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 Icara Kraenvy

 
Dim 23 Nov - 22:50
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Kraenvy Icara

Femme oiseau, au moins une vie antérieure, a passé son adolescence dans une cage, n’aime rien tant que le vent du soir dans ses plumes.
Information
Surnom Ica pour son père, Cara pour ses amies, mais elle n’a plus ni l’un ni l’autre
Âge : 22 ans
Nationalité : Feu
Profession : Scribe/Guérisseuse
Camp : Neutre
Noblesse : /
Croyance : Yehadiel, mais curieuse des pouvoirs de Nayris
Famille : /
Race
Cianopsitta
Caractère

Après son expérience avec Morrow, Icara a encore du mal à s'attacher aux autres, mettant plus volontiers de la distance dès qu'elle se sent en danger d'apprécier quelqu'un. Il lui arrive de passer des semaines sous sa forme ailée, lorsqu'elle a besoin de calme. Parmi les humains, elle aime se mêler à la foule mais sans vraiment en faire partie, observer les gens mais sans interagir avec eux. Elle essaye pourtant de changer cela, de se conduire en humaine normale. Il est rare qu'elle arbore un air avenant, le plus souvent elle montre au monde un visage froid, voire hautain quand un homme tente de venir la séduire avec ses gros sabots. Elle n'est pas insensible aux hommes, mais étant donné sa nature et son histoire, ne souhaite plus tomber amoureuse. Elle est très méfiante aussi, craignant que Morrow ne cherche à la localiser un jour et soupçonnant n'importe qui d'être à sa solde, ne sachant pas au fond d'elle, si elle veut qu'il la retrouve ou non. L'expérience lui a appris à fuir, le plus tôt possible, surtout jamais une hésitation, ne jamais laisser une chance à l'ennemi de vous prendre. Elle n'aime pas les combats, ne sachant pas réellement se battre elle-même, elle porte pourtant en permanence un poignard, juste pour se défendre au cas où. Dès qu'elle se sent menacée, elle tente de calmer le jeu, ou tourne carrément les talons. Son tour favori est de se changer en oiseau juste après avoir tourné au coin d'une rue et ainsi «  disparaitre  » aux yeux de ses poursuivants, et contempler d'en haut, bien à l'abri, l'air ahuri ou furieux sur leur visage. Malgré sa froideur apparente elle possède un bon fond, et aidera quelqu'un si elle le peut, tant que cela ne lui nuit pas. Elle porte toujours sur elle une minuscule fiole contenant 3 de ses larmes, au cas où ses talents de guérisseuse serait insuffisants et qu'une vie chère en dépende. Elle croit en Yehadiel et bien que n'étant pas directement impliquée dans la lutte contre AT, tente de faire le bien à son niveau. A une exception près... Elle a beaucoup réfléchi durant ces six ans, elle a entendu parlé des dieux, et la mention de Nayris a fait germer une idée – comme chez des millions d'autres êtres qui ont perdu un proche – qu'elle n'a jamais réussi à rejeter totalement. La déesse, bien qu'elle représente tout l'inverse des valeurs de la jeune fille, pourrait l'aider, ressusciter Malak, même si le prix en serait sûrement prodigieux et abominable. Elle se dirige pour l'instant lentement vers Saline, puisque tel est l'endroit dont lui a parlé Malak, mais ne peut s'empêcher d'être attirée vers les montagnes, curieuse de se frotter aux ténèbres, de les voir de ses propres yeux avant de leur apposer un jugement définitif.

Physique
Plutôt mince et de taille moyenne, Icara est très souple et rapide. Elle n'est certes pas assez forte pour manier une lourde épée mais son poignard convient mieux à son style de combat, vif et défensif. Elle a une chevelure naturellement agrémentée d'anglaise de couleur châtain clair presque blond, couleur que l'on retrouve dans le plumage de sa forme animale. Elle les porte le plus souvent en une délicate tresse sur le côté. Son nez est fin et ses lèvres semblent sans arrêt former une légère moue, elle semble souvent froide ou mélancolique. Mais tout cela passe relativement inaperçu car ses yeux troublants attirent généralement toute l'attention. L'un bleu, l'autre vert, tel fut l'étrange effet de la guérison du pheonix sur ses propres yeux. Sans être exceptionnel, son corps possède des atouts et un certain charme et elle en est consciente. Sans chercher à attirer l'attention, elle sait en jouer s'il le faut. Elle porte une tunique verte, de belle facture, trahissant qu'elle a été habituée à une vie aisée, sans pour autant l'afficher comme noble. Elle dévoile un léger décolleté mais la couvre jusqu'au pieds, où elle porte des cuissardes. Elle n'aime pas montrer son corps, particulièrement son dos, qui porte encore quelques cicatrices de son traitement en tant qu'esclave, ainsi qu'un tatouage signant le nom de Morrow à l'arrière de son épaule gauche. Trait de sa véritable nature, Icara possède une élégance naturelle, une délicatesse dans ses mouvements, sa façon de saisir un objet qui a toujours attendri son père et intrigué son maître.
