Terra Mystica

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 Alma llena de luz

 
Dim 4 Jan - 15:31
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http://www.terramysticarpg.com/t2036-phalene-luz
Une pluie fine, tiède et molle comme une brume estivale tombait tout doucement dans l’aube grise, vestiges, sans doute, de la tempête qui s’était déchaînée peu avant. L’eau ruisselait sur la pierre et faisait comme un rideau vertical à l’entrée de la grotte qu’elle fermait d’une voilure de gouttes serrées, dissimulant tout ce qui se trouvait au-dehors, et imprégnant d’humidité tout ce qui se trouvait au-dedans. Orgath et Phil s’étaient éloignés, laissant Phalène, incapable de dormir dans cette chaleur étouffante et moite, qui veillait sur Sylvia encore assoupie. Le matin vaporeux se levait peu à peu, jetant une lumière grise et uniforme sur les lieux assombris par la forêt environnante.

Se levant péniblement, elle alla guetter le paysage à travers la pluie, mais ses yeux encore brouillés ne virent guère plus que des silhouettes d’arbres immenses couverts d’une végétation dense et luxuriante qui s’échelonnaient et s’effaçaient peu à peu dans le lointain. Quel étrange pays... Fermant ses lourdes paupières bistre, elle laissa son esprit s’élancer à tâtons tout autour d’elle. Depuis qu’elle avait eu l’intuition fabuleuse que son don pouvait être soumis à sa volonté pour devenir un outil et non un fardeau, Phalène tâchait de l’exercer, chaque fois qu’elle en avait l’occasion. C’était simple, quand on y réfléchissait ; c’était instinctif, comme d’apprendre à se servir d’un sens peu usité, et elle s’apercevait chaque fois un peu plus qu’elle pouvait tout à fait y parvenir. Tout doucement, elle prenait conscience de chaque chose autour d’elle ; la présence de Munin, posé non loin, la masse obscure de la roche, les fourmillements paisibles des plantes qui enroulaient leurs pampres autour d’eux, les petits animaux qui fouissaient dans la terre... Et, au milieu de tout cela, comme une tache de lumière, comme un éclat prisonnier d’un corps, Sylvia. Son sommeil était inhabituellement profond, et, après l’avoir mis sur le compte de l’épuisement causé par leurs dernières péripéties, un soupçon d’inquiétude rampa au fond du ventre de la barde.

Elle revient s’asseoir près d’elle, observant les traits de l’endormie avec attention. Comme toujours, sans qu’elle en ait réellement conscience, ce qu’elle percevait se superposait à la simple vision de son regard si limité. Elle pouvait presque saisir l’aura qui se dégageait d’elle, pour l’heure faible, à peine sensible, encore au repos. Une ombre rampait, là. Un instant, elle craignit que cela ne fût un reste de ce qui l’avait saisie autrefois et dont elle s’était défaite dans la cave ; mais rien de tout cela. Cela pouvait y ressembler, par certains aspects, mais cela n’avait, en substance, heureusement rien de commun.

Phalène adopta une position plus confortable, Munin lové sur ses genoux, et elle laissa de nouveau son esprit prendre son envol. Cela avait été tout à fait instinctif, dans la cave : elle l’avait trouvée sans peine, sans même savoir ce qu’elle faisait. Cette fois, elle tâcha de se concentrer pour mieux retrouver ce chemin familier qui l’amenait à toucher du bout des doigts l’âme de son aimée. C’était peut-être un cauchemar, c’était peut-être autre chose. Phalène peinait encore à comprendre le langage de ces pensées, mais les sensations et les sentiments, eux, étaient assez clairs.

Tout doucement, elle ânonna une complainte muette, comme un chant silencieux, pareil à celui qui avait ramené Sylvia à la vie, la première fois. Ce faisant, la barde se sentit se fondre, se diluer, perdre toute conscience d’elle même ; cela ne dura que quelques instants, auxquels succéda un étonnement hagard lorsqu’elle rouvrit les yeux, papillonnant des paupières dans la lumière grise. Quoiqu’il se soit passé, elle avait franchi un pas de plus, où que cela puisse les mener...


