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 [Terminé] Arrivé à la Confrérie ! [PV: Quatres-Cornes, Luz Weiss]

 
Dim 29 Juin - 18:16
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20 de Telniss 114

Ma mission était accomplie. Le renseignement était arrivé sans problème aux oreilles de son destinataire et ceux, en toute discrétion grâce à mon compagnon aux apparences de cervidé. C'était devenu un ami désormais et, dans ma plus grande joie, il m'avait demandé si je pouvais le conduire jusqu'au Quartier Général de la Confrérie. J'espérais au fond de moi que c'était pour y entrer. Quelqu'un avec de pareils talents et d'aussi agréable compagnie serait un potentiel membre exceptionnel !

Pour atteindre le Quartier Général, cette fois-ci, c'est moi qui menais le trajet. J'avais ma technique de voyage favorite lorsqu'il s'agissait d'être rapide et que la discrétion n'était pas de mise. Nous voyageâmes donc sur des chevaux pendant cinq jours, nous mangeâmes et dormîmes sur nos montures, ne nous arrêtant que pour changer de montures et pour répondre à l'appel de la nature. Chose que nous ne pouvions pas faire sur nos chevaux, logique.

A mon grand regret, je ne fus pas très loquace durant ce périple. En effet, un tel flot de pensées me traversait l'esprit que je ne pensais plus à faire la conversation à mon ami. Je songeais à plein de choses différentes et sans réels rapports entre elles. Mes pensées passèrent de la Confrérie à mon amie Niflheim en passant par mes premiers voyages en solitaires... Tout y passa ! Se devait sûrement être l'euphorie de ramener une potentielle nouvelle recrue qui me mettait dans cet état.

Ce fût finalement au bout de cinq jours et quatre montures différentes pour chacun que nous arrivâmes enfin sur une colline surplombant l'immense Lac Enchanté. En haut d'une autre falaise, nous pouvions enfin apercevoir le grand bâtiment du Quartier Général. En vérité, cette partie là n'était qu'un petit pourcentage de la superficie réelle du Quartier Général. En effet, la majorité de celui-ci se trouvait sous terre. Composé de couloirs, d'escaliers, d'innombrables salles, un vrai labyrinthe en somme. Enfin, le Conteur aura tout le temps de découvrir cet immense dédale une fois arrivé ! Pour le moment, nous fîmes le tour du lac sur nos chevaux pour enfin arriver devant la bâtisse. Nous descendîmes des étalons avant de les attacher à des arbres un peu plus loin. Mon ami se cacha le visage avant de me suivre jusqu'à l'immense porte. Là, je montrais à un garde le sceau sur lequel était gravé l'emblème de la Confrérie. Il nous laissa tout deux entrer et nous nous trouvâmes désormais dans un immense hall bondé de monde et fourmillant d'activité. J'interpellais un employé qui semblait ne rien faire et je lui demandais d'aller quérir la chef, que j'avais quelque chose d'extraordinaire à lui montrer. Connaissant la chef, je savais qu'elle serait intéressée.




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Dim 29 Juin - 21:41
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Ah, ah, ah, ah oui vraiment, Babilbabo est un... hmmm ? Oh, vous êtes là aussi ? Pardon, *tousse, tousse*, hem...

Donc, notre duo improbable avait fait une longue route presque en silence, chacun des deux s'égarant loin dans ses pensées. La route dura cinq jour et cinq nuits, les chevaux s'épuisèrent sous eux pour les porter toujours plus loin, chaque monture prenant le relais de celle qui la précédait pour avaler la route comme l'humain avait bu les paroles de notre conteur peu de temps auparavant.

Enfin, leur destination fut en vue. Le Lac Enchanté et le Quartier Général de la Confrérie des Brumes. Deux lieux hautement renommés, chargés d'histoire... Mais pas autant que l'un des deux voyageurs. Approchant, il rabattit sa capuche sur son faciès animal et suivit Trataïr en silence, faisant une totale confiance à son jeune compère.

Le garde les laissa donc passer sans poser de questions et ils furent dans... le hall. LE hall. Immense, fourmillant d'activité. Une jungle de scribes, de copistes, de gens chargés de papiers, de rouleaux, de boites, de boites à boites, de contenus de boites, de boites vides, de parchemins écris dans toutes les langues, de parchemins gribouillés, de rouleaux de parchemins, de bouteilles d'encre, de plumes, de tampons, de petits gâteaux, de café, d'alcool, de boissons diverses, de restes de petits déjeuners matinaux ou de grignotages nocturnes.

L'observateur aguerri qu'était Quatre-Cornes remarqua même le discret laquais, au fond, qui essayait de transporter le plus discrètement possible la recharge de papier essuyant pour les besoins biologiques communs. Il se permit un sourire discret et continua d'avancer.

L'humain héla un collègue qui n'aspirait sans doute qu'à retourner faire semble de travailler dans son bureau ou échapper à une quelconque responsabilité contraignante, pour lui demander d'aller quérir "la chef". Parce qu'il avait "quelque chose d'extraordinaire à lui montrer."

Si l'ego de Quatre-Cornes en fût flatter, ce fût également le moment où il se demanda s'il avait prit la bonne décision. Puis il se rappela comment il avait survécu plusieurs millénaires en faussant compagnie aux pires ennuis du monde et se tranquilisa. S'il ne se plaisait pas ici il serait partit avant qu'on ait le temps de songer à le rattraper. Son pouvoir, après tout, lui permettait mille merveilles.




Lun 30 Juin - 14:23
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Ah le Quartier Général de la Confrérie des Brumes... ! Un univers féérique, incroyable de par sa structure souterraine, ses secrets soigneusement conservés, son calme et son silence inébranlables... Des murs altiers s'élevant vers le ciel, protégeant d'un écrin les nobles clients qui seuls osaient s'y aventurer, ses marchandages serrés et par trop tentants ! Un Quartier Général qui à cette heure brillait d'une quiétude sans nulle autre pareille, chaque homme et femme somnolant dans les dortoirs inférieurs des bâtiments après ce qui s'était révélée être une nuit difficile en matière de commerce...

« Non non je vous dis, cet anneau-là coulisse dans ce sens, comme cela et... » Furent les seuls mots que Luz put prononcer.

A la suite de quoi un « clic » malsain se fit entendre. Et toute une partie dudit mur altier explosa en un bruit assourdissant, pierre et mortier s'élevant gracieusement vers le ciel comme de formidables sacs de patates aborigènes.
Luz, elle, fit une rapide rencontre avec le sol du couloir lorsque le souffle de l'explosion l'y projeta sans ménagement. Ah. Donc il ne fallait pas faire coulisser l'anneau dans ce sens-là, nota-t-elle mentalement l'information pour elle-même, papillonnant des cils dans une tentative dérisoire de ré-accorder ses sens. Le petit homme qui était venu la quérir s'était recroquevillé dans un coin, espérant échapper aux lubies un tantinet trop destructrices de leur « chef »...

« M... Ma Dame ! Vous avez des invités, n'oubliez pas ! » geignit-il sans détacher les yeux de l'élégante orbe d'or que tenait toujours Luz entre ses mains, paraissant prêt de croire que celle-ci n'allait sans doute pas tarder à lui sauter au visage.

Ce qui restait fort probable. La dragonne se releva sur un coude, adressant au hall adjacent un regard d'une curiosité candide qui parait ses yeux vairons d'une toute nouvelle étincelle. Ses longs cheveux flammes étaient échevelés et tombaient en boucles ombrées de suie sur sa nuque et ses épaules, serpentant paresseusement jusqu'à ses reins. La tunique qu'elle avait revêtue avait probablement connu des jours meilleurs, brûlée par endroit là où la chaleur s'était faite la plus virulente, laissant cependant la peau intacte sous le tissu fragile dans un étonnant mystère... Il fallait savoir que cette peau n'était pas des plus banales, cachant sous son aspect de velours les esquisses d'écailles ignifugées, lot naturel de tout dragon en herbe !

« Ah, tiens, bonjour Trataïr ! Fit-elle après un léger temps de silence, un sourire désarmant sur les lèvres. Voilà longtemps que tu n'étais passé nous voir ! »

« Depuis cette fameuse soirée à vrai dire. » ajouta-t-elle dans un murmure inaudible, ne désirant aucunement raviver de tels souvenirs atroces chez ses hommes... Elle se souvenait bien trop encore du mal de crâne abominable dont elle avait hérité le lendemain, ainsi que de l'état de la salle des fêtes !
Elle se releva d'un souple mouvement, fit négligemment tourner l'orbe inconnue entre ses doigts l'ayant vraisemblablement d'ores et déjà oubliée, et se dirigea à grand pas vers les nouveaux arrivants.

« Désolée pour tout ce... Remue ménage, commença-t-elle tout en désignant vaguement le trou béant derrière elle, mais je travaille actuellement sur le fonctionnement de nouveaux artefacts ! Tu imagines ? L'une de nos équipes a trouvé toute une caisse de ces objets dans les ruines de Foam ! »

Son visage s'éclaira d'une lueur passionnée, un brin rêveuse lorsqu'elle se plut à se remémorer son plaisir intense à la découverte d'un tel chargement. Puis ses prunelles bicolores glissèrent sur le second individu. Et y restèrent ancrés. Sa bouche s'ouvrit sur un « O » parfait, et l'orbe manqua lui glisser des mains dans un remake de fin du monde.

Était-ce... Une chèvre ? Un homme ? Une antilope ? Ou un savant croisement de tout ceci en même temps ?



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Lun 30 Juin - 15:33
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L'employé que j'avais réquisitionné ne mit pas longtemps à trouver celle que je mandais, je l'avais compris un peu tard. La patronne n'était qu'à quelques mètres sur notre droite, au fond de la salle. Tout autour, quelques ouvriers examinaient avec elle un objet qu'elle tenait dans ses mains. Je la désignais du doigt pour le Conteur.

- Tiens mon ami ! Voilà notre...


