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 Le loup et le lion au milieu du désert

 
Mer 8 Oct - 18:33
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4 de Nàdrillä 114

Sahawi. Une terre aride, sèche, dénuée de vie par moment. Vous pourriez penser en la voyant qu'elle n'est pas aussi accueillante qu'on le prétend. Mes amis, vous vous trompez lourdement. Il y a, ici bas, les gens les plus accueillants du continent. Si vous vous aventurez dans le désert et qu'au bout du voyage vous êtes le ventre à terre, ils seront là. Si vous êtes un meurtrier patenté qui cherche à se faire pardonner, ils seront là pour vous y aider. Si, par contre, vous êtes un impérial sans gêne qui ne pense qu'a répandre la haine, il seront là... mais armés et prêts à vous réexpédier au fin fond des terres alités.

C'est la raison pour laquelle, en ce jour, Trataïr était vêtu bien plus humblement qu'à l'accoutumé depuis qu'il était devenu chef des archers. Il portait, aujourd'hui, une armure complète en cuir brun avec cuirasse, épaulières, cuissardes et gants. Son éternelle cape était désormais remplacée par une longue étoffe de tissu couleur de sang qui masquait son visage et qui flottait derrière lui au gré du vent, lui donnant un air de spectre tout droit sorti du désert. Il chevauchait une élégante monture à l'obscure robe qui se devinait facilement à travers les étendues de sables. Ils parcouraient ensemble des étendues désertiques qui semblaient sans fin. Le sable fugace et malicieux se jouait des moins courageux car prenez garde à vos yeux lorsque vous traversez tel endroit. Bien heureusement, les tempêtes capricieuses étaient derrière eux et ils avaient désormais une vue magnifique et complètement dégagée du paysage. Quelques semblant de verdures poussaient ça et là dans cette lande à la limite du monochrome et le petit groupe avançait rapidement vers leur destination.

Car oui, Trataïr aujourd'hui n'était pas seul. Avec lui, une bonne dizaine d'autres cavaliers à l'allure similaire se tenaient de chaque côté de lui. La cavalcade, telle une horde sauvage, soulevait avec fracas le sable Sahawien pour le laisser voyager aux quatre vents. Ces hommes étaient, pour la plupart, des soldats impériaux suffisamment indépendants pour ne pas risquer de compromettre leurs couvertures. Mais dans le lot, trois personnes à la suite du commandant se remarquaient nettement.

La première était une frêle silhouette, qui semblait si fragile que sa présence ici était une immense énigme. Mais la vulnérabilité qui émanait de cet homme était illusoire. C'était le seul qui avait le visage découvert et qui laissait le sable lui fouetter les joues sans rien dire. Il semblait des plus paisibles alors que les autres s'acharnaient à protéger leur visage de quelques poussières des plus fourbes qui viendraient se glisser dans leurs vêtements. Cet homme se nommait Manur Jecen. Un juvénile petit cuisinier qui était rapidement devenu conseiller de Trataïr grâce à la justesse de ses conseils et à la diplomatie dont il savait faire preuve. Il était en charge de prêter main-forte au lycan pour les éventuelles négociations et autres manœuvres ardues qui réclameraient son intellect.

Manur Jecen:
 

Le second homme se démarquait des autres par son imposante stature. Un colosse venu des lointaines forêts de Drayame. Un elfe nommé Valor Iniliel. Habillé humblement d'une tunique émeraude en tissu, d'un pantalon de cuir brun et de bottes noirs, ses longs cheveux ornés de quelques perles étaient attachés pour ne pas le gêner pendant cette chevauchée fantastique dans le sable. Il avait, comme la majorité des hommes, un épais foulard qui masquait la majeure partie de son visage. Un foulard de tissu sombre qui contrastait avec l'incroyable bleu de ses yeux. Un élégant sabre elfique était rangé dans son dos, bien à l'abri dans son fourreau. Il était prêt à s'en servir à tous moments, voilà pourquoi il était ici. Sa force n'avait pourtant d'égal que sa fidélité et sa gentillesse et nul doute que Trataïr ne l'avait pas fait venir dans ces contrées seulement pour user du tranchant de son épée.

Valor Iniliel:
 

Une dernière personne faisait hausser les sourcils sur son passage. Elle chevauchait aux côtés de Trataïr dans cette plaine si majestueuse. Sa silhouette ne laissait aucunement présager que c'était une des plus grandes épéistes que l'archer n'avait jamais vu. Oui, car il s'agissait bien d'une femme. Voici que se présentait la dénommée Zàhida Souhayr. Une demoiselle froide et inquiétante qui, par son adresse et sa détermination, faisait trembler bon nombre de soldats dans la caserne d'où elle venait. Sa peau hâlée était, manifestement, celle d'une fille du pays. Tout dans son apparence nous indiquait qu'elle venait d'ici. Ses vêtements de simple tissu étaient d'excellente facture. Un mélange de pourpre, de doré et de mauve qui lui allait à ravir. Une tenue de voyageuse du désert qui se voyait transformer en habit de guerrière lorsque nos yeux se posaient sur le fourreau qui ornait son dos. La courbe qui le terminait laissait deviner que la lame qui était à l'intérieur était, elle aussi, originaire de ce pays. Son visage était lui aussi masqué par une imposante étoffe mauve. Mais on pouvait aisément s'imaginer sa grande beauté.

Zahidà Souhayr:
 

Nous suivons donc un groupe des plus hétéroclites à travers ces immenses plaines de Sahawi. Le motif de leur venu était inconnu de beaucoup, mes les ordres du chef de meute était clairs. "Vous êtes des mercenaires". En effet, Trataïr ne voulait pas perdre tout de suite la confiance de son ami en arrivant chez lui avec une douzaine d'impériaux derrière-lui. C'était donc une manœuvre visant à calmer le jeu et à gagner plus facilement la confiance du "Doré".

Finalement, une cité faisait son apparition au loin vers l'horizon. Il fallut de longues minutes de chevauchée soutenue pour le groupe atteigne la ville. Les murailles de pierres aussi clairs que le soleil lui-même s'élevaient fièrement du sol, empêchant quiconque de simplement rêver de les franchir sans y avoir été invité. Les imposantes portes grandes ouvertes sur la ville laissaient un mince espoir aux voyageurs épuisés de pouvoir bientôt étancher leur soif. Le groupe stoppa à quelques mètres de cette enceinte si majestueuse, laissant présager la magnificence de ce qui se trouvait derrière, et seul nos quatre protagonistes descendirent de leurs montures. Ils s'avancèrent vers les gardiens de cette cité du désert. Avec une prestance et une droiture militaire qui faisait grandement douter de leur capacité à ressentir la fatigue. Tous étaient armés. Trataïr de son arc, Zàhida et Valor de leurs lames et le plus jeune d'une miséricorde attachée à sa ceinture. Cependant, ils prièrent tous en silence leurs déités respectives pour ne pas avoir à s'en servir. Le reste du groupe avait pour ordre de rester à bonne distance et d'attendre les prochaines directives.

Trataïr fut celui chargé de parler aux gardes, une tâche qui demandait du doigté et de la démagogie. Espérons que le commandant impérial possède ces qualités... Il salua les deux hommes avant de leur demander.

- Salutations messieurs. Je souhaiterais m'entretenir avec le Doré. Mon nom est Trataïr Erubon. Aurais-je droit à ce privilège ?

Advienne que pourra, espérons qu'ils acceptent. Ce serait dommage d'avoir fait tout ce voyage pour rien...


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Dim 2 Nov - 16:45
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L'arrivée du petit groupe de mercenaires attirât bien vite l'intention des archers qui patrouillaient derrière les créneaux. L'un d'eux sorti un curieux appareil en verre qu'il posa sur ses yeux pour discerner de loin la cavalerie qui s'approchait. Puis il fit un signe aux deux gardes postés devant la porte et ces derniers quittèrent leur poste pour se positionner devant les grandes portes de la cité. Une fois que Trataïr et ses fidèles camarades atteignirent l'entrée , un accueil peu commun en ces temps obscurs leur fut administré : l'un des gardes en effet leur tendit une gourde pleine d'eau fraîche et leur demanda s'ils souhaitaient manger quelques fruits secs. En effet l'émir , dans sa grande bienveillance, avait ordonné à ses hommes de traiter tout étranger avec respect , qu'il soit ami ou non. Qui mieux qu'un habitant du désert pour connaître le terrible supplice de la déshydratation qu'accélérait le soleil de plomb de Sahawi ?

