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 Bioshock infinite : Rédemption

 
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Dim 27 Juil - 12:21
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Ceci est le début d'un petit one short (je n'approuve pas cette appellation) sur le jeu que beaucoup d'entre vous connaissent : Bioshock infinite, organisé comme les voxophones du jeu

Le plus poussé des endoctrinements ne saurait venir à bout de l'esprit le plus déterminé.

C'est ce que je crois. Non pas que je sois désigné par ce cas d'ailleurs. La propagande de Comstock, bien qu'exemplaire sur nombres d'aspects, n'est certainement pas la meilleure. Et mon mental n'est pas d'acier. Et pourtant me voilà, à associer devant vous les mots « propagande » et « Comstock » dans une seule et même phrase. A Columbia, il n'en faut pas bien plus pour vous faire arrêter.

La vérité, c'est que je n'ai jamais été tout à fait réceptif aux paroles de notre prophète, pas depuis que je suis celui que je suis. En somme, pas depuis que j'ai grandi. Enfant, je buvais volontiers ses paroles : les glorieux récits guerriers d'antan, où les gentils blancs ont vaincu les méchants jaunes, rouges, et d'autres nuances qui étaient décidément trop colorées. Le blanc représentait la pureté. Ne disait-on pas d'une page blanche qu'elle était vierge ? On a poursuivi cette métaphore, en me disant que seule une page blanche pouvait être remplie, alors que personne n'écrivait rien sur les autres. Et ça me suffisait. J'étais fier de comprendre ce que ça impliquait, je me sentais intelligent en pensant que tout cela signifiait que les nègres ne pouvaient apprendre, du moins pas autant qu'un blanc, que le plus limité des blancs. Alors après tout, c'était logique : l'acte le moins déshonorant qu'accomplissaient les nègres était de nettoyer le sol, ou de travailler dans les champs de coton. S'ils acceptaient cette situation, c'est bien parce qu'ils étaient faits pour ça, non ? Et comme j'étais particulièrement brillant, on m'a appris la phrénologie, et tout ce que ça implique : le crâne des hommes de couleur a cette petite bosse, là, qui est dans la partie associée à l'obéissance.

En toute honnêteté, je trouve ça assez drôle, en y repensant. Toute cette glorieuse théorie ne résiste pas un seul instant au moindre petit raisonnement logique, et pourtant j'y croyais dur comme fer. Nous tous. Mais je suis le seul de mes camarades à avoir remis tout ça en question, avec le temps. Une fois, j'ai fait l'erreur de leur communiquer mes raisonnements. Une fois. Le fouet et le trou m'ont convaincu de me taire à l'avenir.

Oui, vous avez bien entendu : le fouet. Qui aurait cru que l'on appliquerait une telle sentence a Columbia, n'est-ce pas ? Et pourtant, vous n'avez qu'à jeter un coup d'oeil aux cicatrices sur mon dos pour me croire. Les Fondateurs ne sont rien de plus que des militaires vous savez, et rien de moins non plus. A l'insubordination et au blasphème, il fallait fournir une punition exemplaire, si possible en plein milieu de la cour d'entraînement attaché à un poteau – spécialement installé pour l'occasion, ce qui est assez flatteur quand on y réfléchit – et devant tous les autres. J'entendais le claquement du fouet à chaque fois que je devais passer devant le poteau.

Ce qu'il y a de bien avec les religieux, cela dit, c'est qu'ils sont autant prompts à vous juger qu'à vous pardonner. On m'a injurié, on s'est moqué de moi, je crois même qu'on m'a craché dessus pendant mon supplice. Mais après deux semaines passées à l'ombre, quand j'ai déclaré vouloir faire pénitence, tout le monde m'a proposé son aide pour me remettre dans le droit chemin. J'ai même réussi mon petit coup d'éclat : j'ai prié deux jours et deux nuits devant la maison du prophète en signe de pénitence. En plus d'être bon comédien, je suis patient, ce doit être mes principales qualités. Le plus dur était d'aller uriner sans être vu. Je devais me faufiler au coin de la rue, à la nuit tombée, pour aller me soulager, et revenir comme si de rien était, le pantalon sec et les genoux douloureux.

Et il est venu ! Malgré tout mon dégoût envers cet homme et ces enseignements, j'étais fier comme un coq quand il est sorti de chez lui. Il faut lui reconnaître qu'il a un sacré charisme. A la fois imposant et intimiste, il sait vous effrayer et vous mettre en confiance.

Je n'ai pas bougé, je n'ai même pas osé lever les yeux. Je ne savais que trop bien qui j'avais en face de moi, et il aurait été franchement dommage de gâcher ces deux interminables jours de comédie par une dernière erreur. Il s'est arrêté juste devant moi, et j'ai senti une de ses mains se poser avec un troublant mélange de douceur et de fermeté sur ma joue, me faisant lever le regard vers lui. Son regard était dur, mais sa bouche semblait sourire paternellement sous son épaisse barbe.

« Je te pardonne mon enfant. » A-t-il dit avant de faire demi-tour.

Aujourd'hui encore, ce fut le second moment le plus intense de toute ma vie. La première place, elle, appartient au moment où j'ai rencontré Booker Dewitt.


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Lun 28 Juil - 12:06
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Je me suis toujours estimé bon, avec une arme. Meilleur tireur de ma promotion pour être honnête. J'ai été érigé en exemple pour les autres apprentis fondateurs quand j'ai atteint la majorité et que j'ai rejoint le service actif. Du haut de mes vingt-quatre ans, j'étais le roi du monde. Jusqu'à l'arrivée du faux berger bien sûr.

Je ne croyais pas qu'il arriverait véritablement, je le reconnais. Pour moi, les prophéties de Comstock n'étaient que du vent, des mots lancés au visage des incrédules pour amadouer leurs oreilles et subjuguer leur cœur. Et pourtant, soudain, il était là. Booker Dewitt, avec AD gravé sur sa main, exactement comme on nous l'avait prédit. Le monstre venant de la Sodome Inférieure, qui allait détourner notre agneau du droit chemin, et tout ce monceau d'inepties... Au final, ce n'était pas si erroné que cela.

Mon attitude n'a pas changé pourtant. Comstock est-il réellement prophète ? Aujourd'hui encore, je n'en sais rien, et je crois que je m'en moque. C'est avant tout un salaud, et le reste n'a aucune importance. S'il est vraiment la voix de Dieu, je préfère encore finir en enfer en me battant pour ce qui me semble juste, et tant pis si je me trompe.

Mais malgré tout, je doute qu'il parle au nom du Seigneur. J'ai vu la tour. J'ai vu là où sa fille était enfermée. Peu de temps après que Dewitt l'ait détruite – ou du moins, que Songbird l'ait détruite, en pourchassant le faux berger – j'y ai été envoyé, avec d'autres hommes, triés sur le volet, au cas où Dewitt s'y trouverait. Si certains ont eu l'air surpris, aucun n'était choqué par ce qu'ils ont vu là bas. C'était une prison pour cette fille. Enfermée, testée, observée par dessus le marché ! Il y avait des miroirs sans tain dans chacune des pièces, c'était malsain au possible. Et pourtant, je n'ai rien entendu de mieux que « c'est bizarre ici ».

Aucune trace de Dewitt ou de la fille, bien sûr. Ses lectures... Elle possédait tous les ouvrages des jumeaux Lutèce, des bouquins de physique, de mathématiques, de sciences naturelles, des romans – et même des romans profanes d'ailleurs, je me demande où elle a pu se les procurer – et des centaines d'autres choses. C'était impressionnant. J'ai de la pitié pour elle, enfermée dans cette damnée tour pendant dix-neuf ans. Mais je crois bien que je l'admire beaucoup.

Si seulement vous aviez vu les enregistrement vous aussi. Elle est magnifique.


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Mar 29 Juil - 11:44
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Je n'avais que peu d'espoir pour mon avenir, à ce moment là. J'étais à Finkton, quand on a annoncé que le faux berger allait bientôt arriver. Il cherchait Chen-Li, à ce que Fink disait. L'armurier qu'il avait fait emprisonner. Personne ne nous avait donné d'explications officielles, mais au vu de l'agitation, tout le monde allait de sa petite théorie. La plus répandue disait que la Vox Populi avait passé un accord secret avec le jaune. Des armes, bien sûr.

Dewitt ne nous a pas laissé beaucoup de temps pour spéculer, cela dit. A peine une demie heure après l'annonce de Fink, il arpentait nos rues, la fille sur ses talons. La voir en chair et en os m'a fait un sacré effet, je ne vais pas vous mentir là dessus.

Nous avions l'ordre de rester cachés, alors nous avons attendu, tandis que je m'assaillais de questions. La principale était : qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire ? Les ordres étaient de ne pas toucher à la fille, et d'abattre le faux berger. Mais je ne pouvais m'y résoudre, pas après avoir vu la tour dans laquelle elle serait emmenée et enfermée à nouveau.

A son retour, lorsque, cette fois, nous étions dans les rues, je n'avais pas trouvé la réponse. J'étais alors en retrait, avec mon fusil à lunette. A côté de moi, il y avait Martin, un vieil ami. Enfin, « ami », vous me comprenez. Si je devais vous le décrire succinctement, je dirais que c'était un brave gars. Un peu comme quand on dit d'un chien que c'est une brave bête, vous comprenez ? Il était gentil, pas du genre agressif, poli, travailleur, il ne chiait pas dans la maison, mais ce n'était pas non plus le plus réussi de la création, loin de là. Mais il savait obéir et tenir une arme. Il se débrouillait même plutôt bien.

Quand les coups de feu ont commencé à retentir, j'ai réagi à l'instinct, sans trop savoir ce que je faisais. J'ai poignardé Martin, et j'ai jeté un regard à Dewitt. Un seul, et pas plus de quelques instants, mais ça m'a suffit pour comprendre qu'aucun des hommes qui étaient venu tenter de l'arrêter n'en ressortirait vivant. Cet homme était une machine à tuer : il bougeait avec une vitesse et une précision à couper le souffle, les balles semblaient ne pas le toucher, et il ne ratait que rarement un tir.

Et je me suis enfui, poursuivi par les corbeaux qu'il avait invoqué. On m'avait proposé de rejoindre les fidèles de madame Comstock, mais les cercueils et les corbeaux, très peu pour moi. J'ai toujours eu peur des toniques, et je n'en ai jamais pris de ma vie. J'imagine que ça doit vous sembler étrange, quand on connaît leur puissance destructrice, mais c'est ainsi.

Pour en revenir à mon histoire, j'ai fui, mais je n'ai pas été me cacher. J'ai directement filé à La Bagatelle, le cabaret de Fink, qui abritait ses cellules. Je n'ai jamais su à quel point lui et le prophète travaillaient ensemble. Fink m'a toujours semblé être un complice, plutôt qu'un féal de Comstock. Mais à l'heure où je vous parle, ça n'a plus vraiment d'importance.

Je savais que Dewitt irait là-bas, tout comme je savais que Chen-Li était très certainement sur le point de mourir d'un instant à l'autre, anéantissant les espoirs – quels qu'ils étaient – du faux berger. Et plus j'en apprenais sur lui, plus j'avais de la sympathie pour le personnage. On nous l'avait immédiatement décrit comme un barbare, mais quelque chose ne collait pas : il avait épargné les soldats entrain de prier. Quoi qu'en disent mes supérieurs, ce n'est pas la façon de faire d'un homme cruel.

Alors je suis rentré par l'entrée de service, celle que les gens ne connaissent pas, et qui permet d'éviter les témoins gênants. Et « témoins gênant » signifiait également la grande majorité des gardes. Je suis descendu jusqu'aux cellules, et j'ai achevé ma trahison, en tuant les deux soldats qui faisaient leur ronde, puis en abattant l'homme qui était entrain de passer l'armurier chinois à tabac.

La chance avait été avec moi – ou Dieu, si c'est votre dada – car le bourreau venait juste de commencer son œuvre. Chen-Lin était en vie, et il était fonctionnel. Et c'est là que j'ai pris la plus difficile des décisions : j'ai attendu Booker Dewitt et la fille dont j'ignorais encore le nom. J'y ai cependant fait une rencontre inattendue.


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Mer 30 Juil - 11:27
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Je ne les ai pas entendu arriver. En vérité, je ne les avais même pas vus. Je n'avais absolument rien remarqué avant qu'ils ne se mettent à parler, et pourtant, croyez moi, j'étais aux aguets.

C'est l'homme qui a parlé en premier.

« Ah, ça, ça n'était encore jamais arrivé. »

J'ai bondit comme un diable dans une boite, sortant mon arme pour la pointer vers cette personne qui, je le savais, n'était pas Booker Dewitt. Et je me suis retrouvé devant eux. Les jumeaux Lutece, ni plus ni moins. Je n'ai eu aucune difficulté à les reconnaître, ou du moins, à la reconnaître elle. Son portrait était visible un peu partout dès que l'on s'approcher d'une bibliothèque. Son jumeau était beaucoup moins connu, mais leur ressemblance m'a vite fait comprendre qui il était.