Ma phrase fût coupée par une grosse explosion provenant justement de l'endroit où se trouvait la chef. Elle projeta un immense nuage de poussière dans une grande partie du hall. Nous nous le prîmes de plein fouet et étions désormais recouverts de saletés des pieds à la tête, à l'instar de nombreuses personnes autour de nous. Fort heureusement, j'eus le réflexe de protéger mon visage et en particulier mes yeux, avec mon bras ; et j'espérais vivement que mon compère avait fait de mêmes. Quand le nuage retomba, nous vîmes cette chère Luz, en parfaite santé, les vêtements légèrement brûlées cependant, assise au sol, sûrement soufflée par l'explosion.. Ses longs cheveux flamboyants tombant paresseusement dans son dos jusqu'à ses hanches. Elle avait une sorte de sphère dorée entre les mains. Était-ce l'origine d'un pareil cataclysme ? En tout cas, notre patronne ne volait pas sa réputation de beauté vermeille. Ses yeux vairons se posèrent d'abord sur moi, ainsi que son sourire si particulier sur les lèvres.

- Ah, tiens, bonjour Trataïr ! Voilà longtemps que tu n'étais passé nous voir ! Depuis cette fameuse soirée à vrai dire.

L'évocation de cet évènement ne réveillait pas que de bonnes choses dans mon esprit. Un flot d'images passa dans ma tête. L'alcool, la piscine... puis l'horrible migraine qui s'en suivit le lendemain. Surtout que je devais repartir pour effectuer une mission le jour même ! Enfin, j'eus quand même la chance de rencontrer les membres de la guilde, tous plus fous les uns que les autres. Cela me rappelait également à quel point la Confrérie des Brumes était une famille exceptionnelle et que j'avais une chance infinie d'en faire partie.

Luz se releva avec la grâce d'un chat qui s'étire après sa sieste avant de s'approcher de nous de sa démarche féline.

- Désolée pour tout ce... Remue ménage, mais je travaille actuellement sur le fonctionnement de nouveaux artefacts ! Tu imagines ? L'une de nos équipes a trouvé toute une caisse de ces objets dans les ruines de Foam !

J'époussetais négligemment mes vêtements désormais couleur unie sable.

- J'imagine oui... bon ben au revoir le Q.G hein !

Je levais ensuite les yeux pour croiser les siens en affichant un sourire des plus joviales.

- Je suis content de revenir. J'espère ne pas avoir loupé grand chose !


Les yeux de ma chef étaient désormais fixés sur mon compagnon. Une mimique d'immense surprise décorait son visage. Visiblement, elle était plus étonnée que moi quand j'ai découvert que des créatures sur Terra pouvaient avoir une telle apparence.

- Ah euuuh... Je te présente l'homme qui m'a accompagné durant mon dernier voyage et grâce à qui j'ai pus revenir aussi rapidement. Voici Quatre-Cornes !


Visiblement, la surprise n'allait pas se calmer de sitôt, j'invitais donc mon compagnon à enlever sa capuche pour que ma patronne puisse mieux l'analyser.




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Lun 30 Juin - 16:32
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On se survit pas aussi longtemps sans de prodigieux réflexes. Dès que l'explosion commença à sourdre, Quatre-Cornes se décala d'un unique pas, qui lui permit de se mettre à couvert derrière Trataïr. De cette manière, sa cape, toute boueuse qu'elle puisse déjà être, ne reçu pratiquement pas un seul grain de poussière. Au contraire de son ami humain dont la face avant était dores et déjà couleur poussière.

Il entreprit de masser ses oreilles pour faire passer le sifflement importun causé à son ouïe par l'explosion, tout en regardant dans la même direction que Trataïr. Il vit alors une resplendissante jeune femme à la chevelure rousse se relever indemne malgré l'état de ses vêtements. Les trous dans le tissu dévoilant sa peau ne gâchaient rien, ils mettaient même en valeur la beauté de celle qui venait vers eux, bien que d'une manière brouillonne. Il n'en fallut pas moins à la malédiction de notre ami conteur pour se rappeler à lui. Depuis une paire d'heures désormais, il était incapable de la moindre magie.

Elle parlait avec l'humain comme avec un ami, lui, lui répondait avec un respect indéniable, mais aussi une cordialité rafraîchissante. Puis elle le vit. Et elle fut incapable de prononcer un mot. Son faciès d'antilope, ses grands yeux d'ambre innocents, sa truffe noire qui reniflait l'air et soufflait parfois un peu de cette poussière qui retombait dans toute la salle.

Sur l'invitation de Trataïr, il retira sa capuche. Sa longue cape/manteau servait à cacher son apparence au monde des hommes. Il ne portait jamais aucun autre vêtement, sa douce fourrure nuancée le couvrant de la tête aux pieds. Il exhiba fièrement ses quatre-cornes noires et ses longues et larges oreilles, qu'il prit soin de faire se mouvoir pour exhiber les anneaux qui y étaient accrochés. Il portait au coup le même collier de grigris que Trataïr lui avait vu lors de leur première rencontre. Son bâton de marche sans-âge était simplement appuyé sur son épaule, dénué de toute marque ou assimilé.

Les pans écartés de son vêtement révélaient un corps au pelage doux, dont on devinait la fine musculature habituée à la marche et à la vie en plein air. Sans être un modèle de muscles et de virilité, Quatre-Cornes était sans nul doute en parfaite santé et encore plein d'énergie malgré son grand âge.

Il aurait, s'il en avait eut l'occasion, prit une pose avantageuse et adopté un sourire charmeur, conscient de son effet sur la dame en face de lui et de la chance cela lui procurait de recharger ses batteries magiques rapidement. Seulement... il était obnubilé par la sphère. L'orbe, qu'il reconnût enfin après quelques secondes, était un objet familier pour lui, il y a une quarantaine de siècles de cela.

Il se rappela alors l'explosion. Se remémora le mécanisme complexe qu'il avait fallut lui enseigner sans qu'il puisse lire quoi que ce soit d'inscrit sur la sphère, ni même reconnaître aucun des nombreux symboles inscrits. Il se rappela les nuits à en apprendre par cœur le fonctionnement.

Il profita donc de la surprise de sa nouvelle interlocutrice, s'approcha d'elle le temps d'un clignement de paupières et saisit l'objet sans rien lui demander. Alors, d'une main à trois doigts experte et habile, il bougea les anneaux, caressa les dorures, enclencha tel ou tel bouton et la sphère finit par produire un "clic... cloc", d'elle-même.

Il se détendit alors et la rendit à Luz, expliquant :


Voilà, elle est désamorcée. Vous devriez éviter de jouet avec des matrices de défense sans savoir ce que vous faite. J'ai déjà vu les Anciens abattre des Liches-Dragons avec à peine une demi-douzaine de ces artefacts.

Puis il sembla réaliser ce qu'il venait de dire. Un coup d'œil à la lueur supplémentaire dans les yeux de Luz lui confirma ce dont il se doutait. La journée serait longue. Très longue.




Lun 30 Juin - 18:14
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Luz était bien placée pour dire que les êtres vivants sur Terra n'étaient jamais, sinon rarement, ce qu'ils semblaient être. Elle pouvait ainsi se targuer d'en avoir vu des vertes et des pas mûres en ses quelques cinq cent ans de vie, jamais ennuyée, jamais lassée par ce que le monde avait à lui offrir... Or voilà qu'elle en était réduite à fixer le nouveau venu comme s'il s'agissait ni plus ni moins que d'un gâteau parlant du meilleur effet, silencieuse et subjuguée par cet être qu'elle n'avait absolument pas vu venir. A quelle sauce allait-elle donc le manger... ?
Soigneusement, elle passa sa langue sur ses lèvres et prit le temps de réfléchir. A bien y repenser Trataïr l'avait interpellée par les termes de « quelque chose d'extraordinaire ». Ça par Yehadiel, c'en était une ! Était-ce un mâle ? Une femelle ? Était-ce seulement sexué ? Sa prodigieuse mémoire encyclopédique cherchait en tout sens la moindre parcelle de connaissance capable d'expliquer ce phénomène. Et Luz observait le dénommé Quatre-Cornes, les prunelles attentives et aussi aiguisées que des lames de silex...

« Ah euuuh... Je te présente l'homme qui m'a accompagné durant mon dernier voyage et grâce à qui j'ai pus revenir aussi rapidement. Voici Quatre-Cornes ! »

Elle acquiesça sans un bruit, reconnaissante pour cette explication succincte. Et sans doute s'apprêtait-elle à se présenter elle-même si l'individu à mi chemin entre l'homme et l'animal n'avait amorcé un pas, arrachant délicatement à ses mains malhabiles l'objet de sa curiosité. Un clic et un cloc plus tard, les rares présents du bâtiment purent recommencer à respirer : à son grand dam, Luz ne ferait pas exploser les trois quarts du bâtiment aujourd'hui...

« Comment est-ce que vous... commença-t-elle, avant de se tenir subitement coite. »

Non, vraiment, elle en manquait à tous ses devoirs d'hôte ! Elle leva la main en signe de paix, et se reprit avec un calme manifeste, se forçant à une patience tout à fait surnaturelle chez elle :

« Bon. Non, attendez. Je vais reprendre depuis le début. »

Elle claqua brièvement des mains et un serviteur parut tout bonnement se matérialiser à deux pas d'elle.

« Préparez-nous le salon destiné aux invités de marque, s'il-vous-plaît. Ah, et profitez-en pour servir quelques verres, certains d'entre nous ont l'air d'en avoir bien besoin... »

Et Luz glissa un regard en coin amusé à Trataïr, visiblement épuisé par les longues heures de chevauchée. Ce n'est qu'à cet instant qu'elle remarqua son visage aussi noirci de cendre que le sien, un rire tout à fait spontané naissant sur ses lèvres. Si indifférente aux coutumes humaines qu'elle était, Luz tendit instinctivement une main vers le visage du jeune homme et essuya du plat du pouce l'une de ses joues, sans se soucier le moins du monde de ce qu'étaient la pudeur ou la timidité.