Une fois ce traitement administré , ils demandèrent aux étrangers la raison de leur visite. Quand celui qui semblait être le chef du groupe se présentât , les gardes hochèrent la tête et l'un deux quitta les lieux. Quelques minutes plus tard il revint , accompagné d'un détachement de huit hommes armés. L'un deux , le commandant , était un homme particulièrement impressionnant : Grande stature, peau halée , barbe poivre et sel , yeux de faucon et musculature puissante. Sa moustache épaisse lui donnait un air de prédateur , à la fois noble et menaçant. Le commandant portait un camail comme armure, et sa tête était recouverte d'un épais foulard écarlate qui s'enroulait autour de ses épaules. Un large cimeterre pendait sur sa ceinture. L'homme leva une main gantée de cuir et parla d'une voix fortement autoritaire :

"_ Salam alaykoum , étrangers ! Mon nom est Hûssam , sergent de ville. L'émir Al-Mansur vous attends , veuillez me suivre , je vous escorterais jusqu'à lui. "

Un groupe de valets s'empressèrent de conduire les chevaux de la division de Trataïr vers l'écurie la plus proche. Les sept gardes de la ville se positionnèrent autour des cavaliers de sorte à former un couloir protecteur. Trois hommes de chaque coté et un autre derrière eux. Hûssam marchait devant tout le monde. Il cria un ordre à ses soldats et aussitôt les hommes levèrent leurs hallebardes et avancèrent d'un pas ferme. Trataïr et ses hommes pouvaient enfin admirer les avenues merveilleuses de la cité. Dans un croisement , un poteau de bois indique les différentes avenues. L'une d'elles , la plus haute , indiquait : Palais royal. C'est par la large rue aux chemins bordés de palmiers que le groupe se dirigea. Ils passèrent à proximité de quelques orfèvres qui exposaient leurs impressionnantes oeuvres d'artisanat , d'enfants qui jouaient avec un chien , de vieilles femmes qui récoltaient de l'eau dans un puits ... une véritable animation gagnait toute la ville.

Une demi-heure de marche plus tard, ils atteignirent enfin le palais royal , avec ses minarets , ses murs aux arabesques formidables et ses couleurs éclatantes. Hussâm demanda à Trataïr et ses mercenaires de bien vouloir laisser leurs armes aux écuyers , qui les garderont précieusement pendant leur entrevue avec l'émir. Une fois cette petite condition satisfaite , les gardes royaux ouvrirent les portes de la grande demeure , dévoilant une architecture intérieure bien différente de celle du grand continent. Des colonnes en doubles-arcs soutenaient des murs couverts par des écrits en Sahawien , des pots fleuris étaient disposés en ordre sur le sol dallé. Un valet conduisit les visiteurs parmi les innombrables couloirs de l'édifice. Un bon quart d'heure plus tard ils atteignirent une sorte de grande salle où était disposé de nombreux outils d'entrainement. Au centre , deux hommes de forte carrure s'affrontaient à l'aide de longs bâtons. L'un d'eux n'était autre que le fameux émir , Al-Mansur dit le Doré. L'autre était un des meilleurs maîtres d'armes de la ville , Tawfik Le Pieux.

Les deux hommes mirent fin à leur joute amicale quand les visiteurs firent leur apparition. L'émir se saisit alors d'une serviette et frotta son torse nu et luisant de sueur avant de rejoindre les nouveaux venus , un large sourire sur les lèvres :

"_ Bienvenue mes amis ! Je suis Al-Mansur , heureux de faire votre connaissance. Vous devez être le seigneur Trataïr ? Tant mieux, j'attendais avec impatience votre visite ! Désolé si je ne suis pas mieux habillé pour vous accueillir, je ne m'attendais pas à vous recevoir de si tôt ! "




Dim 9 Nov - 15:10
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Malgré leur fatigue, Trataïr et ses compagnons mettaient un point d’honneur à ne jamais montrer leurs faiblesses. C’est pour cela que, même si leurs gorges hurlaient de douleur à cause de la soif, il n’y avait nulle trace de cette souffrance sur leurs visages qui continuaient inlassablement d’afficher le masque le plus neutre possible. Ni joie, ni soulagement, ni colère ne venait altérer le faciès de granite de nos quatre protagonistes. Et pourtant, malgré toutes ces précautions zélées, et à part la demoiselle du désert qui les accompagnait, ils constatèrent tous avec une surprise nullement affichée que les gardes devinaient sans peine leurs maux. Pour preuve, l’un d’eux tandis presque immédiatement une gourde d’eau cristalline au petit groupe. Le commandant impérial s’inclina respectueusement devant ce présent avant de le prendre doucement et d’en prendre une longue gorgée. Puis il donna la gourde au jeune Manur et lui ordonna de distribuer de l’eau au reste du groupe après avoir étancher sa propre soif. Le jeune homme acquiesça avant de boire longuement et de se diriger vers ses compagnons, la gourde à la main. Trataïr, quant à lui, attendait en compagnie des deux autres « mercenaires » que le garde revienne. Retour qui se fit quelques minutes plus tard. Une dizaine d’hommes armés emboîtaient le pas du soldat. Le potentiel commandant du détachement intriguait Valor de par sa carrure qui avoisinait la sienne en termes de taille et de masse musculaire. Cette coïncidence le fit doucement sourire. Zahidà, quant à elle, observait d’un œil méfiant chacun des nouveaux venus, prête à dégainer sa lame au moindre problème. L’archer comprit tout de suite les raisons de sa froideur et tâcha de calmer sa subordonnée d’un geste de la main. Celle-ci obéit et adopta une posture faussement détendue et laissa son regard vagabonder sur le paysage alentour.

Le commandant se présenta sous le nom de Hûssam. Proposant ensuite aux trois guerriers de le suivre jusqu’au Doré. Trataïr acquiesça et intima à son conseiller de stopper la distribution d’eau et de le suivre. Remarquant d’un œil que quelques serviteurs allaient vers ses hommes pour s’occuper d’eux. Ignorant les râles d’agacement qui émanaient de ceux qui n’avaient pas eux à boire, le jeune homme obéit et accouru auprès de son supérieur et de ses compagnons. C’est donc sous bonne escorte que le petit groupe pénétra dans la cité. Et la Dame du Désert avait le mérite de contenter les regards. L’architecture exotique des bâtiments émerveillait le général d’archerie qui avait toujours plaisir à venir dans ce pays si beau et paisible. Les palmiers majestueux les toisaient avec noblesse tandis qu’ils traversèrent d’un pas solennel les rues bondées de monde. Il y avait pèle-mêle des marchands itinérants avides d’argent, des autochtones qui attendaient impatiemment de pouvoir remplir leurs paniers de victuailles, un héraut qui avertissaient la population qu’une nouvelle meute de loup traînait non-loin d’ici et qui sommait la populace de ne pas sortir de la ville lorsque le crépuscule tombait… Tant de vie, tant de beauté cachée derrière ces imposantes murailles. Valor avisait avec un sourire satisfait les quelques tavernes et auberges disséminées un peu partout. Aucun doute, il y avait de futurs beuveries en perspective par ici, et cela le réjouissait. Même Zahidà semblait joyeuse. Elle appréciait grandement, sans le dire à qui que ce soit, de rentrer au pays. Quant au jeune Manur, il étudiait minutieusement du regard les différents endroits qu’ils traversaient et tachait de les mémoriser pour plus tard. Il prenait son travail à cœur et même si il ne lui en avait pas donné l’ordre, il tacherait avec beaucoup de soin de guider Trataïr à travers ce dédale de rues et d’avenues dans le futur.

Après une longue marche au milieu des badauds de la ville, les impériaux et leur escorte arrivèrent enfin au palais de l’Emir. Un bâtiment immense et clinquant qui reflétait bien l’amour de son propriétaire pour les Ailes de Bronzes sonnantes et trébuchantes. Une pensée qui fit doucement sourire l’elfe, qui s’amusait toujours de voir à quel point les hommes avaient de l’amour pour ces simples morceaux de métal. Avec une certaine prudence, tous les membres du groupe obéirent au sergent de ville et donnèrent leurs armes aux serviteurs. Zahidà se chargea d’intimider les adolescents pour qu’ils s’appliquent à rendre sa précieuse lame aussi propre que possible. Elle détestait se séparer de ce gage de sécurité qu’elle avait depuis de nombreuses années et prenait toujours un malin plaisir à embêter ceux qui lui causaient cette peine. Après cette petite formalité, ils purent enfin entrer dans le majestueux palais. Eux, les pauvres voyageurs épuisés et couverts de poussière, dénotaient vivement à l’intérieur de ce monument à la gloire de Al-Mansur (et de son argent). Le sol pavé de marbre brillait à la lumière du soleil qui dardait ses rayons par les quelques ouvertures appliquées dans les murs. Les plantes locales montraient avec coquetterie leurs magnifiques fleurs aux couleurs chatoyantes.

