, et les mèches blanches qui y côtoyaient les brunes, alors qu'elle penchait sa tête d'un côté et de l'autre, pour faire craquer ses vertèbres.

Elle qui n'affectait nullement le poids de l'armurerie qu'elle transportait sur son corps, qui n'était finalement qu'un typique équipement d'aventurier Salinéen, détacha son baudrier. Le bouclier, l'arc et les flèches vinrent s'écraser dans la neige sans fracas, alors que la Générale jetaient ses multiples haches par terre.

Ne restait plus à sa ceinture que ses deux couteaux papillons de prédilection, tout aussi volontaires à bouger que la rapière à la ceinture de son hôte.

" V'là. J'd'pozé l'zarmes. " crut-elle bon de préciser, une main sur les pommeaux de ses deux lames couplées à sa ceinture, alerte, comme s'il eût été ici l'affaire d'un duel silencieux, " S'vou v'lez l'zotres, f'dra-les prend'. S'v'lez m'ssassiner, fait' le vit', Labar. Mêm' d'vant s'kejsare Harald, l'vrai Cardrakien a pa'à r'tirer s'kikoup. D'vant person' y l'retirent. S'vez mêm' pa'ssez d'mon respect pour k'j'vou zotorise à m'fourrer, 'lors r'tirer m'lames ... Ah ! "

Son oeil allait à tout ce qui faisait la scène. Le manoir, évidemment, mais le maître de maison, aussi, et le cavalier qui était derrière elle. Autant de menaces à prendre en compte, et il était certain que la Générale, en bonne Cardrakienne, ne poserait pas les armes. C'était l'apanage des vrais citoyens de Cardrak d'être en mesure de porter les armes, car eux seuls pouvaient se vanter d'avoir survécu à une épreuve aussi ardue que la traversée vers l'Île Sven. Quand tout les étrangers avaient à déposer les armes en entrant dans la cité, ce n'était pas seulement par bête mesure de sûreté, c'était aussi et surtout pour leur signifier qu'ils n'étaient pas la moitié des hommes - et des quelques femmes - qui composaient la population ayant passé l'épreuve d'initiation de la Cité de Fer et de Sel.

Du reste, il était une plaisanterie très populaire parmi les guerriers de Saline : c'était l'histoire d'un Berserker qui était reçu à la cour impériale, où on lui demandait de se séparer de ses armes. Il répondait alors " Vous autres Sélians êtes durs ! Comment ferais-je pour manger si vous me coupez les mains ? "


Sam 7 Fév - 16:38
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L'accent salinéen. Quelle damnée horreur pour les oreilles que l'accent salinéen. Le Maréchal avait beaucoup voyagé dans sa jeunesse, aussi l'avait-il entendu de nombreuses fois, mais même après toutes ces décennies d'agression auriculaire, il ne s'était toujours pas habitué à cet horrible son. D'autant plus que la charmante demoiselle, dans laquelle se cachait très certainement un ours terriblement comprimé par un costume trop petit, l'accentuait très certainement, pour des raisons qui ne regardaient qu'elle.

Un manque de respect évident, symptomatique de la contradiction salinéenne, et du patriotisme en général. On beuglait haut et fort que la force était la valeur la plus importante chez un salinéen, ainsi que l'honneur, mais face à un étranger... Albar avait organisé la défense d'un pays, et "perdu" une bataille qui avait fait plus de victime chez l'ennemi que chez les siens, sans parler de ses victoires passées, avant même qu'il ne soit maréchal. L'homme en lui même n'avait pas perdu le moindre combat singulier depuis des décennies et avait même survécu au tout premier vampire, un être magique à la puissance incommensurable. Mais il faut croire que les salinéens avaient leur propre définition de la force.

Au delà de cette contrariété, le refus de la général lui posait fortement problème. Qu'importait son rang, elle n'entrerait pas ainsi. Mais il ne pouvait pas non plus simplement lui percer la gorge du bout de sa rapière et la jeter dans une congère, ce n'était pas aussi simple. Une autre entrevue agressive avec Harald risquait de causer la mort d'un d'entre eux, voire même des deux et de tout le pauvre entourage qui aurait assisté à leur rencontre. Albar allait donc devoir sortir de son chapeau une solution intermédiaire, qu'il trouva rapidement. Le fait était que cela pouvait peut-être même lui attirer un peu de respect de la part d'Anna, si elle suivait honnêtement ses préceptes.