Je pense que je n'ai pas réalisé que j'avais en face de moi deux personnes mortes depuis des années. J'étais tellement stressé que je me demandais surtout ce qu'ils faisaient là, eux, les scientifiques, les génies qui ont fait s'envoler Columbia. Je me demandais comment ils avaient pu approcher sans que je ne m'en rende compte, et surtout... Ce qu'ils me voulaient.

« Il faut dire que les chances étaient infinitésimales, répondit Rosalind.
- Et pourtant, le voilà, bien décidé à changer le cours de l'histoire.
- La question est : quel sera son impact ?
- Va-t-il les aider...
- Ou bien les condamner ?
- Une chose est certaine...
- C'est que rien ne l'est.
- Peut-être va-t-il les aider à se libérer de leurs chaînes.
- L'oiseau.
- Ou bien va-t-il les faire échouer ?
- La cage. »

Bien évidemment, je ne comprenais pas un traître mot de ce qu'ils disaient, sauf quand ils parlaient de changer le cours de l'histoire. Et comme n'importe quel individu qui ne comprend foutrement rien à la situation, j'ai posé une question. Une question que je pensais toute simple. Ah, c'est bien parce que je n'avais aucune idée de la réponse...

« Mais... De quoi vous parlez ?
- Du futur, répondit Robert Lutece.
- Du passé.
- Du présent.
- Même si ton présent est déjà passé.
- Le présent n'existe que dans l'oeil de celui qui le regarde.
- Pour tous les autres...
- Il n'a jamais existé.
- Je, ai-je bredouillé, je ne comprends rien.
- Évidemment, a répondu le frère.
- Mais vous comprendrez. »

Je n'ai eu qu'à cligner des yeux pour qu'ils disparaissent. Ma question n'avait apporté aucune réponse, bien au contraire. Et pour couronner le tout, je n'ai pas eu un seul instant pour y réfléchir. Un coup de feu venait de retentir à l'étage juste au dessus de moi.


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Jeu 31 Juil - 11:21
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J'aimerai revenir sur ce que j'ai dit, à propos de Dewitt. Je n'ai pas été tout à fait exhaustif sur la situation. Le fait est que les fondateurs n'étaient pas les seuls à le qualifier de cruel. Slate aussi le faisait.

Je l'ai approché, par le passé. Ça n'a rien d'étonnant, au vu de mes opinions à propos de Comstock. Mais ça n'a pas été bien loin. Il m'a parlé de sa cause, de sa rancoeur, je lui ai parlé de mes doutes, il m'a expliqué ce qui s'était vraiment passé à Pékin et à Wounded Knee, etc. Puis je suis partit. La vérité c'est qu'il me faisait peur, au moins autant que Comstock. La seule différence, c'est que j'avais une certaine forme de respect pour cet homme honnête avec lui même et les autres.

Tout ça pour vous qu'il m'en avait parlé, de Booker. Oh oui, et pas qu'un peu. L'indien blanc de Wounded Knee, qu'il le surnommait, scalpant ses victimes et prenant un grand plaisir à leur ôter la vie de toutes les façons possibles et imaginables. Slate le voyait comme une sorte de héros, et je crois qu'il l'admirait sincèrement. C'est assez amusant, quand on sait que c'est Dewitt qui lui a ôté la vie, entre deux beuglements à propos de soldats de plomb et d'honneur militaire. J'imagine qu'il est mort comme il a vécu.

Tout ceci nous amène au moment où il a pointé son arme sur moi. Il n'a pas tiré. Il aurait pu, je le savais. Je le craignais. Mais j'étais disposé à prendre le risque, parce que, comme je l'ai déjà expliqué plus tôt, ses actes ne collaient pas avec la description que l'on m'avait fait de lui. Et comme je suis là pour vous en parler, je pense avoir eu raison. Ou peu s'en faut, vu la tournure des événements.

Mes armes étaient posées devant moi, et j'étais à genoux, les mains derrière la tête. Dès qu'il m'a vue, il m'a mis en joue, mais n'a pas appuyé sur la gâchette. Il n'a cependant pas baissé son arme, et il m'a demandé pourquoi je ne m'étais pas enfui. Je n'ai pas fait mon timide, et je lui ai tout dit : mon opinion sur le prophète, mon ambiguïté à propos de Dewitt lui même, mon désir d'aider les gens et la Vox, et tout ce qui allait avec. Et j'ai terminé par des mots qui sont sortis tout seul, et sans un véritable consentement de ma part.

« C'est pour ça que je voudrais vous aider à sauver Columbia. »

La réponse de Dewitt m'a fait me sentir un peu idiot. Mais je me souviens encore du ton gêné et désolé de sa voix, quelque chose que je n'aurais pas cru possible venant de lui.

« Heu... Merci, mais on essaye pas vraiment de sauver Columbia. Tout ce qu'on veut, c'est partir d'ici, et pour ça, on doit fournir ses armes à la Vox. »

Et voilà, j'avais tué mes camarades et trahi ma patrie pour m'entendre répondre que je leur avais apporté deux tonnes de farine alors qu'il ne leur fallait que cinq kilos de sucre en poudre. Je devais avoir l'air fin, c'est moi qui vous le dit.

« Mais vous savez, dit alors la fille avec un sourire enchanteur, vous pouvez nous aider à les apporter à la Vox, enfin, si vous voulez.
- J'imagine que c'est une alternative, ai-je alors répondu.
- Et puis, si vous aussi vous voulez fuir cette ville... Il y aura bien une place dans le dirigeable, non ?
- On verra bien, dis-je alors, volontairement évasif. Vous vous appelez comment ?
- Elizabeth, a-t-elle répondu.
- Enchanté. »


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Ven 1 Aoû - 11:48
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Je crois bien que Dewitt ne me faisait pas confiance, au début tout du moins. Il ne s'était pas opposé à ce que je reste avec eux, mais il se montrait quand même plutôt grognon. Et même si le massacre de mes anciens camarades semblait visiblement le rassurer quant à mon allégeance, je pense qu'il gardait un œil sur moi pendant les combats. J'aurais sans doute fait la même chose.

Cela étant, nous faisions un beau duo. Il se jetait au cœur de l'affrontement, tandis que moi, à l'écart, j'abattais nos cibles de loin. Et tout cela, sans parler d'Elizabeth bien sûr. Je ne vais pas perdre mon temps à vous expliquer à quel point je trouvais ses pouvoirs étranges et effrayants. Sans compter qu'avec mon recul actuel, j'ai du mal à me souvenir de ma sensation à l'époque.

J'avais peur, pour Chen-Li. Pas qu'il se fasse tuer – enfin, si, tout de même – mais plutôt qu'il nous refuse son aide. Par expérience, et grâce à mon enseignement, j'ai pu constater que les actions extrêmes engendraient des réactions extrêmes. Capturé, battu, et menacé de mort, Chen-Li ne pouvait plus réagir que de deux façons différentes : en renforçant sa détermination envers la Vox, ou en abandonnant et en cherchant à s'enfuir.

Et c'est qu'il avait du caractère, ce petit bridé chevrotant. Sa femme ne fut pas du même avis que lui, mais il ne fis pas grand cas de son opinion. Il ne mit qu'un après-midi pour terminer la production de ses armes, tandis qu'avec Dewitt, nous tâchions de détourner l'attention des soldats ou de défendre l'armurerie. J'ai failli être brisé en deux par un handyman, et je ne dois mon salut qu'à la puissance du fusil à pompe de Booker.

Pourtant, malgré ces péripéties rocambolesques, le travail fut achevé, et, à l'aide de deux chevaux mécaniques et d'un vaisseau volé, nous avons livré ses armes à Daisy Fitzroy. Je n'ai plus jamais entendu parler de l'armurier, après cela. J'ai bon espoir pour eux : aux yeux des gens de Columbia, rien ne ressemble plus à un chinois qu'un autre chinois.

La suite ? Ma fierté me pousse à ne pas trop parler du pistolet que Fitzory m'a mis entre les deux yeux en voyant mon uniforme que je n'avais toujours pas enlevé, mais je dois néanmoins reconnaître que voir Booker et Elizabeth me défendre me faisait chaud au cœur. Et alors que je commençais sérieusement à envisager la possibilité de bel et bien les suivre jusqu'à Paris et de fonder une nouvelle vie là bas, la négresse nous annonce comme une fleur qu'elle n'a plus le dirigeable, qu'il lui a été repris par les hommes de Comstock.

Je crois que Booker n'était pas plus convaincu que moi, et même Elizabeth, qui avait pourtant bien plus de sympathie que nous deux à propos de la Vox, doutait de la véracité de l'histoire de Fitzroy. Mais après tout, quel choix avions nous, à part celui qu'elle nous « proposait » ?

Nous allions donc monter dans le train en marche de la révolution.


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Sam 2 Aoû - 11:15
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Dès cette histoire de dirigeable, on a commencé à douter de Fitzroy. Ça paraît facile de dire ça après coup, bien sûr, mais le fait est qu'on ne la trouvait pas digne de confiance. Elle nous avait menti, c'était de plus en plus évident à chaque minutes : pas de signes de lutte là où était sensé se trouver le dirigeable, les hommes et femmes de la Vox semblaient considérer que Booker était de leur côté depuis le début, etc. Ce dernier point sentait le bourrage de crâne à plein nez.

Et puis, quand la révolution à commencé, c'était devenu plus clair encore.

Il n'a fallu qu'une poignée d'heure à Fitzroy pour organiser ses hommes. Ils avaient du répondant, ça c'était le moins que l'on puisse dire ! Elle a lancé ses premières attaques à la nuit tombée, d'abord à Shantytown, pour prendre le contrôle du commissariat et de ses réserves. La plupart des policiers étaient entrain de patrouiller au début, et bien peu gardaient le bâtiment. La seule difficulté venait d'un patriote motorisé qui traînait là, mais avec Booker, nous nous en sommes chargés. Puis nous sommes remontés jusqu'à Finkton.

Au fur et à mesure que la Vox gagnait du terrain, Fitzroy prenait le contrôle des divers micros et hauts-parleur, et galvanisait ses troupes, un peu comme le faisait Comstock. Exactement, comme le faisait Comstock.

Les révolutionnaires tuaient et détruisaient sans retenus. Dans une guerre, c'est quelque chose qui arrive toujours, nous le savions tous : les pillages, les meurtres, et autres réjouissances. Mais Daisy aurait pu empêcher ça. Ses hommes l'admiraient comme les Fondateurs admiraient le prophète, et elle aurait pu limiter toutes ces exactions. Au lieu de cela, elle les encourageait. Son message n'était pas un appel à la liberté, mais un appel à la haine.

Et ça a rapidement dégénéré pour nous trois. Booker et moi, nous nous contentions de suivre notre chemin, en essayant de limiter les dégâts du mieux que nous le pouvions sans nous attirer les foudres de la Vox. Un mal pour un bien je suppose.

Elizabeth, elle, ne supportait pas l'idée de faire un tel compromis. Et je crois qu'elle savait que ni lui ni moi n'aurions le courage de tenter de mettre fin à tout cela. Alors, lorsqu'on a croisé un révolutionnaire entrain de battre une femme qui avait eu le malheur de passer par là, elle a fait ce que nous aurions du faire depuis le début. Elle a pris une barre de fer qui traînait là, et elle l'a violemment frappé à l'arrière de la tête. Il s'est effondré avec un gémissement de douleur.

Aujourd'hui encore, on ne sait pas si elle l'a tué ou non. On n'a jamais eu le temps de vérifier, parce que d'autres soldats de la Vox avaient vu ce qui s'était passé, et ils ont essayé de s'en prendre à Elizabeth. Et croyez moi, ils n'ont même pas eu le temps de pointer leurs armes sur elle.

C'est donc avec la conscience plus tranquille que nous luttions désormais contre la Vox et les Fondateurs en même temps. Tout ça sans savoir si nous allions récupérer notre fichu dirigeable un jour.


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Dim 3 Aoû - 11:22
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« Notre dirigeable ». « Nous ». En réécoutant mes derniers enregistrements, je me rends compte que je me mettais à parler de Booker, Elizabeth et moi comme d'une équipe. C'est assez révélateur de mon état d'esprit. Je ne les connaissait pas depuis longtemps pourtant, juste quelques heures, une demie journée tout au plus, mais à chaque instant, je me sentais plus proches d'eux, surtout d'Elizabeth.

Elle avait des choses à dire, et moi aussi. Très vite, nous avons activement discuté tous les deux. Booker, lui, était plus renfermé. C'est un homme qui avait déjà beaucoup vécu, et pas que des bonnes choses, loin de là. Je n'ai eu qu'à voir l'éclat dans ses yeux quand j'ai parlé de Wounded Knee pour comprendre que les histoires de Slate n'était pas éloignées de la vérité.