Les innombrables couloirs aux murs ornés d’écrits complètements étrangers aux trois-quarts du groupe les menèrent tout droit à ce que tout le monde reconnaissait comme étant une salle d’arme. Bien que moins fournie que celle des casernes impériales, elle était néanmoins suffisamment équipée pour intéressée la jeune Zahidà. Elle avait presque hâte de rester dans ce palais juste pour passer son temps ici et laminer la cour de l'Emir en usant de son incroyable talent pour le maniement de l’épée. Le général, lui, s’intéressait beaucoup plus aux deux hommes au centre de la salle qui s’affrontaient avec de simples bâtons. Il sourit amicalement lorsqu’ils croisèrent tous deux son regard d’émeraude. Ses longs cheveux noirs légèrement ondulés encadraient son visage au teint bien plus pâle que celui des deux combattants. Il avisa celui qui s’approchait d’eux et devina qu’il s’agissait du maître des lieux. Il répondit à son large sourire de la même manière. L’elfe se permit, lui aussi, de saluer l’homme torse nue en levant le bras. Le jeune Manur, plus respectueux des formules de politesse, s’inclina longuement devant le Doré avant de lui adresser un sourire amical. Zahidà, quant à elle, inclina légèrement la tête avant de saluer Al-Mansur dans sa langue maternelle. Sachant très bien que cela allait, un minimum, surprendre l’Emir.

- Bienvenue mes amis ! Je suis Al-Mansur , heureux de faire votre connaissance. Vous devez être le seigneur Trataïr ? Tant mieux, j'attendais avec impatience votre visite ! Désolé si je ne suis pas mieux habillé pour vous accueillir, je ne m'attendais pas à vous recevoir de si tôt !


Trataïr répondit à ce salut chaleureux en tendant les bras dans un simulacre d’invitation à l’accolade.

- Al-Mansur ! Vous me voyez également plus que ravi de vous rencontrer ! Je me doute que la vitesse avec laquelle nous sommes arrivés doit vous surprendre, mais mes hommes me harcelaient constamment pour que nous arrivions le plus vite possible dans un endroit pourvu d’une auberge !


Valor, qui se reconnaissait dans cette description, ne pus s’empêcher de rire avec Trataïr. Mais les deux autres mercenaires ne voyaient là aucune raison de s’esclaffer et se contentèrent de sourire aimablement.

- Bien, prenez tous le temps dont vous avez besoin pour vous rhabiller… ou vous laver, enfin bref. Nous attendrons le temps qu’il faudra avant de discuter, soyez-en sûr.


Il accompagna ses paroles d’un sourire respectueux. Imiter par son conseiller et par Zahidà. L’elfe, lui, s’occupait de calmer le fou-rire qui était en train de le gagner. Chose qui fut faite rapidement lorsque le commandant impérial lui adressa un regard plutôt sévère. Il calma rapidement son ardeur et ré-adopta une expression plus neutre, digne de l’image que l’on se faisait de son peuple. Fier et calme.


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Lun 15 Juin - 18:58
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L'émir répondit à son nouvel ami par une chaleureuse accolade, comme si les deux hommes étaient frères d'armes depuis une longue date. Le caractère très amical du seigneur des sables était très réputé à Sahawi. Il s'écarta ensuite de deux pas avant de contempler ses invités. Analysant silencieusement chacun deux, il les jaugeait tel un prédateur surveillant ses proies, à la seule différence que son regard pétillait de sympathie. Le prince des nomades salua ensuite chacun des frères d'armes de Trataïr dans sa propre langue, le Kal. Il fut d'ailleurs surpris de constater que parmi ce groupe de mercenaires se trouvait une femme qui, malgré son foulard, faisait clairement partie de son peuple. Mais qu'importe, chacun était libre de ses actions et il n'allait pas reprocher à cette femme d'avoir fait le choix de vivre une vie d'aventures et de quêtes.

« _ Bien, mes serviteurs vont à présent vous conduire vers la salle du trône où vous pourrez m'attendre . Des rafraîchissements et quelques friandises vous seront offertes. Si jamais vous trouvez le temps long, vous êtes libres de vous promener dans les jardins , à proximité. Je serais de retour d'ici quelques instants. »

Et il salua respectueusement ses invités d'un salut courant dans les régions de Feu, avant de s'éclipser derrière une porte. Des serviteurs s’empressèrent aussitôt de conduire les mercenaires à travers les couloirs labyrinthiques du palais . L'édifice impressionnait pour son savant mélange de simplicité, de modestie et de beauté. Il était à la fois simple et grandiose au regard, comme ces bouts de verres qui, exposés aux rayons du soleil, brillaient de mille feux à la manière de diamants bruts.

Trataïr et ses hommes ne tardèrent pas à atteindre le siège du seigneur, gardé par de nombreux gardes qui, à les regarder de près, faisaient penser aux fauves puissants et nobles de la savane, avec leurs regards sévères, leurs fortes carrures et l'aura de fierté et de noblesse qui émanait d'eux comme des manteaux d'or. La garde personnelle s'écarta du passage des invités avec ordre et discipline, faisant cliqueter leurs cimeterres contre leurs camails, leurs hallebardes dressées tels des doigts accusateurs vers le plafond.

L'archer put s'installer sur les confortables cousins disposés en demi(cercle autour du siège de l'émir, un siège en bois de taille modeste qui, une fois de plus, dévoilait la nature simple du noble seigneur . Des livres de toutes sortes étaient disposés sur des étagères, démontrant ainsi la soif de savoir d'Al-Mansur et son amour pour les sciences, l'histoire et la connaissance. D'ailleurs , il accordait une énorme importance pour le savoir. Ainsi, l'émir à fondé l'université de Bab-El-Ilm , littéralement « La porte des Sciences » , première institution du savoir à Feu ( et au monde peut-être). De plus, l'émir payait tout homme traduisant un livre en Kal avec le poids de ce même livre en argent !
Tout ceci expliquait l'avancée prodigieuse des gens de l'émirat en sciences, mathématiques, médecine , botanique et bien d'autres encore ! C'était un peuple en pleine expansion qui allait marquer à jamais l'histoire de Feu , et qui sait , peut-être même celle de Terra toute entière !

Quelques minutes plus tard, la grande porte de fer s'ouvrit de nouveau, laissant entrer le prince du désert et ses protecteurs. Le seigneur de Feu portait une langue djellaba d'un blanc immaculé, des babouches jaunes et un tarbouche rouge circulaire. Seuls quelques anneaux en argent donnaient un peu de luxe à cette effigie de noblesse dans ses accoutrements les plus simples. L'homme du peuple incarné.

L'émir s'installa tranquillement sur son siège, faisant face à ses hôtes. De sa peau cuivrée planait un parfum d'eau de rose , et sa barbe brune reflétait presque les rayons du soleil au zénith comme le bronze. Un sourire cordial était dessiné sur ses lèvres couleur corail , et même ses hommes semblaient avoir laissé de côté leurs masques durs et féroces contre une attitude plutôt paisible, si caractéristiques de leur peuple uni et fraternaire, dans la paix comme dans la guerre.

« _ Je vous remercie humblement de m'avoir attendu mes amis. À présent , nous pouvons discuter de la raison de votre venue. Mais avant cela, laissez-moi vous faire quelques offrandes, en gage d'amitié. »

L'émir tapa dans ses mains, et des serveuses habillées d'une façon fort décente firent leurs apparition, portant de nombreux plateaux chargés de victuailles. Chacun eu droit à des bijoux du désert, des bracelets et des vêtements de la meilleure des soies. Quant au capitaine, il eut droit à un objet spécial : un pendentif en forme de khamsa, une main tendue avec en son centre un œil gravé. Cet artefact était un symbole très courant qui servait à protéger son porteur du mauvais œil et des maléfices.
Ainsi, l'émir voulait protéger son hôte contre les influences néfastes de l'art sombre de la sorcellerie et du vaudou, très courants dans les peuplades sauvages de la savane qu'Al-Mansur et ses hommes affrontaient avec la plus grande fougue.

« _ Puisse les dieux veiller sur vous et vous protéger contre les forces obscures du mal , déclarât le noble maître d'un ton où perçait une pointe de dévotion religieuse. Et puisse le Bien Suprême nous bénir . »

Un « amen » collectif se fit entendre, doux murmure prononcé par l'ensemble des Sahawiens présents dans la salle.

