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 Par le Dédain, nous survivrons

 
Mar 28 Oct - 21:16
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La houle empire encore. Nous sommes déjà sous le coup d'un vent surnaturel depuis plusieurs heures, qui nous empêche de naviguer comme nous le voudrions. Phil consulte sa carte avec frénésie, il pense que nous sommes proches de la position qu'elle indique. Pha est avec moi, sur le château arrière. Mon regard se perd dans l'horizon, mes doigts dans les siens. J'ai croisé Orgath un peu plus tôt, il vaque à ses occupations à un rythme effréné.

La tension à bord est palpable. Il faut dire que les récentes nouvelles sont déprimantes, au mieux. Joshua n'est plus. Disparu ou mort, qui sait ? La nouvelle est arrivée il y a peu. De Cendre, qu'il était partit libérer, aucune nouvelle non plus. Jihad... allez savoir. S'il a échappé à ce qui a coulé Joshua, il saura se débrouiller, c'est un grand garçon.

Mais nous n'en restons pas moi seuls, à bord du Dédain, sans capitaine, sans notre leader. Je peux maintenir la cohésion d'un équipage sans mal, mais ces projets, ces rêves, sont ceux de Joshua-Asmodan. Pas les miens. Sans lui pour leur insuffler la couleur des projets fous qui peuvent se réaliser, tout cela n'a plus aucun sens.


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J'en prend Yehadiel à témoin, jamais je n'ai connu tempête aussi violente. Les vents nous ont fait dériver, conjointement aux courants, dans une spirale infernale, droit vers des récifs tellement gros que nous aurions pu nous échouer dessus. Mais la tempête naissante nous a jeté sur les brisants avant de nous éparpiller entre les rocs tranchants comme des rasoirs.

Ma première réaction a été de parer au plus urgent : protéger ma montagnarde empathe de compagne. C'est cet unique but qui m'a permit de rester concentrée et consciente tout le naufrage durant. Le formidable Dédain est mort éventré par un écueil titanesque. Nous, nous avons survécus. Au moins nous deux. Il a s'agit de sauter à l'eau, accrochées à des débris flottants, de protéger Phalène à mon corps défendant conte les chocs qui auraient pu la tuer et qui m'ont, au moins, démis une épaule et contusionnée de partout.

La mer en furie a finit par nous cracher sur la plage. Une plage de sable noir comme du charbon, au pied d'un mont au sommet évasé. Un volcan. J'ai remis mon épaule en place toute seule, comme une grande fille, en remettant en doute les bonnes mœurs de plusieurs générations d'écueils qui n'avaient rien demandé à personne. Finalement, assurée que Phalène soit à côté de moi, sur le sable, je me suis laissée aller à l'obscurité, incertaine de ce que découvrirait le matin, si tant est qu'il y en ai un en ces lieux pour le moins inhospitaliers.


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Mar 28 Oct - 22:13
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Une tempête, une tempête que rien n'aurait pu arrêter. Et pourtant elle était arrivée si vite. Le ciel était bleu, le soleil balayait le pont du Dédain, morose des dernières nouvelles. Puis d'un coup, des nuages trop rapides pour être naturels, des trombes d'eau, des vagues de titans entrecoupées de creux de huit mètres de profondeurs, le Dédain qui hurle et se cabre, l'équipage qui lutte avec ce magnifique bateau, relégué au rang de coque de noix dans cet enfer.
Orgath avait vu le nuage approcher, il s'était précipité dans sa cabine, rangeant frénétiquement les indispensables dans sa besace. Puis il avait cherché de quoi l'imperméabiliser. Il avait à peine eu le temps quand les éléments commencèrent leur oeuvre.
La violence, tel était le mot d'ordre. Soudain, un craquement sinistre, le pont qui s'ouvre en deux sur un écueil mis à nu dans le creux d'une vague. Une sinistre enclume, déjà tachée du sang de l'équipage dans un trou irréaliste au milieu des flots déchaînés. Quand au dragon? Il volait, l'espace d'un instant au dessus de la tourmente, voyant le pont défiler sous ses yeux, puis le bastingage, puis l'eau et les débris.
Heurtant l'eau comme on rentre dans un mur, le reptile mit quelques secondes à réagir. Le temps de ne plus savoir ou est le haut du bas. Sous l'eau, Orgath fit les récifs comme autant de promesses de mort, il vit les corps, les allumettes qui autrefois s’appelaient "Dédain" et se souvint de la devise. "La liberté par le Dédain". Dédaignant la pluie de bois et de morts, Orgath retrouva ses repères: les récifs, c'est le fond, l'air est là! Respirer, enfin! Le dragon trouva un morceau de bois auquel s'accrocher l'espace d'un instant, puis le rondin fut dissout lors d'un choc. Le corps du reptile fut relancé dans les flots, sonné, contusionné, à bout. Soudain, quelque chose de stable s'imposa sous Orgath, la pluie vint lui fouetter le visage. "Terre" pensa le dragon avant de sombrer dans un sommeil comateux.

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Finie la tempête...
Fini le navire...
Fini de dormir surtout!
Le dragon se força à se lever. Du sable, noir. Un volcan donc. Regardant où il était échoué, Orgath remarqua la lisière d'un jungle, le volcan sur lequel il avait une belle vue. Et entre les deux, sur les contreforts de la montagne, un point blanc, une construction. Orgath vérifia rapidement sa besace, pas de casse mais tout avait pris l'eau malgré les précautions prises, il fallait s'y attendre. Il étendit ses vêtements lacérés et trempées sur des branches basses et prépara son bivouaque, il fit grand. Il était vivant, et il espérait bien ne pas être le seul. Phalène, Sylvia, Phil... Pourvu.
Le reptile décida de passer la première nuit dans les arbres, caché sous les feuillages avec un bonne vu sur le camp de fortune.




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Mer 29 Oct - 1:26
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Présumé mort. Que Phalène détestait ces mots... Présumé. Quelle idiotie ! On est mort ou on ne l’est pas, on s’endeuille ou on se réjouit ; mais que penser de cette nouvelle ? On devait peut-être pleurer, pour quelqu’un que l’on ne reverrait peut-être jamais, peut-être se préparer au pire, attendre, et l’absence semait ses graines terribles dans les cœurs. Présumé mort. S’il ne l’était pas, c’était quand même le condamner d’avance, et se dire que tout était vain et perdu.

Assise près de Sylvia, Phalène ressassait de sombres pensées depuis longtemps déjà, si profondément absorbée par ses réflexions, par ce chagrin qui ne savait pas s’il devait être ou non, qu’elle avait ignoré les signes. Cela aurait dû lui être familier, peut-être, peut-être pas. Il y avait eu si peu de certitudes ces derniers temps... Le tonnerre, sa note sourde et persistance, l’avait figée sur place, et elle avait levé vers le ciel un regard absent, comme si elle y voyait le reflet de ses propres tourments. Mais tout ça était bien réel et lorsque la pluie drue et glacée s’abattit sur le pont, elle sut déjà que c’était trop tard pour redouter et pour craindre.