"Sauf que vous n'êtes ni chez vous, ni devant le kejsare, dit-il en prononçant ce dernier mot avec un accent cardrakien impeccable. Ma maison, mes règles, c'est ainsi que cela fonctionne. Aussi, voilà comment les choses vont se passer : vous ne voulez toujours pas poser vos armes? Alors je vous défie en duel. Vous, contre moi, dans ma cour d'entraînement, jusqu'à ce que l'un d'entre nous abandonne, ne soit plus en état de combattre, ou meure purement et simplement."

Disant cela, Albar dégaina calmement sa rapière, sans geste brusque, afin d'être certain qu'elle n'y voit pas là une attaque surprise.

"Si vous refusez le duel, alors c'est encore plus simple. Ou bien vous posez vous armes et nous discuterons à l'intérieur devant une belle pièce de viande, ou bien vous partez et je ne veux plus vous revoir ici."

Si elle refusait chacune de ces aimables propositions, Albar lui trancherait la gorge ici même, sans sommation aucune. Même Harald serait capable de reconnaître qu'un salinéen qui refuse un combat et son alternative honorable n'est pas digne de sa nationalité. Et pour autant qu'il puisse comprendre le fervent patriotisme du puissant roi : le sort d'un étranger l'indifférait totalement.

"Que décidez-vous?"


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Lun 9 Fév - 0:04
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Il était parfaitement vrai que la lutte et le conflit entrait dans les gènes mêmes des Cardrakiens. Il était parfaitement vrai aussi qu'ils était férocement nationalistes et fiers. Bien plus concernées par les gestes que par les mots, Anna dégaina d'une main ses lames, en jetant une en l'air pour la rattraper dans sa main libre. Dans l'instant, elle avait pris appui sur ses jambes, solidement campée sur son arrière, sa jambe gauche, exposant devant elle sa lame droite tandis que la gauche avait pris de la hauteur, son bras se préparant à punir toute incursion trop assurée. Il ne fallait pas être un génie pour voir dans les yeux du Maréchal des Glaces qu'il pensait avoir à faire à une bleusaille trop sûre d'elle, faisant mumuse avec des coutelas de pêcheurs plutôt qu'avec de véritables armes "nobles". Elle manquerait certes de l'allonge ou de la prestance, et elle ne gagnerait certainement pas le prix du style de combat le plus artistique, mais qu'il s'approche, et il trouverait là la tenancière du prix du style guerrier le plus sale et le moins sportif de toutes les Glaces, si l'on excluait bien l'utilisation des poisons. Le but n'était pas forcément d'en ressortir indemne, il était de neutraliser l'ennemi, de s'assurer que, même si l'on doit mourir, on emporte avec lui toute capacité d'opposition. C'était cela qui causait l'appréhension qu'Anna avait de l'estoc, car une fois que vous aviez planté l'ennemi, qu'est-ce qui pouvait bien l'empêcher de rigoler et, dans un dernier râle terrifiant, de se jeter avec ses dernières forces pour neutraliser son assassin pris au dépourvu ?

Le regard que jeta la générale à celui qui se réclamait être son supérieur par l'autorité que lui conférait le Triumvirat en demeurait ainsi pertinemment lassé, par-dessus la seule méfiance.

" Sur votre terrain, selon vos règles ? Avec vos armes, et alors que j'ai le voyage dans les pattes et que vous sortez d'un cossu somme auprès du feu ? " rétorqua-t-elle, à son tour, avec un accent que l'on aurait presque pu déterminer comme "académique". L'accent que l'on apprenait des savants qui officiaient auprès des cours et des grands seigneurs, avant de sortir de sa posture et de balancer aux pieds d'Albar ses armes, " Par les bourses de Yéhadiel ! Vous prenez vraiment les gens de Cardrak pour des cons, maréchal. Je pourrais finir par prendre ça personnellement... "

La Salinéenne se laissa aller à un soupir, avant de tourner la tête, sifflant bruyamment pour attirer à elle sa corneille. Celle-ci s'élança des cimes pour revenir se pointer sur son épaule.