« Navrée pour ceci, vraiment. Et ses yeux rieurs contredirent son apparente humilité, nullement gênée d'avoir manqué les tuer à quelques mètres près. Tu sais où trouver les douches si tu as besoin d'un peu de repos avant de m'expliquer tout ceci. Peut-être pourrais-tu y conduire notre invité ici présent si celui-ci a besoin d'un brin de toilette également ? Un serviteur viendra vous chercher afin de vous mener au salon. Je vous y attends. »

Elle inclina sensiblement la tête à l'adresse de Quatre-Cornes, et tourna les talons. Elle franchit de sa démarche souple les décombres sur lesquels s'affairaient déjà une nuée de nettoyeurs, disparaissant au détour d'un couloir. Il ne lui fallut guère plus d'une poignée de minutes pour se redonner apparence humaine et ceindre une chemise blanche à la coupe féminine, enfilant de longues chausses noires. Voilà qui était déjà mieux pour recevoir !
Elle entra dans le grand salon qu'on avait préparé à leur effet, vérifiant que tout était irréprochable. De confortables fauteuils côtoyaient un large divan, tout de coussins vêtu, dans une ambiance feutrée sur laquelle tranchait une formidable table de bois massif finement taillée. Des verres cristallins trônaient fièrement sur cette dernière, semblant défier quiconque de les boire...
Satisfaite, Luz rehaussa ses longs cheveux sur sa nuque, les attachant d'un simple ruban. Voilà déjà qu'elle s'impatientait de voir revenir les deux sources de son intarissable curiosité...



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Lun 30 Juin - 20:00
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Mon cher ami brisa enfin le silence qui commençait à devenir gênant en prenant l'orbe dorée qui reposait entre les mains de Luz. Après diverses manipulations d'une simplicité magnifique, il la redonna à la chef en la mettant en garde sur la dangerosité de tels objets. Ma patronne fît quelques efforts pour redevenir calme et sereine et pu reparler distinctement. Elle appela un serviteur et lui ordonna de préparer le salon destiné aux invités de marque. J'étais gêné de l'honneur qu'elle me faisait et je le fus encore plus lorsque, avec une lueur malicieuse dans le regard et un sourire amusé sur les lèvres, Luz entreprit d'enlever une des nombreuses traces de suie sur mon visage d'un revers de son doigt. Mon visage s'empourpra et mon visage afficha une sorte de mimique de timidité qui seyait bien aux enfants mais certainement pas à moi.

- Navrée pour ceci, vraiment. Tu sais où trouver les douches si tu as besoin d'un peu de repos avant de m'expliquer tout ceci. Peut-être pourrais-tu y conduire notre invité ici présent si celui-ci a besoin d'un brin de toilette également ? Un serviteur viendra vous chercher afin de vous mener au salon. Je vous y attends.

Elle salua ensuite le conteur avant de tourner les talons en direction de ses propres appartements. De mon côté, je me retournais vers mon ami pour l'inviter à me suivre jusqu'aux douches. Celles-ci étaient individuelles et il pourrait, comme moi, faire un petit brun de toilette.

- Suis-moi mon ami, je suis sûr que toi aussi tu aimerais avoir une apparence plus présentable.


Nous nous dirigeâmes donc vers les douches où je l'abandonnais quelques instants pour aller chercher des vêtements propres et mon rasoir dans la chambre qui m'était assignée. Cela faisait plusieurs jours que je ne m'étais pas rasé et une disgracieuse barbe naissante décorait mon visage. Je n'aimais pas laisser ma barbe pousser, je trouvais ça assez laid. Une fois les vêtements propres trouvés, je retournais aux douches pour enfin goûter à la joie de l'eau chaude enlevant la poussière et au savon enlevant l'immonde odeur qui finissait par poindre au bout d'un aussi long voyage. Une fois ce salvateur nettoyage terminé, je pris quelques minutes pour me raser avec application avant de m'habiller. Une chemise blanche à manches courtes et un veston en tissu noir, que je réservais aux moments de repos au quartier Général car trop fragile pour les voyages, ainsi qu'un pantalon de coton noir également. Des neuves venaient compléter le tout. J'attachais mes cheveux devenus longs en un catogan, laissant descendre deux longues mèches qui encadraient mon visage. Une fois propre et habillé, je pu retrouver mon ami qui en avait déjà fini depuis fort longtemps ainsi qu'un serviteur qui nous conduisit jusqu'au luxueux salon.

La vaste pièce était décorée avec un tel raffinement que les mots m'en manquais. De tels endroits m'était auparavant interdis et cette pensée accentuait ma gêne. Luz nous y attendais déjà, sobrement habillée mais cela n'enlevait rien à son charme naturel. Au contraire, cela la mettait en valeur. Le serviteur nous invitais à nous installer sur le sofa capitonné, je m'exécutais avec calme en essayant de ne pas laisser transparaître mon lourd sentiment. Le conteur fît de même et vînt s'asseoir à mes côtés. Des boissons, alcoolisées ou non, n'attendaient plus que nous pour les déguster.

- Eh bien ! La Confrérie m'avait manquée ! Tu sais toujours aussi bien recevoir chef.

Je considérais le "chef" plus comme un surnom que comme une réelle marque de condescendance. Il n'y avait pas besoin d'autant de marques de subordination avec Luz Weiss. C'était avant tous une amie. Vivre ici était quelque chose de vraiment sympathique. C'était familiale, conviviale... et j'espérais que Quatre cornes viendrait rejoindre cette grande famille qu'est la Confrérie. Un sourire enjoué éclaircissait mon visage fatigué par les voyages. Je me détendais presque tout de suite et m'autorisais un soupir en m'enfonçant un peu plus au fond du sofa.




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Lun 30 Juin - 21:52
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Une apparence plus présentable. Bien sûr. Notre conteur est un démon vieux de plusieurs milliers d'années dont les deux seules préoccupations sont les histoires à raconter et le sexe. Son seul bagage est, depuis bien longtemps avant la chute de Foam, une cape de voyage à capuche, un bâton de marche, une musette en cuir et quelques bijoux antédiluviens. Et il vit principalement à la sauvage, dans la nature, courant de conquête en jeunette pour rassasier les appétits de sa magie.

Autant vous dire, cher lecteur, que les apparences convenable sont un concept qu'il a laissé de côté il y a un moment.

Il accepta, cependant, de se laisser conduire jusqu'aux douches. Là, on tenta de lui proposer de prendre sa cape pour la faire nettoyer. Il répondit qu'il préférait qu'on lui amène une brosse à vêtements pour qu'il s'en occupe lui-même. Quand un des serviteurs insista, Quatre-Cornes découvrit les crocs. Car il porte effectivement des crocs. Sa dentition, contrairement à celle d'une antilope, était celle d'un omnivore aux tendances carnivores poussées. La brosse lui fût apportée en un temps record, personne n'osant froisser la créature qui avait donné un cours à la Chef sur l'utilisation d'un artefact estimé vieux de près de 6000 ans.

Notre ami cornu se lava donc brièvement, profitant surtout du luxe de l'eau chaude car, grâce à Trataïr, il avait reçu bien peu de suie. Il consacra le reste de son temps à nettoyer sa cape dont la boue avait sécher. Là encore, une habitude vieille comme le monde ou presque lui permit de faire cela en une paire de minutes là où il en aurait fallut une dizaine à n'importe qui pour un résultat semblable. Il ressortit donc attifé comme avant des douches et attendit nonchalamment son ami humain dans le couloir en profitant de la vue sur les formes des employées féminines de la Confrérie.

Il distribuait un charmant sourire à une jeune secrétaire qui papillonnait, partagée entre la gêne de l'attention de Quatre-Corne et un sentiment étrange face à l'exotisme et l'innocence apparente du personnage, quand Trataïr sortit pour le guider. Abandonnant sa future conquête potentielle, il le suivit.

Ils cheminèrent dans les entrailles du bâtiment et entrèrent dans un salon luxueux au décor époustouflant de raffinement. Deux choses seulement retinrent l'attention de Quatre-Cornes. Luz, dont la tenue simple mais élégante mettait le charme en valeur, ainsi qu'un broyeur à excréments de la troisième dynastie de Sha des Sables Brûlants, utilisé pour broyer de la bouse de bétail sèche et en faire du combustible. Les modèles comme celui-ci étaient des vestiges du temps où le savoir des Anciens rayonnait partout et les modèles actuels étaient nettement moins performants.

Comme quoi.

Ledit broyeur étant utilisé comme cendrier de luxe, vu sa position. Quatre-Corne ne sût retenir un sourire amusé. Il prit donc largement le temps d'observer d'un large coup d'œil la totalité des objets décorant le lieux et de les identifier, puis il s'assit, posant son bâton contre un des canapé et défaisant sa cape pour découvrir ses épaules et son torse. Il s'installa donc très confortablement et attendit, en silence, que Luz mène la conversation. Son sourire, tout aussi malicieux qu'avenant, semblait indiquer à quel point il se délectait du moment.




Lun 30 Juin - 22:34
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Dans un geste qui se voulait théâtral, Luz sortit l'orbe dorée qui avait tant accaparé sa curiosité et son temps. Elle la posa sur la table avec toute la déférence qu'elle accordait aux antiques artefacts, ne sachant que trop bien combien était inestimable la valeur d'un tel héritage du passé. Puis ses yeux revinrent lentement s'ancrer dans le regard de ses deux invités, et un léger froncement de sourcil ombra son visage d'un trait charismatique.

« Comment avez-vous fait ? Fit-elle pour unique introduction. »

Trataïr avait au moins l'avantage sur Quatre-Cornes de la connaître dans les moindres détails. Ses sautes d'humeur si rapides qu'elles en devenaient déroutantes et son aptitude innée à mettre les pieds dans le plat n'étaient plus un secret pour personne à la Confrérie des Brumes ! Elle se débarrassait de ses gants langagiers gênants lorsqu'il s'agissait de connaissance, davantage encore face à cet être qui lui posait un problème de conscience si énorme qu'elle ne pouvait décemment pas exiger savoir sans le faire dans la seconde...
A nouveau, son attention se reporta sur Trataïr. Elle croisa suavement les jambes, lissant le tissu sur ses cuisses du plat de la main.

« Vous avez tous deux -je crois- beaucoup de choses à m'expliquer... Commençons par le début, voulez-vous. Votre rencontre. Et surtout... »

Elle désigna machinalement d'un geste l'être tout entier qu'était Quatre-Cornes, et s'enquit sans détour :

« … Qu'êtes-vous ? Et que puis-je faire pour vous ? »

Nulle trace d'animosité dans sa voix, bien au contraire. Sa curiosité n'était pas feinte, et les inflexions de son ton montraient à elles seules combien le sujet l'intéressait. Questions d'ailleurs également destinées à Trataïr : après tout, c'était lui qui avait amené l'étrange individu jusqu'ici, n'est-ce pas ? Il devait bien avoir une idée précise en tête, et Luz espérait de tout cœur qu'elle la surprendrait. Elle faisait néanmoins une totale confiance au jeune homme. Trataïr était parmi les meilleurs de ses employés, et pouvait s'affirmer être quelqu'un de bon sens sans avoir à en rougir de honte...
Elle se pencha et saisit l'un des verres sur la table, le portant sans gêne à ses lèvres. Elle habilla celles-ci d'un sourire encourageant, devinant sans mal la nervosité qui devait habiter Trataïr.