Sa forme animale est un petit oiseau huppé de couleur beige foncé sur le ventre et les pattes et dont le dos tire vers le blanc, avec une longue queue. Ses yeux sont deux petites billes noires. De la taille d'un rouge-gorge, quiconque a un peu de jugeote remarquera que l'oiseau n'est pas commun.
Capacités
Armes : Long poignard à lame légèrement courbe
Pouvoirs : Elémentaire, pas encore manifesté, eau
Familier : /
Artefact : /
Autre : /
Histoire

Les premiers souvenirs d’Icara remontent à ses 6 ans. Le visage d’un jeune homme souriant, son père. Elle grandi avec lui dans un petit village de cultivateurs, un endroit tranquille, le genre où tout le monde se connaît. Les seuls troubles étaient les petites querelles de village, car même Aile Ténébreuse ne peut se préoccuper de chaque hameau de fermiers. Son ombre planait bien, au-dessus d’eux, mais une fois affirmée leur allégeance, ils pouvaient vivre relativement tranquilles.
L’enfant fut toujours consciente de ce qu’elle était. Non humaine. Tout d’abord trop jeune pour en comprendre le danger, elle changeait de forme à tout bout de champ quand elle était petite. Très vite son père lui apprit à n’en rien faire, lui expliquant que nombre d’hommes craignent ou convoitent des êtres comme elle, et qu’elle s’attirerait des ennuis si elle révélait sa vraie nature, que ce soit par négligence ou par une confiance mal placée. Qu’elle risquait pour commencer d’être chassée du village, si pas carrément traquée pour être vendue. Elle apprit ainsi à rester sous sa forme humaine, bien qu’elle ne se sente jamais aussi bien, aussi à l’aise que dans sa forme naturelle.
En grandissant elle savait d’avance que sa vie ne serait pas comme les autres, qu’elle n’aurait jamais d’enfant, n’aurait jamais de compagnon qui serait son égal et qui la comprendrait. A moins de trouver un être de sa race, ce qui était disait-on extrêmement rare, au point que beaucoup de gens prenaient leur existence pour une légende. Peu lui importait à l’époque, elle avait la vie devant elle et plein de rêves en tête. Mais en grandissant, en voyant ses amis grandir, aimer, enfanter, elle devint plus sombre, mélancolique et son village sembla progressivement trop petit pour elle. Elle-même avait eu ses petites amourettes mais son père s’y opposait systématiquement et avait jusque-là refusé deux demande en mariage, et ce quel que fut le prétendant. A 16 ans, la jeune fille n’était toujours pas promise, alors que plusieurs de ses amies portaient déjà des enfants. Son père avait beau lui donner toute sa tendresse, cela ne lui suffisait plus. Et puisqu’il la coupait du monde, elle s’éloignait de plus en plus de lui.
Elle se laissait courtiser en secret depuis quelques mois par le fils du meunier, un garçon légèrement plus âgé qu’elle mais dont les manières la charmaient, bien plus délicates que ce qu’on pourrait attendre, connaissant son père. Ils se rejoignaient dès qu’ils pouvaient sans être vus, savourant simplement la compagnie l’un de l’autre. Mais ce genre de choses ne passent jamais longtemps inaperçues, et comme nombre de jeunes gens avant eux, ils furent surpris, et tout le village fut bientôt au courant. Les villageois ne pensaient pas à mal, ils jasaient simplement sur le couple à venir car il ne faisait aucun doute que le garçon allait faire sa demande sous peu.
Aussi lorsque la jeune Icara rentra chez elle ce soir-là, après avoir essuyé les gentilles moqueries des villageois, embarrassée d’avoir été surprise avec Hilren, mais pas mécontente non plus que cela soit enfin connu, ne s’attendait-elle pas à l’accueil qui l’attendait. Elle passa la porte et se retrouva face à son père, dont l’air mortellement calme lui fit peu à peu perdre son sourire contrit et niais.