« _ À présent mes chers amis, vous pouvez parler. Je vous écoute avec la plus grande attention . »


Dim 21 Juin - 12:45
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La bonté des habitants de ce pays était loin d’être une chimère, Trataïr s’en rendit bien vite compte. L’émir l’accueillit avec une accolade des plus affables. Cela ne faisait qu’une minute que les deux hommes se parlaient et, déjà, le commandant avait pour le seigneur une sympathie grandissante. Même si l’archer était flatté par une si grande considération, il restait néanmoins méfiant vis-à-vis de ce mystérieux personnage. En effet, il n’était pas rare de croiser des âmes sans scrupules capables de bramer la plus grande des amitiés pour ensuite vous la prouver à l’aide d’un magnifique stylet sournoisement planté entre deux de vos côtes. C’était une stratégie simple, peu efficace car rapidement mise à jour, mais pourtant fort répandue chez les conspirateurs faibles d’esprits. Le commandant se rassura en se répétant que l’homme en face de lui n’avait pas l’air des plus stupides et que, donc, si il essayait un jour de le trahir ça n’allait certainement pas être grâce à cette absurde conduite.

Après cette démonstration d’affection, le seigneur prit un moment pour détailler la bande de Trataïr. Il est vrai qu’elle était fort atypique, surtout pour un homme qui ne devait pas souvent aller au-delà des plaines dorées de Sahawi. Le lycan avait cet avantage que peu des habitants, nombreux et divers, de Terra pouvaient encore le surprendre. Il en avait déjà vu assez pour, au lieu d’être en permanence émerveillé, garder son sang-froid face à la nouveauté et conservé sa clairvoyance pour guetter le danger. Al-Mansur prit ensuite le temps de saluer les confrères de l’archer dans sa langue natale, que les trois-quarts des mercenaires, dont Trataïr, ne parvinrent pas à comprendre. Ce n’était pas le cas de la jeune Zahidà, native de ces terres, qui répondit au salut de l’émir dans la même langue avec une formulation, cependant, bien plus respectueuse et solennelle. Les deux autres s’inclinèrent en silence. Le commandant sourit, satisfait de voir que la discussion tournait bien pour le moment. Il tourna de nouveau la tête vers son hôte qui leur proposait de patienter dans le plus grand des conforts.

Sans se faire prier, la petite bande suivit les élégants serviteurs du seigneur jusqu’à la vaste salle du trône. L’elfe et le jeune Manur ne purent retenir une discrète exclamation de surprise. Trataïr, lui, sourit largement derrière son foulard rouge sang. On ne pouvait, cependant, deviner les pensées de la jeune femme qui conservait en permanence une allure militaire et une expression neutre. Néanmoins, elle faisait comme ses trois compagnons, elle balayait lentement la pièce du regard, s’arrêtant quelques instants pour observer les farouches gardes du seigneur Sahawiiens. Ceux-ci impressionnaient par leur maintien, leurs armures colorées et rutilantes, telles des joyaux, leurs armes aussi belles que menaçantes. Tous étaient des forces de la nature, bâtis pour se battre et mourir pour l’émir. Lorsque la petite équipe s’avança finalement au milieu de ce champ de piques mortelles, aucun des hommes ne bougea ne serait-ce qu’un cil. C’était si fascinant que les yeux curieux du lycan ne purent s’empêcher de croiser ceux, froids et indifférents, de chacun des gardes présents dans la pièce. Il les jaugeait, malgré l’épaisse aura de mystère et de majesté dont ils s’entouraient. Aucun ne put échapper au regard calculateur du commandant, qui mit bien plus de temps que ses compagnons à atteindre le centre de la salle.

Il imita ces derniers et prit place sur un des coussins disposés au sol. Le sien était d’un vert émeraude profond. Son velours était doux et soyeux. Un véritable bonheur pour le postérieur après avoir passé des jours et des jours sur une selle de cuir affreusement dure. Ils patientèrent tous les quatre en savourant les boissons exotiques que leur apportaient les serviteurs du seigneur de Feu. Zahidà se plaisait à expliquer la composition de ces dernières. Malheureusement, les fruits régionaux étaient aussi énigmatiques pour les trois compères que les jus en eux-mêmes. Finalement, ils discutèrent du voyage, et de sa fin étonnante. Ils ne s’attendaient pas du tout, les uns comme les autres, à recevoir autant d’hospitalité de la part d’un homme qui ne les connaissait pas. C’était à la fois surprenant et sujet à débat. Chacun pensait la même chose de ce seigneur généreux, et même si chacun, l’elfe Valor le premier, brûlait d’envie d’exposer à tous ses ressentiments face à autant de bienveillance, ils convinrent d’un même signe que ce n’était ni le lieu ni le moment pour échafauder des hypothèses compromettantes sur Al-Mansur alors qu’ils étaient au cœur de son royaume et, de surcroît, au centre de sa demeure. Non, cela attendrait un moment plus propice.

Finalement, et dans une humilité toute étonnante, le seigneur de ce pays rejoignit ses invités avec ce même masque charmant sur le visage. Même ses hommes semblaient tranquilles, à l’inverse des gardes austères que Trataïr et ses compagnons avaient vus précédemment. Calmement, l’homme s’installa sur son siège de bois et dévisagea les mercenaires qu’il dépassait désormais en taille. C’était une posture que certains membres du groupe trouvèrent un peu humiliante mais ils s’abstinrent de commenter la chose. L’émir, tout de blanc vêtu, s’excusa auprès du commandant et de ses compagnons, et dans un énième acte de générosité, s’empressa de couvrir de présents la petite bande. Une action qui ne fit qu’augmenter toujours plus la méfiance de la compagnie, même si chacun remercia, chaleureusement ou non, le seigneur de sa générosité si surprenante. Le lycan s’empressa d’attacher le talisman à son cou avec un large sourire. Le bijou était magnifique et lui sait bien, dans sa lourde armure de cuir. Il en profita pour baisser son écharpe pourpre sur son col, dévoilant ainsi ses dents blanches qui brillaient d’un éclat inquiétant face à l’abondante lumière de la pièce. Le seigneur acheva sa tirade en adressant sa bénédiction au quatre guerriers. La discussion allait enfin pouvoir porter sur des choses plus concrètes, au grand bonheur du jeune diplomate Jecen, tout pressé qu’il était d’enfin aborder les questions diplomatiques. Malheureusement, il était du devoir du commandant de parler en premier. Il plongea ses yeux de jade dans le regard affable du seigneur.

- Et bien, mon cher ami, je dois avouer qu’autant de générosité a le don de mettre mal-à-l’aise. Néanmoins, votre bienveillance vous fait honneur et je peux vous assurer que moi-même et mes trois compagnons tenterons, tant bien que mal, de vous en donner autant et même davantage. Voyez-vous, lorsque je suis venu il y a quelques temps dans ce pays, loin à l’ouest de cette cité cependant, j’ai vu à quel point l’hospitalité de vos sujets n’était pas exagérée, mais j’ai vu aussi à quel point les tribus disparates sur votre territoire étaient néfastes pour le bien être de ces habitants si généreux.

En réalité, le commandant n’avait rien vu du tout lors de son précédent voyage à Sahawi, alors qu’il n’était encore qu’un humble arpenteur de murmures à la solde de la Confrérie des Brumes. Mais son conseiller attitré s’était chargé de lui faire un petit cours de géopolitique de cette région, et lui avait expliqué qu’il n’était pas rare que les nomades guerriers attaquent et pillent des villages d’humbles paysans. Trataïr était donc plutôt bien informé sur la question et pouvait sans problème débattre dessus. Après un instant de silence, il reprit.

- C’est accablé du sort de ces gens que je me suis mis en tête de vous aider à combattre cette menace. J’ai de la chance d’avoir avec moi de multiples talents. Nous ne sommes pas seulement des guerriers, mais aussi de possibles espions, diplomates, messagers… La polyvalence de ma compagnie peut vous servir, j’en suis certain, et c’est notre objectif. Mon cher ami et seigneur de Maswad, moi et mes hommes sommes à votre service de toute les manières qu’il vous conviendra.

Le commandant inclina fortement le front devant l’émir avant de se replacer sur son siège. Même dans cette position d’infériorité, il gardait l’aura de puissance caractéristique de sa race. Il sourit largement face à son ami, témoignant ainsi de la bienveillance qui imprégnait ses paroles.


