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 Entre ombres et chimères dansantes sous l'éclat lunaire de vestiges oubliés.

 
Lun 11 Aoû - 13:21
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La lune était pleine et ronde. Haute dans le ciel. Astre plein d'éclat qui n'avait rien à envier, en cette nuit, à l'astre solaire. Mais pourtant, sous le couvert des arbres persistait des ombres. Ombres de la flore profitant des rares lueurs salvatrices de la Dame capricieuse. Fleurs fluorescentes qui ne s'ouvraient que pour charmer cette Reine de la nuit. Prédateurs et proies nocturnes qui profitaient de la lumière sacrée pour affiner leurs courses, leurs pas félins posés sur des branches déconseillés d'habitude, leur quête d'une cachette pour survivre à cette nuit. Crocs, griffes et prunelles luisant d'une lumière trompeuse voulant faire croire beauté et bienveillance pour mieux piéger les trop naïfs, les faibles, les plus téméraires d'une fin cruelle et sans pitié.

Mais la lune n'éclaire pas seulement la vie qui danse. En cette nuit, elle s'attardait d'une caresse hagarde sur la non-vie. Les objets abandonnés par les forces intelligentes de ce monde. De marbre, de pierre et de bois. Dont les secrets restent gardés par une autre Dame : Nature. Mais cette fois, les lueurs blanches de l'astre lunaire tente encore une fois de repousser les longs rideaux de cheveux de cette rivalité verdoyante afin de distinguer peut être une statue aux allures nobles. Un mur mi-effondré toujours gardien d'un jardin sacré. Une fontaine qui, malgré les âges, coule toujours dans un bassin.

Pourtant, il y a des choses qui échappent aux rayons de cette dame blanchâtre. Une petite chose noire et furetante qui se déplace avec grâce, tel une feuille silencieuse sur cette rivière faites de vert et de bruits d'animaux. Son chemin sinueux n'est jamais droit, jamais parfait. Comme si elle représentait un lion tournant autour d'une lionne pour la charmer. Mais qui est cette lionne ? S'évertuant à esquiver la clarté lunaire pour rester dans l'ombre protectrice l'ont pourrait croire qu'il s'agit de la lune. S'égarant à prendre les chemins les moins attendues, ont pourrait croire qu'il s'agit des branches et les pierres qu'elles gardent formant le mur de ce jardin. S'attardant à observer ce jardin perdu en se reposant sur ses pattes arrières, l'ont pourrait penser que cette dame est cette ruine oubliée. S'approchant de ce bassin, assoiffée, l'ont espère que cette dame est cette statue de femme, en marbre, qui n'a rien perdue de sa beauté, ni de son chant, figée dans une position de récital. Ode oubliée et silencieuse en l'honneur de l'astre qui l'éclaire en cette nuit. Seul vestige témoin d'une époque passée.

Mais est ce vraiment une époque révolu ? N'est ce pas plutôt l'imagination des Hommes qui travaille quand elle voit ce lieu aux allures mortes et oubliés de tous ? Est-il vraiment oublié ? Doit-on se cloisonner aux modes de vie des Hommes ? Les êtres aux oreilles pointues nous répondrez par la négation. Car pour eux, ce jardin est un lieu de paix en harmonie avec la nature. Un jardin qu'ils aiment apprécier quand la dame capricieuse l'éclaire de ses douces lueurs. Sur une temporalité elfique, ca sous-entend, chaque jour. Ou plutôt chaque nuit. Entre ombres et clartés. Guidée par les trois silences, ces êtres à la beauté éternelle viennent de longues heures durant méditer en ces lieux mystiques. Communiquer avec le monde, sa faune et sa flore. Après tout, ces êtres aiment les cercles de pierre et ce jardin n'est qu'un gigantesque cercle où l'ont peut s'asseoir ici et là, sur un rebord ou à même le sol pour se reposer, se sentir plus proche de la terre, fermer les yeux et parfois chanter.

Parfois, pourtant, il s'y passe des rencontres inattendues, insolites et étranges. Et en cette nuit, cette forme obscure qui se glisse parmi les ombres est comme un étranger, un voyageur se mouvant là où les siens ne vont jamais. Là où mille yeux le regardent en inclinant la tête, désappointés par sa présence, sa forme, son odeur. Là où les plus curieux plissent le regard quand les mille autres retournent à leurs occupations nocturnes. Mille questions s'évertuent à hanter leur crâne et aucune n'a de réponse. Que fait il en ces lieux ? Sa place n'est-elle pas ailleurs qu'aux abords de Drayame ? Ailleurs qu'au plus profond de ses plus grands secrets ? Qui est-il ? D'où vient-il ? Est-il un simple animal ou un réel métamorphe ? Bien des questions dont cet être n'a pas la réponse. Où en tout cas, ne peut point en formuler une seule syllabe. Car entre ses moustaches silencieuses ne sort qu'un seul chant vocal : Le miaulement.

Car il s'agit bien d'un chat glissant entre les ombres. Un félin affamé et surtout assoiffé qui mue par ses habitudes et ses frayeurs animales tente de déjouer les pièges de mère nature en bondissant sur ses branches. La flattant de ses caresses agiles pour la remercier de toujours lui offrir une alternative aux chemins les plus directs, les pus faciles, plein d'inconforts et de choses désagréables mais loin d'être les plus amusants, les plus divertissants. C'est pour cela que Sombre, tel est son nom, bondit de branches en pierres, sa queue balayant parfois une feuille gênante pour sans cesse compenser , par habitude, son équilibre quand celui ci vacille. L'habitude de danser sur un jeu de plateformes lui donnant l'impression qu'il s'agit là du chemin le plus facile en plus d'être le plus sûr pour les siens. L'envie de défier la gravité, d'approcher avec la plus grande discrétion cette dame inanimée qui garde en son sein la source de son attraction : De l'eau coulant avec art jusqu'à ce bassin à ses pieds.

Liquide précieux gardé par ce mur semblant abîmé mais toujours impressionnant que la tête sombre quitte en sautant sur une série de quelques colonnades à moitié effondrée. Pour finir par s'arrêter un instant sur le vestige d'un banc maintenant grisâtre afin de prendre le temps d'admirer cette dame de son regard perçant et doré. Assit à nouveau, d'une queue virevoltant avec une infini langueur, il passe sa langue sèche sur ses longues moustaches comme s'il était une ombre observant sans être vue une femme en train de changer de corsage. Puis, il finit enfin par sortir de l'ombre. Franchissant cette bande d'herbes et de racines éparses pour bondir à nouveau sur le rebord inégal de la fontaine afin d'arriver à hauteur du bassin. Compensant sa taille par son agilité. Puis, la posture agile, il penche la tête, tel un prédateur gardant un œil sur ce qui se passe autour de lui, tout en lapant l'eau douce et fraîche d'une petite bande rosâtre. Il épiait les fourrées en silence et avec douceur de ses yeux perçants l'obscurité. Il savait qu'il n'était pas seul en cette nuit accompagnée de cette faune vaquant à ses occupations quotidiennes et ignorant tout simplement ce chat aux pattes antérieurs jointent sur le rebord du bassin. Dans une position semi-couchée tel un félin près à bondir sur une proie ou fuir à la moindre alerte. Les oreilles attentives tournées vers les bruits intriguants. Les pattes postérieurs en position rétractées, tel un ressort près à sauter de son perchoir. Mais ce qu'il ne se doutait pas, c'est qu'il allait croiser la plus belle chose qu'il n'avait encore jamais rencontré...




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Humain

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Lun 11 Aoû - 15:01
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Les pieds nus de l’elfe repoussaient herbes et fleurs assombris par le voile gris de la nuit. Sa robe d’une blancheur immaculée combattait vaillamment les ombres, luisant presque pour vaincre ce monde qui voulait ainsi ternir sa lumineuse propriétaire. Son seul vêtement était trop simple pour avoir un port royal ; une robe épousant sa poitrine dont la forme retenait le reste de tissu végétal qui dégringolait le long de sa taille pour former des pétales, battant ses mollets à chacun de ses pas. Nul besoin d’apparats luxueux pour confirmer son titre prestigieux, au contraire de sa prédécesseure. La reine des elfes n’avait héritée de sa mère que de longs cheveux de soleil, portant en eux la magie des temps anciens, lorsque les dieux vivaient encore et que tous les miracles étaient encore possibles. Son visage aux traits fins prenait souvent un air absent, comme absorbé par le poids de son titre et de ses responsabilités, observant avec tristesse ses démons intérieurs s’entredéchirer. Il ne fallait qu’un seul mot pour réveiller le diable en elle. Un seul mot pour que les deux océans bleutés vous noie dans une de ses colères quotidiennes. Non, cette reine-ci n’avait pas la tempérance de ses prédécesseurs. C’était une beauté froide dont le cœur minuscule dans sa cangue de glace, ne battait que pour sa forêt et ses habitants.