- Je…
Une gifle la mit à terre.
- Comment as-tu osé  ?!  Il semblait survolté, faisant les cents pas dans leur modeste chaumière. Je te faisais confiance et toi tu…  Il se prit la tête dans les mains. Elle ne l'avait jamais vu ainsi, et ne comprenait pas bien la raison d'une réaction si violente. Tu disais… Tu disais que tu te souviendrais, que tu saurais, un jour ou l’autre. J’ai assez attendu Icara  ! Tu n’es pas du tout ce que tu devais être, tu… as tout perdu. J’ai, tout perdu.  Il inspira profondément pour reprendre un semblant de calme. Nous partons demain. 
Icara qui était restée silencieuse jusque-là, s’exclama.
- Quoi ?! Non! Pourquoi?
- Parce que j’en ai décidé ainsi. Tu ne le reverras jamais. 
- Mais vous ne comprenez pas! Père…  Sa voix se fit suppliante. Vous savez que je n’aurais jamais une vie normale. Pourquoi me refuser de pouvoir au moins aimer une fois dans ma vie ? Je n’entends rien à ce que vous dites, à propos de me souvenir, je n’y comprends rien… Et je ne veux pas partir… 
- Tu feras ce que je te dis de faire ! 
Des larmes remplirent ses yeux.
- Non! Je refuse! J’ai toujours fait comme vous vouliez, je ne me suis jamais plainte, mais vous m’enfermez père! 
Il secoua doucement la tête.
- Je ne suis pas ton père Icara. Je t’ai élevée comme ma fille mais je ne suis pas ton père. 
Elle fronça les sourcils.
- Je le sais… Je sais ce que je suis… Vous n’êtes pas comme moi mais vous êtes tout de même mon père. 
- Non… Tu ne comprends pas… Tu devrais. 
Il se détourna, laissant la pièce dans un silence assourdissant. Elle fit quelques pas, posa sa main sur son bras et brisa la quiétude d’une voix douce.
- Je sais que vous ne souhaitez que mon bien. Alors, expliquez-moi. Pourquoi me garder ainsi? Pourquoi me dire toutes ces choses étranges? Dites-moi Père. Pourquoi? 
Il s’emporta, l’empoigna par le bras et la secoua violemment.
- Arrêtes de m’appeler ainsi! Je ne suis pas ton père Icara! 
Elle se figea, abasourdie, levant les yeux vers lui sans comprendre. Elle n’eut pas le temps de réaliser qu’il la saisissait par les cheveux et l’embrassait. Un baiser violent. De passion, de fureur et de désespoir. Elle le repoussa de toutes ses forces, sans grand effet jusqu’à ce qu’il consente à la lâcher. Elle recula aussi loin que lui permit la taille de la pièce, le fixant avec horreur et choc.
- Père… ? 
Il soupira à pierre fendre.
- Nous partons demain. Fin de la discussion. 
- Je veux rester… Epouser Hilren 
- Tu es à moi !!  hurla-t-il. Si tu l’approche je le tuerais. Tu comprends ? 
Elle frissonna, n’ayant jamais vu son père ainsi, et acquiesça faiblement.
- Bon… Il retrouva un calme incroyable. Empaquette nos affaires, l’essentiel. Et ce soir, tu dormiras près de moi, que je puisse te surveiller 
Rien ne la tentait moins, là tout de suite, mais il ne semblait pas sage de le contredire. Elle fit donc leur paquetage, docilement si non avec entrain, rien de plus que ce que son père pourrait charger sur leur modeste charrette. Et quand elle eut terminé, elle monta dans sa chambre uniquement pour la découvrir vide. Son père avait déplacé sa paillasse dans sa chambre à lui, mais contrairement à ses craintes, ne l’avait pas collé à la sienne, et elle se trouva stupide d’y avoir seulement pensé. De fait, à peine fut-elle installée sous sa couverture qu’il ferma la porte et cala sa paillasse devant, pour l’empêcher de fuguer. Elle remarqua également que des cales bloquaient la fenêtre. Cette méfiance la blessa, d’autant qu’il avait parfaitement deviné sa pensée. Dès que la prudence le permit, elle quitta son lit et la maison familiale pour aller réveiller Hilren. Il mit un certain temps à comprendre l’urgence de la situation, et plus de temps encore à consentir à quitter sa famille, son village, son avenir pour elle. Ils avaient perdu la plus grande partie de la nuit quand ils se mirent enfin en route, et ils allèrent encore moins loin qu’elle n’avait cru avant que des sabots n’annoncent l’arrivée de son père. Monté sur leur énorme cheval de trait, il leur barra le passage, furieux.