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Sam 8 Aoû - 19:40
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Le bon et généreux émir répondit aux compliments de son hôte privilégiée par un sourire serein et doux, paternel. Il écouta ensuite d’une oreille fort attentive les paroles du mercenaire qui ne s’éloignaient guère de la réalité. Le jeune Trataïr pouvait remercier son conseiller pour les précieuses informations qu’il lui avait offertes au sujet des ennemis du prince du désert. En effet, Al-Mansur et ses hommes menaient, depuis l’unification totale de son actuel territoire, une lutte sans merci contre bon nombres de vils malandrins de la pire espèce. Que ce soit des bandits qui menaient des razzias éclaires, des survivants de tribus cannibales, des incursions orcs ou gnolles ou encore d’autres menaces venues du Nord, les maswadites étaient toujours prêts à supprimer la présence de ces parasites sur leur terre adorée. Et force est de constater que les conflits, loin de se calmer, redoublent d’intensité, en particulier après l’intensification des menaces étrangères de nouveaux royaumes voisins.

Tout ceci expliquait donc la nouvelle organisation de l’armée maswadite. En effet à l’époque dite de l’unification, les nomades rassemblés sous les ordres du Doré affrontaient leurs opposants d’une manière tout à fait classique des tribus désertiques : lancer des charges éclairs d’archers montés, de cavaliers et de chameliers puis de battre en retraite et pousser l’ennemi à vous poursuivre avant de l’achever. Mais les nombreuses escarmouches et batailles qu’ont accumulées les belliqueux fils de Feu leur apprirent à peaufiner de plus en plus leurs tactiques et de s’adapter à de nouveaux ennemis toujours plus coriaces et toujours plus déterminés à briser l’utopie de l’émir.

L’un des conflits les plus marquants fut la lutte contre un puissant clan de Zumes, dont on disait qu’ils se taillaient les dents en pointe pour mordre au combat et qui avaient la sinistre réputation de trancher les pieds de leurs adversaires pour, selon leurs coutumes barbares et ignobles, empêcher ces derniers de marcher dans le royaume des morts. Ces sinistres guerriers aussi féroces que des orcs représentaient un des plus grands dangers qu’avait rencontré Al-Mansur, à cette triste époque. Deux ans de conflits sanglants où les Zumes profitaient de la construction de la nouvelle cité pour s’attaquer avec la plus condamnable des sauvageries aux villageois, femmes et enfants y comprit. Le seigneur de Sahawi ne leur avait jamais pardonné les atrocités qu’ils avaient commises en ses terres, et avait mené une guerre de deux ans contre ces monstres païens, adeptes des sacrifices et de la sorcellerie vaudou.

Ses yeux s’enflammèrent d’une lueur guerrière des plus ardentes quand il se remémora la fin de cette terrible guerre, quand ses fiers janissaires, nouvellement formés et prêts au combat, avaient réussit avec un courage des plus remarquables à faire tomber la garde noire du chef tribal et à l’exécuter devant ses hordes disparates, démoralisant ainsi les hordes ennemies qui prirent la fuite devant les forces maswadites. Trataïr et ses hommes eurent l’occasion de voir durant un court instant le torse de l’émir se gonfler de fierté et ses poings se fermer avec force, blanchissant ses articulations de bronze. L’image même d’un roi guerrier.

Les bonnes intentions du mercenaire et la puissance de ses mots, décuplées par cette aura de puissance naturelle qui émanait de lui, suffirent à convaincre le Lion du Désert de la sincérité de ses dires et de son désir ardent d’aider un peuple persécuté par des menaces tapies dans l’ombre qui n’attendent que l’occasion de libérer leurs bas instincts sur les humbles citoyens.

« _ Je vous remercie, mon cher ami. Votre soutient et votre aide sont plus que bienvenues. Je suis sûr que la grande polyvalence de vos hommes et leurs capacités sans doute exceptionnelles nous seront d’une utilité toute particulière contre les ennemis du Bien. »

Il croisa ses doigts dans un geste solennel et se pencha légèrement, s’approchant ainsi un peu plus de ses hôtes pour mieux arriver à leur niveau et ainsi briser cette barrière de supériorité qu’offrait sa position assise sur le trône. Il se mettait à leur niveau, nouvelle preuve de la très célèbre modestie du Doré.

« _ Je peux déjà vous mobiliser pour sécuriser le secteur ouest, à proximité de Sémilia, et plus exactement à côté du port d’Aeb. La ville est encore sujette à l’apparition de foyers de coupe-jarrets et de hors-la-loi sans scrupules. Mes hommes disposés là-bas on récemment démanteler une racine de trafiquants d’objets magiques volés. Cependant certains de mes agents affirment que d’autres groupes criminels continuent à exercer leurs larcins en bénéficiant de la nonchalance des dirigeants du port. »

Une expression dure et calculatrice se traça sur le visage sculpté dans le bronze du seigneur.

« _ J’ai bien l’intention de mettre fin à l’air laxiste de ces marchands en resserrant mon contrôle sur cette ville. Et j’ai bien l’intention de mettre un terme à ses exactions intolérables qui vont à l’encontre de mes idéaux. Que dis-je, des idéaux de Maswad ! »

Il fixa un moment chaque membre du groupe avec ses yeux ambrés à l’éclat bienveillant avant de reporter son intention vers le chef de la bande.

« _ J’aimerais vous charger, cher ami, de transmettre un message de la plus haute importance au cercle dirigeant d’Aeb. Néanmoins je tiens aussi à vous prévenir que les brigands et les assassins ce bousculent sur ce territoire. Si votre mission est un succès, la ville pourra respirer à nouveau. Puis-je vous confier cette tâche capitale ? »




Lun 10 Aoû - 16:59
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Avec une grande surprise, le jeune « mercenaire » constata que sa proposition avait éveillé chez le seigneur quelques envies belliqueuses. Il le remarqua très bien dans la houle tumultueuse d’émotions que transmettaient ses yeux ébène. Trataïr connaissait bien cette ardeur, cette envie de combattre, cette volonté de vaincre. Il faisait de son mieux, dans les terres impériales, pour transmettre cette brûlante passion à ses soldats, quand bien même il ne la possédait pas lui-même. Son devoir, pendant la bataille, était de galvaniser ses troupes, de tout faire pour qu’ils ne reculent pas d’un pouce face au danger. Il fallait en faire des fanatiques qui donnent leur vie sans hésitation aucune pour que l’Empire conserve le minuscule empan de terre que chacun protège. C’est cela la guerre, dans sa macabre beauté.

Le commandant impérial était fort satisfait de la réaction qu’il avait produit chez le seigneur sahawiien. C’était son but après tout, donner envie à cet homme de conquérir Sahawi en totalité. Lui insuffler l’ardeur d’un héros de guerre était déjà un bon début. Il accueillit les compliments de Al-Mansur avec le plus sincère des sourires. La relation entre les deux hommes débutait sous les meilleurs auspices. Puisse Zelphos la bénir et qu’elle demeure ainsi.

« Déjà une mission… » Songea l’archer. En effet, l’émir avait déjà confié quelques tâches à Trataïr et ses hommes. C’était surprenant et, en même temps, cela donnait de précieuses informations quant à l’état dans lequel se trouvaient les terres du seigneur. On pouvait également conclure de cette demande que, aussi étonnant que cela puisse être, Al-Mansur régnait sur d’immenses territoires. Aeb était quand même l’un des plus grands ports de la région, sinon le plus grand ! De surcroît, l’océan était à des miles et des miles d’ici ! Cela faisait beaucoup pour un seul homme…

Absorbé par ses réflexions mutines, le commandant impérial fut assailli par quelques souvenirs parasites. Ils représentaient son amie, Iryo, son petit village, la mer aux portes de ce dernier… Alors Al-Mansur règne aussi sur elle, sur eux ? C’était une information intéressante… Elle pourrait changer la donne un jour. Pour cette raison, le jeune homme décida de la conserver dans un coin de son esprit chaotique, en guise d’aide-mémoire. Ensuite, il reprit la conversation comme si ce moment d’absence n’avait jamais eu lieu. Il leva de nouveau les yeux vers la royale silhouette qui se tenait au-dessus d’eux de toute sa hauteur et prononça ces mots en arborant une expression énigmatique, un étrange rictus sur les lèvres.

- Je remplirai n’importe quelle mission que votre altesse me confiera. Bandits, assassins, pirates… aucun ne me fera tomber, soyez-en sûr. Les dirigeants de ce coupe-gorge auront rapidement votre message, quel qu’il soit. J’irai seul cependant. Je voyage plus rapidement seul. Cela ne vous dérange pas vous trois ?