Booker était un homme profondément triste, je pense pouvoir le dire maintenant. Et je crois bien qu'il ne le comprenait pas lui même. Mais Elizabeth... Malgré toutes les horreurs auxquelles elle assistait, je pense qu'au fond d'elle, elle était heureuse. Elle était enfin sortie de sa tour, chaque paysage qu'elle voyait était nouveau, chaque visage aussi. Depuis quelques temps, ses failles avaient de plus en plus de mal à l'amener où elle voulait, et chaque jour avant que Booker ne la libère, elle se sentait prise au piège. Et soudain, la liberté, ou peu s'en faut.

Tout cela aurait été parfait si nous n'étions pas obligé de nous battre à mort entre deux discussions. L'étrange bouclier de Booker était une efficace protection, mais je n'avais rien de tel, et plus d'une fois, le sifflement d'une balle faillit être le dernier son que j'allais jamais entendre. Alors je restais toujours en retrait, si possible en hauteur, et jamais bien loin d'Elizabeth, abattant nos adversaires de loin.

Nous étions à la poursuite de Fitzroy, pour deux raisons principales : elle savait certainement où se trouvait notre dirigeable, et elle pouvait mettre fin à toute cette folie. Je ne pensais pas qu'elle puisse entendre raison, plus maintenant, mais nous devions au moins essayer, avant de faire à nouveau couler le sang.

Nous l'avons trouvée aux portes de l'usine, avec le scalp de Fink dans les mains. Je n'aurais su dire si elle avait l'air prête à coopérer, mais je peux vous assurer que les hommes à ses côtés n'en avaient absolument pas l'air. On a eu beau clamer qu'on ne voulait rien de plus que discuter, ses soldats ont ouvert le feu avant même qu'elle n'en donne l'ordre.

Une fusillade en bonne et due forme eut alors lieu, dans le chaos le plus total et la violence la plus sanglante. Les choses ont mal tourné quand un Corbeau s'est montré. Pour autant que je le savais, seuls les fidèles de Mme Comstock employaient ce tonique. Et Booker, bien sûr. Mais voir cet homme se changer en une volée de corbeaux alors qu'il arborait les couleurs de la Vox, c'était troublant. Mais le véritable choc fut quand il s'attaqua à Elizabeth.

Elle était d'une utilité incroyable quand nous luttions, mais elle était aussi notre faiblesse. Nous nous sommes tous fait surprendre par le Corbeau, et il réussi à saisir Elizabeth par le col. Booker réussit à le blesser à la jambe l'instant d'après, et j'ai alors bondit, lâchant mon fusil qui avait eu le malheur de s'enrayer quelques secondes plus tôt – ce qui arrive bien plus souvent que l'on ne veut l'admettre – puis j'ai déchiqueté l'homme à l'aide de mon grappin, sans doute de la plus horrible des manières possibles.

Elizabeth avait l'air en état de choc, et nous étions tous les deux couverts de sang. J'ai posé ma main sur son épaule, la faisant involontairement sursauter. Je suppose qu'elle n'avait pas vu mon geste, son regard s'étant posé ailleurs que sur ce qui se trouvait devant ses yeux. Mais quand elle a compris que ce n'était que moi, que je tentais de la réconforter, elle s'est laissée glisser dans mes bras. Je peux presque encore la sentir trembler.


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Lun 4 Aoû - 11:30
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Fitzroy était en vie. En fait, elle ne s'était même pas battue : elle s'était mise à couvert en attendant l'issue du combat. Et lorsque que nous avons tous les trois avancé à sa rencontre, elle s'est contentée d'attendre, stoïque, le regard baissé vers le sol.

Ce n'était à l'évidence plus la Daisy que nous avions rencontré : complètement amorphe, elle n'avait plus rien de la meneuse d'homme qui avait menacé de me faire sauter la tête. Je ne savais pas ce qui s'était passé sur les toits de l'usine, mais ce qu'elle avait vu ou fait là bas l'avait profondément affectée. Son visage était en sang, et ce n'était à l'évidence pas le sien. Ses vêtements étaient à l'image des nôtres : salis et abîmés par l'âpreté du combat. A ceci près qu'Elizabeth et moi étions les seuls à dégouliner de sang. Littéralement.

Avez vous la moindre idée de ce que l'on ressent lorsque que l'on porte un habit imbibé de sang ? J'espère que non, parce qu'il n'y a qu'un seul moyen de le savoir véritablement, et c'est d'en avoir fait l'expérience. C'est collant, poisseux, et sur l'instant, terriblement chaud. Mêlé à la sueur de l'effort, vous sentez rapidement le tissus vous coller au torse. J'avais déjà senti mon propre sang couler dans mon dos, quand mes cicatrices se sont rouvertes, mais savoir qu'il vient d'une autre personne ne fait que rendre la chose plus insupportable. Très franchement, je m'étonne qu'aucun de nous deux n'ait vomi.

Nous avons tout fait, tout dit pour tenter de la faire réagir, mais je ne pense pas qu'elle nous écoutait. Fitzroy avait pris sa décision avant que nous ne lui parlions, et elle se contentait d'attendre que nous ayons fini notre petit numéro pour nous dire ce qu'elle avait sur le cœur.

Elle nous a dit où était le dirigeable, et qu'il n'était plus gardé. Elle nous a dit qu'elle regrettait ces massacres, et qu'elle regrettait d'avoir du faire ce qu'elle estimait encore être la bonne décision. Mais surtout, elle nous a dit qu'elle ne pouvait supporter le poids de ces atrocités. C'était, selon elle toujours, la seule chose à faire, c'est ce qu'elle avait toujours voulu, et à ces yeux, ce jour était un jour de gloire ! Mais sa conscience s'opposait à ses convictions, et elle ne voulait plus continuer.

J'ai alors levé mon arme vers elle, et elle a violemment craché à mes pieds.

« Jamais je ne me laisserais abattre par un chien de Fondateur ! » M'a-t-elle dit.

Ce devait à nouveau être Booker. Le sale boulot était toujours pour lui, et il avait tristement l'air d'accepter de jouer son rôle. Une balle dans la tête, ni plus ni moins. C'en était fini de Daisy Fitzroy. Sans chef, la Vox Populi n'avait presque plus aucune chance de remporter la victoire. Si Comstock, alors grand absent de cette lutte de pouvoir, se décidait à lancer une contre attaque, la révolution serait finie pour de bons.

Et après avoir vu ce que chaque frange de la société columbienne avait de pire, je me disais que la ville ne méritait peut-être pas d'être sauvée. Les blancs, les noirs, les jaunes, les peaux-rouges, quel intérêt, alors que là haut, dans ce Nouvel Eden, tout le monde était pourri jusqu'à la moelle ? La seule chose qu'ils avaient tous en commun, c'était la haine : le blanc haïssait l'homme de couleur, l'homme de couleur haïssait le blanc, et tous détestaient les hommes d'en bas, les pauvres diables qui n'avaient pas eu la chance de recevoir l'illumination, et qui étaient condamnés à errer dans leur Sodome inférieure ! Et même s'ils ne croyaient pas au pouvoir du prophète, ça ne changeait rien : pas une seule fois je n'ai entendu quelqu'un évoquer l'idée de descendre, ou d'aller chercher les gens d'en bas, jamais.

J'avais un temps hésité. Même après le début de la révolution, je m'étais demandé : est-ce que je dois rester pour aider Columbia, ou bien est-ce que je les suis à Paris ? A cet instant, j'avais ma réponse. Au diable Columbia. Tuer le prophète aurait été une bonne chose, mais après tout... « La progéniture du prophète montera sur le trône et déversera les flammes sur les Hommes », disait-il. Or, nous ne comptions vraiment pas le laisser disposer d'Elizabeth selon son bon plaisir.

Nous avons trouvé le dirigeable là où nous l'avait indiqué Fitzroy, et bel et bien sans surveillance. J'ai entendu Elizabeth soupirer de soulagement et j'ai vu Booker sourire pour la première fois, tandis que j'admirais La Première Dame. Je l'avais déjà vu de près, mais jamais je n'étais monté dedans, et c'est avec hâte que j'ai corrigé cet état de fait.

Spacieux, luxueux, et foutrement bordélique, c'est ainsi que j'ai du le décrire à cet instant. J'aurais volontiers continué dans la description, mais un claquement de porte suivi d'un « je vais essayer de me changer », attira mon attention, ainsi que celle de Booker. Je lui demandais alors de chercher des habits pouvant m'aller, et c'est après une poignée de minutes qu'elle ressortit, portant les vêtements de sa mère.

Sincèrement, ai-je besoin de vous dire qu'elle était magnifique, malgré le fait qu'elle ait coupé une partie de ses cheveux ? Ce moment où je l'ai vue... J'aimerais le garder pour moi. C'est un instant qui n'appartient qu'à nous après tout – et à Booker, oui, mais c'est un peu plus compliqué que ça le concernant.

Elle m'a alors tendu quelques vêtements bien chics, pas tout à fait à ma taille. Le pantalon était un peu trop grand, et la chemise trop large des épaules. Mais je crois que le vrai problème est que je savais très bien à qui ils avaient appartenu : si la robe d'Elizabeth était celle de sa mère, à qui croyez vous que le costume appartenait ?

Ainsi, sapé comme notre bien aimé prophète, et séché du sang qui me recouvrait, j'ai reparu dans le dirigeable. Et quand Booker commença à programmer notre destination, une des statues joua une joyeuse petite musique. J'ignorais alors ce qu'elle signifiait, mais leur réaction ne me rassura pas.

Lorsque je vis une ombre passer sur les nuages, je compris. Et l'instant d'après, le dirigeable était en chute libre, et nous avec. Une autre seconde plus tard et je perdais connaissance.


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Mar 5 Aoû - 11:45
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Je crois qu'une partie de moi ne voulait pas se réveiller. J'étais bien, j'étais en paix, allongé Dieu seul sait où, prêt à me laisser entraîner dans un doux sommeil qui ne se terminerait peut-être jamais, qu'est-ce que j'en savais ? Ma journée n'avait été qu'une accumulation d'horreurs et de souffrances, de peur et de regrets, de choix et de conséquences. Revenir, c'était avoir à affronter à nouveau toutes ces épreuves et ces difficultés.

Mon corps flottait entre deux horizons. Y avait-il une lumière ? Non, je peux vous l'assurer. Le noir, le néant, le même que lorsque l'on ferme tout bonnement les yeux. Mais il y avait les sons. J'entendais des bruits, de la tôle froissée, j'entendais un piano, et aussi – et surtout – des voix. Deux que je n'arrivais pas à reconnaître, et celle d'Elizabeth, qui pestait et paniquait, demandant à Dewitt d'ouvrir la porte avant qu'ils ne finissent.

Sur le coup, je n'ai pas compris de qui elle parlait. Je savais juste qu'ils était potentiellement en danger, et que j'avais alors un choix à faire : prendre sur moi et les aider, ou me laisser tomber et les abandonner. L'oiseau, ou la cage...

Je me suis relevé. J'ai ouvert les yeux, et tenté d'établir un équilibre précaire quand les fines mains d'Elizabeth vinrent à ma rencontre pour m'aider à me tenir droit, tandis que je voyais Booker s'ingénier à ouvrir la porte du dirigeable, fracassé sur le sol. Je me souviens avoir clairement dit sur un ton d’apitoiement : « Bon sang, je venais juste de me changer... ». Je ne saurais pas dire si ça les a fait rire ou non.

Quand la porte fut enfin ouverte, nous avons tous les trois accourus à la rencontre du piano, sur lequel jouait les jumeaux Lutece. Ils alignèrent alors quelques notes qui semblaient être celles qui appelaient Songbird – pour être honnête, ils auraient pu jouer n'importe quoi sans que je ne reconnaisse, je n'ai pas été initié à la musique. Heureusement, selon eux, l'oiseau ne viendrait que si les notes étaient joués sur le bon instrument, caché dans des statues similaires à celle qui était dans le dirigeable. Et lorsque nous avons relevé la tête du schéma que Robert Lutece nous avait tendu, ils avaient disparu à nouveau.

Nous avions donc beaucoup de questions qui s'offraient à nous, et d'un accord tacite, nous avons décidé que celle que nous allions mettre à l'ordre du jour serait Songbird, bien que je tenais particulièrement à ce que la question « pourquoi les jumeaux Lutece, qui sont morts, apparaissent et disparaissent devant nous en sachant des choses que nous ignorions ? » soit la suivante à être traitée.

Ce fut moi qui posa la question la plus difficile. Allions nous tuer Songbird ?

Elizabeth m'en avait parlé. Il l'avait gardée, maintenue enfermée. Il avait été à la fois son ami et son geôlier. Elle l'aimait, et elle le haïssait. Aujourd'hui encore, il était la seule chose qui nous empêchait de fuir. Nous avions alors tous l'intime conviction qu'il trouverait toujours un moyen de retrouver Elizabeth, et de chercher à la ramener à Columbia. Un lien étrange les unissait tous deux.

Pourtant, elle ne voulait pas sa mort. « Il doit y avoir un autre moyen, ne cessait-elle de répéter. Il doit forcément y avoir une sorte de solution. ». Or, avec la mort de Fink, une seule personne connaissait la solution, si au moins il y en avait une.

Zachary Comstock.