Elle détestait les tempêtes, et elles étaient nombreuses ici. D’un azur clair on pouvait passer à des nuées de plomb qui déversaient des trombes d’eau, à des vagues en furies qui hurlaient dans les rafales ; elle n’avait pas encore réussi à s’accoutumer à cela, et certainement pas à la violence inouïe des éléments qui s’en prirent soudain au Dédain.
C’était un signe, peut-être ; elle y vit comme un présage : un navire ne peut survivre à son capitaine. Joshuah devait être mort pour que le destin décide de s’attaquer de la sorte à son bateau et à son équipage.

Quand les récifs crevèrent la surface de la mer en furie, Phalène eut le réflexe salutaire de s’accrocher de toutes ses forces à Sylvia, quitte à gêner ses mouvements dans la manœuvre délicate qui pourrait les sauver. Mais lorsque l’immense gémissement du bois disloqué s’éleva, les submergea dans un craquement d’os brisé, elle sut que tout était fini, et qu’elle serait sa seule chance de survie. C’était terrible à contempler, et elle en perdit le souffle : les roches noires, aiguës comme des lames, fracassaient le bateau dans leurs mandibules où les vagues échevelées s’écrasaient dans un chaos total.
Les gréements, les mâts, la coque, le chair, le sang... Tout s’emmêlait, tout se rompait, englouti dans la tourmente, comme si quelque chose avait décidé de tous les réduire à néant. Phalène cessa de penser. La terreur, l’horreur, tout la figeait sur place, comme une carcasse sans vie incapable de réfléchir, seulement apte à regarder son existence s’en aller et tout son univers mis en lambeaux, en esquilles, en brindilles mâchées, broyées, en hurlements et en éclaboussures sinistres, en grincements affreux, alors que les cadavres plongeaient, se disloquaient et qu’elle sentait le monde mourir autour d’elle.

Désespérément accrochée à Sylvia, étreignant ce qu’elle pouvait en réunissant le peu de forces qu’elle avait, Phalène fit une dernière prière, avant que l’eau ne l’engloutisse.

Tout était silencieux, sous les vagues. Dans l’obscurité bleue de la mer, elle voyait les corps sombrer, membres, torses, chairs malmenées, regards vitreux, eux qui quelques instants plus tôt chantaient et parlaient, ceux qui, un instant plus tôt, étaient ses compagnons. Le sang, en nappes épaisses, se diluait en une seconde dans les flots, les poutres brisées, les cartes à jouer, les tabourets, les cordages... Des traces, infimes, vestiges de vie engloutis par l’océan qui les avalait dans son grand ventre noir, sans fond. Des fragments d’existence. Et puis, plus rien.

Phalène se souvint de cette sensation. L’eau, partout, et l’air qui lui manquait, cette brûlure dans la gorge, ses poumons qui semblaient se fendre pour se remplir. Une pensée d’une indicible tristesse lui vint : la dernière fois, c’était à Miraï. Elle était tombée à la mer, à force d’en vouloir saisir la note et la musique, et c’était en frôlant la mort qu’elle avait trouvée la chanson. Sa chanson. Elle la lui avait jouée, souvent, par la suite ; il semblait l’aimer, et puis, elle avait pour elle une saveur particulière. C’était la mélodie du jour où elle avait décidé de trahir tous ses serments pour lui, de lier son destin au sien et de mettre enfin un pied dans le vaste fleuve de l’existence au lieu de se cantonner à ses rives. Il lui avait avoué son nom, alors. Joshuah. Un pas avant la métamorphose.
Et cette fois, il n’était pas là pour la tirer des vagues, il n’était pas là pour la sauver. Il ne serait jamais plus là, jamais plus... Phalène avait fermé les yeux. Ses bras faiblissaient sous la force des chocs, la douleur s’insinuait de toutes parts, mais elle tâchait de ne pas lâcher Sylvia, coûte que coûte.

Qu’importe la mort, qu’importe le reste. Elle était tout ce qu'elle possédait, et si elle devait mourir ce jour, elle mourrait avec elle.

Sylvia fut la première chose qu’elle chercha lorsque Phalène reprit conscience. Avant le souffle, avant la terre ferme, Sylvia. Ses yeux papillonnèrent, brûlés par le sel, et elle vomit un flot d’eau saumâtre avant de pouvoir comprendre ce qui se passait. À quatre pattes dans le sable, elle reprit ses esprits, du moins le peu qu’elle parvenait encore à réunir. Tout était noir, sous elle, noir sous ses doigts. Elle se demanda un instant si elle était revenue dans les Limbes, mais on entendait le ressac tranquille de la mer toute proche, le bruissement du vent dans des feuillages abondants, quelques sons d’animaux, et, comme un appel, comme un signal, un chant d’oiseau solitaire.

Vivante. La souffrance s’insinua jusqu’à sa conscience, et elle vit des filets de sang clair ruisseler sur ses doigts amputés. De ses bras, de ses épaules suintaient des flots rouges qui noyaient les tatouages, dont certains seraient sans doute désormais méconnaissables au vu des nombreuses blessures qui avaient presque totalement emporté la peau avec elles. Des écorchures marbraient certains endroits, des contusions violacées gonflaient son épaule et ses jambes. Le sel avivait encore la douleur, mais elle n’était rien face à celle qui gagnait son cœur.

Dans un effort surhumain, elle poussa sur ses mains pour se redresser et s’assit, face au rivage, regardant avec incrédulité l’étendue du désastre. Du navire, du fier Dédain, il ne restait rien. Rien que des esquisses flottantes, débris d’épaves, quelques petites choses qui avaient survécu au chaos pour s’échouer avec eux sur la plage. Les nuées refluaient, mais tout était gris, encore tout secoué par la tempête, pour l’heure, c’était le néant. Très vite, elle avait su que Sylvia était là, vivante, sans même la regarder, et sans cela, sans doute que Phalène n'aurait rien voulu d'autre que de se coucher ici même et s'y laisser mourir à son tour. Mais heureusement, sa compagne dormait, semblait-il, peut-être à demi consciente seulement, mais vivante. C’était tout ce qui comptait, parce qu'elle était sans doute le dernier de ses trésors à avoir subsisté dans le naufrage.

Phalène resta silencieuse, assise face à ce tombeau aquatique qu’était devenue la mer, et pleura, longuement. Ses yeux d’azur s’étaient égarés dans le lointain, alors qu’elle faisait l’inventaire de la perdition. Joshuah. Le Dédain, son équipage, Orgath, Phil. Et Munin ? À cette pensée, un sanglot lui déchira la gorge. Comment un simple corbeau pouvait-il survivre à cela ? Le vent l’avait peut-être emporté, peut-être qu’il reposait lui aussi sous les vagues... Plus rien, plus rien.

Une vague d’amertume, comme une nausée, lui tordit le ventre à l’idée que toutes ses maigres possessions, le résultat d’une frustre vie d’errance à ne conserver que l’essentiel, que ce qui avait une valeur immense, tout ce qui n’avait pas de prix, tout cela reposait à présent au fond de l’océan. C’était injuste ! Était-ce là le châtiment promis à ceux qui transgressent leur serment ? Phalène avait juré, dans le feu, dans la pierre et dans sa chair qu’elle respecterait le sacrement des skald. Ne pas prendre parti, observer, raconter, se souvenir. Elle était mémoire. Et les souvenirs étaient tout ce qui lui restait, comme pour lui rappeler son devoir, lui rappeler qu’il n’y avait que cela d’important, et qu’ils seraient à jamais son seul bagage.