« Cela vous dérange-t-il Quatre-Cornes, si je vous tutoie ? J'avoue que ce sera plus agréable et moins froid... Oh, et puisque je n'ai pas eu le temps de me présenter tout à l'heure, laissez-moi l'honneur de le faire : je suis Luz Weiss, fondatrice de la Confrérie des Brumes, enchantée. Sentez-vous ici comme chez vous ! »

Son sourire ne s'en élargit que plus encore, franc, dévoilant toute la blancheur de ses dents. Et, tout en faisant tourner le millésime contre le cristal en un tic qu'elle avait depuis longtemps oublié, elle se pencha de manière à peine perceptible vers son employé, l'invitant à prendre la parole le premier. Que s'était-il passé au cours de son voyage pour qu'il en vienne à faire connaissance avec ce si étrange personnage ? Qu'avait-il en tête en l'emmenant jusqu'ici ? Comment allait-il ? Autant de questions qu'elle lui faisait la politesse d'écouter avec la plus formidable des grâces, ses longs cils sombres couvrant par intermittence le vairon concentré de ses prunelles.



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Mar 1 Juil - 14:11
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Nous étions tous les trois réunis dans ce salon raffiné, l'ambiance était chaleureuse, détendue, mais je sentais que ça n'allait pas durer. Luz posa nonchalamment l'explosif antique sur son bureau avant de nous accorder un froncement de sourcils des plus déroutants. Bien que je la connaissais et que ses changements d'humeur n'étaient plus un secret, ils n'en restaient pas moins effrayants par leur arrivée subite. Et les questions commencèrent à tomber.

- Comment avez-vous fait ?


Une question plutôt vague. A laquelle je ne pourrais répondre. Je décidais donc de la laisser continuer en espérant que ça demande se ferait plus précise. Elle posa alors son regard bicolore sur moi tout en changeant de pose.

- Vous avez tous deux -je crois- beaucoup de choses à m'expliquer... Commençons par le début, voulez-vous. Votre rencontre. Et surtout...


Elle désigna négligemment de la main mon compagnon aux quatre cornes.

... Qu'êtes-vous ? Et que puis-je faire pour vous ?

La question globale était, certes, plus précise et des bribes de réponses s'écrivaient déjà dans mon esprit, mais cela était loin d'être suffisant. La réponse, même si j'essayais d'aller à l'essentiel, allait être longue. Ma patronne saisit l'un des verres de cristal qui trônait au centre de la table de bois et en bu une gorgée. Un délicat et franc sourire s'étira sur ses lèvres. M'encourageant ainsi à débuter mon récit.

- Cela vous dérange-t-il Quatre-Cornes, si je vous tutoie ? J'avoue que ce sera plus agréable et moins froid... Oh, et puisque je n'ai pas eu le temps de me présenter tout à l'heure, laissez-moi l'honneur de le faire : je suis Luz Weiss, fondatrice de la Confrérie des Brumes, enchantée. Sentez-vous ici comme chez vous !


Elle se pencha ensuite légèrement vers moi, m'invitant à débuter ma réponse. Mon compagnon, lui, était silencieux. Semblant obnubilé par la beauté exotique de Luz.

C'est ainsi que pendant un temps que j'avais arrêté de compter au bout de plusieurs minutes, je m'appliquais à conter une histoire à la manière de mon ami. N'omettant aucun détail, je décrivais avec la précision que ma mémoire me permettait tous les paysages magnifiques des contrées sauvages, tous les dangers évités, tous les kilomètres parcourus. Je résumais les contes de mon compagnon et surtout le fait que ceux-ci semblait prendre vie pour nous aider dans notre quête. De l'admiration fascinée s'entendait dans ma voix. Je parlais avec beaucoup de passion et en laissant échapper quelques rires, de l'histoire du mage et surtout de notre "réveil" à quelques pas de notre destination. La surprise qui m'avait envahie ce jour-là ce ranima à ce moment. Mes yeux brillaient d'une lueur passionnée tandis que j'expliquais pourquoi j'avais emmené Quatre-Cornes ici. C'était, certes, un simple service rendu en retour du sien, mais j'aimais à penser que c'était pour nous rejoindre.

Une fois mon immense explication terminée, je m'autorisais un moment de détente en soupirant et en prenant l'un des verres de millésime sur la table et en en buvant quelques gorgées bienvenue. C'était désormais au Conteur d'expliquer ses motivations qui m'étaient obscures. Fatigué d'avoir autant parlé, je faisais bouger mes épaules et mes bras pour les dérouillés et pris une pose plus décontractée. Je n'étais absolument pas gêné d'autant me laisser aller, car j'estimais qu'après une si longue histoire, je méritais bien quelques minutes de repos et de profiter d'un siège si confortable et d'un alcool si bon. J'en savourais d'ailleurs une autre gorgée tout en croisant le regard de Luz. L'invitant ainsi à prendre la parole pour répondre.




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Mar 1 Juil - 14:29
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L'histoire contée par Trataïr était assez fidèle à la réalité pour que notre conteur ne juge pas nécessaire de revenir dessus, il écouta jusqu'au bout et laissa son ami dire tout ce qu'il savait pour répondre à sa patronne. Il se pencha ensuite en avant, coudes sur les genoux et prit le temps d'un nouveau sourire avant de prendre la parole à son tour.

Je vais répondre à vos trois questions clairement formulées dans l'ordre. Et sache, dame Luz, que ton tutoiement ne me dérange pas.

Comment j'ai fais... et bien j'ai connu le concepteur des matrices. Tout simplement.

Je suis Quatre-Cornes, cela dit tout qui que quoi à mon sujet. Je dois en savoir plus sur vous avant de vous en révéler plus sur moi.

Vous pouvez faire pour moi ce que Mifuné Abrasil m'a proposé, m'offrir les avantages de faire partie de la confrérie en échange de mes connaissances historiques quasi inégalées. Je peux vous lister les gens qui en savent autant que moi, voire plus, sur le monde. Il y en a quelques milliers capables de se souvenir, quelques centaines capables de réelle intelligence, quelques douzaines disposés à interagir avec le monde autrement que pour le dévorer et seulement une vingtaine ne sont pas des Dieux ou tout simplement retirés du monde pour vivre en paix l'éternité dont on les a affligés.


C'est ce qu'on appelle jouer cartes sur table, ou presque. Ces quelques révélations sont de celles à même de clouer le bec à un homme du commun, ce que n'était assurément pas l'interlocutrice charmante et franche de Quatre-Cornes. L'intelligence dans le regard de l'homme-bête, au plus profond de ses prunelles de daim aux allures innocentes malgré les horreurs vues, vécues, perpétrées parfois, mais l'intérêt aussi, étaient clairement visibles.

Le silence après ses mots ne fut interrompu que part le grelot discret des bijoux accrochés à ses oreilles alertes lorsqu'il les dirigeait vers le couloir ou différents points de la pièce pour identifier les bruits, surveiller, comprendre, analyser, enregistrer.

Il était dans une salle gigantesque, entre une dragonne et un humain, avec des bibelots antiques dont le plus récent devrait dater de 300 ans au bas mot. Et il détenait les clés du mystère qui attirait toute l'attention, lui. Plus que jamais, le conteur était dans son élément.




Mer 2 Juil - 15:55
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Entre autres détails, Luz retint principalement le don inné qu'avait Quatre-Cornes pour les récits. Et surtout son aptitude à mettre en forme des mots que la grande majorité des humains peinaient à comprendre... Elle posa deux doigts soucieux sur l'une des ses tempes, les sourcils froncés, sans doute, sur un abîme de réflexion que voilait encore son visage impénétrable. Les conséquences d'une telle rencontre dépassaient de loin les événements des derniers mois. Et la clé, la clé se trouvait juste là dans les propos de leur invité, à portée de sa compréhension et de ses connaissances...
Alors ses traits s'éclairèrent. Le dos droit sur son fauteuil, son corps parut se tendre d'un incoercible mouvement d'excitation, tandis qu'elle prenait toute l'ampleur d'une telle révélation intérieure :

« Tu es un démon primordial ! Cela explique ton odeur exotique que je ne parvenais pas à m'expliquer, tes connaissances, ton âge aussi, bien sûr ! »

Elle se tourna instinctivement vers Trataïr, semblant vouloir le prendre à témoin, attendre de lui une quelconque affirmation qui viendrait étayer son hypothèse. D'un geste délié elle remit deux mèches rebelles derrière une oreille, pencha doucement la tête de côté.

« Et tu as d'ores et déjà rencontré mon garde du corps qui plus est... Dire que je dois à peu près avoir le même âge que tes parures, ajouta-t-elle presque sur le ton de la confidence, une lueur d'humour pétillant dans ses prunelles. Pour être tout à fait équitable avec toi, je vais donc expliquer à mon tour ce que je suis, même si tu le sais probablement déjà. »

Oh oui, avec Vanitas dans les pattes, elle avait rapidement saisi que les démons de tout type possédaient des capacités hors du commun ! Ajoutez à cela des connaissances millénaires, et elle était fin prête à parier que Quatre-Cornes savait depuis belle lurette à qui il avait affaire... Elle ignorait en revanche si elle avait déjà eu par le passé cette conversation avec Trataïr. Serait-il surpris d'apprendre la nature de celle qu'il nommait « chef », ou cette fameuse soirée d'antan avait-elle brisé toute illusion à son sujet ?

« Je me nomme Luz Weiss, et je suis un dragon de 514 ans, enchanté, reprit-elle ses précédentes présentations en une parodie amusée. »

Puis, soudain, son visage perdit à nouveau toute trace d'enfantillage et l'incrédulité mêlée de frustration vinrent dessiner un léger plis au coin de ses lèvres :

« Mais tout de même... Je pensais les tiens avares de sang et de chair fraîche, et encore, cela reste un euphémisme. Penser que tu puisses être à la fois démon originel et un être de tant de qualités élargit considérablement mes perceptions du monde... Tout dragon que je suis, je crois bien rester un lézard de pacotille face à toi ! »

Elle rit de bon cœur, dans toute la démonstration de son caractère si lunatique.