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Humain

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Dim 4 Jan - 16:29
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Un simple contact dans les ténèbres. Une once de douceur au cœur de la peur. C'est cela, qui m'a libérée, qui a brisé la prison du sommeil. J'ouvre les yeux. Je me redresse. Je hurle à en perdre la voix. Longtemps, le cri résonne dans la caverne, De la terreur sous sa forme la plus pure.

Longtemps, mon cœur bat la chamade. Une sueur froide et poisseuse dégouline le long de mon échine. Des tremblements incontrôlables agitent tout mon corps. Mes yeux voient à peine la lumière grise du matin pluvieux. Mon esprit ne fonctionne plus. Je ne me souviens pas de l'objet de mon Cauchemar. Cela vaut peut-être mieux.

Les instants suivants je dois lutter contre moi-même pour ne pas devenir hystérique. La peur vient réclamer son dû longtemps après son heure. Comme une invité qui s'attarde trop longtemps après la réception. L'instinct me pousse à me rouler en boule sur le sol, en position fœtale. Mes poings se serrent et de desserrent, mes dents claques.

Puis le matin s'obscurcit. L'obscurité descend sur moi comme l'Empire sur les Rebelles. Toute forme de résistance est broyée, réduite à néant. J'ai l'impression que tout mon corps souffre du contact des ténèbres. Je n'ose fermer les yeux pour ne plus les voir, sachant que ce serait abandonner les dernières miettes de lumière au noir total et absolu.

Je suis seule dans la grotte. Ma solitude se répercute comme un écho sur les parois humides. Je suis seule et à chaque seconde je le réalise un peu plus, cela me fait comme des échardes qui se glissent en mois. Des esquilles glacées, acérées par la volonté d'Exios de se venger de moi. Il m'en veut de lui avoir échappé. C'est sûr. C'est tout ce que cela peut-être. Une vengeance divine. Une inéluctable condamnation. Une main chaude qui caresse mes cheveux.

...

Quoi ? Une... une odeur, je la connais. Quelque chose qui m'effleure, qui me touche. Qui me tourne autour comme un papillon attiré par une flamme. Ma flamme. Mon papillon...


Phalène ?

La lumière grise me pique les yeux, pourtant je les garde grand ouverts comme pour m'en abreuver jusqu'à l'aveuglement. La pluie tombe dehors. Je suis allongée, sous mes couvertures. Il n'y a pas de glace en mon cœur, pas d'obscurité autour de moi. Juste Phalène et son esprit qui a touché le mien. Elle rouvre les yeux en papillonnant juste à ce moment là, comme déboussolée.

Je me déplace d'un pas, sans me lever, juste pour poser ma tête sur sa cuisse et émettre ce qui ressemblerait, au mieux, au ronronnement d'un chat famélique et hésitant. Je ferme les yeux à nouveaux, mais cette fois un voile d'or couvre mon regard, tandis que la chaleur du corps de ma moitié me rassure, m'ancre dans ce monde.

Mon cœur bat fort encore dans ma poitrine. Mon corps tremble toujours un peu. Les ombres sont toujours là, à la frontière de mon esprit. Mais le cauchemar se délite déjà en lambeaux de brume qui disparaîtront avant longtemps. Enfin, j'espère.


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Humain

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Jeu 15 Jan - 14:43
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Un million de choses se passèrent en même temps, un million de peurs et de sentiments mêlés qui hurlèrent soudain dans l’esprit et aux oreilles de Phalène, si fort, si fort que ses os en tremblèrent. Elle demeura un instant hagarde, frissonnante, tandis que Sylvia s’apaisait et se lovait près d’elle comme un chat fatigué. Reprenant son souffle, la jeune femme glissa ses doigts rêches dans les cheveux de sa compagne, s’assurant qu’elle allait mieux à présent. Tout ce qu’elle ressentit soudain fut un apaisement sans bornes, qui chassa très vite les échos douloureux des ténèbres.