Quelque chose attira soudain son attention ; un morceau de bois flottait, poussé dans l'écume, et une forme familière semblait s'y dessiner.

Phalène se redressa, chancelante, et tomba à genoux dans le sable trempé pour recueillir dans ses mains écorchées un fragment devenu méconnaissable de la figure de proue. Le dos courbé sur ce vestige, elle ferma les yeux, et d’une voix tremblante, ânonna quelques prières pour tout ce qui avait été perdu. Son chant, bref et brisé, s'en fut dans un sanglot, car peu à peu elle prenait conscience de ce qui venait de se passer, et elle ressentait profondément, jusque dans sa chair, la mort, le désastre, l’étendue de la catastrophe. Ils avaient tout perdu.

Pire encore que tout, c’était la proximité de tant de cadavres, les visions de corps déchiquetés qui hantaient son regard, car elle avait saisi, avec une acuité terrible, la saveur de l’agonie et le goût du trépas.


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Mer 29 Oct - 2:28
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Ce sont ses prières qui m'ont éveillées. Pha'. Le ciel ne semble guère différent de quand j'ai fermé les yeux, sans doute n'ais-je pas été inconsciente longtemps. Je sens quelque chose remuer contre moi, sous mon manteau... Un coup d'œil me permet de m'assurer que, effectivement, il a survécu. Son compagnon de toujours. Munin.

Lentement, je me redresse sur mon séant. L'oiseau dans mes bras s'ébroue, il reprend ses esprits. Qu'il ai survécu est un miracle, je me revois le saisir et l'engouffrer contre moi, dans une poche intérieure ample, priant que je ne l'écrase pas en essayant de nous sauver. La tourment le clouait déjà à l'épaule de sa maîtresse, il serait mort ou perdu loin au large s'il s'était envolé.

Mais cet oiseau a quelque chose de plus. Il est assez futé pour agir avec intelligence. Ou bien il a un meilleur instinct de conservation que... Eh... vu les cadavres au loin sur la plage... un meilleur instinct de conservation que la plupart des membres d'équipage. Ou juste plus de chance. Allez savoir.

Que ma compagne reprenne ses esprits, je lui en laisse le temps. Un temps que j'utilise pour frotter énergiquement Munin entre les pans de ma robe ample, quoique détrempée. Cela semble au moins le réchauffer et l'aider à se reprendre. Rapidement, il échappe à mes mains et sautille sur le sable jusqu'au centre de nos deux vies.

Dans l'affolement, pour pouvoir flotter, j'ai débouclé la plupart de mes ceinturons. Toutes les armes récupérées chez Phil gisent au fond de l'océan. Il n'y a qu'Adamante qui soit restée, fidèle, accrochée dans mon dos. Vu la lumière malgré le plafond de nuages, si je me fie aux rares rayons qui percent à travers les nuées, le soir tombe.

Autour de nous, la jungle, épaisse, qui commence dès que le sable noir de la plage laisse place à la terre noire de la forêt. Les bruits de la forêt sont encore présents à l'oreille attentive, quoique le ressac en cache une bonne partie de là où je suis, assise encore sur la grève sombre, en train d'essayer de comprendre. En vain.

Il n'y a rien à comprendre. Nous avons joué de malchance, nous sommes échoués au milieu de nulle part, sur une île qui pourrait être celle de Phil. Il faut maintenant nous préparer à passer la nuit et, j'en prends tous les dieux à témoin, il va falloir trouver un refuge en hauteur si nous ne voulons pas être au menu des prédateurs nocturnes. Je connais ces îles tropicales. La nuit est le royaume des félins carnassiers qui traquent leurs proies en silence.

Le temps presse, désormais, alors je m'étire avec précaution, testant mon épaule, avant de songer à me relever. Comme j'ai encore le tournis à cause du mouvement des vagues et des chocs qui m'ont sonnés, j'entreprend d'arranger ma tenue. Ma robe ample de combattante se retrouve pliée, nouée, pour former une sorte de protection plus épaisse sur mes cuisses. Mes pantalons ont miraculeusement été épargnés par les déchirures trop importantes, grâce à la protection de ma robe je présume. J'arrache les manches de mon vêtement après avoir retiré mon manteau et je noue le tout ensemble pour en faire une sorte de baluchon de fortune, qui nous servira à transporter le matériel que nous réussirons à récupérer. Adamante reprend sa place dans mon dos et, enfin, mes jambes acceptent de me porter, au moins pour aller m'agenouiller près de Phalène et la prendre contre moi, dans mes bras, sans mot dire.

Que dire, après tout ? Je préfère encore l'enlacer avec chaleur, puis lui signaler ma présence, ma vie, notre vie, notre chance, pour la tirer vers le haut. Il faudra attendre pour pleurer les morts, si nous voulons avoir le luxe de les pleurer vraiment un jour.


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Mer 29 Oct - 14:49
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La nuit tombe. Vite. Les bruits se taisent. Orgath est maintenant dans son arbre, solidement attaché pour dormir avec ce qu'il reste de ses haillons. Il va faire froid mais le dragon n'y peut rien. Tranquillement, il écoute la jungle, tentant de chasser les images, de trouver le repos. L'heure des morts n'est pas encore venu, le reptile pleurera plus tard.
L'heure des morts... Mort comme les sons, ce silence est anormal. Le dragon écoute mais rien n'y fait: aucun bruit. Lentement, doucement, il prend sa dague dans son sac, silencieusement. Le bruit du geste semble être un vacarme sans nom dans cet atmosphère surréaliste. Puis Orgath détecte un premier mouvement. Un humanoïde, si discret que les yeux du dragon ne l'ont repéré qu'au pied de l'arbre. Il s'approche, mais plus que l'arbre c'est les vestiges du feu qui l'attirent. Prudent, le reptile cherche les signes d'un membre d'équipage survivant. La créature observe les frondaisons, comme un prédateur en chasse,. Le dragon remarque alors l'absence d'oreilles et la dégradation du visage. Ce n'est pas un humain, ce n'est pas un vivant! Le mort vivant regarde maintenant vers le dragon, pas d'oreilles mais de l’ouïe quand même hein? Apparemment, le pourri ne voit rien, il commence à s'approcher. Le dragon reste de marbre, il est caché par les feuilles, il a fait attention. Il s'agit de ne plus faire le moindre bruit.
Le mort s'attarde, regarde puis s'en va. Orgath lui reste bien éveillé. Une nuit blanche, ça peut être être long, mais ça peut sauver aussi.
Le lendemain matin, le dragon se réveille. Apparemment trop fatigué pour veiller, il a eu de la chance. Il va falloir chasser, trouver de l'eau, trouver des survivants peut être. Construire solide et défendable aussi. Etre aux aguets. Les forces abandonnent Orgath, c'est trop pour un seul homme. Il décide alors de signaler sa position. Si un ennemi viens, il aurait de toute façon fini par le trouver. Si c'est un allié, alors le reptile est sauvé. Faisant un feu de bois, le dragon y ajoute une poudre désormais sèche. La fumée épaisse et bleuté part dans le ciel, Orgath part chasser. Il verra bien ce que donne son petit tour au retour.