Sur ses côtés, deux gardes elfe flanquaient leur reine, leur armure chitineuse irisée déclinait toutes les couleurs possibles sous les lueurs vacillantes de la forêt. Mais ses gardes étaient bien loin de la féérie de Flore car les imposants sabres à deux mains qu’ils maintenaient contre leur torse carapaçonné lâchaient de simple éclat métallique, prêt à trancher tout ce qui porterait atteinte à leur souveraine. A l’approche du bassin sacrée, les gardes se postèrent sans un son près de son entrée tandis qu’Elwing pénétrait dans le cercle antique.

Elfe se figea lorsqu’elle aperçut le chat noir de peur de la faire fuir. Elle l’observa pendant un temps car cet animal était plutôt rare dans la forêt. Un qui ne soit pas famélique du moins. Elle s’approcha de lui et lui glissa quelques mots dans son langage musical. L’elfique avait le don de calmer les animaux car ses notes étaient une berceuse universelle aux tons d’une douceur sans pareil. Elwing parvint finalement à sa hauteur sans provoquer sa fuite. Elle l’attrapa et le mit à hauteur de ses yeux bleus, lui décochant ainsi un de ses rares sourires avant de le déposer sur le sol.

Reportant son attention sur les raisons de sa venue, l’elfe s’aspergea le visage de la Source d’Hiver. Elle avait toujours un mauvais pressentiment avant de toucher cette eau, comme si elle s’attendait à être brulée à son contact. Une peur stupide, mais témoin du conflit intérieur qui rongeait la souveraine. Elwing, « l’écume d’étoiles », s’agenouilla alors devant le bassin et pria. Elle voulait un signe dans le noir. Une lumière qui la guiderait vers la vérité et la délivrerait du doute.

-Ingwë, s’il y a bien une personne que tu dois guider maintenant, c’est celle qui dirige ton peuple, murmura-t-elle de sa voix mélodieuse. Mes choix sont-ils justes et sages ? J’ai tellement d’ennemis et si peu d’alliés que je ne sais pas vers qui me tourner pour sauvegarder ton royaume. J’ai prêté allégeance à l’Etranger pour te protéger de Nayris. Je me lie à la destruction pour défier la mort. Ma propre sœur m’a abandonnée et beaucoup d’elfe me renie. Montre-moi mes erreurs, ô Arbre Roi.

Elwing fit une pause à l’écoute du moindre signe de l’Arbre Roi. Ses racines s’étendaient bien au-delà d’Abyssai, jusque dans les limbes. Sa sève coulait dans les arbres qui entouraient l’elfe et sa magie circulait même en elle. Pourtant, il n’y avait que le souffle du vent dans les feuilles, le hululement d’un hibou et le frémissement des arbustes agités par des animaux invisibles. La divinité des elfes restait coite.

-Je t’en prie, Ingwë, j’ai besoin d’un guide. Ne me laisse pas seule dans le noir…


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Elfe

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Mar 12 Aoû - 4:50
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Sombre était mi-rassasié, l'oreille droite attentive se tourna vers les notes vocales et cristallines qui se glissaient en lui, comme cherchant à l'envouter d'une chaleur douce et lente que seul le miel est à même de créer. Clignant ses paupières lentement, il arrêta de laper l'eau. Comme si le bruit rythmé de sa langue râpeuse risquait de souiller ce chant si parfait avec quelques notes mal accordées. D'où venait cette voix ? Elle semblait venir de partout et nulle part à la fois dans son esprit. Les ondes se répercutant avec grâce contre les arbres, la vie et la pierre pour mieux l'étourdir. Si bien qu'il ne fit même pas attention aux gardes postés près d'une entrée du jardin. Qu'il ne vit pas la Dame s'approcher. Si elle avait peur de le faire fuir, elle avait au moins réussit à s'en approcher. Lui bercé par la magie des éternels. Relâchant peu à peu ses muscles, relâchant son corps pour poser son postérieur contre la pierre sûr laquelle il était monté, avec une lenteur du mouvement digne des plus gracieux félins. Même sa queue si pleine de vie d'habitude reposait simplement comme une liane se laissant modeler par la gravité.

Il n'eut même pas de geste de recul quand il sentit les mains douces et les gestes gracieux d'Elwing venir le saisir. Et c'est un chat complètement détendu, laissant son poids couler tel un drapé sur un portique qui s'offrit à elle. Une fourrure douce et chaude glissant entre ces doigts fins. Des pattes antérieurs tendues vers elle alors que le chat frissonnait du contact doux, encore mue par la surprise. Un frisson naissant dans sa nuque et partant dans deux sens... vers la pointe de ses oreilles et coulant vers la pointe de sa queue battant nonchalamment et avec une infini lenteur l'air à nouveau. Son regard doré aspirant la lumière issu de sa compagne de nuit reflétait un regard mystérieux, calme, apaisé. Si mystérieux qu'il aurait été difficile de le sonder. Regard qui lui sondait, sans sonder, avec silence ce regard bleuté qui l'avait dérangé. Il était froid mais de ce froid doux qui habite l’hiver et le chat fut heureux de pouvoir apprécier ce sourire qui adoucissait les traits de cette Dame semblant immaculée. Mais même si cet instant sembla durer éternellement pour son âme double, il fut aussi bien fugace et c'est en rejoignant le sol qu'il comprît que c'était fini.

Il mit du temps à s'en remettre. Ce n'est pas tous les jours qu'on rencontre un être aussi gracieuse. Il resta un instant absent, sur le sol, observant sans observer une fleur rendue fluorescente par les traits de la lune puis repris lentement ses esprits quand elle commença à parler. Il fit quelques pas à l'opposée, se cachant derrière l'arbre millénaire qui semblait protéger la statut dix fois millénaire, source de cette eau étrange. Observant, de son regard d'ambre, cette reine qui priait. Avec seulement sa tête dépassant à la lumière comme s'il préférait rester dans l'ombre.

Sombre n'avait pas eu le temps de la voir s'asperger le visage, ni s'agenouiller. Il cligna des yeux surpris de voir quelques gouttes refléter la lumière lunaire sur cette peau de nacre. N'ayant nullement envie de s'en aller ou de rassasier son ventre qui pourtant criait famine. Comme s'il se rassasiait simplement du spectacle qu'il observait à nouveau caché dans l'ombre. Il ne comprenait pas tout. N'avait pas vu la réticence à l'idée de tremper ses doigts dans le bassin. Ni la peur qui habitait l'elfe. Il l'écoutait juste chanter des paroles qu'il comprenait. Mais dont le chant mélodieux lui faisait oublier l'idée même d'essayer de les comprendre. Mais pourtant, alors qu'il s'asseyait avec une grâce lente et féline, il entendit un mot qui transperça son cœur d'une peur que même une reine n'était pas apte à adoucir : Mort.

Et c'est dans un miaulement effrayé et bas, pour ne pas déranger l'elfe, qu'il prononça : Miaa... Elle ne se rendait pas compte. Forgeronne innocente et insouciante qui réalimentait le feu de la malédiction qui habitait Sombre. Elle qui était là, à nouveau muette. Simplement à l'écoute d'un signe qu'elle penserait arriver, source d'un malentendu dû à une maudite malédiction. Et c'est dans le bruissement calme et froid des feuilles, seulement dérangé par le hululement d'un hibou, que le sang du chat se glaça littéralement. Car, alors que le chant reprenait, la Dame chantait à nouveau, avec nonchalance, un mot interdit : Noir. Et c'est alors que le silence revint que le chat su qu'il était trop tard. Qu'effrayé, il savait que le couperet allait tomber irrémédiablement sur sa nuque. Qu'il ne pourrait rien faire pour empêcher son corps de muer, se transformer par cette magie maléfique qui hantait son âme.