Elle ouvrit la bouche pour répondre, mais soudain, le moindre son qu’elle put produire sembla incongru, inutile, tellement... brusque. Non, ça n’était pas ça, ce n’était pas ce qu’il fallait. Tout doucement, Phalène esquissa un sourire, et se pencha pour entourer la guerrière de ses bras, comme un cocon. Là, c’était bien. Son esprit encore tout ouvert, papillonnant, empli de sa clarté se posa un instant et formula quelque chose. Une pensée, une émotion, brute et indescriptible ; de toutes ses forces, comme l’on cherche à faire éclore quelque chose, Phalène la força à prendre corps, devenir tangible et s’envoler dans le grand vide aveuglant qui l’entourait et vibrionnait dans son esprit.

Elle sentait les ténèbres se diluer lentement, encore présentes, mais réduites à l’état de palimpsestes qui ne dureraient pas, et qui ne tarderaient pas à s’effacer totalement.

« Tout va bien. »

Quelque chose prit forme.

« Je suis là. »

Quelque chose apparut encore. Les pensées se dessinaient, s’esquissaient, flamboyantes et si douces, comme des serpentins de soleil sur un fond plus clair encore. Une vibration, une variation, comme un remous dans une mer de lumière.

Les yeux clos, Phalène se laissait aller, tout entière engloutie, défaite, fondue comme une goutte d’encre dans un océan. C’était si doux, de ne plus être seulement soi-même, d’être un peu l’autre, et dans l’union devenir autre chose. Elle ne se demanda même plus si Sylvia pouvait saisir l’écho de ses pensées, car soudain elle était si proche, en corps et en âme, que le doute n’était plus permis. C’était si simple, soudain, comme se laisser glisser dans les remous d’une eau profonde, se laisser sombrer, lentement, jusqu’aux gouffres les plus insondables.

« J’espère que tu m’entends. »

Une vibration, un espoir qui se déploya, et une joie sans pareille. Cela ne pouvait être autrement qu’ainsi, en vérité, et la barde se prit à sourire comme un prophète en présence de son dieu.

« Ô, ma toute belle, ma tant aimée, l’ombre ne viendra plus pour toi. »


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Humain

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Jeu 15 Jan - 20:36
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« Tout va bien. »

Ce fut comme un vent doux dans mon esprit, le voile d'or devant mes yeux s'anima, roulant comme sous la caresse douce d'une main qui l'écarte juste assez pour passer, pour atteindre mon esprit. Je ne vois rien, tout n'est que sensations, c'est comme entre deux pieds nus marcher sur le plancher dans son dos, se retourner, éblouis par la lumière, sentir une forme chaude se lover contre soit, dans ses bras.

« Je suis là. »

Tu y es, oui. Tu es cette présence douce lovée autour de mes pensées. Cette entité rassurante qui chasse l'ombre, qui illumine la nuit. Je te sens m'entourer de tes bras, ta chaleur me fait du bien, tu es là, tu es avec moi, il n'y a plus de nuit, rien que la lumière dorée de nos esprits assemblés.

« J’espère que tu m’entends. »

Je me retourne, physiquement, je change de position pour t'enlacer à mon tour, te garder contre moi, je ne sais comment te répondre par l'esprit, alors je pense fort à toi, à la douceur de tes mots pour moi, à la douceur de notre étreinte. Et, finalement, je murmure à ton oreille, comme dans un souffle.

"Je t'aime, Phalène"

Mais c'est bien dans mon esprit, encore, que retentit ta réponse.