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Mer 29 Oct - 20:13
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Phalène avait déjà sombré dans une apathie désespérée quand Sylvia revint à elle et qu’elle sentit ses bras se refermer autour de ses épaules trempées. Pas un mot ne sortit de sa gorge, ses yeux bleutés fixaient le vide sans rien dire, sans ciller, comme si une partie d’elle-même avait déjà rejoint les défunts. Plus. Rien. Et pourtant il fallait vivre, et pourtant il fallait continuer.

Mais comment ? Phalène se sentait ne plus tenir qu’à un fil, à un pas de s’en aller, de se diluer, et à son tour d’être avalée dans le gouffre bleu de l’océan agité. Un glapissement la tira un peu de sa torpeur, et elle vit Munin, trempé, épuisé, sautillant à peine sur le sable qui se collait à son plumage fripé. Il agita vainement les ailes, et elle se pencha lentement pour le prendre dans ses mains tremblantes où il frémit, éperdues, agitées, ses yeux roulant dans leurs orbites comme des billes prises de folie.

Le soir tombait lentement, une obscurité moite peuplée de bruissements qui, peu à peu, se taisaient. Au mutisme de la barde s’ajouta celui de la nature ; surnaturel, incongru, alarmant. Un silence de cimetière.

Lentement, Phalène s’était levée, et dans la paix funèbre qui suivait le désastre, un sentiment d’effroi indicible lui tordit le ventre. Elle n’eut pas la force de parler, mais d’un geste, d’une pensée, sans le savoir peut-être, elle laissa transparaître son inquiétude à Sylvia. Il faudrait du feu, dans la nuit, il faudrait un abri... Et la nuit était obscure soudain, aussi profonde qu’un néant qui tombait peu à peu. Phalène avait peur, malgré la présence de sa compagne ; et rien n’arriverait à lui faire fermer l’œil cette nuit, pas dans cette ombre, pas avec ce qu’elle sentait rôder dans le noir.

Comme souvent lorsqu’elle se savait vulnérable, la jeune femme choisit tout naturellement de se mettre en hauteur pour passer la nuit. Cela l’avait souvent sauvée durant ses longs périples en solitaire, et cette fois, c’était surtout motivé par le fait qu’elle n’avait aucune envie de rester à même le sol. Très vite, elle trouva refuge dans les hautes branches d’un arbre exotique qui lui plaisait et invita Sylvia à la suivre.

Munin frissonnait sur son épaule, encore englué de sel et de sable, manifestement aussi terrifié que sa maîtresse par la tombée de la nuit, et Phalène l’enveloppa dans son manteau détrempé tandis qu’il se blottissait sur sa poitrine. Elle parvint à trouver une position à peu près confortable, calée dans les nœuds épais du tronc, et chercha sans un mot de plus la chaleur de Sylvia, ce calme rassurant qui lui gagnait le cœur.

Elle se sentait vidée, épuisée, percluse de douleurs vives et aiguës comme des lames et même le murmure du vent semblait un toucher insupportable à ses écorchures. Il lui faudrait du temps, beaucoup de temps, avant de se remettre du choc du naufrage, et de la perte de ses camarades. Pour l’heure, c’était un désespoir si profond qu’il la réduisait au mutisme le plus complet, lui coupait le souffle, la rongeait jusqu’à l’os.

Quelques sanglots silencieux déchiraient son sommeil lourd et douloureux, sans rêves, profond comme un gouffre.

Des choses passaient, des choses silencieuses... Vivantes ou mortes, elle n’aurait su dire, mais il y avait quelque chose, là. Quelque chose qu’elle ne voulait ni voir ni entendre, dont elle ne voulait même pas avoir conscience.

Toutefois, l’aube apporta un peu d’espoir : posant sur les alentours un regard hébété, Phalène vit au loin un panache de fumée. Le violent élan de joie qui lui souleva le cœur apporta enfin un peu de vie sur son visage livide, l’esquisse d’un sourire, un rire sans bruit. Quelqu’un vivait ! Sans même se concerter sur la marche à suivre avec Sylvia, elle dégringola de leur arbre, rouvrant par mégarde certaines de ses blessures, réveillant Munin en sursaut.

Le soleil brillait à présent, vif et brûlant sur les feuillages épais. Elle n’était pas sûre de son chemin, mais rien ne semblait pouvoir l’arrêter dans sa course vers cet indice heureux. Épuisée, désorientée, rongée de chagrin et de terreur, elle trébuchait parfois, se rattrapait aux branches, disparaissant parfois dans un fourré, se redressant au milieu des épines, échevelées, ses vêtements encore couverts de sable noir et de sang. Son cœur battait à tout rompre et, avançant presque en aveugle, elle tâchait de deviner, élançait son esprit de toutes ses forces pour tâcher de savoir qui avait pu allumer ce feu, d’où venait cette étrange fumée bleue. Cela ne semblait pas loin, mais une fois sous le couvert des bois, difficile de retrouver sa route...


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Dim 16 Nov - 17:24
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La nuit avait été passée à tenir Phalène dans ses bras, les yeux grands ouverts, le souffle bas, silencieux. Munin, peut-être reconnaissant de son sauvetage inespéré,, dormait dans la chaleur relative dégagée par le corps de Phalène contre le mien. Mal installée sur une fourche large, je l'ai tenu contre nous toute la nuit.

Bénis soit les dieux, la nuit était éclairée par la faible lueur de la lune, je n'ai pas eut à subir le noir total et affreux des nuits sans lune au ciel couvert. Mais j'ai aussi pu apercevoir tout ce qui nous est passé dessous. Puants, traînants, rampants. Des morts qui marchent. Mais qui sont incapables de grimper aux arbres, tout autant que de flairer ou quoi que cela soit d'autre. Ils ont l'air décérébrés, lents. Le vrai problème est leur nombre.

Phil, mon estimé père adoptif et mentor, m'a fait passer de longues nuits dans la jungle. J'ai appris à identifier, en mer comme à terre, le bruit que fait une chose et à le chercher sous ses différentes variations autour de moi. Le bruit des morts qui marchent est caractéristique : pas traînant, respiration d'outre-tombe sifflante, membres qui frottent contre le moindre obstacle. La régularité du pas est irréelle, démontrant que ces horreurs sont mues par une force délétère, surnaturelle, qui les pousse à avancer contre leur nature. Or, la jungle nocturne bruisse sans cesse du son de leurs déplacements.

L'aube les a chassés. Pas la lumière du soleil, seulement l'aube grise et pâle, blafarde et glaciale. C'est l'heure à laquelle ils ont cessé de tourner dans les environs. Phalène a repéré un panache de fumée, nous sommes en route vers celui-ci. Elle a courut à travers l'orée de la jungle, son état empiète assez sur son impatience de découvrir ses survivants pour que je la suive sans mal.

Quand finalement elle s'arrête, perdue, cherchant sa route, je lui prend la main avec un sourire et l'entraîne à ma suite. Nous sommes dans la Muerta. Toutes ses îles sont faites par la nature de la même manière. Celle-ci est volcanique, donc profondément marquée par l'inclinaison du cône de roche qui s'élève en son centre. Il suffit de descendre pour retrouver la plage noire, puis nous restons à la limite entre les arbres et le sable, sur la partie de terre à la fois la plus dégagée et la plus stable, la plus pratique pour la marche.