- Icara! Je t’avais prévenue et tu es allé contre ma volonté. C’est ta dernière chance, viens avec moi et j’oublierais tout ça. 
Hilren fit bravement un pas en avant, espérant calmer le jeu.
- Malak, ça n’aurait pas dû en arriver là je le sais. Mais j’aime votre fille et elle m’a dit que c’était le seul moyen, que vous ne nous laisserez jamais nous marier. Je m’y prends mal, mais on peut sûrement résoudre ce problème. Qu’est-ce que vous avez contre moi? 
- Reste en dehors de ça gamin, Icara est mienne et ce n’est pas un apprenti meunier qui me l’enlèvera.  Il tendit la main à la jeune cianopsitta. Dernière chance… 
Vaincue, elle allait prendre sa main et se laisser hisser en selle, mais Hilren la retint, d’une voix tendre.
- Icara. Rien t’oblige à le suivre. Reviens au village avec moi. On fondera une famille à nous. 
Il saisit sa main et l’embrassa, chose qu’ils n’avaient encore jamais osé faire, la clouant sur place. C’était un contact d’une infinie douceur, malgré leur maladresse à tous deux.
- Hilren! Tu es mort, gamin! 
- Non!  Icara se démêla de son amant et se dressa devant lui. Ne faites rien. Je viens avec vous. 
- Mais… Icara ? 
Elle secoua la tête.
- Je viens de réaliser Hilren. Tu parles de famille mais… Je n’aurais jamais d’enfant. Je ne peux pas. Je ne suis pas humaine… Tu mérites mieux. Et je… Je ne veux pas qu’il t’arrive quoi que ce soit par ma faute. 
Il la fixa stupidement pendant que son père la hissait en selle devant lui.
- Tu n’es pas… mais… Comment ça ? Tu… 
Il n’avait pas fini sa phrase qu’un lourd sabot heurtait sa tête quand un coup de rêne fit cabrer le cheval, et il s’effondra dans un geyser de sang. Le hurlement monta dans la gorge d’Icara sans même qu’elle en ait conscience, mais déjà le cheval partait au galop sur le sentier, laissant derrière lui sa victime. Elle se débattit comme une furie mais l’homme ne sembla même pas le remarquer, la maîtrisant sans mal, même s’il eut la tâche plus dure pour l’empêcher de réveiller tout le village. Il ne parvint à charger la charrette de leurs effets, à y harnacher le cheval et à quitter le village qu’en assommant sa jeune protégée, et lorsqu’elle émergea finalement, une clairière s’étendait autour d’elle et une longue chaînette retenait sa cheville à un pieu fiché dans le sol.
Elle fixa l’homme de dos qui s’affairait à elle ne savait quoi.
- Pourquoi?
Sa voix était à peine un murmure, chargé de peine, et de haine. Il se retourna, la fixant avec douceur.
- Tu ne m’as pas laissé le choix.  Il s’approcha, une ombre de tristesse traversant son regard quand elle se tassa sur elle-même, et s’accroupit devant elle. Elle détourna les yeux. Icara, je… Je sais que tu dois me haïr en cet instant mais… Je veux que tu sache que je suis désolé de tout ce qu’il s’est passé ces derniers jours. Je ne sais pas ce qui m’a pris. J’étais tellement heureux et puis, j’ai cru te perdre, tu voulais partir, je suis devenu fou. Je ne voulais pas te blesser, tu sais que je ne suis pas comme ça. Et surtout… Pour…  Le nom ne parut pas parvenir à quitter sa gorge. C’était un accident, le cheval a… Je te supplie de me croire, malgré tout ce que j’ai dit je ne voulais pas cela. 
Il l’observa en silence sans rien ajouter et elle mit une éternité à répondre, les yeux résolument baissés.
- Je ne l’aimais pas. Il avait de belles phrases et il était gentil mais je ne l’aimais pas. Je voulais juste, me sentir normale. Vivre un peu. Je ne peux en vouloir qu’à moi-même. 
Elle se crispa lorsqu’il se pencha vers elle mais il se contenta de la serrer dans ses bras, et lorsqu’elle fut fatiguée d’essayer de le repousser, elle pleura contre lui jusqu’à épuisement.