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Daeva

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Mer 6 Aoû - 14:27
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« Si vous savez jouer pour lui, il vous amènera où vous le voulez », avaient dit les jumeaux Lutece. Je doutais franchement que Comstock allait accepter de nous dire comment nous y prendre. Peut-être gardait-il un mode d'emploi quelque part, au cas où l'oiseau déciderait de s'en prendre à lui pour quelque obscure raison. C'est ce que j'aurais fait. Mais j'aurais aussi pris soin de dissimuler tout cela bien profondément.

Avions nous le choix, cependant ? Non, pas un seul instant. Vous vous dîtes peut-être que l'une des solutions aurait été d'abandonner Elizabeth, mais en vérité, ça ne m'a jamais traversé l'esprit, pas un seul instant.

Nous étions donc contrait de traverser tout Emporia, en pleine guerre civile, pour nous rendre dans la demeure du prophète, l'endroit le plus sécurisé de toute cette damnée ville. Nous avions cependant un avantage : je connaissais le quartier dans ses moindres détails. J'avais patrouillé dans ses rues pendant un nombre incalculable d'heures, et il n'y avait pas un bâtiment, pas une rue, pas une configuration possible que je ne connaissais pas. Je savais où menaient les lignes d'aérotram, quel toit pouvait servir de poste de tir, quel mur pouvait nous fournir une couverture, etc. En un mot, je maîtrisais le terrain, et cela facilita grandement notre avancée lors des affrontements. Les soldats de la Vox Populi, en particulier, étaient bien souvent morts avant même de savoir qu'on les attaquait, c'était grandiose.

Jusqu'à ce que l'on arrive devant les portes de chez Comstock : des montagnes de cadavres, et la grille intacte. Or, seul Comstock pouvait y entrer. Alors que je cherchais une solution, Elizabeth s'approcha de ladite porte, et la machine qui y était intégrée la reconnu, ou du moins, et c'était là notre chance, la prenait pour madame Comstock. La femme du prophète pouvait toujours pénétrer dans la maison.

Bien sûr, Elizabeth n'avait pas les empreintes de sa mère – à plus forte raison quand on sait que ce n'était même pas sa mère. Mais il y avait quelqu'un à Columbia, dont les empreintes pouvaient nous servir, à savoir, Mme Comstock elle même. Je l'avais souvent vue, endormie dans son cercueil de verre, comme si elle s'apprêtait à se réveiller d'un instant à l'autre. Je doutais fortement qu'elle puisse avoir besoin de ses mains.

Elizabeth fut du même avis que moi, mais Booker sembla choqué. J'imagine qu'il n'a jamais eu de problèmes avec ses parents. De mon côté, je comprenais la rancœur d'Elizabeth. En un sens, j'avais moi aussi été enfermé : mes géniteurs m'ont placé dès que possible chez les Fondateurs, et n'ont plus jamais donné signe de vie après cela, pas même une lettre. Je pense que j'étais le produit d'un adultère, ou bien d'une grossesse non désirée. Ils ne m'ont jamais rien dit à ce sujet, et ma seule famille a toujours été cette bande d'abrutis siégeant à la caserne.

Les rues, le cimetière, puis le tombeau érigé pour accueillir la dépouille mortelle de Mme Comstock. Cela ne nous prit qu'une poignée de minutes, et j'avais le sentiment que quelque chose clochait. Le cimetière était un lieu relativement sans vie, mais en cet instant, je l'avais trouvé bien trop... Eh bien, mort. Trop normal qui plus est : toute la ville était à feu et à sang, il n'y avait pas un magasin, pas un vaisseau, pas même un banc qui n'était pas ravagé, et pourtant, ce cimetière, qui aurait été une position de repli idéale, était vide et vierge de toute trace de combat.

Hormis les tombes des Lutece, bien sûr : les pierres tombales étaient là, mais la terre avait été creusée, et il manquait leurs corps. Je n'avais pas la moindre idée de ce qui avait pu se passer, et franchement, je ne voulais pas le savoir. Je m'efforçais de rester éloigné de tout ce qui touchait à ces deux là. Ça me semblait de mauvais augure.

Néanmoins, Elizabeth ouvrit la porte, et entra. Booker et moi avions tenté de l'en dissuader, mais elle ne voulait rien entendre, clamant que c'est elle qui devait le faire. Je soupçonnais plutôt une envie de prendre sa revanche, ne serait-ce que de manière symbolique, et ça ne m'aurait pas dérangé, si je n'avais pas eu cette sensation qui me prenait au tripes.

La suite... Encore aujourd'hui, j'ai du mal à croire ce que je vais raconter. Je le comprends, mais je n'arrive toujours pas à y croire, à accepter cette vérité. Cependant... Comment dire ? Disons que... Laissez moi vous le raconter froidement : le prophète a parlé à Elizabeth, ainsi qu'à Booker. Pas à moi personnellement, il n'a fait que dire « le traître ». Il ne m'a jamais appelé par mon nom. Puis, alors qu'il nous abreuvait de ses paroles, une machine se mit en route, et une lueur bleue enveloppa Elizabeth, qui sembla convulser de douleur. Nous avons tenté de l'aider, mais nous ne pouvions pas la toucher, quelque chose nous en empêchait. Alors que le prophète s'exclamait : « si tu ne m'écoutes pas, peut-être écouteras-tu ta mère ! », la lueur est passé d'Elizabeth a Mme Comstock, et... Et une forme humaine, blanche et éthérée a jailli du cercueil de verre, s'arrêtant devant Elizabeth.

Booker et moi avons immédiatement tiré dessus, et elle s'est enfuie dans le cimetière avec un cri si semblable à celui d'un humain que sa difformité l'en rendait monstrueux ! J'ai rattrapé Elizabeth qui sembla sur le point de s'évanouir, et nous avons fait face au cercueil. Vide.

Quand nous nous sommes retournés, les morts sortaient de leurs tombes, et le fantôme de Mme Comstock volait parmi eux.


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Jeu 7 Aoû - 11:53
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Le chaos. Des cris, des tirs, des ennemis qui jaillissaient de nulle part, et encore des cris, les hurlements horribles du fantôme... Ce combat était une véritable horreur. Booker se démenait comme un diable, tandis qu'Elizabeth et moi nous étions réfugiés dans un petit mausolée éloigné du combat. J'avais besoin d'être à distance pour être efficace, et ce n'est qu'une fois suffisamment éloigné que j'ai pu épauler Booker comme il se doit.

On a vite compris que s'en prendre à ceux qu'elle ramenait à la vie n'était pas une bonne idée : malgré leurs blessures, ils finissaient toujours par revenir. La solution se dessina bien vite : il fallait se débarrasser de Mme Comstock. Ce n'était pas impossible, car j'ai fait un léger abus de langage en l'appelant fantôme. Son apparence éthérée, sa couleur blanche, le fait qu'elle vole doucement au dessus du sol, tout cela donne toujours à penser qu'il s'agit d'un fantôme au sens conventionnel du terme, mais ce qui comptait ici, c'est qu'elle était... Solide ? Elle avait une consistance, si vous préférez ! On ne passait pas au travers, non, et on pouvait sans difficulté la cribler de balle et l'arroser de toniques. C'est ce que Booker et moi avons fait, et c'est ainsi que nous avons sauvé nos vies.

Elle disparu en un dernier hurlement, accompagné d'un éclat de lumière, tandis que tous ses serviteurs décédés s'effondraient par terre. Alors que Booker demanda avec légitimité ce qu'était ce foutu truc, nous avons entendu deux voix qu'aucun de nous ne peina à reconnaître.

« Pourquoi toujours des « quoi » ?
- Quand la réponse est « quand ».
- La seule différence entre le passé et le présent...
- C'est la sémantique.
- Vit, vécu, vivra.
- Meurt, mort, mourra. »

Nous nous sommes retournés d'un bond, pour voir les jumeaux Lutece entrain de creuser leurs propres tombes tout en déclamant d'un ton presque poétique leur charabia incompréhensible. Cela dit, maintenant que je connaissais le principe des failles, leurs discours me faisaient me poser une question. Si les failles étaient bel et bien des portes sur d'autres mondes, alors il y avait sans doute d'autres Columbia, et d'autres personnes vivant dedans. Et si Elizabeth arrivait à faire apparaître des objets qui n'étaient pas là chez nous, c'est bien que ces autres Columbia étaient légèrement différentes. Alors peut-être que dans certaines, Mme Comstock était vivante.

« Comme nous tous, Mme Comstock transcende le temps.
- Elle est à la fois vivante et morte.
- Elle sait être les deux.
- Et cette dualité lui est... Désagréable. »

Ils disparurent au détour d'un éclair, et j'étais alors à nouveau perdu. Je pensais avoir compris, mais je me retrouvais de nouveau avec des questions. Si elle était morte dans cet univers et vivante dans un autre, pourquoi est-ce qu'Elizabeth n'avait pas ramené une femme vivante ? Parce que c'était contre son gré, que Comstock avait utilisé ses pouvoirs à l'aide d'une machine ? Elle n'aurait ramené qu'une « moitié » de Mme Comstock ?

Alors que nous sortions du cimetière, la tête bourdonnant de questions, les Lutece se montrèrent à nouveau, nous expliquant ce que nous avions commencé à comprendre, à savoir qu'elle n'appartenait pas à cette réalité. Ils nous ont alors appris qu'il existait différents... Comment dire ? Points d'ancrage qui pouvaient rétablir les choses. Trois vérités effacées par Comstock en ce monde, que nous devions retrouver, grâce au don d'Elizabeth.

Ils disparurent en un éclair et des traces de pas vibrantes et fantomatiques apparurent sur le sol, accompagnés de murmures dérangeants. Nous devions suivre Mme Comstock et découvrir ces trois vérités...

Vous imaginez sans peine à quel point j'étais peu emballé.


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Ven 8 Aoû - 11:25
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Les traces de pas nous ont conduit au magasin d'un photographe. C'est là que j'avais fait ma photo, qui doit figurer encore aujourd'hui sur mon dossier personnel, regroupant mes rapports et mes états de service. Je me demande toujours s'ils ont pris la peine d'ajouter « trahison ».

Une faille s'y trouvait, mais elle ne fit apparaître aucun objet. C'était comme une fenêtre sur des événements passés. Quand Elizabeth l'a ouverte, nous avons entendu des voix. La première, paniquée, demandait ce que quelqu'un pouvait bien faire là, arguant que les personnes en question étaient mortes. Je ne fus pas surpris d'entendre en réponse la voix des Lutece, visiblement venus se plaindre que la photo de leur enterrement ait été ratée.

« En même temps, ai-je dit après la fermeture de la faille, je peux les comprendre... A choisir, j'aimerai que, la dernière fois où l'on parlera de moi, la photo ait le mérite d'être réussie. »

Je me souviens que Booker eut un petit rire, mais Elizabeth, elle, sembla triste, malgré le léger sourire qu'elle ne put cacher. Sans doute était-elle triste que les Lutece soient morts. Depuis Mme Comstock, notre propre définition de la mort avait commencé à changer, et quand nous en parlions, Elizabeth exprimait l'idée que, malgré le fait qu'ils puissent prendre forme physique, et ceci de manière plus humaine que la silhouette hurlante et volante de Mme Comstock, ils n'étaient pas non plus à leur place dans ce monde. C'était sans doute pour cette raison, disait-elle, qu'ils ne faisaient que nous guider.

Nous n'en étions cependant qu'aux suppositions, et nous avons repris notre route, suivant les traces de pas, pour atterrir devant la banque de prophète. Nous avions soigneusement évité d'y rentrer, quand nous y étions passés, quelques temps plus tôt. Nous avions fait le ménage avec efficacité, et même le Handyman qui avait débarqué ne nous avait pas posé de problèmes. Mais la banque était une véritable place forte, et ce qui se trouvait à l'intérieur ne serait certainement pas amical. C'était la principale leçon de Columbia en fin de compte : rien n'est amical. Au mieux, indifférent. Au pire... Ça tentera de vous tuer.

N'ayant pas plus d'options de choix qu'à un exercice militaire sous le commandement du major Henricks – un maniaque de l'autorité. Cette comparaison était très en vogue dans mon régiment – nous nous sommes fait violence et avons pénétré dans la banque pour y découvrir, sans surprise, un groupe de soldats de la Vox Populi qui s'y était retranché.

Ils avaient pris le contrôle du terrain, et nous étions en grand danger, Elizabeth et moi. C'est ainsi que j'ai bu mon tout premier tonique : « Retour à l'envoyeur », sans doute celui avec le nom le moins original, mais celui qui me convenait le plus. Après avoir littéralement hurlé de douleur tandis qu'il se répandait dans mon corps, et d'horreur lorsque je vis l'état de mes mains – je ne vous le décrirai pas – j'ai senti son pouvoir s'insinuer en moi. D'instinct, j'ai su comment activer le bouclier, et, une fois protégé, j'ai pu encaisser tous les tirs nécessaires pour venir au secours de Booker. Notre victoire en a été considérable facilité, sans vouloir me vanter bien sûr.