Il aurait voulu fuir mais ne savait pas où aller. Il avait peur que dans sa fuite quelques gardes viennent l'appréhender. Mettre fin à ses jours sous un malentendu, qu'ils viennent à croire que ce pauvre être voulait porter atteinte à la vie de la Dame, en s'étant glissé parmi les ombres, déjouant leur attention. Transperçant son âme de leurs âmes pour combler leurs blessures, celle d'avoir manqué à leur devoir, de ne pas avoir pu protéger la reine, de ne pas avoir su assurer sa quiétude éternelle. Mais il n'eu pas vraiment le temps de penser à tout ca. Car un nuage de fumée gris aux allures violacées grimpait contre l'arbre millénaire où Sombre s'était caché. Et quand il commença à devenir épais, grand et large, un POUF sonore et caractéristique viens interrompre tous chants de cette nuit. Elle voulait un signe et il ne voulait pas être le signe mais n'y pouvait plus rien.

Et alors que le nuage se dissipait, ce sont des yeux d'humains s'ouvrant comme d'un long sommeil qui se posèrent sur le bassin, dépassant légèrement de l'écorce derrière laquelle, ils étaient cachées. Révélant sans s'en rendre compte une infini chevelure d'ébène, lisse et douce qui chutait verticalement d'un bon mètre parallèlement au tronc qui abritait la nudité de son propriétaire. Car, l'homme était nu. Et sa chevelure était le seul habit qui ornait son corps. Ses traits, ornant une barbe naissante d'une mâchoire mal rasée, étaient fuyant, sa peau été légèrement dorée, comme celle de ces gens qui font pousser le raisin. Ses yeux étaient du même ambre que ceux du chat mais en plus sombre, plus profond, plus rond aussi. Ses muscles étaient fins, comme il les avait laissé quelques années auparavant. Ses courbes dansant avec sa taille. Il n'était ni massif, ni graisseux. Juste un peu plus grand que la taille moyenne. Et déjà ses pieds nus étaient chatouillés par les brins d'herbes moqueurs cherchant à révéler sa présence qui devait sûrement déjà être découverte par ces êtres aux milles sens aiguisés. Une chose est certaine, désarmé et nu, il était loin de l'équipement standard d'un assassin.

Et si il n'avait pas été découvert, son cœur s'en chargerait bien tout seul. Battant la chamade dans sa poitrine, animé par l'adrénaline soudaine nourrit par ses sens en éveil et ses questions. Il se demandait peu à peu s'il ne devrait pas plutôt fuir finalement. Mais son regard s'attardait sur la contemplation de cette dame agenouillée devant ce bassin. Il restait Homme et n'avait jamais vu une reine elfe de toute son existence. Et les elfes n'étaient pas vraiment les clients qui venaient acheter des chevaux à ses parents. Si bien que même s'il ne savait pas qu'il contemplait une reine, caché, il se rendait compte que la réalité valait mille fois tous les contes chanté sur ces peuples à la grâce infini. Et cette grâce, cette beauté crée par Dame Nature calmait peu à peu son cœur même si son esprit ne savait toujours pas comment il allait se révéler et s'introduire à cette Dame qui lui faisait face mais qui était si loin. Le bassin, la statut et l'arbre, entre eux, semblant créer une barrière infranchissable dans son esprit. Complexifiant le casse-tête, clé de son entrée, cherchant à faire une bonne première impression. Et sa nudité présente était bien le cadet de ses soucis face à sa maladresse naturelle ou son impulsivité déroutante.

Il ferma donc les yeux dans l'espoir de se réveiller d'un mauvais rêve ou de chasser ces gens qui venaient bousculer son quotidien en faisant rouler de petites pierres qui créeront sans nulle doute une fâcheuse avalanche. Ne sachant plus si la grâce des éternelles étaient un bienfait salvateur déjouant sa malédiction ou si elle allait tout simplement le mener à une autre délivrance : La mort.




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Humain

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Mar 12 Aoû - 16:49
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Elwing écoutait toujours ce que lui murmurait la nuit sans y déceler la moindre logique parmi les hasards de la nature. Soudain, un son inconnu retentit près de l’elfe. Trop différent des tons que pouvait produire une forêt pour qu’elle ne s’en alarme pas. Sortie de sa prière, son expression de nymphe implorante fut soufflée comme une flammèche trop fébrile pour être remplacée par celle d’une guerrière au cœur de glace.

Les gardes qui tournaient obstinément le dos à leur souveraine pour lui laisser son intimité, eux aussi alertés par le bruit étrange, s’approchèrent de leur reine pour chercher l’origine du bruit. Elwing avait les yeux rivés dessus quant à elle. La reine croisa un instant l’ambre des mires de l’homme qui dépassaient du tronc d’arbre derrière lequel il la fixait. Sa panique latente fit écho dans l’océan bleuté d’Elwing qui crut d’abord à une tentative d’assassinat. Une tentative minablement ratée mais une tentative tout de même.

-Sabre, demanda simplement Elwing sans lâcher l’humain des yeux.

Une lame elfique jaillit aussitôt dans la main de la reine. Il n’y eut besoin que d'un fugace mouvement de poignet pour que le dos du sabre ne fauche des jambes trop frêles et que son côté effilé se retrouve contre la joue mal rasé de l’homme. L’élégante lame avait la forme torturée d’une branche blanchie par le soleil. Sans garde, le manche suivait parfaitement la logique végétale toute en courbe et en élégance. Elwing posa un doigt sur ses lèvres de coquelicot alors qu’elle augmentait la pression de l’arme sur l’assassin, le mettant à la merci d’éventuelles coupures s’il s’avisait d’ouvrir la bouche pour parler.

Avec calme et assurance, elle s’approcha de l’homme tout en gardant la pointe du sabre sur sa figure. Celui-ci se redressa comme un levier, jusqu’à ce qu’un pied nu enjambe la figure de l’homme. Elwing se figea alors dans cette position, les pétales de sa robe venant chatouiller le nez de l’inconnu désormais à sa merci. Ses sens étaient à l’écoute d’un éventuel complice tapis dans les fourrés. Une corde qui se détend, un mouvement, n’importe quoi qui aurait trahi la présence d’un autre assassin dans les parages. Finalement après quelques minutes de silence, elle cessa de tendre l’oreille et baissa son regard sur l’homme dont la tête se trouvait entre ses deux jambes. Sans y penser, elle appuya encore sur sa joue pour lui faire détourner les yeux de ce qu’il ne saurait voir, si seulement il avait la présomption de lever les yeux sur elle. Elwing tentait plutôt d’éluder ce mystérieux phénomène qui venait de faire apparaitre un homme nu dans un bosquet des jardins royaux. Le lien entre lui et le chat semblait naturel mais pouvait être trompeur. Elle n’avait d’ailleurs aucune envie de s’épancher sur le physique agréablement original de l’inconnu, l’important était plutôt de savoir ce qu’il venait faire ici.

Elwing fit un pas sur le côté pour libérer le visage de l’homme, les pétales blancs de sa robe le frôlant à peine. Elle le fixa avec une sévérité royale. Le regard de la souveraine exprimait toute son autorité ; écrasante, impérieuse ,et brulante d’une colère sens cesse contenue. C’était une reine qui avait l’habitude qu’on exécute ses ordres à la seconde, ne souffrant aucune impertinence de la part d’une créature qui était bien loin du dixième de son âge.

-Lorsque je retirai ma lame, tu n’auras que quelques secondes de répit avant que je ne la remette sur ta joue, lui expliqua-t-elle avec un calme froid. Pendant ce laps de temps tu me diras qui tu es et pourquoi tu m’épiais. Si tes réponses ne me plaisent pas, ma lame fera plus que te menacer. Compris ?... Prêt ?... C’est à toi.

Comme promis, Elwing leva son sabre de quelques centimètres pour le laisser parler. Elle le reposerait dans quelques secondes. La force qu’elle donnerait dans ce geste dépendrait des réponses et des justifications qui lui seront données. Une chose est certaine, c’est qu’elle n’aura aucun remord à verser le sang d’un humain dans ses jardins. Pour elle, cela avait autant d’impact que d’écraser un éphémère.