A son réveil elle était allongée contre lui, comme une enfant, à l’abri dans les bras de son père. Elle leva les yeux vers lui sans bouger, il dormait paisiblement. Cette vision la fit sourire, et en engendra une autre.
L’homme qu’elle regardait n’avait plus 30 ans, il en paraissait tout juste 15. Il dormait tout contre elle exactement comme maintenant, mais ils se trouvaient dans une maison, sur une litière d’herbes sèches, avec le bruit de l’océan qui les berçait, et elle le regardait dormir en lui murmurant des mots doux.
L’image disparut, la laissant troublée. Pourquoi cette vision de son père plus jeune  ? Pourquoi s’était-elle imaginée lui susurrant des mots d’amour  ? Et comment savait-elle que c’était l’océan, elle ne l’avait jusqu’alors jamais entendu. *… Jamais dans cette vie* comprit-elle en frissonnant. Pas un rêve ni une vision, un souvenir. Elle se redressa pour s’asseoir, réveillant le dénommé Malak sans le vouloir. La situation semblait lui rappeler les mêmes souvenirs car il la prit délicatement dans ses bras et posa ses lèvres dans son cou.
- Icara? Ça ne va pas ma belle?  Il se rendit compte trop tard de son erreur et voulu s’excuser mais elle le coupa.
- Ça va. Je… Je me souviens Mal, de qui v… de qui tu es. Je me souviens enfin… un peu. 
Son visage s’éclaira.
- De quoi te souviens-tu  ? 
Elle lui décrivit la vision, encore sous le choc de celle-ci.
- Mais ce n’est qu’une infime partie Mal. S’il-te-plaît, raconte-moi tout ce qui manque. 
Il lui raconta. L’enfance qu’ils avaient grandi ensemble, avec mille et une anecdotes. Leur mariage, dès que l’âge leur eut permit. Leur unique année d’un bonheur infini avant qu’elle ne soit tuée par des monstres du néant sous les yeux de Malak. Comment elle lui avait avoué sa vraie nature avec son dernier souffle. Certaines parties de son récit firent surgir de nouvelles visions, notamment celle de sa mort, et Malak s’arrêtait le temps qu’elles passent.
Il termina avec ce qu’elle ne pouvait savoir, sa décision de prendre soin de l’œuf jusqu’à ce qu’elle renaisse, et de s’installer dans un petit village pour l’élever, en espérant qu’elle se souviendrait de lui un jour. Son désarroi qu'elle ne se souvienne pas, et au contraire, de la voir s'éloigner de lui en grandissant.
Son histoire achevée il caressa tendrement sa joue, craignant sa réaction mais elle répondit d’un sourire timide, faisant apparaître tout le bonheur du monde dans les yeux de Malak. Oubliant provisoirement les sombres événements de la veille, il se leva et la fit tournoyer dans les airs en riant, son premier vrai rire depuis longtemps. Puis la reposant à terre il ouvrit la bouche… et cracha un flot de sang quand une flèche se planta en travers de sa gorge. Il hoqueta.
- Ica-ra. Sauve-t… Retourne… Saline… 
- Non. Non ! *tu peux l’aider* se souvint-elle, il suffisait de... Mais des mains l’entraînaient déjà à l’écart et Malak s’effondra sans son soutien, arrosant l’herbe et la terre de giclées écarlates de plus en plus espacées. Seul ce rythme comptait. Quand il s’arrêta, preuve que le cœur de Malak avait cessé de battre, elle cessa de se débattre. Elle ne pouvait plus rien pour lui.
Il était donc temps de se soucier d'elle-même. Une jeune fille de 16 ans – même si elle ne se considérait pas comme particulièrement jolie – entre les mains de deux, non trois hors-la-loi, il ne fallait pas être un érudit pour comprendre le danger. Pour s'éviter le viol, elle avait un moyen très simple, elle le fit d'ailleurs sans y penser dès que les mains la touchèrent. Se transformer. Cela la sauva... et la condamna du même coup. Car si un viol facile intéressait ces trois-là, une femme-oiseau valait bien plus. Ils ne comprirent pas ce qui leur arriva lorsque leur proie s'envola – littéralement. Malheureusement si le réflexe de l'un fut de s'écarter en hâte devant ce phénomène étrange, les mains de l'autre qui la tenait se refermèrent instinctivement sur sa nouvelle forme qui lui échappait. Cela leur donna le temps nécessaire pour comprendre la situation et se réjouir de leur future vente. Elle fut enfermée dans une cage de fortune et hissée sur sa propre charrette, lorsqu'ils l'eurent dûment fouillée et jeter près du cadavre tout ce qui ne les intéressait pas.