Nous avons fini par pénétrer plus avant dans ladite banque, pharamineuse, comme se le devait d'être la banque d'un prophète. Rien n'était gratuit dans ce monde, pas même la foi. C'était assez triste à voir, quand on y réfléchissait.

Le cri d'un Corbeau nous alerta, juste avant que nous ne tombions sur d'autres hommes de la Vox. Quelques instants plus tard, nous enjambions les cadavres pour parvenir enfin à la salle des coffres, dans laquelle se trouvait une nouvelle faille, attendant de nous livrer une nouvelle révélation. Et c'est avec un certain plaisir sadique que j'ai honte d'avouer que nous avons littéralement détruit le Corbeau qui espérait nous prendre par surprise.

Elizabeth a ouvert la faille. Il était à nouveau question des Lutece, mais cette fois, aucun d'eux n'était là. On entendant Fink, ainsi qu'un autre homme que je ne connaissais pas. En un mot comme en cent, leur discussion parlait tout bonnement de meurtre. Celui des jumeaux scientifiques, bien sûr. Le prophète voulait les faire assassiner, pour une raison qui fut énoncée ainsi : « Pour la même raison qu'il a fait tuer Mme Comstock. »

La réponse de Fink acheva de nous écarquiller les yeux : « Bien sûr... L'enfant. »


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Sam 9 Aoû - 11:32
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Il y avait là beaucoup d'informations à traiter, et Elizabeth semblait les recevoir de plein fouet. J'aimerais vous dire que nous nous sommes assis et que nous en avons discutés tous les trois afin de tirer tout cela au clair et d'éviter à tout le monde de devoir gérer à lui seul le poids de ces révélations, mais en vérité, nous n'en avons même pas eu le temps, car l'immense porte du coffre fort, que nous avions contournée, s'ouvrit alors, et chacun d'entre nous reconnu immédiatement les hurlements de Mme Comstock.

Jamais je n'avais mené un combat aussi rude, et aujourd'hui encore, je pense que c'était le pire que j'ai jamais eu à livrer. Elle ramenait à la vie les soldats de la Vox que nous avions tués juste avant, nous faisant affronter à nouveau de nombreux adversaires contre lesquels nous avions déjà eu du mal à lutter, tout en nous invectivant, traitant Elizabeth d'enfant de la honte. Nous nous esquintions à tenter de la protéger de cette furie qui voulait manifestement sa peau. Sans les cristaux et les munitions qu'elle nous fournissait, nous n'aurions certainement pas réussi à vaincre Mme Comstock dans cette banque.

Pourtant nous y sommes parvenus. Dans un dernier cri, le fantôme disparut, et les cadavres réanimés tombaient à nouveau sur le sol pour ne plus jamais s'en relever – pour autant que je sache tout du moins.

Booker voulait que nous nous mettions en route, mais je voyais bien dans le regard d'Elizabeth qu'elle avait besoin que nous discutions de tout ce que nous venions d'apprendre.

Alors nous l'avons fait. Nous avons pris tout le temps qu'il nous fallait, posés dans l'un des bureaux de la banque. Elizabeth haïssait sa mère, mais désormais, il apparaissait qu'elle aussi, au final, n'était qu'une victime de Comstock, malgré ses défauts, et Elizabeth s'en voulait de ressentir de la compassion pour cette femme qu'elle voulait détester par dessus tout, sans concessions ni aucune remise de peine. Mais on ne pouvait lutter contre ses sentiments, c'est ce que Booker et moi alors avons tenté de lui faire accepter, et c'est ce qu'elle accepta d'essayer. Je ne dis pas qu'elle y parvint sur le champ, mais elle tâcha alors de prendre sur elle et d'accepter la vérité telle qu'elle l'était.

Mme Comstock, les Lutece, et Elizabeth elle même étaient tous des victimes du prophète, de son ambition et de ses visions. Nous ne parlions pourtant pas de folie. Sans le comprendre véritablement, nous avions alors dans l'idée que Comstock était parfaitement sain d'esprit, et qu'il avait consciemment bâti son mensonge sur une part de vérité, qu'il nous fallait encore déterminé.

Elizabeth accepta aussi le fait que certains soient morts pour elle, avec beaucoup de facilité d'ailleurs, car elle ne ressentait aucune culpabilité pour les actes que le prophète avait commit en son nom à elle.

Puis, je me souviens qu'elle s'est tournée vers moi.

« Booker est ici parce que c'est son travail, m'a-t-elle dit. Vous m'avez protégée, ajouta-t-elle a son attention, et je vous crois quand vous me dites que vous m'aiderez à m'enfuir. Comstock a détruit une partie de votre passé et semble avec quelque chose de personnel contre vous.
- Ouais, c'est vrai, lui a-t-il répondu. Je sais pas quoi, mais il a des projets pour moi, pour nous deux.
- Exactement Booker, nous deux. Pas nous trois, poursuivit-elle en se tournant vers moi. Toi tu es... Rien ne t'empêche de partir.
- Techniquement, non, ai-je dit, prudent. Mais pourquoi tu me dis ça ?
- Parce que... Je commence à douter que cette histoire se finisse bien. Et si j'ai raison...
- Dis moi clairement ce que tu as à me dire.
- Je ne veux pas que tu meures pour moi, pour nous. Cette histoire... Rien ne t'oblige à la poursuivre, ce n'est pas la tienne. Trop de gens sont déjà morts ! Je ne veux pas...
- Cette histoire est devenue la mienne également, peut-être même à plus forte raison que pour vous, Booker, ou même que pour toi. Parce que j'ai choisi d'y participer. J'ai pris une décision quand j'ai poignardé Martin et quand j'ai libéré Chen Li. Plus le temps passe, plus j'en saisis les conséquences, et plus je souhaite rester à vos côtés à tous les deux.
- Tu es trop jeune pour mourir comme ça, me gronda Booker. Je ne sais pas ce que tu espères trouver, mais ça ne vaut pas le coup...
- Beaucoup des hommes que nous avons descendu étaient jeunes aussi, Booker, certains plus que moi. Alors je vais vous demander d'écouter très clairement ce que j'ai à dire, et après, nous partirons d'ici pour aller suivre les traces de ce damné fantôme sans jamais avoir à en discuter à nouveau. J'ai eu beaucoup de choses dans ma vie, mais il y en a une qui m'a toujours manqué : le choix. J'ai fait le choix de vous rejoindre, et à chaque instant, je fais le choix de rester ! Et je resterai aussi longtemps que mon corps me le permettra. Les hommes en face de nous meurent dans la contrainte, alors que moi, je veux avoir la liberté de mourir ! Et aussi... »

Je cherchais mes mots. Je ne voulais pas paraître trop absolu, ni trop... Comment vous dire ? Je ne voulais pas paraître trop... Amoureux.

« Et aussi, je ne laisserai plus jamais qui que ce soit t'enfermer à nouveau, Elizabeth. Jamais. »


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Dim 10 Aoû - 12:04
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Nous sommes ressortis de la banque, alors que je tâchais d'établir la nature de mes sentiments envers Elizabeth. Elle était la première femme avec qui je parlais véritablement, l'une des premières personnes avec qui j'étais moi même, et il en allait de même de son côté – navré de te dire ça Booker, mais tu étais légèrement passé au second degré à cet instant. Nous étions jeunes et nous avions de l'affection l'un pour l'autre, c'était évident. Mais de là à dire que je l'aimais... Je me débattais avec cette question lorsque nous sommes rentrés dans le lieu abritant la dernière faille : l'ancienne demeure des Lutece.

Personne ne fut vraiment surpris à vrai dire. A l'intérieur, nous avons immédiatement trouvé où aller : droit devant nous, vers la machine diabolique des jumeaux. Sans que rien ne nous le dise exactement, nous avions tous deviné, dès le premier instant, que ladite machine leur servait à ouvrir des failles, exactement comme le faisait Elizabeth. Et le fait de découvrir la troisième et dernière faille au pied de la machine acheva de nous convaincre.

Sans attendre, et nous préparant à une troisième et dernière révélation fracassante, nous avons écouté à travers la faille désormais ouverte. Des hurlements que nous connaissions bien se firent entendre. Mme Comstock déversait toute sa rage sur Rosalind Lutece, l'accusant d'être la véritable mère d'Elizabeth. Je suppose que la confusion était pardonnable : Mme Comstock savait que cet enfant n'était pas le sien, et son mari passait une grande partie de son temps avec cette jeune femme au physique plutôt plaisant.

La réponse de Lutece, cependant... Le prophète aurait été rendu stérile par l'utilisation de la machine. En somme, non seulement cette pauvre dame n'était pas la mère de l'enfant, mais Comstock n'était pas non plus son père.

« Mais alors... Je suis quoi ?! Une enfant qu'il a décidé d'enlever ? »

Ça n'avait pas de sens... Pourquoi elle ? C'était impensable... Et nous n'avions aucune raison de douter de Lutece, tant son désintérêt pour le prophète et ses petites affaires était évident. Alors une question se posait : que venait faire Elizabeth là dedans ? Etait-elle juste une pauvre enfant qui avait eu le malheur d'être choisie ? Mais que venaient faire les prophéties de Comstock dans tout ça ? Il savait des choses qu'il n'était pas sensé savoir, nous étions tous d'accord à ce propos, alors... Ce devait être plus compliqué que ça.

Elizabeth est ressortie sans prononcer un mot. Une fois le choc passé, elle semblait avoir réalisé quelque chose qu'elle ne nous confia pas sur l'instant, chose plutôt étrange pour elle. Je supposais alors qu'elle craignait que son idée ne soit mauvaise, mais aujourd'hui je sais que... C'est parce qu'il s'agissait de quelque chose qu'elle n'aurait pu répéter deux fois.

Nous avons suivi les dernières traces du fantôme, qui nous ramenèrent vers la grande grille que nous ne pouvions alors traverser. La statue à la gloire de Mme Comstock trembla, et nous savions alors ce qui allait se passer. Nous avons réagi très vite, avant qu'elle ne nous attaque et que les morts ne se relève. Ce combat fut bien plus aisé que les précédents, car nous savions ce que nous devions affronter.

Mais au lieu de disparaître comme à l'accoutumée, elle voltigea, affaiblie, autour de sa propre statue, criant à Elizabeth « enfant de la honte » tandis qu'elle tâchait d'engager un discours avec elle. Et, par miracle, elle y parvint, en lui disant ce qu'elle avait sur le cœur.

« Ce n'est pas Mme Comstock, pas vraiment... C'est en mélange entre elle, et les sentiments que j'éprouve à son égard », nous avait dit Elizabeth. Et c'est en la mettant devant un état de fait que les deux parties pouvaient comprendre qu'elle parvint à lui parler : toutes les deux étaient des victimes. Les victimes de Comstock et de son ambition. Mme Comstock l'avait payé de sa vie, et Elizabeth, elle, n'avait presque jamais vu l'extérieur de sa tour, enfermée pendant dix-neuf ans.

Alors, toutes deux se parlèrent pour la première fois de leur vie. Mme Comstock n'appartenait pas à ce monde, mais elle se rappelait sa mort, ainsi que la douleur que lui avait infligé le prophète. Elizabeth lui annonça alors qu'il se pouvait, peut-être, que les choses se soient passées différemment dans d'autres mondes. Ce fut, je pense, une petite lueur d'espoir qui s'alluma dans les yeux du fantôme. Elle était morte ici, elle était morte ailleurs, mais quelque part, peut-être avait-elle sauvé Comstock de sa folie.

C'était à Elizabeth de le découvrir, désormais. Et c'est ainsi que Mme Comstock disparut pour de bon, nous laissant poursuivre notre route, le cœur encore plus lourd. Le prophète avait tout détruit autour de lui, et nul encore ne savait pourquoi. La seule chose dont nous étions sûrs, c'est que ça ne valait pas le coup.


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Lun 11 Aoû - 11:42
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Nous sommes entrés, et nous nous sommes immédiatement retrouvés face à un ascenseur dont l'appel était protégé par un simple code. Elizabeth reconnu immédiatement le mécanisme, et ajouta que, d'après ses livres, l'extrême majorité des gens gardaient le code à proximité, au cas où leur mémoire leur ferait défaut. Et puis... Pourquoi être soupçonneux, à Columbia ?

Alors que nous fouillions la pièce, je repensais à la somme de connaissances qu'avait accumulé Elizabeth durant toutes ces années d'enfermement. Les sciences, la littérature, même le crochetage. Comme elle le disait elle même, c'était le genre de chose qui avait tendance à être intéressant, quand on passe sa vie enfermé et que l'on ignore si l'on va sortir un jour. Si elle ne l'avait pas encore lu, je pensais à lui conseiller le Comte de Monte-Christo.

Finalement, Booker a mis la main sur ledit code, à peine caché. Pourquoi s'ennuyer avec ça alors que personne ne pouvait entrer par la porte, après tout ?