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Elfe

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Mer 13 Aoû - 20:51
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Irwyn avait trop longtemps gardé les yeux fermés et il savait pourquoi il les avait fermé mais se trouvait bien bête de l'avoir fait. Mais ce qu'il ne savait pas c'est que les premières lumières qui caresseraient son regard d'or seraient les prunelles bleutées de cette Dame qui le fixait. Il en fut pétrifié... non pas de peur ou de pierre. Pétrifié par la douceur et l'apaisement qui le gagnait par ce seul regard. Et il se demandait si sans être chat, il serait capable de lui faire étirer un sourire. Elle était si belle qu'il ne pouvait l'imaginer sans sourire, s'imaginant toute la chaleur que pouvait habiter un tel visage. Mais, il n'y avait que de la glace froide et il ne savait pas quoi penser de la panique qui habitait peu à peu le visage de la Dame. Qu'avait-il fait ? Etait-il au mauvais endroit ? Avait-il entendu des mots qu'il n'aurait pas du entendre ? A mesure que les gardes approchés plus la peur prenait pieds sur son âme. Se demandant comment une voix si douce pouvait demander un sabre et pour en faire quoi ?

Il n’eut pas vraiment le temps d'y réfléchir, la lame virevoltant déjà dans l'air reflétant les éclats de la lune. Fauchant l'innocent avec adresse, ce dernier ne pu nullement résister. C'est qu'il avait les jambes frêles après tout ce temps passé sous sa forme féline. Et à chaque fois qu'une personne disait un mot qu'il ne fallait pas.. c'était toujours un peu la galère pour contrôler ses membres. Mais pourtant, il n'était plus terrorisé. Peut être à cause de la chute déconcertante sur son arrière train, poussé par cette lame à reposer son crâne contre le sol. Peut être à cause des vestiges félins encore présent dans son sang. L'animal et l'homme n'était plus qu'une même âme avec des caractères spéciaux pour chacun. Jamais sans Irwyn, Sombre ne se serait attardé à observer cette Dame prier. Jamais sans Sombre, Irwyn serait resté dans sa cachette après une transformation. Non, il aurait fuit, loin et le plus vite possible.

Allongé au sol, il observa longuement la lame qui le menaçait. Pointe appuyée avec grâce et froideur contre sa joue. Lame étrangement arrangée allant en symbiose florale avec la robe d'Elwing. S'il n'avait pas été maudit, il aurait pu rêver d'avoir envie d'une telle arme. Il ne grimaça pas, ni ne fit un seul bruit. Le visage impassible alors que ses yeux remontait longuement le long de la lame, dépassant le manche inexistant pour se river sur ce doigt fin venant mimer un geste de silence à un être qui ne parlait pas. Irwyn se demandait même s'il arriverait à parler correctement après si longtemps sans s'être exercé. Il ne connaissait pas vraiment bien le mal qui le hantait et ne savais pas ce qu'il en était précisément. Sa seule réaction fut de frissonner quand il la vit enjamber son visage de son pied fin qu'il observa de manière trop fugace à son goût. Puis, son regard s'inclina sans qu'il n'incline la tête vers l'autre mollet qui finissait d'encadrer son visage. Quel merveilleux mollet de nacre.

En tant normal, il aurait regardé sous cette robe qui le chatouillait taquinement le faisant rêver de lever sa main pour le gratter et parasiter l'information. Mais, il tenait à garder sa tête et n'allait pas tenter la mort pour avoir voulu gratter son nez. Il souffla simplement d'un souffle doux pour éloigner les pétales loin de son nez. Regardant vers le haut, mi-amusé quand il vit la brise finir le travail et lui révéler un pan des jambes de sa geôlière. Il aurait voulu s'attarder mais il savait qu'elle aurait des questions, aussi, passa t'il son regard par-dessus ces collines blanchâtres qui lui barrait la contemplation de son visage et essaya de le fixer dans ces lagons bleutés. Mais en retour, comme si elle avait entendu sa question, ayant l'air d'avoir fini d'épier les environs, elle lui offrit une caresser de drapée assez agréable... à son plus grand bonheur, il pouvait mourir heureux après ca.

Mais la mort n'était pas encore à l'ordre du jour. Comme si elle avait un poids sur les décisions de la faucheuse, Elwing l'écrasa de ce regard déversant sur lui tout les attributs royaux. Là où la pitié n'avait pas sa place. Il l'écouta avec attention, essayant de se concentrer sur ses lèvres à mesure que son discours prenait vie. Brisant le silence qui été installé entre eux depuis si longtemps et il réfléchit à sa question. Appréciant de savoir son sabre loin de sa gorge. Il voulait offrir à cette muse, une réponse digne de son rang. Son regard étant à nouveau rivé dans le sien. Il attendit qu'elle ai terminé avant d'ouvrir la bouche. C'est ainsi que d'une voix moyennement grave étonnement calme vue la situation, essayant tant bien que mal, après les années, de la rendre claire et distincte, il énonça sur le ton conté :


"Et vous, qui êtes vous ? Un rêve éveillé ? La reine des chimères ? Une envoutante muse ? Une dryade ?

Moi, je suis un homme qui a bien des chimères, certaines bribes de rêve, d'autres murmures dans la nuit nées des contes chantés. Mais errant en ces bois, jamais, je ne m'aurais douté une seule seconde de la possibilité d'une telle rencontre. Dame nature doit se jouer de moi, de vous... entre malédiction et ca. Ca, je dis bien, ca. Car mon coeur est partagé, je ne sais si je dois y voir une bénédiction ou l'ombre d'un destin. Mais une chose est certaine... jadis, j'étais chasseur de chimères. Maintenant, sous l'astre lunaire, mes yeux posés sur vous. Au risque de faire un pléonasme. Votre beauté éternelle, ô la plus gracieuse des chimères me donne l'impression que tous ces rêves, ces muses ont l'air bien fade n'arrivant même pas à la hauteur de votre doux mollet."


Il prit une pause, ayant essayé de faire parler son coeur. Même si l'ont sentait bien qu'il avait été resté muet longtemps. Puis, essaya d'assouvir ce besoin de connaître son identité :

"J'aimerais vous répondre, vraiment. Mais je ne sais plus qui je suis, c'est limite si je me souviens de mon nom.

Je dois être un voyageur errant égaré, bien maladroit et nu dans cette forêt pleine de secrets. Curieux, amoureux de l'art sûrement. Voyant en chaque chose une beauté. Je ne sais pas si ce que j'ai été l'est encore vraiment. J'ai l'impression d'être un fantôme dont l'âme s'égare dans ces bois. Je ne sais pas si je dois laisser couler une larme de joie ou de tristesse face à ma condition. Colorez moi de gris, car indécis, je le suis. Mais n'ayez crainte pour votre vie. Ô douce muse. Car, même si j'arrivais à déjouer l'adresse de vos passes d'armes, je suis rouillé et je crains ne pas supporter la vie après avoir mis fin à celle d'une nymphe de ces bois. Autant laisser un chasseur abattre, sans coeur, une blanche biche.

Bref, je ne sais même pas où poser mon regard, vu à quel point la lumière et la douceur habite chaque parcelle de votre peau. Et j'espère ne pas avoir souillé votre aura quand la brise vint guider mes yeux sur vos jambes. Je ne mérite que la mort. Sainte délivrance de mon fardeau mortel. Tuez moi.

Je ne suis qu'un mortel amoureux d'une étoile."


Dit-il après avoir laissé son corps et son âme s'exprimer. Pestant à lui-même d'avoir fait preuve d'autant de franchise. Mais se rappelant que quand ses premiers sentiments cherchaient à exprimer leurs sensations, ils le faisaient avec les mots, les vrais, avec la véracité et la passion. Et en cette nuit, il se trouvait bien trop loquace. Et c'est un regard mi-clos, prêt à attendre la mort, si sombrement dorée qui glissa ce premier, doucement dans les yeux de son immaculée geôlière.




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Humain

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Dim 17 Aoû - 19:17
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Lorsque l’homme eut fini de parler, comme promis, la lame reprit sa place sur sa joue, menaçant de lui fendre le crâne au moindre désappointement de la reine. Mais c’était sans compter son air passablement surpris. Même les gardes se lancèrent un discret coup d’œil car c’était la première fois qu’un prisonnier répondait aux questions de la souveraine avec autant de lyrisme. Même eux étaient impatients de connaitre sa réaction, car ils étaient bien en peine de la deviner, malgré leur longue expérience du caractère de la reine.

