Terra Mystica

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 Chat échaudé craint l'eau froide.

 
Dim 24 Aoû - 15:14
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Depuis l’automne, la rumeur bruissait. Ce n’étaient que des chuchotements de couloirs, des murmures d’escaliers, des confidences échangées à voix basse entre les domestiques qui se taisaient quand ils voyaient venir leurs maîtres. Des mots, des chuchotis, toujours les mêmes : « as-tu vu passer le grand homme pâle ? » Mais les gens de Svarholt plus encore que leurs concitoyens Salinéens sont d’une nature superstitieuse et nombre d’entre eux voient des esprits en chaque chose, ou presque. Rien d’étonnant alors à ce qu’ils croient voir aller et venir un étrange inconnu dans les couloirs du château, de cette vénérable demeure aux murs imprégnés de sang, de larmes, de souvenirs sans nombre. De ce qu’il pouvait être, en revanche, personne ne pouvait dire vraiment. Peut-être un spectre, une âme errante, quoique les mines réjouies de certaines parmi les plus accortes et les moins farouches des femmes de chambre de la maisonnée en dissent long, semblait-il, sur la matérialité dudit prétendu spectre.

Sigrid ne prêtait pas trop d’attention à ces bruits de couloirs : il y en avait toujours. Sa demeure était grande, mais point assez pour donner assez d’espace à chacun, et comme toute population réduite à vivre entassée entre quatre murs, les ragots allaient toujours bon train et il y avait toujours un sujet assez important pour faire s’agiter les mauvaises langues. Et puis, elle avait d’autres chats à fouetter que de se préoccuper des rondes nocturnes d’un quelconque esprit mystérieux. Et puisqu’on parlait de chat...

La jeune femme ne put s’empêcher d’esquisser un sourire en voyant passer la petite Isolde, quatre ans et déjà de la suite dans les idées, avec dans les bras le matou noir qu’elle et ses sœurs avaient adopté il y avait de cela quelques mois. Que les rumeurs de hantise et l’apparition soudaine du chat dans le cercle familial aient mystérieusement coïncidé, à quelques jours près, ne semblait avoir alerté personne. De toute manière, il y avait déjà des meutes entières de félins à demi sauvages qui vivaient à l’année dans les greniers, alors un élément de plus ou de moins... Et puis, Isolde et ses sœurs avaient hérité de cet amour familial pour tout ce qui va sur quatre pattes et porte une fourrure qui se prêtât aux caresses. Leur interdire d’adopter un animal quelconque était un exercice de haute volée, car hélas, l’entêtement leur était aussi passé dans le sang. Même la propre sœur de Sigrid, Adelheid, avait fini par se prendre d’affection pour le matou et s’occupait de lui lorsque ses enfants négligeaient des tâches aussi accessoires que de le nourrir. Il faisait à présent partie du décor, et plus d’une fois Sigrid l’avait trouvé errant dans sa chambre, ou occupé à fouiner près de son lit, sans doute dans l’espoir d’y trouver une place confortable pour dormir. Elle, comme tous les autres, avait fini par se faire à cette présence silencieuse qui filait parfois le long des murs comme une ombre chinoise sans objet ; les animaux n’étaient pas rares, dans leur demeure, on savait leur faire un peu de place, et supporter les désagréments qui allaient forcément avec la cohabitation d’humains et de bêtes diverses.

Sigrid émit un claquement sec de la langue quand un des molosses releva le nez pour grogner à l’adresse du chat qu’Isolde serrait toujours contre elle, comme sa peluche favorite. Le chien souleva les oreilles et se le tint pour dit, mais continua à fixer le matou d’un regard qui signifiait bien qu’il avait fort intérêt à rester dans les bras de la fillette s’il ne voulait pas se faire mâchouiller l’arrière-train. Les chats de la maisonnée avaient vite développé une forte capacité à échapper aux mâchoires imposantes des mâtins qu’élevaient les châtelains, et le nouveau venu avait fort intérêt à en faire de même, s’il tenait à sa place, et à sa peau. De ce que Sigrid avait pu comprendre du récit qu’en firent ses nièces, elles avaient trouvé la pauvre bête tremblante de froid sous la pluie. À l’orée de l’hiver, il était fréquent que des animaux de toutes sortes se voient ainsi recueillis par les fillettes, alors que son unique neveu Eivar n’était pas en reste pour ce qui était de prendre soin des bêtes malmenées par le froid. L’hiver était toujours la saison où la maison était remplie de toutes sortes d’animaux plus ou moins invités venus profiter d’un peu de chaleur et des restes de nourriture. Les chats étaient pour leur part plus que bienvenus, compte tenu de la population de rongeurs.