« Ma foi, si je peux garder à mes côtés quelqu'un de ton envergure... Tu as déjà prouvé que tu écrasais haut la main les limites de nos connaissances, fit-elle tout en désignant l'artefact posé sur la table. Je ne vois pas quel test de plus je pourrais te faire passer. Ce serait un réel plaisir pour moi que de te voir dans nos rangs, et j'ose espérer que nous pourrons également t'être utile et t'apprendre de ce monde ! Et puis... Cela ferait un brin de compagnie à Trataïr, lui qui a eu le génie de t'amener jusqu'ici. »

Luz leva élégamment son verre à l'adresse de son vis à vis, lui portant un toast tout mérité. Quel éclair de lucidité avait-il eu... Ô combien Trataïr était prévenant d'avoir songé que la dragonne allait adoré Quatre-Cornes et ses connaissances !

« Comment se fait-il que tu sois si différent des démons primordiaux ? Es-tu seul dans ce cas ? Y a-t-il d'autres informations que je dois savoir ? Tu auras bien sûr accès à toutes nos ressources tant économiques que matérielles -ce qui comprend notamment notre immense bibliothèque. En échange je ne te demanderai rien d'autres que tes lumières, comme pour cette cargaison d'artefacts de Foam par exemple... Je pense que Trataïr se fera un plaisir de te faire visiter plus tard notre Quartier Général s'il en le temps et l'envie, je ferai préparer des quartiers à ton intention. »

Elle adressa un regard équivoque à Trataïr et reprit à son égard, une nuance de curiosité dans la voix :

« Comptes-tu rester un peu parmi nous ou as-tu déjà d'autres tâches à accomplir de par le monde ? »



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Mer 2 Juil - 17:38
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Les espoirs que j'avais fondés durant tout le voyage de retour venait enfin de se réaliser. C'était effectivement le projet du Conteur de devenir membre de la Confrérie et Luz appuyais sa décision de surcroît ! Elle avait écoutée attentivement chaque bribes de mon histoire avant d'écouter Quatre-Cornes répondre à ses diverses questions. Elle resta pensive pendant plusieurs minutes avant d'enfin nous révéler ce qu'elle avait découverte. Quatre-Cornes était ce que l'on nommait un Démon Primordial. Selon ce que j'avais entendu sur eux, ils avaient pratiquement disparu, tués par les fidèles de Yehadiel. Mais il en existait encore qui vivait à travers le monde ! Et j'en avais un sous les yeux ! Plus de huit millénaires d'histoire gravés dans cet unique être ! A son tour, Luz se présenta. Elle disait être un dragon de 514 ans ! Décidément, ma nature d'humain et mes 24 hivers tout mouillés faisait bien pâle figure à côté d'âmes si anciennes, si sages et probablement si puissantes. A côté d'eux, je n'étais rien ! Je me faisais l'effet d'un intrus parmi eux. Moi, je n'avais pas plusieurs siècles au compteur. Je ne pouvais pas raconter ce qui s'était passé pendant l'Hiver Éternel. Je ne savais rien.

Pendant que tous deux discutaient, j'essayais de me concentrer pour trouver une réponse à toutes mes questions, à l'intérieur de moi. Quelques minutes d'intense concentration qui me donnèrent la migraine. Cependant, un début de réponse apparu. Il était vrai que je n'étais, ni aussi âgé, ni aussi cultivé qu'eux. Cependant, qu'est-ce que cela changeait ? J'étais toujours vivant et heureux. Peut-être qu'eux, avec toutes les horreurs qu'ils ont vus dans leur immense vie, ils sont incapables d'être à nouveau heureux et serein comme je peux l'être en ce moment. Il ne faut pas jalouser les autres parce qu'ils connaissent plus de choses que moi. Il faut se réjouir de vivre dans une heureuse ignorance.

Quand je sortis de ma transe intérieure, Luz continuait de parler à mon ami. Tous deux ne semblait pas avoir remarqués mon absence, ce qui était une bonne chose. La chef finissait sa proposition à Quatre-Cornes pour qu'il nous rejoigne. Elle se retourna ensuite vers moi pour me parler alors que j'étais encore secoué par la migraine et le monceau d'informations que je venais de recevoir.

- Comptes-tu rester un peu parmi nous ou as-tu déjà d'autres tâches à accomplir de par le monde ?


J'eus un petit rire avant de lui répondre, un sourire amusé sur le visage.

- Aaaah Chef ! Il est vrai que j'aimerais beaucoup rester ici longtemps, mais je m'ennuierais au bout d'un certain temps. Et puis, il y a toujours quelque chose à faire à travers le monde...

Une lueur passionnée apparue dans mes yeux, preuve que le sujet abordé m'intéressait beaucoup.

... le découvrir ! Je n'ai vu qu'un grain de poussières parmi toutes les merveilles que recèle le monde ! Cette fois, je pense aller plus au nord, vers Feu. Je ne suis jamais allé dans cette région et je paris qu'elle est magnifique !


Je me calmais un peu, prenant le temps de boire une ou deux gorgées de mon verre, avant de reprendre sur un ton plus neutre.

- Je pense rester quelques jours ici, pour me reposer et faire visiter les lieux à Quatre-Cornes, mais ensuite je repartirais sur les routes.

J'aimais, certes, beaucoup la Confrérie. Je considérais tous les membres comme ma famille. Jamais je n'étais plus affligé que quand je partais d'ici. Mais si l'ennui venait à me gangrener, je pense que je ne pourrais pas plus le supporter. Ma passion est de parcourir le monde et d'en découvrir les merveilles.




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Mer 2 Juil - 20:12
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Nier la perspicacité et l'intelligence de la dénommé Luz eut été stupide. Notre conteur ne s'étonna donc pas d'être évincé par un esprit aussi vif. Le fait qu'il soit enchâssé dans un aussi joli corps ne gâchait rien du point de vue du démon. Il sortit sa pipe de sa musette pendant qu'elle parlait et commença à la garnir d'un mélange bleuté aux senteurs douces.

Puis il commença à lui répondre, au fur et à mesure, tout en garnissant sa pipe.


Je me nomme Luz Weiss, et je suis un dragon de 514 ans, enchanté.

Il est étrange que je ne t'ai jamais croisée en allant à la rencontre des tiens ces derniers temps. Tu dois avoir une sacré bougeotte pour qu'on se soit ratés pendant un demi-siècle.


Mais tout de même... Je pensais les tiens avares de sang et de chair fraîche, et encore, cela reste un euphémisme. Penser que tu puisses être à la fois démon originel et un être de tant de qualités élargit considérablement mes perceptions du monde... Tout dragon que je suis, je crois bien rester un lézard de pacotille face à toi !

Si ça peut te rassurer, avant d'être un gentil conteur j'ai déjà sortit les tripes de quelqu'un par ses narines une fois, pour lui expliquer mon point de vue sur un sujet à débat. J'ai eut le temps d'apprendre la finesse depuis.

Sinon oui, en effet, d'un point de vue parfaitement objectif, à moins d'un soucis majeur, je serai encore en vie pour voir vos lignées respectives s'éteindre après des milliers d'années de prospérité plus ou moins discrète. Mais chacun d'entre vous à l'échelle de son espérance de vie reste un individu potentiellement valable et viable. Vous rabaisser par rapport à ma longévité serait stupide.


Ma foi, si je peux garder à mes côtés quelqu'un de ton envergure... Tu as déjà prouvé que tu écrasais haut la main les limites de nos connaissances. Je ne vois pas quel test de plus je pourrais te faire passer. Ce serait un réel plaisir pour moi que de te voir dans nos rangs, et j'ose espérer que nous pourrons également t'être utile et t'apprendre de ce monde ! Et puis... Cela ferait un brin de compagnie à Trataïr, lui qui a eu le génie de t'amener jusqu'ici.

Comment se fait-il que tu sois si différent des démons primordiaux ? Es-tu seul dans ce cas ? Y a-t-il d'autres informations que je dois savoir ? Tu auras bien sûr accès à toutes nos ressources tant économiques que matérielles -ce qui comprend notamment notre immense bibliothèque. En échange je ne te demanderai rien d'autres que tes lumières, comme pour cette cargaison d'artefacts de Foam par exemple... Je pense que Trataïr se fera un plaisir de te faire visiter plus tard notre Quartier Général s'il en le temps et l'envie, je ferai préparer des quartiers à ton intention.


En réalité nous avons évolué, nous avions du temps pour ça. La plupart de mes semblables encore en vie étaient les spécimens les plus intelligents et/ou les plus redoutables et/ou les plus doués pour vivre discrètement.

Il reste quelques modèles un peu sanguinaires et barbares, de nombreux d'entre nous valent tout juste mieux que des animaux, ils sont certaines des créatures mythiques de vos légendes actuelles, vivant dans des endroits reculés.

D'autres, plus rares, sont des personnalités historiques connues, présumées mortes mais retournées à l'anonymat, dont la légende des exploits perdure et donne espoir au commun des mortels pour aspirer à plus que leur condition souvent peu enviable.

Les derniers enfin, comme moi, sont juste invisibles aux yeux de l'histoire. Pas de massacre, de tuerie, de pouvoirs hors du commun... Juste des débuts un peu violents et une capacité d'adaptation qui a permit de devenir des phénomènes de foire tout à fait respectables et discrets.

Pour ce que tu dois savoir, il serait bon que tu sache que j'ai tout à la fois un pouvoir et une malédiction qui pèsent sur moi. La malédiction implique que mon pouvoir doit être alimenté par une relation sexuelle consentante tous les mois. Je n'ai pas choisis. Et les prostituée ne sont pas une solution viable. Oui ça rajoute du piment à la longévité et à la puissance relative de mon modeste don.

Quant à votre bibliothèque j'ai peur qu'elle ne me soit totalement inutile, sauf ton respect. Un autre pendant de ma malédiction est l'impossibilité d'apprendre à lire ou à écrire. En contrepartie je sais parler toutes les langues du monde. Même animales. Et ce sans avoir besoin de les apprendre.

Il est bien évident que mon aide en échange de vos ressources t'es totalement acquise. Concernant mes quartiers, puisque tu aborde le sujet, je suis peu à l'aise dans les espaces confinés. Quelque chose en bordure de vos installations, voire dissimulé à l'extérieur, dans le flanc d'une colline ou d'une bute, serait l'idéal. Je sais me contenter de peu, comme ma tenue le prouve, seuls quelques rares atours ont valeur à mes yeux.