Alors que nous nous apprêtions à emprunter l'ascenseur, une statue se mit en marche, et sifflota joyeusement. Nous avons immédiatement reconnu la mélodie qui appelait Songbird, et nous nous sommes vivement cachés, hors de vue. L'instant d'après, la maison tremblait sous son poids, et la lueur de son regard traversait les fenêtres.

J'avais terriblement peur, croyez moi. Nous ne pouvions rien contre lui, et il pouvait nous balayer sans efforts, avant de reprendre Elizabeth comme une poupée de chiffon et de la ramener dans sa tour, la condamnant à servir les dessins du prophète, de gré ou de force. Et au vu de l'énergie qu'elle mettait à fuir Comstock, je n'avais aucun doute concernant sa réaction si elle retombait entre ses griffes. Et cela me terrifiait autant que mon propre sort, qui ne serait certainement pas à envier.

Songbird finit enfin par partir, ne nous trouvant pas. Booker et moi avons exprimé notre soulagement par un grand « aaaaaaah » indubitablement masculin, mais Elizabeth, elle, semblait encore soucieuse, peut-être même plus que lors de la présence de son geôlier. Nous ne l'avions pas immédiatement remarqué, et ce n'est que lorsque nous attendions l'ascenseur qu'elle se décida à nous en parler.

Elle ne voulait plus jamais être enfermée, plus jamais n'être que la marionnette du prophète. Elle ne voulait plus qu'il dispose d'elle comme il l'entendait, et peu importe comment elle lui échappait. Elle nous déclara alors avec un aplomb terrifiant qu'elle préférait être morte, plutôt que d'être ramenée dans sa tour.

Que ce soit sa volonté ou non, je n'aurais pas pu l'abattre, peu importait la raison. Sans compter que si jamais elle venait à être capturée, nous ne serions certainement plus en état de faire quoi que ce soit. J'eus alors une vision furtive de deux cadavres, Booker et moi, étendus sur le sol, le regard torve et le visage barré de notre dernier rictus de douleur, tandis que des hommes emmenait Elizabeth contre son gré. Non, si elle était à nouveau capturée, nous ne pourrions rien faire.

Booker dit alors que jamais elle ne serait à nouveau enfermée, et même si je savais qu'il ne pouvait rien promettre de la sorte, je l'approuvais sincèrement. Quelqu'un allait-il lui mettre la main dessus ? Je n'en avais aucune idée. Mais ce que je savais, c'était que nous ferions tout notre possible pour l'en empêcher.


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Mar 12 Aoû - 11:16
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Elle avait cette idée en tête depuis longtemps, j'en étais convaincu, mais elle avait attendu d'être au moment décisif pour nous le dire. C'était dur pour nous de l'entendre, mais ce devait être bien pire pour elle de le dire. Ce fut l'ascenseur le plus long de toute notre vie.

Une fois arrivés en haut, nous vîmes la demeure du prophète, baignant dans un amas de nuages sombres parcouru d'éclairs qui ne me semblaient absolument pas naturels. Le vent soufflait fort, et l'atmosphère était écrasante. Le regard des pères fondateurs était posé sur nous, et leur visage patibulaires ne me donnaient pas un seul instant envie de faire un seul pas de plus.

Un immense pont se tenait devant nous, ou du moins, allait s'y tenir. Sans hésitation visible, Booker alla activer le mécanisme qui permettait au pont de s'assembler. Quelques secondes après, nous l'entendions. Songbird.

Avec sa rapidité habituelle, il nous frappa avant que nous ne puissions avoir la moindre réaction. Se saisissant de Booker, et l'envoya violemment sur le toit d'un bâtiment, qu'il traversa, avant de poser sur moi un regard rouge brillant. J'ai levé mon arme, et j'ai tenté de l'abattre autant que je le pouvais. Je visais particulièrement ses yeux, sa structure la plus fragile, et malgré l'ardeur de ma lutte et la résistance de mon bouclier, la seule chose que j'ai réussi à faire fut de lui en briser un. Il éclata comme un verre qui se brise, et un étrange liquide, semblable à du sang, en dégoulina.

Songbird poussa alors un cri déchirant, et alors que j'espérais utiliser cette faille pour le tuer définitivement, il me frappa avec une puissance hallucinante, m'envoyant valdinguer à une dizaine de mètres. Sans mon tonique de bouclier, j'aurais certainement eu les côtes brisées, répandues un peu partout dans mon poitrail.

J'étais sonné, et Songbird en profita pour s'envoler vers l'endroit où Booker avait atterri, espérant certainement l'achever tant que celui ci était inconscient – connaissant Booker, s'il avait été en état de se battre, nous nous en serions rendus compte. Elizabeth était déjà parti les rejoindre quand je le réalisais, et je tâchais de rattraper mon retard autant que possible, malgré une jambe qui me faisait souffrir le martyre.

Je suis arrivé trop tard... Je n'ai pas su aller assez vite pour les sauver tous les deux. Elizabeth, mise devant l'urgence de la situation et la réalité de la menace, fit quelque chose de bien pire que de se laisser mourir : elle se laissa capturer, en échange de nos vies. Quand j'arrivai, Booker était entrain de hurler après Elizabeth, maintenue dans la main de Songbird. Elle était déjà loin, mais je voyais son visage tourné vers nous, ainsi que l'éclat de ses larmes.

Dès que Booker fut debout, nous avons couru, activé le damné pont, avant de rejoindre à toutes jambes la demeure de Comstock. Nous ne comptions pas le laisser s'en tirer comme ça, pas sans combattre jusqu'au bout. Nous avions ça en commun, avec Booker : nous étions des combattants.

Mais alors que mon cœur ne savait que choisir entre battre la chamade et cesser de se manifester, la situation, que je pensais alors horrible en tout points, empira une dernière fois. Alors que nous traversions les épais nuages noirs qui nous impressionnaient tant, Booker cessa de crier. Et quand j'en suis ressorti, il n'était plus devant moi.

Booker Dewitt, le plus grand combattant avec qui j'avais jamais lutté, notre meilleur espoir pour sauver Elizabeth, avait disparu.

J'ai hurlé à la mort, criant ma haine et mon désespoir à la face du monde.


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Mer 13 Aoû - 11:23
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Il fallait que j'entre dans ce maudit manoir. Je n'avais pas d'autre choix : Booker avait disparu Dieu seul sait où, mais Elizabeth, elle, je savais où elle avait été emmenée, j'avais vu Songbird voler vers la demeure du prophète. Alors j'ai cherché un moyen d'entrer, mais en vain.

La porte était fermée. Rien de plus. Pas gardée, pas protégée, non, juste fermée, et sans doute fortifiée de l'autre côté. Les statues des Pères Fondateurs semblaient se railler de moi. J'ai frappé à cette damnée porte pendant un temps que je ne saurais pas définir. Ça a duré longtemps, c'est à peu près tout ce que je sais, et surtout, ça n'a servi à rien. J'aurais préféré que l'on me menace, qu'on tente même de m'abattre, plutôt que de me laisser en proie à ma solitude et à ma détresse.

Alors j'ai commencé à penser à un plan B. Je ne pouvais pas entrer par la porte, soit. Du moins, pas en l'état. Je n'ai mis qu'une demie-heure à revenir sur mes pas et à trouver un lance-roquette fonctionnel, bien que cela me sembla durer une éternité. Une fois face à la porte, j'ai tiré tout ce que j'avais dessus. Je n'y croyais pas, mais pourtant, elle céda. Ce n'était que du bois vaguement renforcé par du métal après tout, et c'est avec un espoir renouvelé que je me faufilais par la brèche, pour trouver face à moi un hall vide et immense, agrémenté de l'habituelle statue du prophète. Si j'avais eu d'autres roquettes en ma possession, j'aurais volontiers détruit cette œuvre d'art d'un goût discutable.

La pièce suivante était encore plus grande, mais toute aussi vide. On y trouvait deux choses qui m'empêchèrent d'avancer : un ascenseur détruit pour que personne ne puisse l'utiliser, ni même tenter de grimper, comme je l'ai rapidement appris au prix d'une profonde douleur à la jambe droite. Il y avait également une grande grille, aux barreaux aussi épais que mon avant-bras. Aucun moyen de la traverser, j'en étais certain dès l'instant où j'ai posé les yeux dessus. J'avais de vague notions de génie civil, et ce n'était pas une roquette qui allait venir à bout de ce grillage maléfique.

Alors, quelles étaient mes solutions ? Croyez moi, j'ai cherché comment avancer, j'y ai passé des heures, qui se sont muées en jours, sans que personne ne vienne, que ce soit animé d'intentions belliqueuses ou non. Tout ce que je tentais pour franchir cette grille ou passer à l'étage supérieur échouait systématiquement. Jusqu'à ce qu'ils apparaissent à nouveau, alors que j'essuyais un nouvel échec.

« Il faut parfois reconnaître qu'une chose est impossible...
- Pour pouvoir la réussir. »

Je me tournai alors vers les jumeaux Lutece, le cœur animé d'un fol espoir mais aussi d'un indicible agacement, que je tentais de brider.

« Qu'est-ce que vous voulez dire ? Dis-je alors.
- Toutes vos tentatives ont échoué.
- Elles n'ont même pas été proches de réussir.
- Cela ne peut signifier qu'une chose.
- Ce que vous tentez est impossible.
- Alors qu'est-ce que je suis sensé faire ? Je ne peux pas la laisser là, on a pas fait tout ce chemin pour que tout s'arrête ici.
- Qui a parlé d'abandonner ?
- Il faut juste voir les choses sous un autre angle.
- Il y a une autre entrée ?
- Il y en a toujours une autre, me répondit Rosalind.
- Et est-ce que cette porte est protégée comme celle là ? Demandai-je alors.
- C'est là votre erreur.
- Ce n'est pas une porte. »

Sans plus d'explications, ils disparurent soudainement, comme à leur habitude. Mais je n'avais pas besoin d'eux : je savais à présent comment faire.


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Jeu 14 Aoû - 12:12
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Je ne saurais pas vous dire combien de jours se sont écoulés. Si j'en faisais l'effort, j'arriverais à m'en rappeler, mais en vérité, je ne veux pas le savoir. J'ai laissé Elizabeth souffrir pendant tout ce temps, seule et sans aide, sans rien savoir de mes efforts. Vous me direz peut-être que je n'y étais pour rien, que j'ai fait de mon mieux, et vous auriez tout à fait raison d'ailleurs. Mais la culpabilité n'est pas fondée sur la logique.

Grâce aux Lutece, j'avais eu mon idée, et cela me prendrait un peu plus de temps. Cesser mes efforts constants et désespérés me fit prendre conscience de l'état déplorable dans lequel j'étais. J'avais faim, j'avais froid, j'étais épuisé. Ce fut la décision la plus difficile de toute ma vie, mais je décidai alors de me ménager. Ça n'aurait servi à rien d'y aller dans cet état, juste à me faire tuer et à anéantir les chances d'Elizabeth. Booker n'était pas là, et je n'avais aucun indice présageant un éventuel retour. Je devais alors considérer qu'il ne revenait pas, et que tout reposait sur mes épaules.

Je me suis trouvé un abri à l'extérieur de la demeure du prophète, dans une maison en ruine. J'y ai déniché de quoi me nourrir un peu, puis j'ai dormi pendant quelques petites heures, pas plus de deux ou trois, simplement assez pour me reposer un minimum.

Ma pause fut terminée bien vite, encore que chaque instant d'attente me paraissait durer une éternité. Dès que je fus en état de repartir, je me suis mis au travail. Les Fondateurs avaient commencé à contre-attaquer la Vox Populi, et Emporia était la théâtre de violents affrontements après quelques jours d'accalmie. Personne ne remarqua alors le soldat manquant, une très vieille connaissance à moi d'ailleurs. Ou du moins, je suppose qu'on l'avait remarqué, mais qu'on a du le considérer comme déserteur ou tombé dans la Sodome Inférieur. Tout ce que je sais, c'est que je n'ai jamais vu personne venir tenter de le libérer de sa chaise.

Je ne suis pas tout à fait fier de ce que j'ai fait vous savez. Je devais le faire, et s'il le fallait, je recommencerais dans l'instant sans hésiter. Mais ça ne veut pas dire que je n'ai pas de remords pour ce que ce pauvre garçon a subi par ma main. Je suppose qu'il ne l'avait pas mérité, pas plus que si j'avais été à sa place, mais... Je n'avais pas le temps ou le loisir de me poser ce genre de questions, à ce moment là.

Il n'a pas tenu très longtemps avant de me dire ce que je voulais savoir. Une fois que c'était fait, j'ai fait ce qu'il m'a demandé de faire. J'aurais aimé qu'il me demande de le libérer, mais ce n'était pas son choix. C'était triste, mais je devais bien respecter les dernières volontés d'un veux camarade de régiment.

Les informations qui m'intéressaient étaient les patrouilles des vaisseaux au dessus d'Emporia et autour de la demeure du prophète, ainsi que les endroits où se faisaient les relèves. Il m'a fallu attendre deux heures de plus avant de pouvoir enfin mettre mon plan a exécution. Il était très simple : m'emparer d'un vaisseau lors de la relève, après avoir abattu son équipage alors qu'il est à quais, puis m'en servir pour arriver jusqu'à la maison de Comstock, et entrer par « l'autre entrée ». Et au stade où j'en étais, n'importe quelle fenêtre des étages supérieurs ferait l'affaire.