« Ô, ma toute belle, ma tant aimée, l’ombre ne viendra plus pour toi. »

L'ombre, Phalène, a perdu son combat contre nous dès l'instant de notre première étreinte dans la cave. Elle revient parfois à l'assaut, mais elle ne peut plus rien. Pas contre nous.

Moitié plongée dans l'inconscience, moitié dans un doux bain d'émotions aussi chaudes et confortables que des couvertures l'hiver, je te serre un peu plus contre moi, yeux fermés, concentrée... Je me sens encore incapable de te répondre dans ma tête, de formuler des mots, une phrase, alors je te montre...

Une maison bâtie au flanc d'une montagne, à moitié enfouie dans la roche, pleine de lieux secrets, propices au recueillement et au repos. Une grande salle, éclairée par la lumière du soleil ou de la lune, avec une longue table en bois sombre sise en son centre. Sur les murs, une bibliothèque, contenant quelques rares ouvrages à la couverture de cuir, des livres qui parlent de la mer, des navires et des trésors cachés par-delà l'horizon.

A côté, des étagères, tout le long de deux murs de pierre sèche. Dessus, des armes, du cuir, des perles, des plumes, des pierres, milles petites choses qui captent la lumière, qui attirent l'œil, qui invitent à les toucher, à les manipuler, à en faire d'autres choses, encore plus belles, encore plus intrigantes.

Une cuisine, une belle cuisine, avec un four taillé directement dans la roche, juste sous une cheminée naturelle, l'odeur du pain qui cuit, des herbes aromatiques qui sèchent pendues au plafond, les fragrances des épices enfermées dans des pots en terre au bouchon de liège. Dehors, abritée sous un appentis, une source claire qui alimente une large vasque dont le contenu s'écoule lentement, en débordant dans un ruisseau qui dévale ensuite la pente abrupte.

Et puis la chambre, la principale, pas une des pièces cachées dans la roche qui accueille le voyageur hébergé là pour la nuit, mais LA chambre. La notre. Un lit de bois brut, un matelas épais et confortable, des couvertures de toutes les couleurs, des draps doux, aussi épais et grossiers qu'ils sont confortables. Des armoires pour abriter deux pauvres garde-robes, des râteliers dans une pièce adjacente, qui abritent plus d'arme que tout le reste de la demeure n'abrite de vêtements.

Et enfin, au centre, sous le four de la cuisine, à l'angle de la grande pièce, de la chambre et de l'appentis à la source, un foyer. Un immense foyer qui réchauffe l'air de toutes les pièces attenantes, dont les quatre gueules ouvrent sur les quatre cœurs de cette demeure.

Les vois-tu, Phalène, les perchoirs dans chaque pièce, les nids douillets au sommet de chaque étagère, de chaque meuble, les passages creusés dans le haut des murs pour ton compagnon ailé ? La vois-tu, mon amour, cette maison qui affronte la neige et la pluie, le soleil et le vent, les saisons qui passent et le temps qui érode les montagnes ? J'en rêve depuis longtemps, mais j'en rêvais pour moi seule, et elle était incomplète, il lui manquait la chaleur d'un cœur battant, la vie que seule apporte une âme aimante. La vie que tu m'a apporté. La lumière. La douceur. Je t'offre cette image, Phalène. Car un jour cette maison sera notre. Je te le promet.


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Dim 18 Jan - 14:16
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Il ne s’en était fallu que d’un pas, d’un élan de plus, rien d’autre qu’un peu plus de poussée pour parvenir à ce point sublime, parfait, ce retour à un état indifférencié où il n’y avait plus de limites, où les identités se fondaient l’une dans l’autre au point que Phalène ne savait plus ce qui lui appartenait encore. Qu’importe, elle voulait tout céder. Plus de secrets. Noyée de lumière, elle était comme ces papillons aveugles qui s’enivrent de soleil avant de se laisser chuter. Elle pouvait sentir les pensées de Sylvia se former, se dessiner, à peine esquissées, encore brutes. Cela viendrait, mais déjà, elle pouvait percevoir, les changements, les mouvements, et plus que les mots, elle sentait son amour l’envelopper toute entière et répondre à ses propres élans.