-Tiens donc, un humain poète, glissa-t-elle avec une pointe d’humour. Ton espèce se fait rare en temps de guerre. Mais j’ai bien peur que tu ne bénéficies pas de l’hospitalité des elfes en t’introduisant dans mes jardins. Si tu veux observer les étoiles, assures-toi d’abord qu’elles soient consentantes.

Elwing retira finalement le sabre de la joue humaine tout en se détournant de lui. D’un regard, les gardes elfes reçurent leurs ordres et empoignèrent l’humain par les bras pour le trainer hors du petit bosquet. La reine n’accordait même pas un dernier regard au prisonnier qu’on emportait loin d’elle. Il y avait des chances qu’il s’agisse d’un assassin. Un humain en train d’épier la reine dans le jardin royal. Pourtant, Elwing avait du mal à y croire. Il n’avait fait preuve d’aucune agressivité et quoiqu’eut été son plan, il s’était révélé tellement inefficace qu’il était difficile de penser à une tentative d’assassinat. Peu importe son véritable but, cet humain ne quitterait pas ses geôles sans qu’on lui ait extrait tous ces secrets.

Les gardes ne faisaient preuve d’aucune douceur envers le prisonnier qui était à moitié trainé par les épaules jusqu’au sous-sol du palais elfique. C’était les prisons du palais. Bien moins insalubres et glauques que les prisons humaines, la beauté elfique s’exprimait par ses penchants les plus sombres. Les cellules ressemblaient à des arbustes torturées qu’on avait obligé à prendre des formes absurdes. Leurs branches et racines s’élevaient du sol au plafond tel de longs doigts rendus fantomatiques par l’obscurité. L’un des gardes effleura une rangé de ses barreaux végétale et ceux-ci se poussèrent pour échapper à se contact, laissant une large ouverture. Les gardes poussèrent leur prisonnier dans sa cellule individuelle et lui jetèrent une longue chemise de lin pour lui permettre de cacher sa nudité.

Une fois que la grande porte se fut refermée derrière les tortionnaires de Sombre, un noir presque total régnait dans la prison. Seules des lumières fugaces pulsaient à travers les branches imprégnées de magie, à moins que ce ne soit les fantômes d’un passé plus lumineux. Le silence régnait, parfois brisé par des murmures presque inaudibles, mais ce n’était probablement que l’imagination des prisonniers qui leur jouait des tours. Aucune sensation, aucune stimulation. Les prisonniers étaient laissés à eux-mêmes avec seulement leurs pensées pour leur tenir compagnie. Une autre forme de torture douce basée sur l’isolement total du prisonnier, un isolement qui comprenait également toutes les sensations les plus basiques. Les hommes devenaient fous ici, au bout d’un mois ? Un an ? Un siècle ? Peu importe. Les elfes avaient tout leur temps.

Quoiqu’il en soit, Sombre n’expérimenterait pas à quel point une chose aussi inoffensive que l’ennui pouvait devenir le pire cauchemar d’un homme et détruire son esprit. En effet, quelques heures s’étaient passées lorsque le grincement de la porte se fit entendre. Une lanterne tenue à bout de bras par une silhouette encapuchonnée chassa l’obscurité des lieux, créant une armée d’ombres dansantes. La lanterne avança jusqu’à la cellule de Sombre et se posa délicatement sur le sol. La silhouette releva la capuche qui cachait sa chevelure d’or. La longue chevelure blonde semblait boire tout le peu de lumière que la lanterne arrivait à produire jusqu’à rivaliser d’éclat avec elle, révélant le visage parfait d’Elwing. Elle s’assit sur une branche, tout près de la cellule, montrant qu’elle ne craignait absolument pas l’humain qui y était enfermé.

-Je n’arrive pas à trouver le sommeil car je ne peux vous chasser de mes pensées, avoua-t-elle dans un murmure de circonstance. Ma miséricorde a des limites que vous ne voulez pas atteindre. Je vais vous répéter mes questions. Je vous déconseille de les éluder par une nouvelle pirouette lyrique, sinon, je ne reviendrais que dans une dizaine d’année pour voir si votre verbe est toujours intact après tant de temps dans le noir. Vous êtes mortel. Aussi, ne sous-estimez pas la patience des elfes.

Elwing laissa passer un ange tandis qu’elle permettait à ses menaces de pénétrer totalement l’humain. Les elfes aimaient la poésie, mais c’était la guerre. Les intrigues, les meurtres et les trahisons ne laissaient plus la place à la beauté, même chez les elfes.

-Qui êtes-vous et qu’est-ce que vous êtes ? Qu’est-ce que vous faisiez dans le jardin royal en pleine nuit ?






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Elfe

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Mar 19 Aoû - 22:18
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Irwyn n'avait aucune idée de la situation. Il ne s'imaginait pas un seul instant qu'Elwing était une reine. Alors, forcément, quand on croise la plus belle femme de ces terres, on laisse s'exprimer son coeur. Quand la lame revint sur sa joue, il n'essaya pas de cacher un regard de déception à cette étrange muse. Mais il s'en voulait à lui-même. Ses mots étaient maladroits et sa verve, à revoir. En tout cas, c'est ce qu'il pensait à ce moment. Car il n'avait pas réussit à toucher le coeur d'une muse alors qu'il n'en reverrait sûrement jamais et que cet instant été précieux. Il ne comprenait pas non plus pourquoi elle était si pressée de savoir qui il était, au point de le menacer à nouveau. Il avait prit la première menace pour du flanc, juste là pour mettre des formes à cette pièce de théâtre mais ce second touché de lame l'inquiétait en partie. Car, une partie de lui voulait mourir en cet instant.

Il posa ses yeux sur les siens pour l'écouter faire de l'humour. Ecrasant de sa taquinerie encore plus bas ce qu'il pensait de sa propre poésie. Et cligna des yeux quand il entendit les mots : Guerre et elfe. Avec cette fâcheuse expression sur le visage qu'on fait quand on vient de saisir quelque chose au bout de trois jours, après avoir fait une chute libre vers la révélation impromptue. Il cligna à nouveau des yeux pour essayer de perdre son expression précédente mais sans réussir à effacer l'expression du type qui est complètement déboussolé par la situation. Il n'avait pas idées que ce lieu était un jardin, encore moins que la forêt appartenait à quelqu'un. Il se voyait comme un cerf. On n'empêche pas un cerf d'aller et venir en forêt! Mais si une chose l'interpellait beaucoup, c'était la dernière phrase qu'avait glissé la jeune femme. Il ne savait plus si elle avait aimé sa poésie et si c'était une manière de rebondir dessus avant de s'effacer ou bien si c'était une manière encore plus cruelle de lui dire d'arrêter de composer. La triste carrière de poète d'Irwyn n'allait pas aller bien loin.

Il resta silencieux quand les gardes vinrent le saisir, malgré le traitement qu'ils lui offrirent. Et si elle ne lui accorda même pas un seul dernier regard, il essaya de la garder dans son champ de vision autant que faire se pouvait. Voulant mettre la clé sur toutes les questions qui martelaient son esprit. Puis, trainé par les gardes, grimaçant quand une jambe glissait sur une branche ou une racine proéminant, il essaya de laisser traîner son regard ici et là, souffrant en silence pour tenter d'apprécier un peu ce monde inconnu qui s'ouvrait à lui. Mais même si il pu entre-apercevoir un micro-zeste de la perfection de l'art elfique, c'est douloureusement qu'il en découvrit les recoins les plus sombres. Et même si ses jambes étaient encore fébriles, il aurait aimé y marcher, faute de mieux.

Quand il découvrit les cellules, enfin, quand il essaya d'y poser son regard, il ne vit que pénombres et formes hasardeuses éphémères. Après tout, c'était la nuit et c'était Sombre qui avait une vue perçante innée pour un animal diurne. Mais, il n'eu pas vraiment le temps d'observer quoi que ce soit. Car c'est avec surprise qu'il se sentit jeté dans une sorte de cellule en bois, comme on jette un cadavre. Mais sa surprise fut encore plus grande quand il vit ces formes se mouver pour se refermer sur la seule entrée. Clignant des yeux, il frissonna légèrement quand il sentit le contact d'un vêtement venir échouer contre son torse. Il avait déjà porté du lin et ce devait être le pire bout de tissu que ces elfes devaient avoir à lui donner mais, bizarrement, il le trouva bien plus doux et agréable au toucher que n'importe quel lin humain. Et c'est fébrile, n'ayant pas mis un vêtement depuis des années qu'il glissa ses doigts entre les pans du tissu pour le serrer contre son coeur.