" Vous feriez certainement mieux de me considérer comme une alliée que comme une vulgaire assaillante. Je suis ici par la volonté du Roi, et même je n'y prendrait aucun plaisir ou n'en retirerait aucun honneur, je serais de ceux à s'interposer entre l'assassin et vous, si un tel cas de figure avait à se présenter. J'espère à ce propos que vos pièces de viandes sont déjà découpées en fines tranches et vos sièges fixés au sol, car nous ne sommes pas tirés d'affaires si nous devions énumérer tout ce que le mobilier domestique comporte comme armes. "

Elle se laissa aller à un geste invitant son hôte à rengainer son arme, avec un sourire malicieux, maintenant que son corps demeurait sa seule et unique arme à sa disposition.

" Allons ! Rengainez donc votre outil : ce n'est certainement pas ainsi que les femmes aiment à voir prouvée la virilité ... "


Lun 9 Fév - 8:29
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Un léger sourire satisfait passa sur le visage du maréchal. Elle avait de la répartie, c'était une bonne chose, et dans un parler compréhensible qui plus est. Sa petite déclaration qu'elle lui avait fourré dans le museau comme on donne à manger à un chien qui nous agace avait tout de même eu son petit effet. Qui n'aimait pas entendre que l'on pouvait se sacrifier pour lui, après tout ? Ce genre de discours et de réaction était le pendant positif des Salinéens pure souche.

Le maréchal rengaina sa rapière dès qu'elle eut fini sa phrase.

« Si j'avais à prouver ma virilité à quiconque, c'est bien que j'en manque, dit-il, amusé. Je vous laisserai juge de tout cela. Bienvenue au manoir Tlassin, générale. »

D'un petit geste de la main, il l'invita à le suivre, toujours sur ses gardes malgré son apparente tranquillité. Le problème était plus complexe que ce que son invitée avait bien voulu dire, et il lui devait bien une explication.

« Je ne pense pas qu'une salinéenne, qu'elle soit là par la volonté de son seigneur ou de quiconque, puisse s'abaisser à un meurtre. Si vous aviez voulu m'abattre, vous auriez accepté le combat, et c'est ainsi, face à face, les yeux dans les yeux, que vous m'auriez tranché la tête, et pas autrement. Du moins est-ce que je pense.

Non, mon problème, ce n'est pas vous, mais celui qui aurait pu se faire passer pour vous. Cette damnée magie qui inonde nos terres permet bien trop de vils tours, comme la polymorphie par exemple. Je préfère donc m'assurer de mettre toutes les chances de mon côté. Seuls les souverains des Glaces auront le droit de garder leurs armes, mais ça ne m'empêchera pas non plus de leur demander de s'en défaire.
 »

Il ouvrit la porte du petit salon et l'invita à entrer avant lui. Un doux feu de cheminée y crépitait calmement, et l'air était nimbé d'une lourde mais agréable chaleur.

« Je vous en prie, dit-il en s'asseyant sur son fauteuil, installez-vous. Pour en revenir à ce que vous disiez à propos du mobilier, j'ai bien peur qu'il ne soit pas fixé au sol, non. Mais même si je doute que votre délicieux fessier puisse faire changer d’allégeance mon fauteuil, je pense rester assez maître de ma propre maison pour en tirer avantage. Un spectre avait hanté cette demeure pendant plusieurs semaines en me balançant des meubles au visage toutes les nuits, et ça ne l'a pas empêché de partir la queue entre les jambes.

Irwin
, appela-t-il, êtes vous là ? »

L'instant d'après, la porte s'ouvrit, et le vieux majordome entrait. Il savait comment Albar fonctionnait, et il s'était visiblement attendu à être appelé à l'aide rapidement.

« Oui Monsieur ?
- Voulez-vous bien nous apporter le repas ? Et servir à notre invitée un verre de... Que voulez vous boire ? Demanda-t-il à l'attention de son invitée. »


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