Les compagnons de Trataïr, qui étaient restés jusque-là silencieux, acquiescèrent en même temps. L’archer savait qu’ils trouveraient facilement de quoi s’occuper dans la région, si jamais il y avait autant de dangers que le prétendait Al-Mansur. Néanmoins, il fallait régler une dernière question avec ce dernier. La plus redoutée, la plus épineuse… Mais il fallait la traiter, comme tous les problèmes auxquels nous sommes confrontés.

- Votre altesse, il reste une dernière chose que je dois voir avec vous. En effet, vous ne me connaissez peut-être pas. Mais parcourez quelques miles vers le sud et vous entendrez parfois des murmures, des non-dits, de fugaces psalmodies où figurera mon nom. Et il est fort probable que cette réputation, comme une épidémie, se propage jusqu’ici. Peut-être même que c’est déjà le cas ! Qui sait… Je ne veux pas vous attirer d’ennuis en vous liant à moi. Si les gens ne savent pas que je suis à votre service, vous ne risquerez plus rien. Je souhaiterai donc que vous m’aidiez à changer d’identité tant que je suis sur vos terres. Pour cela, j’aurai besoin de fonds. Pas beaucoup… mais juste assez pour faire taire les rumeurs. Accepteriez-vous cette requête ? Si oui, je me mettrai immédiatement en route pour Aeb sans me retourner.

Il laissa ses paroles retomber doucement dans la vaste pièce. Ne sachant nullement comment allait réagir le seigneur, il resta attentif, prêt à toute éventualité. Préparé à combattre, préparé à fuir, il était même préparé à rire. Mais il fallait que cet homme accepte. Bientôt, le nom de Trataïr Erubon, le survivant des Terres Infectés et le nouveau commandant de l’archerie impérial allait résonner dans les rues sombres de la cité maswadite.




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Lun 17 Aoû - 13:42
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C’est avec satisfaction que le seigneur de Maswad reçut la réponse de son nouvel allié. Ce dernier, en plus de sa détermination, affirmait qu’il allait effectuer la mission diplomatique en solitaire, tel un de ces loups des forêts nordiques. L’esprit calculateur d’Al-Mansur analysa rapidement la situation. En se séparant de son groupe, Trataïr laissait ce dernier sous la juridiction du seigneur, et de ce fait sous son autorité. Il pouvait donc à son aise disposer d’eux selon les circonstances. D’autant qu’il pouvait, dans ce cas précis, les surveiller plus facilement. Il était en effet plus aisé de garder un œil sur des individus séparés que sur un groupe uni. Parfait.

Mais le sourire de bienveillance qui avait persisté sur les lèvres de corail du noble s’estompa pour laisser place à un masque plus sérieux et sévère lorsque le jeune archer lui fit part de son désir d’emprunter une identité factice afin de cacher son nom à la population maswadite. Ce n’était pas l’idée de verser quelques fonds à cet homme qui dérangeait le Doré, mais bel et bien l’inquiétude et le gêne qui semblaient émaner de chaque pore du corps de son ami. Il devinait, à son étrange rictus, qu’il cachait quelque chose qu’il ne désirait sans doute pas dévoiler aux yeux de tous.

Un lourd silence s’installa, comme si le temps lui-même s’était tut pour assister à la suite des événements. L’ambiance avait brutalement perdu de sa convivialité et de sa chaleur, et aucun son n’osait rompre cette atmosphère des plus tendues.

« Et bien, nous serions fort curieux, mes hommes et moi, de savoir quelle genre de réputation vous souhaitez cacher, messire Erubon. »

L’expression de l’émir avait changé. Ce n’était plus le bon homme paternel et diplomate qui se tenait devant les mercenaires, mais un tout autre personnage. Son visage avait prit une allure plus assurée tandis que ses yeux affichaient un éclat féroce et inquisiteur. Al-Mansur avait troqué son attitude joviale et enjouée pour adopter désormais ce que l’archer avait, depuis le début de leur rencontre, cherché à éveiller : le souverain rusé et strict qui avait fait fléchir nombre d’ennemis sous sa coupe. Trataïr devait enfin voir devant lui non pas un diplomate ou un marchand, mais un vrai stratège et un juge juste et équitable.

« Dans mes terres, la vérité prime. Je ne tiens pas à gouverner mon peuple par les mensonges et les non-dits, et je ne souhaite nullement mettre à mon service des hommes qui me cacheraient des secrets susceptibles de nuire à mon émirat. Je vous invite donc, mon ami, à me révéler tout ce que vous désirez cacher à mes concitoyens. »

Il leva un bras pour englober les murs de la pièce et poursuivit sa tirade.

« Maswad est le royaume de la rédemption et du pardon. Ici, les hommes peuvent laver leurs crimes et leurs méfaits s’ils sont réellement sincères, puis débuter une nouvelle vie et réparer les erreurs du passé. Je ne dis pas que j’oublis les fautes commises par chacun par le passé, mais ce n’est pas une raison pour juger un homme. »

Pendant un court instant, i les sentit l’âme d’un philosophe et déclara une citation du pays qu’il affectionnait. D’un air énigmatique, il déclara :

« Le passé appartient à l’histoire, le futur reste un mystère. Mais aujourd’hui est un présent. »

Il passa sa main sur sa barbe et laissa le jeune commandant des archers impériaux analyser cette phrase. Mais le sens n’allait surement pas lui échapper : l’homme pouvait changer son histoire par ses actes présents. Le choix lui appartenait donc.

« Et pitié, ne dîtes plus jamais qu’une relation avec un étranger risque de poser problème avec mon peuple. Épargnez-moi votre perception de la politique, elle est bien différente de la notre. Ici, le peuple ne se soulève pas pour une raison aussi banale. Il existe un lien de confiance entre le seigneur et ses protégés, et chacun sait qu’il peut compter sur l’autre. C’est ainsi que ça se passe à Maswad, alors croyez moi quand je vous dit que qui que vous soyez, cela n’affectera nullement mes relations avec mes citoyens. »

Une lueur brilla dans les yeux d’ambre de l’émir, lourde de sens, lorsqu’il ajouta d’une voix assez froide pour un personnage aussi chaleureux :

« Sauf si votre passé est aussi terrible que celui des pires monstres qu’a engendré cette terre. »

Et priant pour que ce ne soit pas le cas, car sinon la salle du trône allait être maculée du sang des étrangers.

L’émir s’affaissa sur son trône de bois et soupira, semblant plonger dans les contemplations de son esprit cosmique à la manière de ces moines cherchant la sagesse dans la méditation.

« Je vous écoute, Trataïr Erubon. Parlez franchement et n’omettez aucun détail. Si vous désirez réellement mon amitié, privilégiez la vérité et racontez-moi tout. Je vous promet en échange que ma confiance vous sera acquise. »

Du moins, en partie, pensa le prince du désert en fixant les yeux perçants de son interlocuteur, attendant sa réponse. Il revenait à présent au héros de l’empire de révéler son identité au seigneur des lieux, ou de la lui cacher … au risque de s’attirer la méfiance du libérateur de Feu.




Lun 17 Aoû - 16:22
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Ce n’était guère étonnant que le seigneur Sahawiien réagisse aussi mal à la proposition de Trataïr. Sur ces terres qui n’ont pas connues beaucoup de guerres, le mensonge était prohibé à tous les niveaux. Il ne se rendait pas compte à quel point un seigneur puissant devait mentir à son peuple pour garder celui-ci calme et coopératif. Enfin… il apprendrait avec le temps. Lorsque ses idéaux finiront par le blesser gravement, aussi bien dans sa large stature que dans son esprit intègre, il changerait certainement d’avis quant à ce qu’il faut dire et ne pas dire à son peuple. Mais aujourd’hui, il fallait jouer son jeu, ou du moins essayer de faire passer la pilule un peu plus doucement. Il fallait être éloquent, rusé, diplomate, et surtout patient. L’esprit de l’émir était, il faut l’avouer, aussi droit et solide qu’une colonne de marbre, ce qui rendait les choses plus difficiles lorsqu’il s’agissait d’user de moyens moins… directs.