C'est ce que je fis alors. C'est avec autant de fierté que de tristesse que je vous avoue que tuer tous ces hommes me fut facile et presque anecdotique. Je n'avais eu qu'à attendre, niché en haut d'un point de vue bien placé, puis de tirer à vue. J'ai ensuite pris le contrôle du vaisseau abandonné, et ai pu m'approcher du manoir en évitant les patrouilles. J'ai ensuite repéré une série de grandes fenêtres. Derrière elles, j'ai vu un garde patrouiller, ainsi qu'une tourelle. Si l'endroit était gardé, alors c'est qu'il y avait quelque chose, me disais-je.

Je n'ai pas attendu plus longtemps. J'avais perdu bien trop de temps, alors que chaque seconde comptait pour Elizabeth, et à cet instant, je me décidai à rattraper mon retard, en fonçant le plus vite possible sur cette fenêtre.


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Ven 15 Aoû - 11:45
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Je suis resté sonné une poignée de secondes, mais je pense pouvoir dire que je m'en suis mieux sorti que le pauvre bougre qui s'est pris le vaisseau en plein visage. Je m'étais préparé au choc, et je m'en suis sorti avec quelques coupures superficielles ainsi que deux ou trois hématomes, mais dans l'ensemble, je me portais bien. J'ai même eu le temps de quitter le couloir en ruine avant l'arrivée des renforts.

De là, j'ai navigué dans la demeure, cherchant désespérément un indice pouvant m'amener jusqu'à Elizabeth. Je ne me battais que lorsque c'était nécessaire, et je me faisait relativement discret. Après un certain moment, les mégaphones annoncèrent avec leur beuglement caractéristique l'imminence de l'intervention du prophète.

« L'agneau a été récupéré et le faux berger a disparu, mais il a pourtant réussi à corrompre un fervent Fondateur ! Et maintenant, cette pauvre âme égarée lutte comme un animal pris au piège ! Mais la différence avec l'animal, c'est que vous, traître, vous ne vous battez pas pour fuir, vous vous battez pour mordre. Vous aussi, vous voulez me prendre mon agneau ! Vous cherchez à accomplir la mission du faux berger Booker Dewitt ! Vous voulez empêcher notre grande civilisation de s'élever aussi haut que les anges ! »

Les menaces de Comstock avaient cessé de me toucher dès l'instant où on m'avait tiré dessus. Menacer quelqu'un de mort alors que l'on était la cible de dizaines de balles toutes les demies-heures perdait un peu de son sens. En revanche, quelque chose me marqua bel et bien dans son discours, quelque chose que j'avais déjà remarqué par le passé : il ne m'a jamais appelé par mon nom.

Il le faisait tout le temps avec Elizabeth et Booker – surtout Booker d'ailleurs – tout fier qu'il était de montrer qu'il savait des choses qu'il était sensé ignorer. Et pourtant, jamais il ne m'a désigné autrement que par « le traître », et d'autres noms du même acabit.

J'aurais pourtant pensé qu'il saurait, à ce moment là, qu'Elizabeth lui aurait dit. Il la tenait, et devait sans doute la bombarder de questions, de manière plus ou moins violente. Mon cœur se serrait en y pensant, mais je doutais qu'il la torture, comme moi je l'avais fait avec mon propre témoin. Elle était son agneau après tout.

Alors que je me demandais pourquoi elle n'avait pas au moins révélé mon nom, ce qui aurait été une information sans danger, je réalisai que c'était certainement par loyauté. Plus encore, je comprenais que si elle n'avait rien dit à Comstock, c'était parce qu'il tentait d'obtenir la sienne par la peur. C'étaient là les deux seuls moyens d'obtenir l'obéissance de quelqu'un : par le respect ou l'affection, ou bien par la peur. Le problème de la peur, cependant, c'est qu'il est toujours possible de trouver quelqu'un de plus terrifiant, tandis que dans l'autre cas... Si quelqu'un accepte de subir l'enfer parce qu'il vous aime, il n'y a que bien peu de chances pour qu'il se trouve quelqu'un d'autre que cette personne aime tant qu'elle accepte à vous trahir.

Je naviguai de couloirs en couloirs quand je compris une dernière chose. Comstock avait attendu de très nombreuses minutes pour se décider à me parler, presque une heure. Où qu'il ait pu être, quoi qu'il ait pu faire, rien n'expliquait qu'il ait pu mettre tant de temps à m'envoyer son message. Il avait donc volontairement attendu, m'observant sans doute avec ses espèces de caméras. Et sa voix retentissante aurait bien pu me piéger d'une façon que je n'imaginais alors pas : en m'empêchant d'entendre les appels d'Elizabeth.

Je suis immédiatement retourné sur mes pas, pour trouver toute une troupe de soldats prêts à en découdre. Et entre deux coups de feu, j'entendis la voix d'Elizabeth, lointaine.


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Sam 16 Aoû - 11:10
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La lutte était bien plus difficile que d'habitude. Les soldats que j'avais face à moi étaient des troupes d'élite, de ceux qui ont été honorés et triés sur le volet. Des hommes tels que moi, et tels que l'avait été Booker, et je devais en tuer une petite dizaine à moi seul. Pas de handyman cela dit, c'était ma chance, mais ils avaient un pyromane bigrement efficace. Sans mon tonique, j'aurais été brûlé vif en moins de temps qu'il n'en faut pour dire « combustion ».

Ma maîtrise n'était pas la plus impressionnante. Je n'était pas le plus fort, ni le plus rapide, ni le mieux équipé. Mais j'étais le plus précis. Je ne ratait aucun tir, pas le moindre. Chacune de mes balles allait là où je voulais qu'elle aille, et chaque homme en face de moi a fini par tomber avec une balle dans le crâne.

J'étais à court de cristaux quand le combat se termina, et je n'avais nulle part où en trouver. Sans oublier que je n'avais pas spécialement l'esprit tourné dans cette direction. Dès que mon dernier adversaire amorça sa chute, je me précipitai vers la porte qu'ils gardaient, sommairement fermée à clef, sans qu'ils n'aient eu le temps de poser l'un de leurs énormes verrous. Il ne me fallu que quelques coups d'épaule pour en venir à bout.

Derrière ladite porte se trouvait Elizabeth, attachée à une chaise dont le seul aspect me donnait des frissons, sans même parler des deux médecins – si seulement il s'agissait véritablement de médecins, ce dont je doutais franchement – qui étaient penchés sur elle, visiblement très occupés, et hâtés dans je ne savais quelle tâche dangereuse et qu'Elizabeth refusait de toutes ses forces.

Le soulagement me frappa. Je choisis ce mot avec grand soin : il ne m'envahit pas, non, il me frappa. Car même si j'avais désormais la certitude qu'elle était en vie et encore capable de résister, ce que je voyais me faisait battre le cœur plus vite que jamais, et pourtant, il avait battu terriblement vite les jours précédant ce moment.

Mon premier réflexe fut de viser l'un des docteurs à travers la vitre, mais celle-ci arrêta mon tir comme s'il n'en était rien. Quoiqu'à la réflexion, mon premier réflexe fut de crier à Elizabeth que j'étais là. Elle me hurla alors de détruire leur machine, dont je devinais que les câbles allaient se retrancher dans une pièce annexe.

Je me suis donc exécuté sans poser plus amples questions. Je tournai donc à gauche, et fit face à une tourelle ainsi qu'à certains hommes qui ne me posèrent que de minces problèmes. Je trouvais mon chemin sans grande difficultés, jusqu'à arriver à l'un des postes de contrôle de l'étrange machine qui semblait retenir Elizabeth prisonnière. Un docteur, ou un scientifique, se trouvait là, implorant ma pitié. Je reconnais sans grande fierté que j'ai laissé ma colère guider mon bras, et que mon grappin fut la dernière chose qu'il vit et qu'il sentit. L'instant d'après, je déconnectai la partie gauche de la machine.

Lorsque je ressortis, je me heurtai à une garnison renouvelée, et garnie d'un patriote motorisé, et terriblement agressif. Ça n'aurait été qu'un problème temporaire si je n'avais pas manqué de munitions. Il s'était écoulé tant de temps sans que je puisse recharger que j'étais à court de balles, et sans aucun moyen d'en trouver d'autres en l'état. Je n'avais récupéré qu'une poignée de cristaux près du docteur mort, et je n'avais de quoi me protéger que quelques instants. Mais j'avais une priorité : Elizabeth.

Activant les dernières secondes de bouclier me restant, je bondis de ma couverture, et me précipitait vers la dernière salle, celle qui abritait le deuxième poste de contrôle, ainsi qu'un autre docteur, que je tuai lui aussi sur le champ, avant de désactiver la machine. Je me retournai pour faire face à mes ennemis, en entendant de violents bruits derrière moi, les cris des deux médecins qui torturaient Elizabeth.

La plupart des hommes qui m'attaquaient reculèrent pour aller s'occuper d'elle et de tout le vacarme assourdissait qu'il y avait là bas. Alors que le sol et les murs tremblaient et que je résistais difficilement à la tentation de regarder derrière moi, je me mis à ramasser les armes de mes adversaires morts pour les utiliser contre les vivants. Le combat fut ardu, et une balle me frôla la joue, me l'entaillant violemment, comme brûlée au fer rouge. Pourtant, contre toute attente, grâce à leur désorganisation, j'ai finalement réussi à triompher.

Fatigué et boitant, je caracolais aussi vite que je le pouvais vers Elizabeth. Les murs de verre renforcé qui l'entouraient avaient été brisés d'une façon ou d'une autre, et rien ne m'empêcha d'arriver jusqu'à elle.

Je l'ai aidée à se relever, lui tenant la main, avant de voir ce qui était planté dans son cou. Malgré ma révulsion, je savais qu'il n'y avait qu'une seule chose à faire, et c'est avec une culpabilité certaine que je lui ai enlevé, provoquant un déchirant petit cri de douleur. Mais elle était libre. Et dès qu'elle le fut, je la pris dans mes bras, laissant échapper quelques larmes, de joie autant que de tristesse.

J'avais réussi à la sauver, elle était en vie, et elle allait plutôt bien. Mais pourtant, la seule chose que je fus capable de dire, c'était : « je suis désolé, tellement désolé ».


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Dim 17 Aoû - 11:07
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Elizabeth était dans une colère noire. Pas envers moi, non, bien au contraire : nous sommes restés blottis l'un contre l'autre pendant de longues minutes où elle tenta d'apaiser mes remords, et moi sa douleur, jusqu'à ce que nous arrêtions tous deux de trembler. Elle sembla profondément troublée par la disparition soudaine de Booker, et je ne savais quoi penser.

Non, sa haine était dirigée vers Comstock. Jusqu'à ce moment là, je ne l'avais jamais vue ainsi, déterminée et implacable. Elle me disait vouloir le tuer, et je la croyais, de même que je la savais capable de tenir l'arme qui ôterait la vie du prophète. Alors que nous avions tout fait pour empêcher Elizabeth de devoir abattre quelqu'un, elle demandait désormais de pouvoir ôter une vie elle même. Et bien que cette pensée m'emplissait de tristesse et de crainte, je ne pouvais pas lui refuser ce privilège.

Tous ceux qui ont un jour été enfermés contre leur gré rêvent de se venger de leur geôlier. Mais malheureusement pour eux, rares sont ceux qui parviennent à quitter leur prison, et plus rares encore ceux qui arrivent bel et bien a exercer la violence de leur courroux. Aussi, personne ou presque n'avait eu la réponse à cette question : est-ce que ça fait du bien ?

C'était son droit le plus fondamental. Une vie pour une vie : Elizabeth avait vu sa vie être volée par Comstock pendant plus de dix-neuf ans, alors il était tout à fait légitime qu'elle veuille lui prendre la sienne en échange. Mais je ne pouvais m'empêcher de me demander si ça n'allait pas lui faire plus de mal qu'autre chose.

« Elizabeth, lui ai-je dit. Je comprends que tu veuilles te venger, mais... Es-tu sûre que c'est ce que tu veux faire ?
- Oui, m'a-t-elle répondu fermement. J'ai eu le temps d'y penser, pendant tout ce temps. Il mérite de mourir, et pas seulement pour ce qu'il m'a fait, mais aussi pour tout ce qu'il a fait aux gens qui habitent à Columbia, et ce qu'il prévoit de faire à ceux d'en bas. Comstock doit mourir.
- Nécessairement par ta main ?
- C'est moi qui ait pris cette décision. C'est à moi de le tuer.
- Un mort est un mort. Je pourrais m'en charger pour...
- Non ! Non, s'il te plaît... Je préfère passer ma vie à regretter mon geste, que de la vivre à me demander ce qui se serait passé si je ne l'avais pas fait. »

Ce dernier argument vint à bout de mes réticences. Elle était sûre d'elle, elle y avait mûrement réfléchi, et elle connaissait les risques. A ce moment là, je compris qu'il n'y avait rien que je ne pourrais dire qui puisse la faire changer d'avis, et je pris donc ma décision.