Il ne le mit pas vraiment. Il passa les premières longues heures dans le noir à se recroqueviller en position fœtale pour dormir. Oui, Irwyn voulait dormir. Il avait déjà vécu des aventures dans des salles sombres mais quelque chose dans l'obscurité de sa cellule était malsain, ouvert aux frayeurs de l'esprit humain. Une lumière fantomatique qu'il essayait de chasser de son esprit en fermant ses yeux pour laisser place aux rêves. Et le seul rêve qu'il pu faire le fit sourire. Il rêvait de cette femme, si belle et si parfaite, illuminée d'une douce lumière lunaire. S'imaginant l'avoir dans ses bras en serrant ce tissu de lin un peu plus fort entre ses bras, contre ses lèvres, son nez.

Puis le rêve dura... il eu l'impression de dormir mille ans accompagné de cette chimère qui l'avait rejeté. Essayant d'arrondir les angles en laissant son subconscient broder pour panser son âme. Essayant d'oublier que le bas de son corps et ses membres étaient encore meurtris par le périple jusqu'à sa sombre prison. Puis, il ouvrit les yeux lentement. Baillant à s'en décrocher la mâchoire. Quelqu'un venait. Une porte grinçait pour laisser des ombres danser avec son esprit afin qu'il crée mille êtres capable de venir lui rendre visite. Il se demandait ce qu'on lui réservait encore. Même s'il avait trouvé sa cellule bien propre et bien plus agréable que les cellules humaines, si on oubliait son aspect plutôt glauque et œuvrant à réveiller les peurs les plus enfouies. Les ombres se transformèrent en une lanterne, puis la lumière dessina un corps aimantant cette dernière. Intérieurement, il savait qui était cette forme et la contemplation de sa silhouette lui confirma son identité. Il la regarda s'asseoir puis l'écouta, de manière attentif avant de venir s'adosser à un mur de sa cellule. Si seulement cette dernière avait un mur.

Il ne put s'empêcher de dessiner sur son visage un fin et discret sourire quand sa voix douce lui annonca qu'il l'avait empêché de trouver le sommeil. Il se disait que sa prose l'avait peut être touchée d'une certaine manière à mesure qu'il écoutait ses mots. Il prit le temps de peser le pour et le contre de ses mots qu'elle avait l'air de prendre pour menaces. Puis, fut doucement attentif à ses dernières questions. Elle voulait des réponses, il allait lui en donner.

"Au moins, j'aurais réussit à vous empêcher de trouver le sommeil. Même si j'aurais préféré mille fois que mes mots brodent pour vous, la joue sur l'oreiller, le tissage chaud et agréable de l'endormissement. Mais mes mots ne devaient pas être assez murmuré, je pense."

Il prit une pause pour prendre le temps de respirer. Heureux de voir que sa voix était reposée et bien plus précise. Puis, il reprit avant qu'elle ne perde patience. Croisant les bras autour de ses genoux et posant son menton sur ces derniers, fixant le sol d'un air absent. Le bout de tissu, toujours contre son torse coincé entre ses cuisses et son corps, comme si on allait lui voler.

"Vous me reprochez d'éluder vos questions et vos besoins identitaires alors que vous le faites vous-même. Vous parlez de patience alors que vous n'avez pas eu l'air d'être capable d'en avoir. J'avoue ne pas comprendre et être troublé par votre comportement, autant que vous l'êtes sûrement par le mien. Mais, vous parlez de guerre, donc, j'imagine que vous êtes stressée et désemparée au vue de vos prières récentes."

Il prit une pause et dit d'une voix murmurante, sachant assurément qu'elle allait tomber dans l'ouïe fine d'Elwing, comme pour glisser un indice avant la révélation pour lui permettre de comprendre avant qu'il ne parle.

"Je préférais vos chants, votre voix si douce et cristalline. Je n'en ai pas manqué une seule note. Ils étaient un véritable baume pour mon âme."

Puis, il cligna des yeux et redressa la tête pour la fixer profondément. Plongeant son regard dans ses lagons bleutés illuminés. Renforcé par une sensation troublante lié à sa nature féline, comme si le chat déteignait peu à peu sur l'homme et que l'homme déteignait sur le chat. Un regard qu'elle avait déjà vu quand elle l'avait porté dans ses bras. Un regard qu'elle ne pouvait pas négliger. Il prononça d'une voix claire et concise.

"Sans poésie alors. De toute façon, j'ai la verve d'un troll boiteux illettré. Bref. Je m'appelle Irwyn Cadhran. Mes parents sont éleveurs de chevaux à quelques lieux du Lac enchanté."

Il s'arrêta et dit, soudainement.

"Si vous allez les interroger. Ayez au moins l'obligeance d'échanger l'une de vos selles avec l'une des leurs. Ma mère est une vraie artiste quand il s'agit de s'exprimer en courbes sur les selles solides que fabrique mon père."

Puis, il reprit.

"Ne lui dites pas que je suis mort. Je crois qu'elle ne survivrait pas. Et mon père suivrait bien vite sans l'Amour qu'il a besoin, chaque jour, d'offrir et recevoir."
Dit-il en regardant un instant à nouveau devant lui, serrant ses genoux, effrayé à l'idée de perdre ses parents. Il resta un long moment comme ca, puis continua :

"La suite est incertaine. Je ne suis pas vraiment sûr de ce que je suis. Je pense que la plupart du temps, je suis un chat. Que j'ai été maudit. Que plus ca va et plus je hais les moments où je retrouve ma forme humaine. Si on peut appeler ca comme ca. Je ne comprends pas d'ailleurs, les raisons qui me font me transformer. J'ai du faire une terrible chose.... dont je ne me rappelle pas."


Puis, il fit encore une pause, essayant de se remémorer ce qu'il aurait pu faire, sans aboutir dans ses pensées. Avant de dire :

"Mais j'ai du en faire une encore bien plus terrible en allant me désaltérer dans vos jardins.... En tout cas, j'espère que muse que vous êtes, j'aurais su vous contenter. Je veux bien que vous repassiez dans dix ans si j'ai souillé quelque chose de poétique en vous, en ces lieux, en ce monde. Mais, une chose est sûre, je rêverais de vous entendre chanter à nouveau. Maintenant, allez dormir, s'il vous plait, vous avez des heures de sommeil à récupérer par ma faute, encore.... Et même si cela me transperce le coeur que vous conduire à ne plus jamais pouvoir vous revoir, chimère éphémère, de ne pouvoir partager cette longue nuit lunaire en une douce conversation. Je me réconforte à l'idée que je vous reverrais peut être dans mes rêves. Mais tenez! Avant de partir... c'est pour vous."



Il posa sa main lentement sur le haut de son torse, comme si ses doigts se refermaient sur un bijou. Puis, fit le geste qu'on utilise pour arracher un pendentif avant de se pencher vers la porte de la cellule et de passer sa main entre deux interstices près du sol. Pour finir par faire mine de le déposer en silence, le plus près possible de sa probable future partenaire de conversation. Avant de rouvrir sa main avec une lenteur mimant la fragilité et la préciosité du don. Silencieux, mystérieux et respectueux. Il reposa ses yeux sur elle, en se redressant, prêt à l'écouter, pour savoir si ils en avaient vraiment fini pour cette nuit.




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Humain

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Sam 23 Aoû - 23:12
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Elwing esquissa un sourire presque invisible dans les ombres dansantes nées du ventre rougeoyant de la lanterne. Elle appréciait ce moment insolite qu’on ne vit que rarement, même chez ceux bénis par une longue vie. Cet humain était fou, à n’en point douter, mais il y a quelque chose dans la folie que le sage ne peut mépriser ; une fraicheur attendrissante, une logique biaisée, qui loin d’être fausse ou incohérente, n’a juste pas sa place dans le présent. Certains humains sont ainsi. Un caractère passionné imposé par une vie courte, comme une explosion justifiant sa brève existence dans une apothéose de sons et lumières. Les elfes, quant à eux, étaient comparables à la flamme de la lanterne posée sur le sol, immobile mais belle et sans artifice. Elwing éprouvait du mépris pour cette race grouillante, comparable à des enfants déjà condamnés, mais elle ne pouvait pas leur retirer cette passion qu’elle enviait secrètement.