Enfin, nous arrivons. Le feu et sa fumée bleue. Je laisse Phalène à l'écart un court instant, pour aller vérifier que tout va bien, Adamante à portée de main. Quelqu'un a fait le feu ce matin, mais il y a des cendres froides et légèrement humides, attestant qu'il a été aussi allumé hier soir. Au vu des traces de pas multiples autour du feu, similaires à celles au pied de notre arbre, j'en déduis que les morts sont venus ici aussi. Mais quelqu'un de vivant a forcément allumé ce feu-là ce matin et la fumée prouve qu'il veut être trouvé. Bien que jamais à l'abris d'un piège, nous pouvons être modérément sûres qu'il s'agit d'un naufragé. Peut-être bien Orgath et ses poudres.

Que notre alchimiste soit du voyage serait une excellente nouvelle pour commencer la journée. Je me relève et je me tourne vers Phalène, souriante, pour lui faire signe de me rejoindre.


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Cela fait un peu moins d'une heure que le dragon est parti chasser. Il a appris les rudiments du pistage et la cueillette n'a plus de secrets pour lui. Les sens reptiliens de la bête font le reste. Une branche cassée ici! Ha, des pas de pourris. Orgath repart. Toujours vers l'est, il est contre le vent et en plus, il connais d'avance la direction du campement. Un bruit. A peine un craquement. Le dragon s'approche, prenant soin de masquer sa présence. Il repère l'animal, une sorte de grand singe longiligne, rapide, un arboricole sur une branche basse. Tel quel, le dragon n'a strictement aucune chance: pas d'arme de jet, pas l'habilité du singe dans un arbre. Mais il a des atouts majeurs: l'effet de surprise bien sûr et les poudres! Depuis toujours, en situation de survie, le dragon a apprit à utiliser ses précieuses préparations en chasse. S'éloignant de l'arbre, le dragon le contourne, il va se mettre au vent pour utiliser sa poudre. Le singe le sent et commence à s'agiter, puis une autre odeur viens, plus suave, agréable. Enfin, le primate remarque le grand tas de fruits devant lui, il s'élance. Le dragon s'attendait à une hallucination pacifique, c'est souvent le cas chez les herbivores mais le singe qui lui fonce dessus mains en avant comme pour embrasser un régime de bananes géantes, ça, c'était tout bonnement inespéré! Sortant de son buisson, le reptile plante sa dague dans le cou de l'animal puis le charge sur son dos et rentre.
Le trajet du retour est calme. De toute évidence, le jour, l’île est praticable. Le voyage est ponctué de petites haltes quand Orgath croise une racine ou un fruit comestible. Entendant un court d'eau, il en profite même pour bricoler une sorte d'outre en feuilles larges et pour prendre un peu d'eau. Une solution temporaire qui sera bientôt remplacée par une gourde en peau.
Arrivé à l'orée de la forêt, le dragon s'est déporté vers le sud. Il remonte prudemment vers le campement de fortune, sa précieuse récolte venant l'alourdir. Restant à la limite des arbres, dans les taillis, Orgath s'approche de son emplacement avant de se figer. Une silhouette, Phalène, seule et perdue au milieu du camp. Il n'a pas le temps de s'inquiéter pour Sylvia qu'il imagine déjà morte qu'une main sous sa gorge viens le rassurer.
"Mmh! Pas encore assez discrèèè!" est la seul phrase que le dragon peut prononcer avant d’être envoyé par terre puis reconnu.




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Sam 29 Nov - 14:06
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Egarée et affolée comme un oiseau perdu, Phalène ne tarda pas à sentir la présence rassurante de Sylvia près d’elle pour la guider. Folle qu’elle était, à partir ainsi comme une flèche — une flèche un peu boiteuse, certes — dans une direction tout à fait approximative et dans un terrain qu’elle ne connaissait pas ! Mais depuis le naufrage, rien n’était plus vraiment clair, rien ne semblait plus vraiment logique et, encore sous le choc, Phalène avait l’impression d’évoluer dans un mauvais rêve où elle ne pouvait plus faire confiance à rien de ce qu’elle voyait, comme si son esprit hurlait pour sa délivrance et espérait encore se sortir de ce cauchemar éveillé, s’épuisait comme un oiseau en cage à nier la réalité.

Trébuchant, s’accrochant aux branches et aux buissons qui barraient sa route, Phalène ne ralentit pas sa progression et se hâta sur les pas de sa compagne ; son cœur battait si fort, enfin, qu’il lui faisait mal et elle se posait déjà tant de questions. Les ombres dans la nuit, ces présences éphémères, lourdes et flasques comme des outres d’eau morte, et ce silence impénétrable qui était tombé avec le crépuscule... Elle espérait s’être trompée, n’avoir été hantée que par les vestiges de la vision de ses camarades noyés, mais en arrivant au campement, elle se précipita soudainement à la lisière l’aire dégagée autour du feu et ne put manquer de voir les traces dans le sable noir. L’humidité de la nuit avait durci le sol à certains endroits, et les empreintes, trainantes, rampantes, étaient bien assez nettes pour qu’il n’y ait plus de doute au sujet des ombres qu’elle avait senties rôder autour de l’arbre durant la nuit. L’impression oppressante qu’elle avait ressentie a veille au soir avait disparu avec l’aube, comme si cela n’avait jamais existé ; pourtant les traces, matérielles et bien tangibles, ne pouvaient mentir et même si elle se disait que n’importe quoi, n’importe quelle créature inconnue avait pu faire cela, ces marques sur le sol correspondaient bien trop aux silhouettes entrevues dans son sommeil et aux impressions fugaces qu’elle avait cru saisir dans ses songes.

Ils avaient rôdé autour du feu, autour des arbres, comme si, à la faveur de la nuit, une foule invisible s’était matérialisée pour arpenter la forêt.

Mais elle n’était pas seule, contre cela, malgré l’effroi qui la faisait encore trembler et l’horreur résiduelle du désastre qui saisissait ses membres d’une fièvre glaciale. Un instant désorientée, elle resta là jusqu’à ce que Sylvia lui fasse signe de s’approcher et elle s’avança à petits pas jusqu’au feu pour s’y accroupir, approchant ses mains tremblantes des braises sifflantes dans le vent du matin. Elle ferma les yeux un instant, juste assez longtemps pour saisir quelques mots qu’elle ne comprit pas, et une brusque agitation dans les buissons qui la fit se relever presque d’un bond, quoique très vacillante, et trébucher à demi pour se précipiter vers Sylvia.

Elle se prit néanmoins les pieds dans quelques enchevêtrements de racines et de branchages, et finit à plat ventre, face à une silhouette familière qui venait, de toute évidence, de se faire envoyer au tapis par Sylvia. Phalène prit péniblement appui sur ses mains écorchées pour se redresser, regardant Orgath d’un air incrédule, et finit par esquisser un sourire hésitant qui papillonna comme un insecte mourant sur ses traits blafards. Peu à peu, son esprit reprenait pied, et un espoir timide osait se dessiner au milieu du naufrage. Tâtonnant pour se mettre à genoux, elle éleva les mains à la hauteur du visage d’Orgath, hésitant un bref instant, avant de les poser fébrilement sur ses joues, comme pour s’assurer qu’il était bien là, bien vivant. Le contrecoup fut immédiat, mais elle s’étonna de tenir le choc et sembla rassurée lorsqu’elle le lâcha pour se relever.