Après la longue tirade de ses réponses, il prit le temps d'allumer sa pipe, écoutant Trataïr et Luz discuter, puis il entreprit de souffler des ronds de fumée bleutée, attendant la suite.




Lun 7 Juil - 15:30
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[Hrp : Navrée du retard, me remettre à RP fut quelque peu laborieux !]



Luz eut un doux rire qui fit fleurir sur son visage le reflet d'une certaine mélancolie. Quatre-Cornes se trompait sur un point, précisément celui qu'elle n'aimait pas se voir rappeler et qu'elle mettait tant de cœur à réfuter... Ô combien tentait-elle de s'illusionner derrière son miroir aux alouettes, elle n'en restait pas moins un être que le temps n'affectait pas. Dix, vingt, trente générations... A quoi bon ? Elle était vouée à voir défiler toutes ces âmes qui s'éteindraient entre ses doigts comme des braises humides, des lucioles brisés par le vent. Ce démon primordial était-il du même acabit ? Portait-il également la lourde malédiction de ceux qui n'ont à craindre de la mort que la violence des vivants... ?

« Ah ça, pour une sacrée bougeotte... S'il y a bien une chose sur laquelle j'approuve Trataïr c'est que le monde est trop vaste pour se cantonner à quatre murs et trois pierres. En revanche, il risque de s'en passer des siècles, avant que tu ne puisses voir s'éteindre ma propre lignée... Moi-même je ne suis pas sûre de parvenir à ma fin. »

Elle chassa les sombres ombres qui ternissaient sa bonne humeur d'un désinvolte revers de main. Qui se souciait des scrupules d'un pauvre dragon, condamné à vivre une éternité d'existence en tant qu'unique témoin du passé ?

« Après tout, n'est-ce pas là notre lot quotidien d'êtres intemporels ? »

Le ton, quoique plus joyeux, trahissait néanmoins aux oreilles attentives un lourd ressentiment. Et dire qu'elle n'avait que cinq cent ans et déjà l'horrible impression d'en avoir vécu plusieurs milliers... Quand donc avait-elle vieilli, quand donc s'était elle épuisée à la tâche, espérant oublier, piétiner ses souvenirs par trop douloureux ? Allait-elle devoir subir cela jusqu'à la fin des temps, jusqu'à ce que Terra daigne cesser de tourner ? Luz eut une pensée brève à l'égard de Quatre-Cornes. S'il lui était jamais venu l'idée de s'attacher, il avait dû souffrir tout autant qu'elle si ce n'est plus de la mortalité conséquente des autres êtres vivants... Tout lien sentimental devenait un acte pur de masochisme. Au-delà de tout ce que Trataïr devait penser, il était probablement le plus chanceux d'entre tous. Elle enviait sa mortalité, son humanité aussi, peut-être, cette humanité qui lui aurait permis de vivre autrement... Et puis, l'aurait-elle rencontré, lui, dans cette autre vie parallèle... ?

« Quoi qu'il en soit je serais ravie d'entrer en contact avec les quelques autres spécimens « pacifiques » de ton espèce qui peuplent encore ce monde. Voire même pourquoi pas les plus combatifs ? As-tu conservé un lien avec les tiens ? Votre invisibilité fort louable a eu le désavantage de retarder nos connaissances... Nous sommes aveugles face aux tiens, face à toi. Apprends-moi Quatre-Cornes, et tu découvriras qu'un dragon peut être bon élève même avec les tripes qui lui sortent par les narines ! »

La touche d'humour était évidente, noyée pourtant dans une gorgée de vin qu'elle s'accorda de bon grès. Le millésime était délicat aujourd'hui, car Luz n'avait pas désiré enivrer ses invités. Ce qui était habituellement utile sur les clients était à bannir face à Trataïr et Quatre-Cornes : elle les voulait solides sur leurs appuis, lucides dans ce qu'ils avaient à lui dire. D'autant plus que son invité démoniaque ne semblait déjà plus à convaincre. Oui, Trataïr avait fait de l'excellent travail...

« La malédiction implique que mon pouvoir doit être alimenté par une relation sexuelle consentante tous les mois. »

La dragonne manqua s'en étouffer dans son verre. Deux doigts devant ses lèvres dans une tentative dérisoire d'amoindrir sa toux discrète, elle eut un léger temps de retard sur la suite du programme. Visiblement, même les si réputés démons primordiaux avaient écopé de leurs soucis personnels... Qui était l'imbécile heureux qui livrait de telles malédictions aux êtres vivants ? Elle connaissait une kyrielle d'êtres humains qui donneraient cher pour se servir d'une excuse pareille !
Ne pas savoir lire, et pire encore, ne pas être en mesure de l'apprendre, lui faisait le même effet qu'une hérésie absolue. Luz était de celle qui préférait mille fois faire l'effort d'apprendre chaque langue laborieusement plutôt que de céder en échange l'incroyable don civilisationnel de l'écriture et de la lecture... Si aucune trace écrite n'avait subsisté à travers les âges, nulle société n'aurait pu s'élever dignement au-dessus des autres, s'inscrire sur Terra comme éternelle sans se départir de son passé. La tradition de l'histoire écrite permettait ainsi de préserver celle-ci et palliait à toute perte désastreuse de connaissances. Comment diable faisait Quatre-Cornes pour se souvenir de la moindre parcelle de son savoir ? Était-il lui aussi doté d'une mémoire parfaite ?

« J'assignerai à tes travaux l'un de mes employés. Il se chargera de rédiger tout ce que tu pourras lui conter à l'oral, afin que nous conservions une trace écrite pour les générations futures. L'ampleur de la tâche est conséquente mais je ne désespère pas de retranscrire toutes ces années que nous avons manquées ! Quant à ton problème de malédiction... Tant que cela ne dérange pas le travail des membres de la guilde sens-toi libre de faire du charme à qui tu le désires. Nous sommes nombreux au Quartier Général, un être de ta trempe devrait être en mesure d'y trouver chaussure à son pied tous les mois ! Je te ferai préparer des quartiers externes à notre complexe sous-terrain, tu n'auras qu'à faire part de tes vœux d'habitat à la gouvernante que je t'enverrai. »

Luz ne s'embarrassait pas de longues conversations épuisantes. Si vivre au rez-de-chaussée pouvait faire son bonheur, elle n'y voyait aucun inconvénient. En tant que créature ailée c'était là quelque chose qu'elle pouvait comprendre, bien que sa nature lui permette également de vivre des siècles sous terre s'il le fallait... Beaucoup des siens avaient troqué l'envergure de leurs ailes pour un abris sûr dans quelques grottes et mines abandonnés, dragons millénaires couvant de leurs écailles le précieux tribu de toute une vie de chasse aux trésors.
Elle reposa son verre à présent vide sur le bois de la table, décroisa subtilement les jambes pour s'adresser à Trataïr :

« Tu vas avoir besoin de fonds si tu comptes repartir à travers le monde. Feu coûte cher pour peu que l'on s'aventure dans les grandes villes... Viens me voir lorsque tu seras sur le départ, je financerai ton expédition. Disons que c'est ma manière à moi de te remercier pour le service que tu as rendu à la Confrérie des Brumes. »

Son visage se fendit d'un sourire. Aussi libre était-elle, voilà plusieurs mois qu'elle n'effectuait que des voyages précautionneux, trop occupée, trop accaparée par la gestion de la guilde. Les périples de Trataïr lui rappelaient les siens du temps d'autrefois, ce jour où sa route avait croisé celle d'une fort étrange belette...



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Mar 8 Juil - 14:10
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Les minutes qui suivirent mon histoire furent, je pense, quelques-unes des plus longues de mon existence. Les deux êtres intemporelles qui étaient à mes côtés se mettaient en accord pour décider des conditions d'entrée du Conteur. C'était, certes, intéressant pour les deux partis. Mais de mon côté, je n'avais rien à dire et donc, invariablement, je commençais à trouver le temps long. Même si j'apprenais au fur et à mesure quel genre de personnes j'avais en face de moi, apprendre que mon ami avait besoin d'une relation sexuelle consentante tous les mois ne m'intéressait pas vraiment.

Finalement, au bout de ces interminables palabres, Luz s'adressa à moi. Je sortis ma tête des divers rêves dans lesquels elle était plongée pour lui accorder toute mon attention.

- Tu vas avoir besoin de fonds si tu comptes repartir à travers le monde. Feu coûte cher pour peu que l'on s'aventure dans les grandes villes... Viens me voir lorsque tu seras sur le départ, je financerai ton expédition. Disons que c'est ma manière à moi de te remercier pour le service que tu as rendu à la Confrérie des Brumes.

- C'était avec plaisir et je te remercie de me permettre de découvrir le monde pendant les quelques décennies que je passerais dans ce monde. Et comme je me suis beaucoup amélioré dans mon apprentissage de l'écriture et de la lecture, je t'enverrais des lettres si jamais je m'absente trop longtemps. Histoire qu'on garde contact.

Un sourire avenant et chaleureux illuminait mon visage. Luz était une amie chère et même si je savais que quand je quitterais ce monde, elle n'aura pas changé d'un pouce, je n'étais pas triste. On finie tous au même endroit de toutes façons. Autant profiter de ma brève existence tant que je le peux.

- Pour le moment, je compte me promener dans les parages et essayer de revoir quelques membres. Je ne sais pas quand je reviendrais alors autant profiter de cette petite pause.

J'avalai encore quelques gorgées de vin, ma chef savait où trouver les meilleures et c'était sympathique de boire autre chose que la bibine frelatée qu'on nous sert en général dans les tavernes. Je reposai le verre désormais vide sur la table avant de regarder à nouveau en direction de Luz.

- Est-ce que tu sais si Niflheim est là en ce moment ? Ça fait longtemps que je ne l'ai pas vu !


C'était avec cette charmante ancienne voleuse des bas-fonds de Sen'Tsura que j'étais arrivé ici, à la Confrérie. Nous y sommes rentrés ensemble et nous y exerçons la même profession. J'espérais qu'elle était heureuse désormais.