-Je suis reine sur ces terres, expliqua Elwing en réponse aux reproches de son prisonnier. Le pouvoir me permet certains écarts aux politesses les plus élémentaires, comme me présenter ou faire preuve de ces mêmes qualités que j’exige de vous, comme la patience par exemple. Ce n’est que justice finalement, puisque ce qu’on exige de moi est d’un tout autre niveau que le peu que je vous demande.

Il n’y avait pas d’agressivité dans le discours de la reine qui ne s’était toujours pas débarrassée de son sourire amusé. Elle n’avait pas de raison de s’énerver, même si certaines paroles du jeune homme frôlaient l’impertinence. C’est qu’il lui donnait presque des ordres ce présomptueux petit bout d’humain ! Si en publique, elle ne lui aurait pas laissé finir son long discours, en privé, là, aucune mauvais langue ne pouvait dénoncer le laxisme de la reine, et c’était donc plutôt la curiosité qui prenait le pas sur la souveraine, comme on s’amuse d’un chaton essayant de vous mâchouiller le doigt.

Elwing observa sans comprendre le manège de l’humain qui mimait une offrande. L’elfe n’était pas sûr de ce que cela signifiait mais ses paroles étaient assez explicites pour qu’il n’ait rien à ajouter. La reine attendit pourtant patiemment le dénouement de ce théâtre de geste et attendit même quelques secondes après qu’il eut fini comme si elle n’était pas bien sûr de la chute. C’est alors qu’un doux hululement à l’écho cristallin se mit à rouler dans la gorge d’Elwing. Son rire. Pur et naturel. Son doigt effleura alors les barreaux de la prison qui réagirent en se courbant sous le contact de la reine.

-Vous n’avez pas l’air très dangereux, humain. Vous êtes juste égaré. Suivez-moi, je vais essayer de vous aider. Mais finissez de vous habiller avant tout. Montrez-vous une nouvelle fois impudique en ma présence et vous gouterez au chat à neuf queues en place publique, sans mauvais jeu de mot. J’ai justement besoin d’un exemple pour corriger les déviances de mes sujets. Ne me tentez pas…

Sans un mot de plus, Elwing se redressa avec une lenteur qui lui donnait toute se grâce. Implacable, froide, mais divine. Deux doigts fins attrapèrent la lanterne que l’on croyait voir voler dans le noir, n’éclairant qu’un visage spectrale entouré de son éternelle couronne d’or blanc. La reine avança pour guider l’humain et l’inviter à entrer dans ses traces. Les gardes elfiques qu’elle croisait était figée dans le temps, comme de vieilles armures vides gardant un manoir déserté. Seuls quelques mouvements de têtes subtiles montraient qu’elles étaient vivantes et qu’elles ne permettaient le passage de l’humain que parce qu’il déambulait dans le sillage parfumé de la souveraine. Une note florale presque imperceptible, trop diffuse pour agresser l’odorat.

La reine avançait lentement comme si elle assignait à sa démarche le devoir d’hypnotiser Irwyn, ou peut-être n’était-ce que par égard pour ses jambes flageolantes et qu’il s’agissait simplement de sa démarche habituelle. Celle-ci guidait pourtant l’humain à travers le monde végétal des elfes, que nul étranger n’avait jamais parcouru avec tant d’assurance. Ils arrivèrent finalement sur un petit balcon carré d’une dizaine de mètre de longueur, bercée par une lune blanche qui perçait la canopée à cet endroit précis. Une serre naturelle était baignée par cette lueur. Toute sorte de plante parvenait à s’épanouir ici. Des plantes délicates qui ne supportaient pas la sauvagerie de Drayame. Ici, c’était un monde que l’elfe gardait jalousement. C’était dans cet endroit que son amour de la forêt était né. La végétation montrait que le bois et la fibre n’était pas les seules matières et textures qu’elle était capable de manipuler. Des feuilles entortillés laissaient voir la lente circulation de la sève au sein de leurs nervures de verre transparentes. D’autres végétaux permettaient à leurs bourgeons de luire délicatement grâce à leur symbiose avec le monde animal qui grouillait parmi leur chlorophylle. Malgré la beauté des petites plantes fragiles qu’un simple souffle pouvait briser tel du cristal, il y en avait une qu’on ne pouvait pas manquer. Tirant sa force dans le tronc où elle était aggripée, cette petite plante grimpante possédait une unique fleur translucide donc l’existence ne tenait qu’à l’éclat mystique dégagé par ses pétales tous semblables à des ailes de libellule.


La fleur dégageait également une odeur visible. En effet, on pouvait observer des volutes d’or se dégager de son nectar pour se dissiper dans l’air au gré des expirations de la nuit.

-Cette petite fleur a presque mon âge, glissa la souveraine qui s’approchait pour caresser un pétale translucide. Pourtant, ça ne vous aide pas pour deviner depuis combien de temps je foule ces terres. C’est parce que certaines choses ne changent pas. Le temps n’est pas un maitre incontesté et indomptable. Certaines magies peuvent le faire plier à votre volonté.

Elwing désigna la petite fleur avec un sourire entendu.

-Respirez ses effluves si vous avez le courage. Ma fleur vous dévoilera un pan de votre passé.

La reine s’écarta d’Irwyn et de la fleur, laissant l’humain faire son propre choix. Respirer le parfum de cette fleur ne ferait que le plonger dans un sommeil éveillé afin de lui faire revivre un souvenir oublié. Cependant, la magie des elfes était capricieuse et même espiègle. Elle pouvait se jouer de celui qui ose vouloir la manipuler pour le rendre encore plus confus ; cet étranger qui cherche désespérément des réponses.


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Elfe

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Dim 18 Jan - 19:50
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L'humain fut un brin déçu de voir qu'elle n'avait pas ramassé son présent. Mais en même temps, il ne lui en voulait pas vraiment étant donné que chaque sourire de la reine, chaque éclat de voix n'étaient que douceurs venant bercer son esprit, son âme. Il fut assez surpris de voir les barreaux végétaux de sa cellule s'ouvrir, il s'attendait à ce qu'elle le laisse ici et ne revienne jamais. Mais il était plutôt enjoué à l'idée qu'elle le libère. Il avait besoin de se défouler les jambes après une si longue léthargie féline. Il avait besoin de profiter de sa condition humaine. Il resta pourtant interdit à la révélation, ainsi, elle était reine. Il n'en avait jamais rencontré, en tout cas, pas en humain et ne savait donc pas comment il devait se comporter, il n'en avait rencontré que dans les contes et cela ne faisait que mystifier encore plus la personne. Aussi, il tenta de considérer Elwing comme quelque chose qui était plus clair dans son esprit qu'une simple reine énigmatique : Une muse. Elle avait gagnée cette image de muse et elle n'allait pas la perdre si facilement.

Il cru lire sur son visage, si seulement il pouvait tout lire d'une elfe qu'elle n'avait pas l'habitude qu'on lui donne des ordres et que ses mots l'avaient peut être froissé. Mais il ne savait pas si en privé, c'était quelque chose qu'elle redoutait ou désirait. Aussi, décida t'il de mettre ca de côté pour plus tard, il aurait surement l'occasion de lui demander à l'occasion. Après tout, il y avait un sujet plus sensible à éclairer assez rapidement, celui de la pudeur. Depuis qu'il était maudit, l'âme du chat s'était imprimée en lui et il n'avait plus vraiment de notions de pudeur. Aussi quand elle lui demanda d'enfiler les vêtements, dans un premier temps, il ne comprit pas vraiment pourquoi. Puis, il lui fallut un certain lapse de temps, à force de recherche de souvenirs pour comprendre pourquoi dans sa tendre jeunesse, il mettait des vêtements. Et c'est d'un geste mécanique, plus pour satisfaire les besoins de la reine, qu'il enfila les vêtements elfiques qu'on lui avait laissé.