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Sam 29 Nov - 17:38
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Protéger Phalène. Voilà ce à quoi on aurait pu résumer mes pensées en cet instant précis. Celui où j'ai entendu quelque chose dans la jungle, alors que Phalène s'approchait, hagarde, du feu.

Reculer, contourner, rapidement. Pas souples, foulées coulées dans le mouvement de mon environnement. Le sol détrempé me supporte en silence, j'évite les feuilles sauf quand le vent les agites. Une silhouette... Clé de bras, torsion violente, envois. Il roule... Orgath. Soulagement. Ma main s'était déjà portée sur la garde d'un coutelas sans même que j'en ait conscience.

Mais ce n'est pas finis. Je laisse Phalène et Orgath se réjouir mutuellement. Nous ne sommes pas seuls. Une course rapide à travers les fourrés, une branche basse, je grimpe, une, deux, trois fourches épaisses, saut dans un autre arbre, réception approximative, la fatigue me signale de ne pas l'oublier. Message reçu.

Demi-tour, sec, changement d'arbre, encore. Ma cible passe juste sous moi. J'étais suivis, ça sait que je sais. Ça me cherche. Adamante vient se loger dans ma main, je descend au sol, à demi derrière un tronc. Ça se retourne, couteau en main, bras ramené en arrière pour lancer...

Phil. Loué soit Exios de nous avoir oublié un moment. Nous sommes quatre. Les quatre principaux. Mon cœur se réjouit.

Une accolade suffit, nous rentrons au camp en silence, Orgath et Phalène sont là, je suis plus détendue, pour l'instant. Le temps compte mais nous sommes déjà mieux partis qu'hier au soir. Phil brandit le singe qu'il a chassé à l'aube. Nous aurons à manger ! Il se met au travail, pendant que je vais chercher une pierre plate pour la mettre sur le feu. Phil, lui, demande simplement Orgath de faire un second foyer, pour garder le signal actif tout en cuisinant.

Pour ma part, je ne m'éloigne pas trop du camp, ce serait imprudent pour l'heure.


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Dim 30 Nov - 17:45
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Sylvia n'y est pas allé de main morte, Orgath en est quitte pour quelques bleus. Mais il n'a pas vraiment le temps d'y penser, Sylvia s'est levée sans même dire bonjour. Il y a autre chose dans le coin.

Cependant l'attention du dragon est retenue par un autre événement. Deux mains comme des voiles de tissus sont posés sur ses joues, deux mains sensibles qui ne touche jamais de peur de se brûler, Phalène. Orgath ne sait pas trop comment réagir. Il est soulagé bien sûr mais la barde doit avoir été affectée plus que de raison par les dernières heures. Le dragon tente de masquer son inquiétude pour Phalène tout en sachant qu'elle l'a déjà perçu, les mains s'éloignent, Sylvia revient avec Phil. Un poids de plus quitte les épaules du reptile. Quatre survivants, l'espoir est de nouveau permis.

Après un bref accueil, le dragon se met à la tâche: allumer un feu pendant que Phil vide le singe, organiser les jours à venir. Autour du repas, la discussion va bon train. Chacun explique ce qu'il sait des lieux. Phil et Sylvia tombent d'accord pour monter s'installer sur les contreforts du volcan, Orgath préfère la plage mais abdique rapidement devant les arguments des deux autochtones. Du coté des mesures de base par contre, tout les trois sont pour laisser la construction du campement à Sylvia et Phalène, au moins le temps que cette dernière se remette et l'exploration et la chasse à Orgath et Phil.


Peu après le repas, le camp est levé. Selon Sylvia, il faudrait atteindre l'orée de la forêt coté volcan avant la fin de la journée et voir sur place si il reste du temps pour chasser avant de retourner dormir dans les arbres. C'est à ce moment que le dragon se souvient du bâtiment qu'il a vu. En parler aujourd'hui n'est pas une bonne idée mais demain à la chasse, il faudra que Phil et lui aillent voir cela de près.




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Dim 30 Nov - 18:46
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À mesure que les pièces du puzzle se rassemblaient et que le monde semblait se reconstituer peu à peu, Phalène se sentait revenir au réel, si atroce fut-il. Sylvia, Orgath, et maintenant Phil étaient vivants : même s’ils n’étaient plus que les vestiges, quelques restes abandonnés d’un équipage, c’était déjà cela de gagné face aux jeux funestes du destin, c’était déjà quelque chose. Un début. Encore hagarde, tenant à peine sur ses pieds, elle suivit ses compagnons, Munin toujours frileusement serré contre son épaule, au creux de son cou. L’un comme l’autre avait ce regard éperdu, comme égaré, habité d’un frisson permanent qui leur figeait le cœur et les membres.

Elle finit par s’asseoir près du feu, laissant les conversations aller bon train autour d’elle. Qu’avait-elle à dire, de toute façon ? Elle ne connaissait rien de ces terres, rien que le danger qu’elle avait perçu durant la nuit. Sans un mot, elle se contenta de hocher la tête quand il fut question d’elle, et de l’aide qu’elle devait apporter pour établir un campement plus sûr. Les autres avaient l’air de savoir ce qu’ils faisaient ; Sylvia et Phil étaient après tout natifs de ce pays, mais elle, qui n’avait connu que frimas et froidures, peinait encore à saisir l’âme de ces terres incertaines noyées de sel et d’embrun. Les genoux resserrés contre elle, pas un son ne s’échappait de sa bouche close que rien n’avait franchie, sinon quelques mots de complainte à la mémoire de ses compagnons défunts, la veille, sur la plage. Depuis, c’était comme si une chape de plomb s’était abattue sur elle, comme si les morts autour d’elle, et ce qui avait hanté la forêt durant la nuit avaient déteint sur son être et contaminé son esprit de leur mutisme glacé.

Phalène avait fixé, durant un moment, sa part du gibier chassé à l’aube. D’ordinaire, elle ne mangeait rien de cela, car au fil des ans, à mesure qu’elle avait senti s’accroître son don et ce lien viscéral qui l’unissait à toute chose vivante, la perspective de se nourrir de la chair d’un mort lui inspirait une horreur grandissante. Les substances, les esprits simples des plantes et des choses qui poussent ne lui procuraient pas le même sentiment de profanation. Mais cette fois elle n’avait guère le choix et c’était sa propre survie qui dépendait du sort de l’animal. Elle avait vu sa carcasse, dépecée avec soin ; elle ne connaissait pas cette espèce, mais son aspect humanoïde avait encore accru son dégoût pour les mets qu’on en tira. La chair qui se rompait entre ses dents avait le goût de cadavre et de sang brûlé, comme un scellé funèbre à son propre deuil, comme avaler la mort pour la faire sienne. Munin retrouva quelques forces grâce à cela, mais sa maîtresse demeura silencieuse et prostrée, se contentant de suivre ses compagnons lorsqu’ils décidèrent de lever le camp.

Alors qu’ils marchaient, son esprit vagabond tenait de retrouver ses marques, s’élançait de toutes parts pour sentir la vibration du soleil sur les feuillages, le chant de la sève qui s’écoulait de toutes parts, des torrents tourmentés dans les grands troncs des arbres jusqu’aux ruisselets infimes des brindilles et des lianes enchevêtrées. Les oiseaux et les bêtes, innombrables, s’égayaient de toutes parts, elle sentait leurs mouvements, des frémissements de plumes, de fourrures et d’écailles, glissements, grattements, envols furieux et courses furtives. L’âme de cette terre n’était pas paisible, mais sauvage, impénétrable, fourmillante, presque féroce. La nature était ici plus souveraine qu’en tout autre endroit, mais elle pressentait autre chose, comme une force, latente, diffuse, qui semblait même habiter l’air qu’ils respiraient, et qui nourrissait toute cette vie remuante d’une magie nouvelle.