Et puis, la vision déploya ses premières images, floues, imprécises, mais qui prenaient davantage de netteté à chaque seconde. Phalène ne comprit qu’au fur et à mesure, en reconnaissant des choses, des petits détails, des allusions, et une émotion profonde fit une boule dans sa gorge. Elle saisissait peu à peu le sens de ce qu’elle voyait, de cette demeure paisible, si paisible, isolée de tout. C’était quelque chose qu’elle n’avait connu qu’au temps d’avant, avant l’Hiver, la mort et la renaissance, dans des souvenirs brouillés, infimes, réduits à presque rien. Un lieu, presque un sanctuaire, où tout réunir, où tout rassembler, un reposoir éternel lorsqu’elle serait trop lasse d’errer. Un lieu, à elle, à elles.

Inconsciemment, dans le silence de cette union muette, Phalène sentit des larmes couler sur ses joues. Cette émotion brutale qui lui avait serré le cœur et les os, qui lui avait saisi tout l’être dans un étau irrépressible devenait à présent comme un espoir, une envie, brûlante comme une soif inassouvie. Elle voulait cela, plus que toute autre chose, elle n’avait de cesse de désirer cette vision idyllique que son sacerdoce lui avait toujours refusé. Combien y avait-il de trahisons envers celui-ci, depuis l’heure où elle avait accepté de suivre Asmodan sur le Dédain ? Plus encore en ce jour, elle laissait derrière elle ce qu’elle avait juré.

Un jour, ô ma toute belle, un jour, nous n’aurons plus à en rêver.

Il y avait dans cette vision tout ce qu’elle pouvait rechercher et désirer : des visions fugaces de grands sommets enneigés, de montagnes aux contours familiers, de silences impénétrables et d’eaux glacées. Des soupçons de sapins dans le vent de sommets, la paisible voûte d’un ciel uniforme, et l’isolement précieux, presque sacré, qu’elle aimait tant lorsqu’il entourait de ses ailes celle qui était devenue une seconde partie d’elle-même. Que ce serait doux, que ce serait parfait que de vivre avec la seule conscience d’elle, et de nulle autre, pour toujours perdue dans la lumière de son être.

Phalène demeura les yeux clos, longtemps après que ces songes se furent évanouis. Elle avait cru pouvoir apporter quelque chose à Sylvia, apposer un réconfort bienveillant sur les fêlures de son être, mais en vérité, elle s’apercevait qu’après tout ce temps, c’était la guerrière qui avait procuré le remède en devenant la seule personne au monde qui ne put la faire souffrir par sa seule proximité. Elle lui avait montré la voie, peut-être sans le savoir, en lui montrant que la solitude la plus absolue, la plus déchirante, n’était pas le remède à ce qui grandissait en elle et l’isolait des vivants. Un don obscur, plus grand, plus immense que les faibles capacités de son esprit, avait toujours reposé en sa chair depuis le jour où elle avait regardé à travers le brouillard des Limbes ; à présent, grâce à Sylvia, Phalène apprenait à le canaliser, à le dompter, à en faire un outil plus qu’une malédiction.

Sans cela, jamais elle n’aurait pu partager cette union avec elle.

La barde papillonna des paupières, laissant la lumière grise du jour remplacer l’éclat doré et flamboyant qu’elle avait perçu. Celui-ci demeurait toujours présent, indescriptiblement perceptible, comme une image qui demeure prisonnière du regard sans être vraiment là, une persistance rétinienne qui brillait doucement autour d’elle. Elle rit soudain, comme une enfant éperdue, et glissa ses petites mains écorchées sur les joues de Sylvia. Une hésitation papillonna sur son visage plein d’une allégresse mouillée de larmes de joie, et elle déposa un baiser, léger comme une plume, sur ses lèvres.


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