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Mer 16 Juil - 23:09
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[HRP : j'ai enfin réussi à me remettre dedans, désolé du retard =/ ]

Détails pratiques et recommandations d'usage en nombre raisonnable, Quatre-Cornes avait eut le temps de s'y faire. En réalité ces détails triviaux ne semblaient pas lui importer. Il remua doucement les naseaux quand Luz parla de leur longévité, fronçant les sourcils très légèrement. Il reposa son verre sur la table et se leva sans répondre aux dernières paroles de la dragonne, laissant Trataïr occuper la conversation.

En plus de la profonde mélancolie qu'il avait perçue dans la voix de Luz, un objet avait attiré son attention. Il traversa donc la pièce pour aller saisir une tablette assez large, peut-être de cinquante centimètres, et longue d'autant. Elle représentait une carte du Sud de Feu. Il ne lui fallut qu'un instant pour trouver ce qu'il cherchait et, alors que Luz terminait de répondre à Trataïr au sujet de cette Niflheim, il vint poser la tablette sur la table devant Luz et s'accroupit à côté.

Il activa une clenche cachée et commença à faire changer les cartes affichées sur la tablette, qui s'avérait être en réalité un assemblage de tiges dorées qui coulissaient pour se stabiliser à différents niveau et former des cartes en relief. Le tout étant à l'évidence le fait d'une magie ancienne, ancrée dans le métal, associée au savoir-faire des prêtres de Cyri.

Un sourire aux lèvres, indifférent aux réactions de ses interlocuteurs, Quatre-Cornes fit défiler les régions de Terra Mystica, telles qu'elles étaient lorsque Foam rayonnait encore, prospère et paisible.


Tu vois, chère Luz, aussi longue que puisse paraître l'éternité, on finit toujours par se réjouir d'avoir vu passer les âges, ne serait-ce que pour retrouver les présents du temps sur notre route au moment où on s'y attend le moins.

Je n'avais guère plus que la moitié de mon âge actuel quand Foam tomba. J'ai depuis appris encore bien des choses, mais rien à mon sens n'égalera jamais le génie des Anciens, comme vous les appelez,
dit-il en se redressant lentement.

J'ignore où ta vie te mènera, dragonne. Mais si tu sais t'en montrer digne, alors même quand les Montagnes seront redevenues des plaines, tu pourra toujours compter sur moi pour aller voir un verre dans la nouvelle capitale en vogue et parler du bon vieux temps. Peut-être même que je te ferai rencontrer mes plus vieux frères, sœurs et amis, lors de l'une de nos réunions.

Mais laisse la mélancolie aux Elfes et à leur esthétisme forcené, laisse ça à ceux qui n'ont plus aucun espoir de voir un jour le soleil se lever de nouveaux pour eux. Tu es encore jeune. Tu as le temps de découvrir Terra Mystica au-delà de ce que tu peux imaginer.


Avec sincérité et compassion, la main sur le cœur, Quatre-Cornes avait parlé en regardant Luz droit dans les yeux, la carte arrêtée sur l'emplacement actuel du QG de la confrérie, qui à l'époque était un peu plus vallonné, tandis que le lac était moins étendu.

Puis il se tourna vers Trataïr et reprit de sa même voix douce mais ferme.


Quant à toi, petit veinard d'humain, profite bien de chaque instant de ta vie. Ne t'inquiète pas pour ceux qui, comme ta patronne ou moi-même, sont voués à voir le monde tourner encore et encore. Profite de pouvoir savourer les choses pour la premières fois et de ne pas vivre assez longtemps pour en faire le tour.

Quant à Nayris et à la mort... ne la craint pas non plus. Je suis le fruit de sa rage, du pire de ses affronts à la Vie. Pourtant je suis là aujourd'hui, à songer à m'installer dans une communauté mortelle, en train de tenter de convaincre une dragonne centenaire qu'elle deviendra millénaire sans déprimer totalement...
continua-t-il en accordant un large sourire amusé à Luz.

Les démons primordiaux sont bien placés pour savoir que la rage, même viscérale, n'est pas éternelle. Que la haine finit par s'éteindre. Un jour, la vie et la mort s'aimeront de nouveau et nous sommes quelques uns à penser que ce jour-là sera le dernier de notre ère et le premier d'une toute nouvelle ère de paix et d'amour. Et je me dis que je serai peut-être là pour le voir.

Rien que pour ça, je ne crains pas l'éternité. J'attends simplement avec impatience de voir ce que le Temps me réserve. Et en attendant je parcours les routes au hasard du monde et ses merveilles renouvelées.


Il était désormais au centre de la pièce, mains sur la taille, un sourire en coin sur les lèvres.

Non, vraiment, l'éternité n'est pas si terrible, non plus que la mortalité. La vie est belle, profitez-en.




Sam 19 Juil - 12:47
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Luz fit mine de réfléchir, le regard perdu sur le lambris du plafond. L’information qu’elle recherchait lui était certes venue spontanément, mais elle conservait parfois de ces tics humains qui allégeaient la conversation et apaisaient ses interlocuteurs... Avoir l’air de quelque machine étrange n’était pas pour se faire apprécier, et allez savoir pourquoi cela avait le don de rendre les gens nerveux !

« Non, je ne crois. Je ne l’ai pas vue depuis notre petite réception de l’autre jour. Je suppose qu’elle aussi a bon nombre de choses à régler de son côté, ajouta-t-elle dans un impuissant mouvement d’épaule, espérant ainsi amoindrir les désillusions du jeune homme. Si tu le souhaites, tu peux laisser un message à son intention et je le lui transmettrai à son prochain passage ? »

Elle s’apprêtait à ajouter une remarque mais les déambulations de Quatre-Cornes attirèrent son attention. Elle fronça légèrement les sourcils et tourna vers lui un regard perplexe, travaillant d’ores et déjà à deviner ce qu’il s’apprêtait sans doute à faire... Si elle avait compris un détail sur lui, c’était bien qu’il semblait capable de sortir de sa botte à tout moment une autre de ses fantasques connaissances ! Qu’allait-il leur jouer comme fable, trouvaille de dernière minute alors que ses pensées s’occupaient à tout, sauf à la conversation ?
Il se saisit d’une carte oubliée, précieux artefact que Luz utilisait parfois au cours des réunions au sommet, un peu probablement pour impressionner ses hôtes. Si elle fut surprise que le démon sache l’utiliser sans même douter, elle ne le montra point et se figea dans une semi contemplation introspective.
Les mots de Quatre-Cornes touchaient juste et bien. Il n’était pas un conteur né de la dernière pluie malgré son apparence versatile...

« Pourtant je suis là aujourd'hui, à songer à m'installer dans une communauté mortelle, en train de tenter de convaincre une dragonne centenaire qu'elle deviendra millénaire sans déprimer totalement... »

Sa remarque lui arracha un sourire. Juste rythme et juste emphase menait votre public jusqu’au bout du monde... Et Luz laissait enfin sa morosité pour s’accorder une once d’humour, reconnaissant bien volontiers les efforts mérités du démon. Un rire dans les yeux, elle leva un doigt docte à hauteur de son visage et corrigea non sans amusement :

« Cinq fois centenaire s’il te plaît, je n’ai pas tous les jours l’occasion de montrer à quel point je suis bien conservée ! »

A son tour la dragonne se leva et contourna son fauteuil.

« Par ailleurs ne t’en fais pas. S’il m’arrive parfois de me ressasser les mauvais moments de mon existence comme une vieille sénile, cela ne dure jamais longtemps. J’aime trop la vie pour ne pas reconnaitre la sagesse de tes propos ! Et je suis fière de pouvoir l’affirmer avec aplomb. »

Elle parvint derrière le siège qu’occupait Trataïr et, tout en glissant subtilement ses mains sur ses épaules, elle se pencha par-dessus son dossier un indicible sourire fleurissant sur ses lèvres :

« Après tout, je veux bien de mon intemporalité si elle me permet de voir un jour les cinquante-six monstres à pattes que nous fera Trataïr dès qu'il aura trouvé sa douce... Les premiers enfants de la Confrérie des Brumes ! Je n'ose imaginer l'état de la salle des trésors après leur passage... »

Et Luz grimaça pour illustrer ses propos, n'ayant aucun doute sur le fait que la progéniture humaine était un vrai cataclysme en herbe.

« Et toi Quatre-Cornes ? reprit-elle plus sérieusement, n'as-tu donc jamais songé à prendre racine aux côtés d'une jolie donzelle -quelle que soit sa race- ? Ou n'est-ce pas là quelque chose que font les démons ? »

Elle le regardait à présent avec une vive et réelle curiosité, car les mœurs et coutumes des engeances de Nayris lui étaient aussi inconnues que le menu de ce soir...



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Dim 20 Juil - 1:18
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Ma chef réfléchit pendant quelques légers instants à ma question. Sa réponse n'était, malheureusement, pas celle que j'attendais. Celle-ci était négative, Niflheim n'était donc pas dans les parages. Ça m'attristait un peu, car la revoir m'aurait fait plaisir même si la réciprocité n'était pas certaine. Je n'ai jamais su si cette jeune voleuse me considérait comme son ami ou comme une simple connaissance. Je suppose que je vais encore devoir attendre avant de le savoir...

- Si tu le souhaites, tu peux laisser un message à son intention et je le lui transmettrai à son prochain passage ?


- Non, ne t'en fais pas. Je ne suis même pas sûr qu'avoir de mes nouvelles lui importe.


Un rire lassé s'échappa de ma gorge. Leur discussion montrait une image dystopique de l'intemporalité qui fait tant rêver les simples hommes comme moi. Et je dois avouer que cela rendait l'ambiance pesante et emprunte d'un certain malaise. Cependant, le Conteur, tout en s'amusant avec une autre curiosité que possédait Luz, mit glorieusement fin à ce mal-être ambiant.

- Pourtant, je suis là aujourd'hui, à songer à m'installer dans une communauté mortelle, en train de tenter de convaincre une dragonne centenaire qu'elle deviendra millénaire sans déprimer totalement...