La lumière et la chaleur du jour semblaient effacer tout doucement les traces de la nuit passée, et, sans y prendre garde, Phalène ferma les yeux tout en marchant pour mieux se perdre et se diluer dans tout ce qu’elle sentait s’épanouir et s’agiter autour d’elle. Sans même s’en apercevoir, ses pieds trouvaient un chemin sûr sur les pas des ses compagnons comme si la vue ne lui était plus d’aucune utilité. Elle ne voyait pas, elle savait.

De rares couleurs étaient revenues à son visage livide et un fin sourire papillonna sur ses lèvres, comme un somnambule au milieu d’un doux rêve. Elle ne tarda pas à en sortir néanmoins, et Phalène finit par revenir à la réalité quand Munin revint se poser sur son épaule après avoir vagabondé un moment autour d’eux.


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Dim 30 Nov - 21:43
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La terre, aussi noire que le sable de la plage, est silencieuse sous nos pas. L'humidité étouffe le bruit de notre marche, laissant seulement celui de notre respiration et de nos rares paroles pour signaler notre présence à ce qui nous entoure. Il pleuvra encore aujourd'hui, sans doute en début d'après-midi, peut-être les derniers frissons de la tempête essuyée hier.

La sente est raide mais elle serpente entre la végétation dense de l'île comme le font si bien les sentiers crées par les animaux. Phil relève cependant des traces de pas humains, ou en tous cas humanoïdes. Certaines traînantes comme il a vu autour de son camp et de celui d'Orgath, typique des... choses qui hantent la nuit ici, mais qui semblent traverser le sentier, pas le suivre. D'autres, clairement laissées par des êtres conscients qui ont utilisé le sentier, pas récemment mais il y a assez peu de temps pour en laisser encore une trace, malgré la pluie, grâce à la protection sommaire des frondaisons.

Nous ne sommes donc pas seuls. Et cela, peut-être bon, comme mauvais. Rapidement, cependant, Phil n'en relève plus aucune sur notre route. Nous continuons, tant bien que mal, jusqu'à la crête occidentale de l'île, sur un promontoire rocheux qui domine la jungle en contrebas et le flanc du volcan. La vue est à couper le souffle. Nous découvrons tout à la fois le spectacle de cette île à la terre noire et celui du banc de brume qui l'entoure, des récifs acérés couverts par les nuées, des épaves d'innombrables navires échoués.

C'est tout à la fois époustouflant et macabre. Grandiose et lugubre. Fantasmagorique et cauchemardesque. Finalement, cela représente la quintessence de l'Archipel de la Muerta, paradisiaque par ses paysages et sanglant, mortel et meurtrier par sa population, tout autant sa faune que sa flore, originelle ou importée, endémique ou flottante...

De là, Orgath nous signala une grotte qui semblait accessible en peu de temps et inoccupée pour ce que nous pouvions en juger. Phil sembla songeur et sortit sa carte. LA carte. Il l'étendit au soleil, elle avait séché avec difficulté mais elle était encore lisible, par miracle, quoique fort abîmée. Il prit un moment pour l'orienter et finit par se redresser avec un sourire. Il nous annonça que nous étions peut-être arrivés là où nous aurions finit par tenter de nous rendre. Là où sa carte indiquait quelque chose.

D'un autre côté, ça peut laisser une indication sur qui est aussi sur l'île. Peut-être qu'on va avoir l'occasion de régler des comptes finalement. En tout cas allons déjà à la caverne, on cherchera ce qu'indique la carte de Phil plus tard, genre demain, quand il restera une pleine journée pour s'en occuper. Ou après-demain, quand on aura survécu à une ou deux nuits...


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Ven 19 Déc - 21:42
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La grotte est confortable, le petit groupe décide des tours de garde, le dragon fera le dernier. La nuit se passe sans incident, apparemment, les morts restent dans la forêt.

Orgath a bien dormi. Il est temps de chasser et d'explorer un peu avec Phil. Avant de partir, l'alchimiste regarde le ciel: gris, menaçant, comme hier de ce qu'il peut en juger. A peine parti, Phil repaire une piste, la chasse promet d’être bonne. Sauf que la piste interrompt brutalement sous les traces de griffes d'un fauve non identifié. Prudent, le binôme décide de sortir du territoire de la bête avant de continuer. Les deux ex-matelots finissent tout de même par trouver de quoi manger pour quatre mais l'avertissement à été donné: demain, il faudra partir plus tôt. Quand à l'exploration, Orgath parle à Phil du bâtiment qu'il a aperçu et les deux hommes partent dans sa direction. Ils décident de ne rien en dire à Sylvia et Phalène avant d'avoir de vraies nouvelles, il ne sert à rien de les déranger avec ça, leur travail d'établir d'un camp est une priorité absolue et rien ne doit les en détourner.

*
* *
* * *
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*

Ce n'est pas le jour même que les deux acolytes réussissent à atteindre le temple. Entre ruisseaux, crevasses, prédateurs à éviter ou combattre, manque de temps, météo capricieuse, c'est comme si les dieux eux même voulaient empêcher l'approche du lieux. Ce n'est que trois jours après s’être installés dans la grotte que Org' et Phil atteignent enfin la cible.

Le bâtiment n'est pas très identifiable, il est en demi cercle, spacieux, en pierre de taille et d'apparence étrange. Les gravures que portent les murs sont en grande partie effacées, Le toit, effondré depuis des lustres. Cela pourrait être un palais ancien comme un temple d'une cité disparue, il se dégage du lieux une majesté antique. A l'intérieur, neuf piédestaux vide son rangés le long du mur, tous à égale distance de la porte. L'un d'eux est fendu, les autres sont intacts, sur chaque socle est gravé un symbole. Deux socles occupent le milieu de l'assemblée, réunis comme des amants. Derrière les socles, deux escaliers massifs, collés au mur montent à l’étage unique désormais à ciel ouvert du bâtiment. Ni Phil, ni Orgath n'ont idées de ce qu'est leur découverte mais c'est le moment d'en parler à leurs compagnes d'infortunes. Ce bâtiment offrira un meilleur abri que la grotte.