C’était Helga, l’une des aînées de la fratrie, qui avait donné un nom au nouveau venu : Svart. Quoi que plus logique pour un chat noir ? Il y eut pourtant de violents débats internes pour savoir qui, et comment devait-on le nommer. Isolde, la plus jeune, n’avait rien dit, ou presque, comme toujours. Des quatre sœurs, elle était celle qui ressemble le plus à son père ; noire de cheveux et blanche de peau, il était indéniable qu’elle fût du plus pur sang de Svahrolt. Sigrid savait qu’elle avait secrètement la préférence de son père et de son oncle, mais n’en disait rien. Le reste du temps, elle effrayait un peu ses nourrices et ses camarades, ce qui semblait la faire rire. Brunehilde avait proposé une foule de noms tous plus sinistres les uns que les autres, faisant preuve d’une imagination étonnante pour son jeune âge. Elle était toujours ainsi, de toute manière. Comme le reste de la famille, elle avait le même visage osseux et la chevelure noir de jais, mais il y avait dans ses yeux bleu vif quelque chose d’étrange, presque évaporé. Elle était toujours un peu ailleurs, comme l’oreille tendue à d’autres voix que celles des humains. Helga et Astrid, enfin, avaient tranché en qualité de filles aînées — derrière Eivar, bien entendu, mais l’avis de celui-ci ne comptait jamais beaucoup à leurs yeux. Helga avait parlé, et Astrid avait acquiescé, comme toujours. Les deux jeunes filles d’à peine dix ans promettaient d’être des maîtresses femmes qui associaient le caractère impossible de leur famille maternelle à ce grain de folie qui caractérisait celle de leur père. Difficile d’en faire de douces maîtresses de maison, à n’en pas douter... Et à l’esprit vif, à la répartie sans faille, les deux sœurs ajoutaient une endurance physique bien prometteuse. C’étaient donc elles qui avaient tranché, et décidèrent que, tout noir qu’il était, Svart serait le nom donné au matou qu’elles avaient adopté.

Toutefois, à leur grand désarroi et au contraire de beaucoup des animaux qu’elles décidaient de prendre sous leur aile, Svart semblait préférer d’autres endroits pour y dormir et affectait tout particulièrement la chambre de leur tante. Plus d’une fois, Sigrid l’avait vu se faufiler chez elle pour venir se pelotonner sur les couvertures de son lit, au grand désarroi de Njörd, son chien favori, qui n’avait jamais eu ce privilège. Le matou avait réussi à se montrer plus obstiné que Sigrid qui avait fini par ne plus se soucier de cette boule de poils qui faisait ses griffes sur les montants de son lit. Il semblait également s’être pris d’affection pour Adelheid, et partageait son temps entre l’une et l’autre au gré de ses caprices de félin. Il fallait préciser cependant que Helga, Astrid et leurs jeunes sœurs avaient une manière très particulière de s’occuper de leurs animaux, qui faisait qu’elles oubliaient fréquemment de les nourrir. C’était donc à leur mère que revenait le soin de veiller à ce que personne ne meure de faim. Bien plus accueillante que sa sœur aînée, elle laissait souvent Svart se lover sur ses genoux ou faire de longues siestes sur elle. Son mari plaisantait souvent en disant qu’il aurait aimé lui aussi être un chat pour avoir le loisir de venir ronronner dans son giron...

Les mois étaient passés, Svart persistait à faire son nid dans les draps de Sigrid et à souffler au nez de son chien, un spectre pas si immatériel que cela hantait toujours les couloirs, et l’hiver coulait son train de neige et de frimas, glissant ses doigts gourds dans le moindre interstice pour faire souffler de subtiles bises glacées jusque sous les fourrures et les lainages.

Un soir, ayant bu bien plus que de raison en compagnie de ses amis et de son beau-frère, elle était encore occupée à vaciller un peu dans les escaliers obscurs de ses appartements, collée au froid mur de pierre pour conserver un équilibre suffisant, quand elle aperçut quelque chose, quelques marches plus haut. Un rayon de lune se faufilait par une lucarne vitrée, se reflétait vivement sur la neige qui s’y amassait et venait frapper de plein fouet le mur juste en face. Là, dans le rayon d’argent pur qui perçait l’ombre d’un flot clair, elle vit une ombre passer, et soudain une peau livide refléta la lueur, et elle put distinguer une silhouette indéniablement humaine qui venait de s’arrêter face à elle, juste entre la lumière et l’obscurité, si bien qu’elle ne put distinguer clairement ses traits, sinon ses yeux sombres pris dans un infime reflet. Elle ne dit mot, surprise, se demandant si son esprit embrumé d’alcool ne lui jouait pas des tours, et le temps qu’elle réalise ce qu’il y avait face à elle, l’apparition avait disparu. Sigrid cligna des yeux dans la pénombre, et n’entendit rien d’autre dans la nuit que le sifflement du vent, et, peut-être, quasi inaudible, le soupçon léger d’un pas qui s’en allait sur les planchers usés... Mais après tout ; il y avait bien des gens de passage ou non dans sa demeure, des valets, des serviteurs, des invités subreptices de coucheries secrètes, alors, pourquoi penser que le fameux fantôme fut réel ?