Elle leur fit encore une plus grande joie quand l'un d'eux s'aperçut que l'oiseau, laissé dans sa cage près du mort en attendant le tri, semblait pleurer.
En riant il se moqua auprès de ses collègues.
- Hey, v'là qu'on a 'trapé un piaf chialeur. 
Après être venu vérifié par lui-même, l'autre lui colla une gifle.
- Un phœnix abruti  ! Chacune de ces gouttes vaut un coffre d'or  ! 
Et il chercha frénétiquement de quoi recueillir les larmes. Quand il revint avec un des seuls flacons qu'ils n'avaient pas cassé, il trouva l'oiseau qui semblait dormir, la tête sous l'aile, tandis que les précieuses larmes avaient déjà été avalées par la terre. Il jura et le maudit, secouant la cage mais n'obtint rien de plus qu'un regard avant que la bête ne se mette à se lisser les plumes.
Un homme plus malin – ou plus cruel – aurait laissé Icara soigner son ami, pour obtenir ensuite des larmes à volonté en le torturant, mais aucun d'eux n'y pensa, regretta-t-elle presque. Ils transportèrent leur prise dans la ville la plus proche et chez leur receleur habituel semblait-il. Il se montra sceptique sur la marchandise, et l'haleine de vin de ses «  fournisseurs  » devait y être pour quelque chose. C'est là qu'elle fut... presque heureuse de la mort de Malak car s'ils avaient eu un moyen de pression pour la faire pleurer ou redevenir femme, ils n'auraient pas hésité. Au lieu de ça ils pestèrent contre elle sous les yeux de plus en plus soupçonneux de leur receleur.
- Vous pouvez débiter toutes les injures du monde, je ne vois là qu'un banal oiseau, conclut-il froidement
L'homme, escroc par nature ou que sa profession avait rendu ainsi, soupçonnait que leur histoire était vraie. Ces trois-là n'avait pas assez d'intelligence réunie pour monter une histoire pareille. Mais il voyait une occasion de payer ce trésor à un faible coût.
- Ecoutez, je vous prends l'oiseau trois pièces de cuivre si vous cessez de me faire perdre mon temps. C'est plus qu'il ne vaut.
Le chef des trois reprit la cage.
- Cette offre est une insulte. Si vous voulez pas d'un phœnix, on trouvera par nous-mêmes un nobliau intéressé par cette rareté et prêt à y mettre un prix décent.
Le marchand changea d'angle d'attaque en un clin d’œil.
- Vous souhaitez donc mettre fin à notre collaboration  ? Vendre vous-même vos... acquisitions à partir de maintenant  ? Ce n'est pas très sage. Vous n'avez aucun contact, et ne pouvez pas vous permettre de passer des semaines à vendre vos babioles. De plus, je vous préviens, un seul mot de ma part et personne dans tout le royaume de voudra de votre piaf.
- On préfère quand même tenter notre chance.
Les voyant se diriger vers la porte il soupira.
- Très bien, suivez-moi en bas, et voyons si je peux convaincre votre... phœnix de se révéler. Il claqua des doigts, et un serviteur semblant surgir du néant, sortit de son coin d'ombre. A boire pour moi et mes invités.
Ils descendirent dans un sous-sol qui faisait office de cellules. Certaines avaient des barreaux et l'on voyait alors les pauvres âmes qu'elles contenaient, d'autres de lourdes portes qui laissaient parfois filtrer des gémissements. Il ouvrit l'une d'elle et ils entrèrent, refermant une fois que le serviteur leur eu amené quatre gobelets. Le marchand fit ouvrir la cage et se saisit de l'oiseau.
- Bien maintenant. Si tu es ce qu'ils prétendent tu comprends ce que je dis, si non je vais juste torturer un petit oiseau pour rien.
- Z'avez pas intérêt à l’abîmer, grogna l'un des hommes, que le receleur fit taire.
- Tout dépend d'elle. Bon, je te le demande gentiment pour la seule et unique fois, montre-nous ton autre forme.
Aucune réaction de l'oiseau.
- Mauvaise décision...
Il saisit une aile fragile et la brisa, récoltant cris et coups de becs.