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Jeu 25 Déc - 22:06
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L’impression étrange qui avait saisi Phalène alors qu’ils progressaient dans la forêt en direction du refuge qu’ils cherchaient à atteindre ne cessa de se préciser à mesure qu’ils découvraient un peu plus l’île qui devait être à présent leur demeure, ou leur tombeau, selon la manière dont les choses iraient. Le vaste panorama qui s’étaient offert à leur vue alors qu’ils atteignaient une crête haute confirma cela : rien de ce qui put s’offrir au regard de la barde ne sembla vraiment naturel. La brume, épaisse, blanche comme un linceul, semblait encercler les flots et les rives, ses plages de sable sombre et désolé. La forêt escaladait les pentes du volcan et les innombrables débris des navires qui hérissaient les hauts récifs étaient autant d’avertissements quant aux dangers qui rôdaient là ; des générations de marins imprudents avaient connu le même sort que leur épave, et peut-être que certains d’entre eux avaient eu la même chance de survivre, qui sait ? Quoi qu’il en fût, Phalène fut néanmoins rassurée de parvenir à un abri plus sûr. Elle écoutait attentivement tout ce qui se disait, bien qu’on ne l’entendît pas prononcer le moindre mot. Manifestement, ils étaient à l’endroit où ils avaient souhaité se rendre, et cela était une nouvelle merveilleusement rassurante, quoique fort inquiétante : comment pouvait-on raisonnablement vouloir aller se perdre dans un endroit pareil ? La détermination farouche de ses compagnons et particulièrement de Sylvia suffisait cependant à apaiser ses craintes et pour une fois, elle se permettait de ne pas uniquement se reposer sur elle-même, laissant ceux qui en savaient le plus mener les choses.

Tandis que Phil et Orgath battaient la forêt à la recherche de nourriture et d’informations, elle s’empressa d’occuper ses mains et son esprit aux tâches nécessaires à l’aménagement d’un campement, retrouvant assez rapidement des habitudes anciennes, de vieux plis hérités d’une vie d’errance, quoique le territoire fût tout à fait différent de ce qu’elle avait l’habitude de parcourir. Néanmoins, c’était à sa capacité d’adaptation qu’on reconnaissait un bon voyageur et sans tarder, elle put se rendre fort utile et dresser tout ce qui put leur être nécessaire afin de survivre dans cet environnement. Elle était fort rassurée de s’apercevoir que les créatures qui avaient hanté ses cauchemars durant la nuit ne s’étaient pas approchées de là, préférant le secret et l’ombre du couvert des bois. Le crépuscule apportait chaque fois la même inquiétude, toutefois, comme si tout s’inversait et que l’espèce d’énergie fourmillante qu’elle sentait éveiller et courir en toutes choses durant le jour s’effaçait et laissait place à une malignité latente et morbide qui faisait marcher les morts et soupirer les ténèbres.

La nouvelle de la trouvaille de Phil et Orgath ne parvint pas à la tirer de son mutisme, mais elle manifesta un très vif intérêt en apprenant qu’ils avaient découvert quelque chose. Dès qu’il en fut question, elle se tint prête à partir, laissant poliment le soin à Sylvia de décider s’il était opportun ou non d’aller explorer ces ruines. Elle craignait ce qu’ils pourraient trouver là, mais elle était impatiente et curieuse également d’en apprendre plus, car le peu qui avait filtré de la bouche du cuisinier sur ses étranges poursuivants sur cette carte et ce qu’elle suggérait suffisait à mettre son esprit et ses sens sur le pied de guerre. Il n’y avait pas si longtemps, elle aurait fui ces mystères, craignant les ravages qu’ils pourraient produire sur elle : mais depuis peu, depuis Sylvia et les brèves aventures à bord du Dédain, depuis qu’elle avait quelqu’un à protéger et à aider, Phalène était décidée à ne plus se laisser ronger par ses dons et à les plier, si rétifs fussent-ils, à sa volonté. Elle avait entre les mains des choses fort utiles, et tout cela était une occasion idéale de s’exercer.


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Ven 26 Déc - 18:21
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On imagine toujours une Amazone grande et forte, décidée, à la proue d'un navire, menaçant quelque équipage masculin de lui prendre plus que son or s'il résistait. Belles, la chevelure flamboyante, le bras fort et le pied sûr, l'esprit clair et parfaites pour illuminer une légende de quelques inévitables clichés.

Moi, Sylvia, je pense pouvoir prétendre aujourd'hui à avoir rencontré au moins une amazone qui aurait paré une légende de magnifiques atours. Comme Phil est mon père d'adoption, celle-ci fût ma sœur par l'esprit et le cœur. Peut-être que si nous avions eut plus de temps, je serais devenue son énigmatique et sombre compagne, son âme damnée, son ombre de toujours.

Mais elle est morte et la rage qui m'emporta au jour de son décès m'a fait commettre un massacre sans nom dans les rangs de l'Empire, que je devais pourtant rejoindre moins de quelques mois plus tard. Le Destin a un sens de l'humour incroyable, j'aurais pu me torturer l'esprit des années avec la simple idée d'avoir servis quelques mois ceux qui ont causé la mort de ma meilleure amie. Heureusement que les enseignements d'Asmodan, rares mais précieux, me sont restés en tête.

La Liberté par le Dédain. Le Dédain, contre le Destin. Pourquoi se soucier de ce qu'il adviendra si nous ne pouvons pas en décider ? Pourquoi créer des problèmes quand il n'y a pas de solutions ? Pourquoi persister à imaginer l'existence d'un problème s'il existe une solution ? Par le Dédain, nous survivrons, fantômes égarés sur une île perdue dans la Muerta. Peu importe les morts qui marchent, peur importe l'incertitude et le doute. Tout cela ne saurait nous atteindre. Jamais.

Phil et Org' ramenèrent un jour la bonne nouvelle d'une ruine localisée dans les hauteurs. Tous, pour une raison que j'ai parfois encore du mal à assimiler, me considèrent comme la chef de notre petit groupe. C'est... déconcertant, qu'ils conservent en tête cette hiérarchie alors que ce qui en était la raison a disparu. Mais soit, si mes décisions doivent prévaloir, alors autant les prendre avec sagesse.

Le lendemain de l'annonce de la nouvelle, je demande à Orgath de me guider, laissant Phil et Phalène veiller sur notre refuge. Les lieux sont tels que décrits par nos éclaireurs : un vieux bâtiment en ruine, des piédestaux, des symboles, des marques multiples du temps qui a passé... Et une vue imprenable sur toute l'île.

Nous partons à l'aube le jour suivant. Une heure avant l'aube, en fait, avec prudence, par des sentiers de montagne, loin au-dessus des frondaisons encore hantées par le pas traînant des morts arrachés au long sommeil. Nous transportons le matériel nécessaire à un établissement rapide, mais rien ne saurais nous préparer à ce que nous allons découvrir.

Tandis que le soleil est levé depuis une bonne heure et qu'il songe à dépasser la crête, nous arrivons en vue de la ruine. Là, c'est la sensibilité de Phalène, ma douce Phalène, qui nous fait nous arrêter pour scruter notre destination. Même moi, sans doute à travers elle, je peux sentir l'émotion qui se dégage du lieu que nous visons.

La lumière rasante et le point de vue dominant nous offrent une vision impossible n un autre moment et d'un autre lieu. Plus qu'un bâtiment isolé en ruines, ce sont les ruines de toute un village qui s'étendent à nos pieds, avec des chemins dont le tracé conduit notre regard à deviner que les flancs noirs de la montagne ne sont pas aussi vierges et sauvages que nous pourrions le penser.

Et puis il y a cette crique, invisible d'en bas, qui semble protégée des tempêtes, ces chemins, ces vestiges, ces merveilles... L'aperçu ne dure qu'une paire de minutes, le temps que la lumière passe, chasse les ombres et s'engouffre sous les frondaisons de l'autre versant de l'île. Mais pourtant, déjà, un sentiment nouveau nous saisit. Un sentiment de bien-être. Ce lieu où nous nous rendons sera un foyer, pas un cimetière...


Couleur de Sylvia, sans Robb : #33cc99


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