Le visage d’Al-Mansur évolua de façon presque inquiétante. L’ancienne chaleur qui émanait de son sourire carmin, de ses yeux ambrés et de ses cheveux corbeaux fut remplacée par un froid dur et impitoyable. Cet homme avait la rancune facile, c’était certain. Chaque erreur était payée, et aucune n’était oubliée. Le commandant bénit tous les dieux d’avoir avec lui un diplomate hors-pair. Le jeune Manur allait être plus indispensable que prévu. Trataïr savait que, tout comme lui, le jeune homme analysait avec application chaque mot qui sortait de la bouche du seigneur. Tissant au fond de son esprit éclairé une toile de plans et de stratégies minutieuses pour parvenir à calmer l’émir et à le convaincre des bonnes intentions de la petite troupe. Mais quoi qu’il imagine, il y avait un facteur commun des plus dommageables. Il fallait dire la vérité à cet homme. Il fallait lui avouer prestement l’identité de ses interlocuteurs. Mais là où l’éloquent Terrien pouvait intervenir, c’était dans la forme de ces aveux. Il fallait les tordre, les envelopper, les embrumer pour qu’ils soient les plus doux possibles aux oreilles de Al-Mansur.

De leur côté, les deux guerriers qui accompagnaient Trataïr se mettaient de plus en plus sur leurs gardes. Balayant la pièce de quelques regards furtifs pour essayer de repérer issues et pièges, d’analyser la posture des gardes, leurs points faibles. Il était bien sûr suicidaire de tenter de les affronter, mais au cas où le triste sort frapperait la troupe de son regard inquisiteur, ils devaient se débrouiller pour faire couler le maximum de sang sur les pavés de marbre. Et ils y parviendraient, coûte que coûte. Mais pour le moment, ils restaient aussi tranquilles que l’exigeaient les politesses élémentaires face à un noble.

L’elfe au visage de marbre n’esquissait même pas une moue nerveuse pour illustrer le malaise dormant qui s’était installé dans la pièce alors que le Doré continuait sa tirade philosophique sur les valeurs pluri-centenaires du peuple de Maswad. Ce véritable message de propagande masqué en longues proses romantiques faillit arracher un sourire à Valor qui considérait depuis longtemps que les valeurs d’une société n’étaient qu’affaire de siècles, voir même de décennies. Ça faisait bien peu pour prétendre à la noblesse d’un peuple. Comment savoir si, avant de se proclamer les rois de la justice et de la vérité, les Maswadites n’étaient pas que de vulgaires bandits qui s’étaient organisés en une communauté plus complexe pour survivre aux assauts des tribus locales ? On ne pouvait être sûr que, à la mort de l’homme qui dirigeait ces terres, le peuple ne commence pas à devenir fou à cause de la soudaine liberté qui s’offrira à eux. Ils basculeront dans l’anarchie et la barbarie et commenceront à sombrer dans la décadence la plus absolue et à détruire minutieusement chaque brique de la tour qu’avait bâti leur ancien seigneur. Cette tour composée des plus nobles principes, de la justice la plus solide et des règles les plus strictes. Ce monument s’effondrera aussi facilement que s’il avait été fait de cartes. Voilà le futur de chaque nation, voilà ce qui attend ce peuple dit « noble ». C’était en tout cas l’avis de Valor.

Quant à Zahidà, elle respectait profondément les valeurs de la société qui l’avait vu naître. Et même si elle ne le montrait pas, elle était on ne peut plus d’accord avec Al-Mansur. Néanmoins, elle n’avait qu’à poser le regard sur le visage du commandant pour se rappeler à son devoir et promettre silencieusement que, aussi d’accord qu’elle était avec les principes de Maswad, elle saignerait à blanc chaque personne qui oserait s’attaquer à l’Empire et à ses dirigeants. Elle demeura donc les yeux clos, la tête baissée, en quête d’une certaine paix au fond de son esprit partagé. L’elfe remarqua immédiatement son expression sombre et décida qu’il aurait une petite conversation avec elle une fois qu’ils auraient un moment à eux. Mais pas maintenant, maintenant était le temps des révélations, pas des lamentations.

Une fois que le Doré eut fini son interminable tirade, Trataïr ne pipa mot. Il avait perdu son rictus pour une expression plus dure, plus sérieuse, bien plus sérieuse. Ses yeux couleur d’émeraude ne cessaient de scruter le visage sombre de l’émir. Croisant parfois son regard fiévreux et légèrement hautain. Il cherchait ses mots, comment faire pour se présenter sans tout de suite se retrouver avec une hallebarde dans le ventre ? Mais il n’y parvint pas. Il avait beau chercher, il ne parvenait pas à trouver le meilleur moyen d’avouer à Al-Mansur qu’il était l’un des plus importants soldats de l’Empire. Un Empire qui tentait depuis longtemps de faire main-basse sur les terres du Doré, et même de toutes celles qui l’avoisinaient. Finalement, et au grand bonheur du commandant, ce fut Manur qui prit la parole. Sa voix ne tremblait pas d’un pouce, il était parfaitement calme et maître de ses mouvements et de sa voix. Cette aisance orale ravi Trataïr qui se promit de récompenser le jeune homme comme il se devait une fois qu’ils seraient un peu plus libres de leurs mouvements.

- Votre seigneurie, vous avez raison. Il est temps pour nous de faire tomber le masque. Je suis Manur Jecen, ancien cuisiner d’une caserne militaire à Sen’Tsura. Lui c’est Valor Iliniel, un guerrier courageux venu des forêts mystérieuses de Drayame. Et enfin elle, c’est Zahidà Souhayr, originaire de ces terres arides, mais qui officie désormais dans l’armée impériale. Tous les trois, nous avons un point commun. Nous sommes sous les ordres de l’homme qui est en face de vous. Trataïr Erubon, commandant de l’archerie du glorieux Empire d’Aile Ténébreuse. Vous n’avez pas en face de vous un mercenaire, vous avez en face de vous un héros de guerre.

Sur ces mots, le commandant ainsi présenté se leva pour regarder l’émir de Maswad dans le blanc des yeux. Il arborait toujours cette même expression sévère, mais une étrange mélancolie transparaissait dans ses yeux verts.

- C’est vrai, je suis plus qu’un simple mercenaire, mais sachez qu’en ces lieux je ne suis rien d’autre. Je ne souhaitais pas, et ne souhaite toujours pas, fouler le sol de Maswad en tant que commandant impérial, car cela m’obligerait à faire certaines choses et à ne pas en faire d’autres. Si je vous ai caché mon identité, et si je veux la cacher à votre peuple, c’est parce que mon nom au sud d’ici est synonyme de destruction pour tous ceux qui défieraient l’Empereur. Je vais vous avouer quelque chose. L’Empire veut vos terres. Il veut tout, et l’obtiendra si l’on ne fait rien !

L’expression de l’archer frisait presque la rage tant il croyait en ce qu’il disait.

- Si je suis venu ici, c’est pour aider à mettre à la tête de ce pays un homme capable de faire de Feu une nation indépendante de l’Empire. Qui ne se laisserait pas corrompre ni vaincre. J’ai rencontré nombre de vos sujets qui ont vécus sous la coupe des pirates d’Abran Kaï en tant qu’esclaves. Ils se réveillent chaque nuit en pensant à cela. Je ne veux plus voir ça dans leurs yeux… Si vous pouvez m’assurer que vous ferez tout pour que plus aucun Maswadien ne doivent porter la sinistre marque des esclaves d’Abran… vous aurez mon soutien indéfectible.

Son souffle était désormais bien plus intense. Ses pupilles luisaient d’une lueur ardente. Il n’y eu plus un bruit dans la vaste pièce du palais. Rien. Pas même un tintement d’armure typique du comportement d’un garde qui s’ennui et qui donc bouge légèrement pour ne pas se transformer en statue. Le commandant attendit quelques instants avant de reculer d’un pas.

- Néanmoins, je ne pourrais vous l’offrir que sous un autre nom. C’est ma seule exigence.

Sa voix était bien plus calme et posée qu’avant. Il ne dit plus rien d’autre et se rassit sur les confortables coussins. Continuant à dévisager l’émir qui devait maintenant décider si il offrirait à cet homme une accolade ou une corde pour le pendre.


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Lun 17 Aoû - 18:29
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Les yeux d’Al-Mansur étaient tels deux tisons ardents scrutant de leur brûlante puissance le lycan, le bombardant d’une ardente majesté. L’émir commença à tapoter des doigts contre son siège, attendant patiemment la réponse du soi-disant mercenaire qui semblait hésiter à donner sa réponse. Quel genre de secret cachait Trataïr ? Le seigneur de Maswad commençait à se demander si ce n’était pas un assassin à la solde de quelques rivaux sans scrupules. Si c’était le cas, Al-Mansur n’avait qu’à lever la main au moindre signe avant coureur d’une quelconque traîtrise pour que sa garde chérifienne, élite parmi l’élite de Feu, mette brutalement un terme à la vie des odieux criminels dans un balais d’hallebardes et de cimeterres aussi aiguisés que les griffes d’un dragon. Mais son instinct lui murmurait, dans sa sagesse, que cet homme n’était pas une mauvaise personne aux noirs desseins.