Au matin, elle se souvenait à peine de l’incident, et le tenait pour un rêve éveillé causé par l’alcool et la fatigue. Le spectre, ou prétendu tel, ne se remontra pas durant un long moment, même si les rumeurs persistaient.

C’est un soir d’hiver que Sigrid eut la certitude absolue que ce qui hantait ses couloirs nuitamment était bel et bien de chair et de sang. C’était le repas du soir, et la grande salle bruissait d’agitation, de rire et du bruit des conversations qui allaient bon train autour des foyers et des tables. Sigrid et ses proches étaient attablés dos à la cheminée, et elle siégeait entourée de son beau-frère Svenn, de sa sœur et de leurs enfants. L’aîné, Eivar, était assis entre sa tante et son père, fier comme un pape, quoique les joues barbouillées de gras, tandis que Helga et Astrid, les jumelles de deux ans ses cadettes, étaient assises près de leur mère. Isolde et Brunehilde, les deux plus jeunes, avaient pour leur part quitté leur place et s’amusaient à ramper sous les tables, crottant consciencieusement leurs robes de gras et de restes de nourritures jetées aux chiens. Constatant une activité suspecte à ses pieds, Sigrid souleva légèrement la nappe pour trouver, assises par terre, les deux fillettes occupées à jouer avec le chat noir dont elles s’étaient entichées. Elle esquissa un sourire et adressa quelques mots à Adelheid pour lui signifier qu’aucune bêtise n’était en cours et que le repas avait encore une chance de se dérouler paisiblement.

Ce ne fut hélas pas le cas lorsqu’un choc sourd résonna sous la table et souleva brièvement le plateau de ses tréteaux. Une cascade de glapissements et de cris résonna d’un bout à l’autre, tandis que les coupes, les plats et les assiettes s’entrechoquaient et se renversaient sur les genoux des convives. Sigrid s’écarta prestement tandis que Svenn remettait le plateau en place, au moment où Isolde et Brunehile venaient se réfugier près de leur mère. C’est sans doute à ce moment-là que la jarl réalisa qu’il y avait un troisième invité sous la table... Elle plongea un bras sous la nappe malmenée et tâtonna un instant jusqu’à refermer la main sur ce qui avait tout l’air d’être une nuque chevelue. D’une poigne de fer, elle la tira vers elle et extirpa l’invité surprise pour le forcer à se mettre debout devant elle. Une vague d’exclamations mi surprises mi-moqueuses se propagea dans la salle et quelques sifflets rigolards fusèrent çà et là. L’animation soudaine avait attiré l’attention de tous les convives, et certains de ceux qui avaient tiré la lame la rangèrent aussitôt en constatant qu’un homme maigrelet et manifestement nu comme un ver ne pouvait décidément pas représenter un grand danger. Svenn gardait toutefois son coutelas à viande bien serré au creux de son poing massif, et Adelheid fixait l’étranger avec la mine suspicieuse de celle qui est persuadée d’avoir déjà entrevu ce type d’anatomie quelque part.

Une autre servante semblait avoir reconnu le personnage, et se mordit les lèvres dans un petit sourire.

— Eh bien, drôle de manière de s’inviter à ma table, lança Sigrid de sa voix traînante, tenant toujours fermement l’étranger par la nuque. C’est jour de chance pour toi, je suis d’humeur à te laisser une minute pour expliquer ce que tu fais là.

Elle plissa soudain les yeux lorsqu’un souvenir très vague lui revint en mémoire.

— Ton visage ne m’est pas inconnu, l’étranger.

Elle avait sifflé ces paroles à voix basse, mais n’ajouta rien de plus et se contenta de resserrer un peu sa prise sur l’arrière de son cou, exactement comme le ferait un oiseau de proie qui tient sa victime entre ses serres.


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Lun 19 Jan - 20:13
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Suite à une vision du joueur totalement opposée à la mienne. Je souhaite annuler ce RP, n'ayant pas envie que part inadvertance, un personnage à pouvoir puisse mettre fin à ma fiche. Une épée qui glisse pour satisfaire ce besoin de massacrer du PJ, ca va tellement vite.

En vous remerciant de votre compréhension.




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