La douceur et le confort de ces derniers furent surprenant. Il ne se rappelait pas dans sa vie d'Homme d'avoir seulement une fois eu l'occasion de porter des vêtements aussi confortable. Etait-ce la texture du lin elfique qui faisait ca ? Ou alors était-ce l'art de la couture de ces gens ? Il n'en savait rien. Une chose était certaine, il se sentait léger dedans et avait l'impression qu'il n'aurait jamais froid avec. C'était étrange et à la fois évident. Si bien qu'un sourire se forma sur son visage rien qu'à la découverte de ces vêtements simples pour les elfes mais extraordinaire à ses yeux de mortel. Dans tous les cas, il se souviendrait de son avertissement, même s'il ne pensait rien de la torture.

Mais point le temps de s'attarder sur les vêtements, la reine l'emmenait hors de sa cellule et la lumière se tamisait déjà peu à peu alors qu'elle s'éloignait. Comme si elle émanait d'elle, comme une aura, aussi, Irwyn s'empressa de la rejoindre avec vigueur, ses jambes ressourcées d'une nouvelle force moins titubante à mesure que le nombre de pas vers la sortie grandissait. Il observa les sentinelles sans âge et eu envie de leur faire une grimace taquine dans le dos de la reine pour se venger de leur traitement passé mais se garda bien de le faire. Il ne savait pas encore si la reine avait des yeux derrière la tête et il n'était plus assez petit en taille pour faire des bêtises de la sorte.

D'ailleurs, cette reine, elle avançait bien trop vite! Il y avait tant de choses à voir au-dehors qu'il avait envie de s'arrête mille fois pour les admirer. Il voulait lui intimer l'ordre de s'arrêter mais ne savait pas comment elle allait le prendre en public, donc, il se garda bien de le faire. Et se pencha quand il le pouvait sur une rambarde végétale, porta son regard loin pour essayer de percer les feuillages en quête des étoiles, admira la lune sur ce balcon si emplie de romance. Puis regarda toutes ces fleurs si fragiles, d'un œil émerveillé. Se disant que dans une ville humaine, elles auraient déjà étaient piétinées. Il n'avait pas l'habitude de voir des fleurs, ses parents vivaient dans les grandes plaines et le reste de sa vie, il l'avait passé dans les rues pavées et les donjons mal famés. Ce ne sont hélas, pas des endroits où poussent les fleurs. Et c'est ainsi qu'il voulu le partager à la reine avant de l'écouter par ces mots :

"Je n'ai pas l'habitude des endroits fleuris. Les chevaux mangent les fleurs dans les plaines infinis où je suis né. Et les pavés des villes humaines ou les pierres usées des châteaux ne laissent que les mauvaises herbes pousser. Même si j'avoue avoir déjà vu quelques fleurs ici et là. Mais c'était surement dans des jardins ou des pots de fleurs! Rien à voir avec vos jardins merveilleux."

Sa voix semblait moins folle à mesure qu'il reprenait le dessus peu à peu sur le félin. L'enfant apeuré disparaissait de manière exponentielle à mesure que le temps passait et si elle avait perçu une folie passagère, elle semblait complètement effacée pour laisser place à l'humain identitaire qu'était Irwyn avant d'être maudit par Nayris. Un homme curieux et maladroit, à la voix calme, grave et posée et ce petit accent propre à la région d'où il est né. Un accent qui dans le monde réel, pourrait être assimilé à un accent chaud italien.

Il écouta donc la reine présenter la fameuse fleur qu'il n'avait pas vraiment sauté à ses yeux d'humain au premier abord. Malgré la prestance de son tronc. Il l'écouta parler de son âge et une pensée vint chuchoter dans son esprit une question, voir une réalité : Il n'avait pas vraiment les moyens de définir l'âge de la reine. Aussi, comme pour décider à sa place et ne pas poser la question qui gêne, il répondit, après qu'elle ai fini son premier laïus.

"En apparence, vous avez mon âge. Cela me va très bien. Cela sera l'âge que je vous donnerais."

Une facon pour lui de balayer les magies dont elle parlait d'un revers de la main. Il avait l'impression d'être grand pour avoir été capable de maîtriser le temps sur une elfe qui semblait être hors temps, intouchable! Et juste par les mots. Il aurait fait un bon sorcier, dans une autre vie.

Puis, il fut obligé d'admirer son sourire infiniment présent pour embaumer son âme. Se rappelant de l'effluve de parfum floral qui hantait les pas de la reine dans leur périple. Il comprit vite qu'elle allait le mettre à l'épreuve avec cette fleur. Une magie qu'il ne comprenait pas et qui était bien présente. Si il refusait, ca sous-entendait qu'il était lâche mais si il acceptait, ca sous-entendait qu'il était assez fou pour laisser une plante s'enraciner dans ses souvenirs. Dans le doute, il préférait glisser dans un piège plutôt que de devoir être traité de lâche. Et il avança un peu, ne sachant pas trop comment la fleur fonctionnait pour l'observer, cherchant un mécanisme qu'il ne visualisait pas.

Mais c'est en inspirant son parfum, qu'il comprit. Ou plutôt quand il se mis à éternuer violemment mais de manière brève. Le pollen ! Et le pire, c'est qu'il ne se rappelait pas être allergique au pollen. Etait-ce une magie liée à Nayris pour empêcher les elfes d'accéder aux secrets de Sombre ? Une sorte de prison dont le seul but était de protéger les noirs dessins de la mort elle-même. Dans tous les cas, l'humain afficha un air désolé vers la reine et l'accompagna de quelques mots :

Je ne me savais pas allergique au pollen. Pardonnez moi d'avoir éternué, j'ai du attraper un rhume dans vos cellules. Je n'en sais rien. Bon, je réessaie...

Dit-il avant de se tourner vers la fleur et de s'endormir de manière éveillée subitement. Comme si la puissance des elfes étaient finalement plus forte que Nayris elle-même et que la protection violacée qui embuait son âme avait été levée d'un coup.

Il se mit à divaguer lentement et rapidement à la fois, des souvenirs mêlés appartenant au passé et à ce qu'il pensait être le futur. Il revit ses parents, ses aventures en ville, ses caches secrètes qu'il y avait éparpillé, malin qu'il était. Etonné de voir qu'il en avait oublié certaines. D'autres détails liés à ses derniers souvenirs. Comme son sacrifice pour sauver une innocente aux mains de prêtres de Nayris. Il vit des instants qu'il n'aurait pu voir étant donné qu'il avait été mort après ca. Comme l'innocente quittant les murs du donjon accompagnée du restant de sa compagnie d'aventuriers qui l'escortait au dehors. Observant la destinée d'une femme qui était censée mourir ce jour là. Il comprit aussi pourquoi cela avait enquiquinait Nayris. Comme si cette femme été une épine dans le pied de Nayris. Surtout quand il la vit rejoindre un ordre plutôt religieux relié à Ailes ténébreuses. Il ne comprenait pas les détails mais ca importait étant donné que les souvenirs se recentraient sur lui.

La suite était importante, il vit une série de glyphes défiler dans son esprit et une voix féminine en prononcer les mots. Des mots intelligibles qu'il comprenait, des synonymes d'obscurité souvent ou de clarté. D'autres plus animaux. Il était mue de frissons à chaque fois qu'un mot se prononçait dans son esprit comme si la recette lui était désagréable et agréable en même temps. Puis les mots disparurent. Il vit des armées dans le désert, d'autres dans la neige. Il vit des tours qu'il escaladait ou semblait escalader. Le sang sur ses mains, l'ombre sur son cœur. De l'escrime agile sur des murailles, oui, c'était bien ses bottes qui bougeaient si agilement. C'était bien ses armes qui hantaient ces gants. Puis soudain, le noir absolu, il cligna des yeux, comme s'il se réveillait d'un mauvais rêve, de la sueur perlant ses longs cheveux bruns. Et il posa son regard troublé, plein de questions vers la seule vis à vis qu'il possédait, silencieux, incapable de comprendre les bribes qu'il avait vu. Juste un regard perdu et désarçonné. Qu'avait t'il fait ? Qu'allait t'il faire ? Que faisait-il actuellement ? Telles étaient ses questions muettes qu'il posait sur le regard lumineux d'Elwing.




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