Curieusement, ce ne fut par le chef du groupe qui parla mais plutôt un de ses hommes, un humain à l’apparence calme et sereine malgré leur délicate position. Une petite envie de faire taire ce garçon trop confiant s’insinua dans l’esprit de l’émir, mais il préféra écouter cet audacieux aventurier qui semblait mieux maîtriser le domaine des conversations diplomatiques que son supérieur.

Et c’est ainsi que la vérité fut. Le dénommé Manur se disait être un cuisinier de Sen’Tsura, bien que Al-Mansur se disait qu’il cachait autre chose. L’origine du second n’était guère une surprise, de même que la jeune femme. Par contre la révélation concernant l’identité de Trataïr surprit profondément l’assemblée. Pire encore, le malheureux avait prononcé ce que tout Maswadite répugnerait à entendre : un éloge (aussi court soit-il) à l’Empereur. C’est un miracle si Al-Mansur n’afficha une mine dédaigneuse en entendant cela. Et déclarer l’Empire comme une glorieuse nation était ridicule. C’était un royaume forgé dans le sang, les massacres et les atrocités. Il n y’avait rien de glorieux dans cette interminable liste de meurtres et de destruction commis en l’honneur d’une idéologie aussi absurde que barbare.

Certains gardes jetèrent des regards lourds de menaces au petit groupe, et leur position se fit plus défensive. Les Maswadites n’oubliaient pas. Ils n’oubliaient jamais. Le souvenir de l’an 107 restait gravé dans leur mémoire comme celui où ils luttèrent avec acharnement contre l’envahisseur. Ce fut une amère victoire qui avait forgé un peu plus le caractère hostile envers l’Empire.

C’est à ce moment là, alors que l’émir ruminait ses pensées, que le commandant des archers se releva. Ses gardes les plus proches abaissèrent instinctivement leurs armes d’hast, prêts à embrocher le malheureux s’il osait se jeter sur leur souverain. Mais l’impérial débuta un long discours qui intéressa Al-Mansur.

Trataïr communiqua son profond désir d’aider l’émir à unifier Feu afin d’épargner à ce bon peuple l’horreur de l’esclavage et les immondes persécutions que promettait le règne d’Aile Ténébreuse sur le pays. Voilà qui était bien dit.
L’émir se releva d’un air solennel, surmontant l’ensemble du groupe de sa taille, ses hommes s’approchant un peu de lui pour lui accorder une protection optimale. Il tendit les bras dans une attitude de paix, laissant un long silence s’installer, lourd de suspens. Puis il déclara d’une voix qui avait reprit son ton doux et amical.

« Soit. Tes paroles m’ont l’air sincère, et je te crois. Le fait que l’Empire désire s’emparer de mes terres et mettre un terme à ma volonté de libérer ce monde du chaos qui le ronge n’est un secret pour personne. Si tu désires réellement m’aider en luttant contre ton propre camp et à défendre les faibles contre l’oppression et la tyrannie, alors tu as toute ma gratitude. »

L’ambiance avait reprit des couleurs, et les gardes se firent moins méfiants à mesure qu’ils relevaient lentement leurs hallebardes et lâchaient discrètement les poignées de leurs larges cimeterres.

L’émir s’approcha jusqu’à atteindre le commandant, face à face. Puis il déposa une main paternelle sur son épaule droite et lui souffla.

« Tu joues un jeu dangereux, mon ami. L’Empire risquerait de t’en vouloir à mort si jamais il apprenait que tu désires m’aider à me défaire de son emprise. Voilà pourquoi j’ai décidé d’accéder à ta requête et de t’accorder une nouvelle identité, un nouveau passé et une nouvelle vie. »

Il lui sourit doucement avant de relâcher sa prise et de déclarer à voix haute.

« Messieurs, si les dieux le veulent, nous pourront combattre ensemble pour un avenir meilleur. Je n’ai de plus profond désir que de sauver ce monde quel qu’en soit le prix. Qu’importe le temps qu’il faudra, je ne veux plus jamais voir de veuves, d’orphelins, de blessés de guerre ou toute autre malheureuse personne victime de la tyrannie des puissants. Et qui sait, peut être que notre ardente volonté permettra de sauver des vies et de délivrer des innocents. »

Il reportât son attention sur chacun des membres de la petite troupe impériale et dit d’une voix solennel :

« Jurez-vous sur l’honneur et sur vos dieux que vos intention sont nobles et que votre désir de m’aider dans ma quête est pur ? Jurez-vous de défendre le faible et l’opprimé, d’affronter le mal et de pourfendre toute menace ? »




Mer 19 Aoû - 10:23
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Les deux flamboyantes âmes se dévisagèrent longuement. Trônant au milieu de la pièce comment autant de flambeaux, prêts à guider le peuple de Maswad vers un plus glorieux avenir que celui que leur réservait l’Empire. Chacun brûlait en son for intérieur, même si le commandant impérial l’exprimait peut-être davantage que le seigneur Sahawiien. Mais cela n’empêchait pas à ses trois subordonnés de le regarder avec une certaine admiration dans le regard. Ils s’étaient brièvement inquiétés de leur sort lorsque la dizaine de gardes postés autour d’eux pointèrent leurs redoutables hallebardes sur chaque membre du petit groupe. Un mot de trop de Trataïr et ils finissaient tous empalés en quelques instants.

Mais la tension retomba finalement à mesure que les mots de l’archer pénétraient les pensées de l’émir Maswadite. Il semblait enfin convaincu des bonnes intentions du jeune homme. Il exprima sans ambages son profond dégoût pour l’Empire et l’homme à sa tête. C’était, certes, compréhensible, mais chacun des « mercenaires » présent en prit quand même un coup sur le cœur, car ils restaient néanmoins de fervents serviteurs de la grande Aile Ténébreuse. Ils comptaient aider Al-Mansur, oui, mais abandonner l’Empire, jamais. Mais il ne fallait plus rien dire, ni rien faire, et laisser le commandant gérer les termes de leur alliance providentielle.

Al-Mansur El-Dahabi cru aussi bon de prémunir Trataïr de la folie de son acte, et des périls qu’il encourait si les dignitaires de l’Empire apprenaient sa trahison. C’était fort aimable de sa part, mais si l’archer n’avait pas mesuré tous les risques de sa manœuvre, il ne serait certainement pas en face du seigneur pour lui en parler. Il connaissait parfaitement les risques et y était préparé.

- Si seulement ce n’était que la mort qui m’attendait…


Il avait prononcé cela d’une voix étonnamment tranquille presque résignée, habituée à évoquer ce genre de châtiments. Avec patience et attention, il écouta le reste de la tirade de Al-Mansur qui, décidemment, affectionnait énormément ce genre de discours galvanisants et emprunts d’un certain fanatisme à l’égard d’une quelconque déité ou force supérieur. Comme à son habitude, Valor ne fit aucun commentaire, mais dans son esprit ancien, il ruminait bien des vilipendes à l’encontre de ce souverain idéaliste.

La tirade manichéenne et solennelle s’acheva sur une demande de serment de la part de chaque membre de la petite compagnie. Cette dernière laissa la demande de l’émir retomber quelques instants dans la pièce, comme si elle n’avait aucunement produit l’effet voulu. Puis, dans un même mouvement parfaitement coordonné, ils s’agenouillèrent devant le Doré. Posant leur main gauche contre leur ventre et leur main droite au sol, ils prêtèrent serment.

- Nous le jurons, Al-Mansur El-Dahabi, émir de Maswad, dit « le Doré ». Tu as à ta disposition toute notre énergie et notre confiance et nous te servirons jusqu’au bout de notre tâche et sans faiblir.

Ainsi ils avaient parlés. Pendant un moment qui paraitrait interminable pour les personnes que cela ne concerne pas, les quatre nouveaux serviteurs d’Al-Mansur conservèrent cette posture solennelle. Puis ils se relevèrent d’un même mouvement, si lentement que le temps semblait ralenti, mais le sable tombait toujours à la même vitesse, la troupe voulait simplement marquer les esprits des personnes présentes. Trataïr conservait son allure noble et disciplinée. Son regard ne cessait de rencontrer celui de l’émir, auquel il tendit une main gantée de cuir.

- Mon ami, ma lame est à votre service.

Il avait retrouvé son étrange rictus bienveillant, mais avec une touche de mélancolie certaine. Qu’allait-il advenir de lui ? C’était maintenant que tout se jouait.


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