- Deuxième chance. Cette fois l'attention de l'oiseau était visiblement fixée sur lui. Change-toi l'oiseau. La petite tête pivota vers les trois hommes puis rien. Dommage... Il chercha la deuxième aile mais l'animal se débattit et pépia misérablement, puis une intense chaleur brûla la main de l'homme, qui lâcha sa victime. L'oiseau chut au sol et se vit bientôt remplacé par une jeune fille au regard vert, fixant le marchand en serrant ses bras contre elle. Bien  ! Si ce n'est pas notre ravissant petit oiseau...
- Notre  ? gronda le chef des trois. Il me semble que vous devez encore la payer avant de pouvoir dire ça. Et tant qu'on est là, on va peut-être la punir correctement de nous avoir donné tout ce mal.
- Faites ça et je devrais réduire son prix. Mais après tout c'est votre bien, pour l'instant. Voyant qu'ils hésitaient il leva sa coupe. Navré d'avoir douté de vous mes amis, je vais vous acheter cette merveille une petite fortune. Buvons à une association mutuellement profitable.
Ils burent, se congratulant de leur réussite, tandis que le marchand s'approchait d'Icara.
- Je suis Morrow Kraenvy. Tu m'appartiens désormais. Je sais que...
Le chef des trois s'approcha, toussant.
- Doucement là. Et si on parlait de notre paiement d'abord.
Agacé, le marchand se tourna vers l'importun qui crachait toujours ses poumons et répliqua d'une voix onctueuse.
- Cher associé, j'aimerais vraiment vous payer immédiatement, mais cela m'obligerait ensuite à fouiller vos cadavres pour récupérer mon bien. Vous ne valez pas que je me donne cette peine, tu ne crois pas  ?
Pendant qu'il parlait, l'autre était tombé à genoux et se tenait la gorge d'une main, agrippant de l'autre la toge du marchand, cherchant l'air. Un coup de pied le fit lâcher prise et il s'affala au sol, continuant d'émettre des gargouillis infâmes pendant quelques minutes. Ses deux acolytes étaient déjà inconscients, et il devint bientôt amorphe lui aussi.
Le vivant se tourna tranquillement vers sa captive et, vif comme l'éclair, saisit son bras blessé.
- Tu as bien compris la leçon n'est-ce pas  ? Tant que tu feras exactement ce que je veux, rien de fâcheux ne t’arrivera, tu seras même bien traitée. Mais déçois-moi, et tu sais ce qui t'attends. Il appuya vicieusement sur la fracture pour appuyer son propos. Elle cria et acquiesça en essayant de se dégager.
- Oui j'ai compris.
Nouvelle pression.
- J'ai compris, messire  !
- Messire, répéta-t-elle docilement.
- Bien. Il la lâcha, elle serra son bras brisé contre elle. Tu as un nom  ?
- Icara... messire.
- Bienvenue chez toi Icara. J'espère que tu apprends vite et que tu sais pleurer à volonté.
- Je... J'essayerais messire.
- Bien. Dans ce cas, fais-moi une petite démonstration. Change-toi en oiseau et guéris ta blessure, je veux constater si tes pouvoirs sont réels.
- Messire... J'ignore si c'est efficace sur les fractures. En général je ne m'en sers pas, et ce n'est pas quelque chose que je peux contrôler...
Il sourit.
- Tu n'as pas saisi pas vrai  ? Tu m'appartiens, cela signifie que tu feras ce que je veux quand je veux sans poser de questions. Tu changeras quand je le voudrais, tu pleureras quand je le voudrais, tu mangeras et dormiras quand et si je le veux, tu partageras mon lit à chaque fois que je le voudrais. Plus vite tu accepteras ta nouvelle condition mieux ce sera. Et là tout de suite je te dis de soigner ta fracture, alors que vas-tu faire  ?
- … Changer et soigner mon aile, messire
- Bien  ! Oh et si tu te dis qu'en petit oiseau tu pourras t'échapper, libre à toi d'essayer. Cette pièce est totalement hermétique, et tu n'as aucun endroit hors de portée où te poser. Tu te fatigueras avant moi et je te reprendrais au final, mais je devrais alors te punir... Tu me suis  ?
Elle hocha la tête et fit ce qu'il ordonnait. Il sembla finalement que les larmes fonctionnaient aussi bien sur les fractures que sur les plaies ouvertes et son nouveau maître en fut satisfait.