« Alors je t'accompagnerai jusqu'au bout...
- Merci... Seule, je ne crois pas que j'aurais réussi...
- Et après ?
- Comment ça ?
- Après tout ça, après la mort de Comstock, que comptes-tu faire ?
- Je... Je ne sais pas... Je voulais aller à Paris, mais... Au final, qu'est-ce que j'y ferai, une fois là bas ?
- C'est justement ça qui compte. Découvrir. Nous avons assez d'argent pour nous en sortir le temps de nous bâtir une vie là bas. Ou bien nous pourrions revenir à Columbia et essayer de bâtir une ville meilleure.
- « Nous » ? Me demanda-t-elle alors, faisant s'arrêter mon cœur.
- Oui, enfin... Si... Si tu veux bien que...
- Tu voudras rester avec moi ? Continua-t-elle, un sourire se faisant jour sur son visage.
- Evidemment... Aussi longtemps que tu m'offriras une place à tes côtés ! »

La suite... Il est paradoxal que je me souvienne en détail de presque chaque conversation, chaque événement, mais que mes souvenirs de l'un de plus beaux moments de ma vie soit aussi flou. Je ne sais plus lequel a enlacé l'autre en premier, ni lequel s'est approché avant l'autre. Je me souviens simplement de ses lèvres douces et chaudes, pressées contre les miennes, et de son corps que je serrais contre le mien, des secondes qui s'écoulaient et qui s'étiraient lentement.

Ainsi que du « eh bien, je vois qu'on s'amuse bien sans moi » de Booker.


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Lun 18 Aoû - 11:46
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Je ne vous raconte pas le bond que l'on a fait ! Nous n'aurions pas pu être plus surpris, et je crois bien que mon cœur a battu la chamade pendant plusieurs minutes après ça. Par réflexe, j'avais sorti mon arme et ait commencé à la pointer sur Booker, avant de le reconnaître. Il avait l'air amusé de nous voir comme ça, alors que, de mon côté, et aussi de celui d'Elizabeth, nous étions terriblement gênés, comme des enfants pris en faut par leur père débonnaire, bien que nous n'ayons rien à nous reprocher.

Cela dit, nous avons bien vite repris nos esprits, et quand nous avons reconnu Booker, nous avons tous les deux été emplis de joie, moi plus encore qu'Elizabeth. J'avais particulièrement souffert de l'absence de Booker, et j'étais rongé par le doute. Sans lui, j'avais lentement commencé à perdre espoir, et je ne m'accrochais plus qu'à ma détermination. Et pourtant, il était revenu et se tenait devant nous en chair et en os.

Puis, il nous as expliqué, en tendant une carte à Elizabeth. Ah ça, on peut dire qu'on a été choqués... Pas un instant je n'ai douté de la véracité de ses dires, et Elizabeth non plus, surtout lorsqu'elle reconnu sa propre écriture sur le papier. De son côté, Booker nous raconta le sombre futur qui attendait Elizabeth et le monde si nous avions échoué. Il me dit aussi qu'Elizabeth, celle du monde d'où il venait, n'avait pas parlé de moi un seul instant. Et je ne pouvais pas croire qu'elle m'avait oublié, pas après tout ce que nous avions vécu.

Je me rappelai alors les paroles des jumeaux Lutece, la première fois que je les ai vus, devant la cellule de Chen Li – tout ça me semblait déjà si lointain. Robert avait dit « Ah, ça, ça n'était encore jamais arrivé. », et Rosalind avait précisé que les chances étaient infinitésimales. Alors, comme je savais déjà qu'il existait des mondes parallèles qui variaient du notre, j'ai compris ce qu'ils voulaient dire : dans tous ces autres univers qu'ils avaient du visiter, ils ne m'avaient encore jamais vu. Ou du moins, je n'avais jamais fait ce que j'ai fait. Peut-être que là bas, j'étais resté sous la coupe de Comstock, ou bien que j'avais été tué avant, qui sait ? Mais dans tous les cas, je n'avais pas pris part à cette aventure.

C'était la seule explication possible. Booker n'avait pas été envoyé dans notre futur, mais dans un futur, dans l'un des mondes où Elizabeth n'a pas pu être sauvée, où il n'a pas su empêcher Songbird de l'avoir. Un monde où il est peut-être mort à ce moment là. Sinon, je ne comprenais plus rien.

Il mentionna une dernière chose : le siphon. La vieille Elizabeth l'avait mentionné, là bas, disant qu'il la privait de ses pouvoirs. C'était une machine de ce genre là que j'avais détruit en venant la libérer, ainsi que celle que Comstock avait utilisé pour « ressusciter » sa femme. Et il y en avait apparemment un autre, qui privait Elizabeth de ses pouvoirs au fur et à mesure que les jours passaient. Et s'il existait là bas, il existait certainement ici. Alors nous devions le trouver et le détruire.

Pour une fois, nous étions en position de force : nous étions réunis, tous les trois sur le pied de guerre. Nous avions un moyen de contrôler Songbird, même si Elizabeth ne comprenait pas encore comment cette chose marchait. Nous avions un but, une vengeance à accomplir, et des pouvoirs à libérer. Alors nous nous sommes mis en route, prêts à en découdre une dernière fois.


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Mar 19 Aoû - 11:05
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Rejoindre la Main du Prophète fut long, mais pas spécialement difficile, ni intéressant à raconter d'ailleurs.

Elizabeth savait que Comstock se trouvait sur son dirigeable géant, la Main du Prophète, et qu'il volait non loin de là où nous étions. Nous nous sommes donc frayé un chemin vers les hauteurs de la demeure, dans l'espoir de trouver un vaisseau pour nous y mener. Les choses tournèrent rapidement à notre avantage car le prophète avait envoyé des hommes pour nous arrêter, et ils n'avaient pu arriver que d'une seule façon : par la voie des airs.

Alors nous avons avancé, nous battant comme nous le faisions sans véritable répit depuis bien longtemps. C'était triste à dire, mais c'était devenu un automatisme : chaque combat semblait de plus en plus facile, car nous savions exactement comment nous y prendre. Oh, bien sûr, nous avions parfois quelques surprises : un ennemi qui maîtrisait le terrain, des patriotes motorisés, des pyromanes ou des corbeaux, etc. Mais jamais rien ne nous prenait au dépourvu.

Pendant ce trajet, Booker déclara plusieurs fois qu'il n'était pas tout à fait d'accord avec l'idée d'Elizabeth. Il préférait s'en charger à sa place, mais ne voulait surtout pas qu'elle soit celle qui appuie sur la détente. Je n'étais pas du même avis, bien sûr, pour des raisons que j'ai déjà expliquées auparavant, et que je lui ai dit également, ainsi qu'Elizabeth.

Elle s'était beaucoup endurcie depuis le début de l'aventure, moi même je l'avais constaté, et ce, malgré le fait que je n'ai pas été là depuis le début. Je n'ai rien vu de leur fuite, ni de ce qui s'est passé dans l'Antre des Héros, et pourtant, même si je n'étais arrivé qu'en cours de route, j'avais vu un subtil changement s'opérer chez elle. Elle qui, à l'époque, n'aurait sans doute pas osé assassiner quelqu'un, la voilà qui avait fait disparaître dans des hurlements de douleur les deux médecins qui s'occupaient d'elle, dès l'instant où j'avais désactivé la machine.

Je la croyais capable de tuer Comstock, et je ne craignais pas que cela lui fasse du mal. Pas autant que de ne pas le tuer, de toute façon.

Booker désapprouvait, mais il ne nous abandonna évidemment pas. Nous avons donc mené combats sur combats, jusqu'à atterrir sur le toit, et à éliminer les derniers soldats, venus en vaisseau, comme nous l'espérions. De là, nous avons pris la voie des airs, nous dirigeant vers la Main du Prophète. Elizabeth, enfin, nous posa une question, à Booker et à moi.

« Est-ce que vous craignez Dieu ? »

Ma réponse était non. Premièrement, parce que je doutais férocement de son existence. Et deuxièmement... Même s'il existait, j'étais quelqu'un de bien, de bon, et de généreux, je le savais, et je tâchais toujours de l'être, de prendre la meilleure décision et d'aider mon prochain. Ces derniers jours ont fait de moi un meurtrier, selon certains, mais je n'ai jamais tiré pour tuer, mais pour protéger. Protéger Elizabeth, protéger Booker, et me protéger moi même, pour que je continue à les sauver. J'avais bien sûr commis des erreurs, mais j'avais foi en Elizabeth, en son innocence et en sa force. Malgré tout ce qu'elle avait enduré, je la savais toujours idéaliste et éprise de justice, comme elle me l'avait montré lors de nos toutes premières discussions. Sa vie méritait d'être sauvée, car elle allait faire beaucoup de bien autour d'elle. Et sa première action significative allait être de mettre un terme aux actes d'un homme profondément mauvais : Zachary Hale Comstock.

Booker et moi avons répondu « non » d'une même voix. Puis il a ajouté : « mais je te crains toi ». Elizabeth a alors tourné son regard vers moi. Un regard triste.

La craignais-je ? Booker n'avais pas tort. Ses pouvoirs étaient immenses, et, d'un certain point de vue, terrifiant. Pourtant, pas une seule partie de moi n'avait eu peur d'elle, pas un seule instant, même confronté à la toute puissance de ses dons.

« La seule chose qui me terrifie, c'est de te perdre. »


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Mer 20 Aoû - 11:15
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Une fois sur la Main du Prophète, les choses se corsèrent assez violemment. Le dirigeable était rempli de soldats, de tourelles automatiques et de patriotes motorisés, mais le pire de tout, c'était notre crainte de voir Songbird arriver pour nous faire la peau. En plein cœur des combats, Elizabeth continuait d'étudier, bien à l'abri, la carte qui lui avait été donnée, sur laquelle une grande cage avait été dessinée. Rien de ce qui y était écrit ne semblait pouvoir lui donner la solution. J'imagine qu'après tout ce temps passé, ce qui était compréhensible pour la vieille Elizabeth ne l'était pas pour la notre.

Nous montions lentement, habités par la parole du Prophète. Il nous savait dans son dirigeable, et il ne se taisait pas un seul instant, nous noyant sous un débit de menaces bibliques et de discours supérieurs. C'était absolument insupportable, et cela nous rendait la concentration difficile, compliquant encore plus notre tâche, déjà bien assez difficile, surtout depuis l'arrivée des combattants de la Vox qui voulaient s'emparer du dirigeable blindé de Comstock.

Je ne serais pas capable de vous dire combien de vies nous avons pris, avec Booker, tout au long de notre aventure. Je ne serais même pas fichu de vous en donner une fourchette. Les combats sur ce dirigeable sont un bon résumé de toute notre aventure : je n'ai pas la moindre idée de tout ce qui a pu s'y passer, de combien de gens nous avons pu abattre. Il y en avait tout simplement trop.

De luttes en luttes, nous avons fini par monter au sommet de la Main du Prophète, là où le vent soufflait terriblement et où plus personne n'était là pour nous arrêter. Comstock savait que nous arrivions, et il nous lança une dernière menace, alors que nous poussions la porte.

La première chose que nous avons vu, c'était une maquette, celle de la statue, la tour d'Elizabeth, la prison dans laquelle elle avait passé toute sa vie. A l'intérieur, dans les étages qui se trouvait sous les quartiers qu'elle avait occupé, une immense machine. Le siphon. Dans un silence presque religion, nous avons laissé Elizabeth s'en approcher et l'examiner.

Elle m'avait raconté que, plus jeune, elle pouvait faire apparaître des failles là où elle le voulait, sans avoir à en utiliser une qui n'existe déjà. Et puis, ses pouvoirs s'étaient lentement affaiblis, pour devenir ce qu'ils étaient à ce moment là, tout cela à cause du siphon, sur lequel elle avait vécu pendant dix-neuf années. Et il ne tenait qu'à nous de détruire la tour pour libérer ses dons.

Je me pris pourtant à me demander si c'était ce qu'il y avait de mieux à faire, pour elle comme pour nous. Ce pouvoir qu'elle avait, étant jeune, était déjà bridé par la machine, alors qu'allait-il se passer quand nous la détruirions ? Plus aucune entrave, plus aucune limite à un pouvoir qui était déjà d'une puissance inouïe. C'était égoïste de penser ainsi, je le savais bien, et c'est également pour cela que je gardais mes pensées pour moi, mais j'avais peur que, ses pouvoirs libérés, elle parte pour accomplir un plus grand dessin, et ne nous abandonne.

Ce n'était pas quelque chose qu'Elizabeth était capable de faire, mais... Les gens changeaient, je l'avais bien remarqué ces derniers jours. Et obtenir un pouvoir quasi divin risquait de la changer d'une façon que je ne serais plus capable d'aimer, et Dieu sait que je ne voulais pas la perdre.

En un mot... J'avais peur.


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