Elle resta l'esclave de Morrow durant 6 longues années. Elle passa l'intégralité de la première dans cette même cellule, sans jamais voir la lumière du jour. C'était son «  dressage  » comme disait Morrow, et elle devait lui concéder qu'il n'hésitait pas à se salir les mains, jamais il ne laissait un de ces sbires faire la sale besogne. Mais il n'avait pas beaucoup de temps à lui accorder, passant la majeur partie de son temps à gérer ses affaires. Il lui laissait donc des... tâches à faire, et venait inspecter le résultat le soir venu. La plupart du temps des fioles, qu'il exigeait le soir remplies de précieuses larmes, et la plupart du temps, il était déçu. Minuscules au début, les fioles devinrent plus grandes et il en exigeait toujours plus au fil du temps. Dut-elle faillir à sa tâche, elle récoltait des coups ou pire, et n'avait bien sûr pas le droit de se soigner, au risque de prendre le double de coups le lendemain. Une fois cette étape achevée, et son maître satisfait de sa docilité, il lui permit de revenir à la lumière, lui accordant une cage dorée dans ses propres appartements. En plus de ses tâches habituelles, elle recevait désormais des leçons des divers esclaves de la maisonnée, et de son maître lui-même. Couture, une des seule chose utile qu'elle pouvait faire sans quitter sa cage, mais également et à son grand plaisir, lecture et écriture. La manière de soigner des plaies superficielles, et d'autres plus profondes, lui était enseigné à même ses propres blessures et elle ne manquait pas d'occasion de s'y exercer après chaque punition. On lui appris également l'emplacement des royaumes et importantes cités ainsi que leur histoire, leur politique, les alliances ou conflits qui les liaient. Et d'autres leçons, moins plaisantes, quand son maître se sentait seul. Malgré tout, comme il le lui avait dit, tant qu'elle obéissait elle était bien traitée, car il ne la battait jamais sans raison et elle était par ailleurs une source de richesse trop importante pour qu'il l’abîme gravement.Ce qui n'était pas le cas de tout le monde.
Voyant qu'elle se liait particulièrement avec certains de ses précepteurs de fortune, il y vit une occasion et menaça de s'en prendre à eux si elle ne fournissait pas plus de larmes. Ce fut l'une des seules fois où elle se rebella, arguant qu'il s'était déjà trop enrichi grâce à elle. Cela le mit dans une rage telle qu'il fit venir une servante qu'il savait ami avec Icara et la tortura devant elle. Désespérée, elle se creva les yeux, autant pour échapper au spectacle que pour mettre un terme à sa valeur. Elle avait tort car, douleur ou réflexe physique, les larmes inondèrent ses yeux et ne cessèrent plus. Ainsi lorsqu'il la força à se changer en oiseau après cela, ses yeux guérirent instantanément, avec l'effet étrange que l'un d'eux abandonna le vert pour une teinte bleue. Après cet épisode fâcheux, elle prit garde de ne plus montrer d'affection envers aucun serviteur, ce qui leur allait très bien, et finit par ne plus s'attacher à personne.
Si elle était plus un objet qu'une personne aux yeux de Morrow, il finit tout de même par s'y attacher et dès lors qu'elle ne fut plus traitée comme un meuble et obtint la permission de parler, sa vie à elle s'améliora légèrement. Il lui parlait de ses affaires, ses soucis, les dernières rumeurs des ruelles sombres ou même son village natal et comment il s'était élevé dans les strates de la société. Ses monologues évoluèrent en discussions qu'elle vint même à apprécier, de même que l'homme derrière le geôlier. Il ne la laissa pas quitter sa cage pour autant, ne la traita pas vraiment mieux, mais ils nouèrent une certaine affection mutuelle, une forme pervertie d'amitié.
C'est pourquoi le jour où il fut poignardé à mort, et sa belle maison mise à sac, elle ne s'enfuit pas. Pas immédiatement. En tant que petit oiseau chanteur elle passa inaperçue quand les pillards fouillèrent le moindre recoin. Ils prirent tout ce qu'ils purent, tout ce qui avait de la valeur, et brisèrent le reste, y compris, dans leur ignorance, sa cage et les fioles de larmes après y avoir goûté, tandis que Morrow agonisait lentement, blessé à la poitrine. Sitôt libre, elle partit se percher à l'abri dans un coin en attendant le départ de tout ce petit monde. Enfin seule, elle descendit jusqu'au mourant dont la respiration faiblissait et lui rendit la vie d'une paire de larmes, avant de s'envoler dans l'air frais de la nuit sans un regard en arrière.

Dans la réalité

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