La réalité reparaissait subitement telle une ancienne maîtresse dans la vie d'un bourgeois rougeaud. Une conclusion qui ramenait l'assemblée sur terre et la convainquait de rester magnanime envers la vie. De lui pardonner d'être aussi courte pour les uns et un immense chemin parsemé de croix pour d'autres. Pour ma part, j'étais bien décidé de profiter de mon éphémère existence sans jamais déprimer que la mort vienne me cueillir. Les hommes dans cette optique perdent grossièrement leur temps, ce que je ne pouvais pas me permettre de faire ! Ma patronne reprit bien vite un ton amusé en corrigeant le démon sur son âge. Elle appuya ensuite les propos de celui-ci en arborant son amour pour une vie qui est en réalité trop courte pour tout le monde. J'étais entièrement d'accord avec elle-même certains des mots qu'elle employait m'échappait un peu. La belle rousse se glissa ensuite derrière mon siège en posant doucement ses gracieuses mains sur mes épaules. Je lui glissai un regard curieux en voyant sa tête se pencher à côté de la mienne. J'imitai son joli sourire en continuant d'admirer son visage angélique et la beauté de ses yeux vairons.

- Après tout, je veux bien de mon intemporalité si elle me permet de voir un jour les cinquante-six monstres à pattes que nous fera Trataïr dès qu'il aura trouvé sa douce... Les premiers enfants de la Confrérie des Brumes ! Je n'ose imaginer l'état de la salle des trésors après leur passage...

C'est à ce moment que mon sourire disparu pour laisser place à une grimace candide.

- Hey !

Je n'avais encore jamais songé à trouver chaussure à mon pied, en tout cas pas en public. Il m'arrivait d'avoir des aires de poète mélancolique en pensant à l'avenir, si je le vivrais seul ou pas, mais ça ne durait jamais bien longtemps. Cela s'en allait souvent avec la gnôle des soirées. Bien vite, mon visage s'éclaircit d'un large sourire et je me mis à rire en avalant une ou deux gorgées de vin. Luz jeta ensuite son dévolu sur Quatre-Cornes. Parfait, je n'allais pas devoir supporter ses rêves d'enfants plus longtemps. Elle lui demanda si la fondation d'une famille était dans ses projets. A mon avis, avec une malédiction pareille, ça devait faire partie de ses rêves. Ma patronne pointa là quelque chose qui réveillait mon intérêt pour la conversation. Ce n'est pas tous les jours qu'on peut écouter les rêves d'amour d'un homme-cerf ! Je me redressai légèrement et penchai la tête vers lui pour mieux entendre sa réponse, mon verre d'alcool entre les mains. En espérant qu'il ne s'en échappe pas pour salir le beau plancher de la Patronne, ça l'afficherait mal...




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Mar 22 Juil - 13:52
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Quatre-Cornes regarda Trataïr se faire chambrer avec une sorte d'air attendri, sans pour autant rester en dehors de la fête. On ne devient pas conteur émérite en se contentant de faire de jolis discours rassurants aux gens qui en ont besoin, ou en racontant simplement de jolies histoires, non...

Bah, tu sais Luz, il est jeune, on a le temps de trouver un plan pour ne pas être de garde d'enfant le jour où il finira par se reproduire...

Non, ça implique aussi un certain sens de la répartie maîtrisée, de préférence avec un sourire goguenard et un haussement de sourcils évocateur. Tout un art, vous dis-je.

Je suis sûr que tu finira par trouver une femelle à qui tu convienne et réciproquement. Tu te rends compte que tu n'as même pas de passé de démon sanguinaire à faire oublier ? Tu pars avec un avantage certain sur le vieux truc poussiéreux que je suis !

Qui aime bien châtie bien. Or, Trataïr méritait largement d'être un peu titillé. Un compagnon de voyage ça s'entretient. Il ne faudrait pas non plus que le reste du monde pense qu'on peut vivre pendant plusieurs millénaires sans développer un profond sens de l'humour. C'est ça ou devenir fou.

Et des fous, les démons en comptent. Les vrais démons, les premiers, les natifs. Pas les bêtes venues de Zelphos, conquérantes et pédantes. Non, les Démons Primordiaux. Nés de la mort pour répandre le sang de la vie, abandonnés à leur sort, condamnés à une éternité d'errance sur Terra Mystica. Délaissés par leur mère. Rien d'enviable à cela.

La plupart devinrent des bêtes sauvages, reclus dans les contrées les plus inhospitalières du monde. Les autres ont tenté de survivre, souvent ont changé avec le monde. Certains œuvrent toujours à sa perte. Les autres tentent de les contrer. Voilà une guerre qui ne se terminera pas demain et dont le dénouement sera celui de la fin des temps...

Pas tout de suite donc.


Et toi Quatre-Cornes, n'as-tu donc jamais songé à prendre racine aux côtés d'une jolie donzelle -quelle que soit sa race- ? Ou n'est-ce pas là quelque chose que font les démons ?

Touché.

Oreilles couchées en arrière et regard dans le vide. museau qui remue, yeux fermés, comme pour chasser un frisson désagréable. Rouvrir les yeux, secs. Le passé à sa place. Plus besoin de le pleurer. Et pourtant, la douleur, toujours présente. Toujours vive. Après une inspiration, le conteur finit par se tourner vers Luz et lui répondre, le regard dans le vague, la voix ferme mais... ailleurs.


A trois reprises j'ai pris la décision de m'installer avec une mortelle et de l'aimer, de lui rester fidèle... Une première fois à Foam, c'était l'inventeuse des matrices de défense, entre autres. Elle m'a énormément appris, tant sur la vie que sur le bonheur et le culte de Cyri.

Puis il y a eut cette fille de Feu, elle en était réduite à danser dans des troquets infâmes. Je l'ai sortie de là sans m'attendre à quoi que ce soit en retour et finalement nous avons arpenté le monde pendant de longues décennies côte à côte.

Enfin, il y a eut une érudite qui vivait dans les Glaces. C'est avec elle que j'ai vécu le plus longtemps. Je porte encore un peu son deuil. Même si le froid de là-bas ne me manque pas. Je ne suis pas le seul démon à prendre compagnon ou compagne parmi les mortels. Mais la douleur de la séparation est chaque fois plus grande. Comme si le temps ne faisait rien à l'affaire.


Puis, après un court silence, relevant la tête vers Luz, il reprit.

Pourquoi cette question, dame Luz ? Tu te demande à quel point mon âme infernale a bien pu s'attendrir depuis la première guerre ?




Sam 2 Aoû - 1:13
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Luz leva les mains, paumes en avant en signe de paix.

« Oh, tu sais, je ne m'inquiète pas pour le salut de ton âme. Nayris est réputée pour ne pas faire de caprice à ce sujet... La mort est universelle, même pour les démons. Et je suis loin de qualifier ton âme d'infernale, termina-t-elle dans un sourire franc. »

Du moins, pas dans le sens péjoratif du terme. Si sa bougeotte était difficile à vivre, il n'avait pour tort que d'avoir la langue bien pendue et les connaissances nombreuses -ce qui, entre nous, penchait davantage vers une forme de qualité. Luz ne lui avait vu ni ces regards fous communs aux démons, ni cette soif sanglante qui les faisait trépigner d'une ferveur quasi religieuse. Quatre-Cornes semblait... Inoffensif en comparaison. Du moins, était-ce l'aspect qu'il avait voulu présenter.
Sans ambages, elle claqua des mains, son équivoque qui mit un terme à la conversation. Cela faisait bien trop de souvenirs remués pour une simple entrevue, et la souffrance tacite de Quatre-Cornes ne lui avait pas échappée, pas plus que la fatigue de ce cher Trataïr...

« Je fais décidément une bien piètre hôte. Je vous épuise en palabres au lieu de vous laisser un peu respirer... Nous aurons, je pense, tout loisir de poursuivre cette discussion plus tard ! »

Et ses prunelles s'ancrèrent dans les iris animales du conteur, avec la tranquille assurance de celle habituée à chercher ce qu'elle désirait jusqu'au bout du monde s'il le fallait.

« Il est important que tu te familiarises avec nos quartier, reprit-elle plus doucement. Et nous monopolisons Trataïr qui doit avoir une foule de choses à faire... »

Elle se tourna alors vers ce dernier et s'inclina avec grâce :

« Encore merci pour l'intelligence que tu as eu de recruter un tel personnage. Je ferai porter l'escarcelle dont nous avions parlée directement dans tes appartements. Si maintenant vous voulez bien m'excuser, j'ai un aménagement extérieur à faire construire... »



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Sam 2 Aoû - 15:21
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Les deux immortels conversèrent encore sur leurs vies atypiques. Je les écoutais sans vraiment les comprendre, tant les sujets de leur conversation étaient réservés aux érudits ou aux gens comme eux, qui vivent suffisamment longtemps pour parler de telles choses. Au bout d'un moment, la conversation s'épuisa pour se clôturer dans un claquement de main typique de Luz.

- Je fais décidément une bien piètre hôte. Je vous épuise en palabres au lieu de vous laisser un peu respirer... Nous aurons, je pense, tout loisir de poursuivre cette discussion plus tard ! Il est important que tu te familiarises avec nos quartier, et nous monopolisons Trataïr qui doit avoir une foule de choses à faire...

Ses yeux vairons se posèrent ensuite sur moi. Je me redressai en hâte, car j'étais désormais affalé sur le sofa, ce qui n'est pas une position très adéquate devant sa patronne.

- Encore merci pour l'intelligence que tu as eu de recruter un tel personnage. Je ferai porter l'escarcelle dont nous avions parlée directement dans tes appartements. Si maintenant vous voulez bien m'excuser, j'ai un aménagement extérieur à faire construire...

- Mais de rien Luz. Et ne t'inquiètes pas, même si le monde s'écroulait, j'aurais toujours du temps pour mes amis.
Dis-je avec un large sourire sur le visage.

Je me levai ensuite et m'inclinai à mon tour pour saluer Luz et Quatre-Cornes.

- Je vous souhaite une agréable journée à vous deux. On se verra plus tard, c'est certain.
Je me tournai ensuite vers le Conteur. Quant à toi, j'espère que tu te plairas chez nous. N'hésite pas, si tu as des questions, de me les poser. Je peux même te conseiller quelques beautés si le cœur t'en dit.

Je m'inclinai une dernière fois avant de quitter la pièce. Je savais déjà ce que je voulais faire.

- Je vais tellement fêter mon retour que j'irais dans ma chambre à quatre pattes ! hurlais-je presque.

Je pris ensuite la direction de la salle où se trouvait un bar et des tables, une sorte de taverne mais exclusive à la Confrérie. Se devait être l'endroit où je passais le plus de temps ici. J'étais enfin de retour... de retour chez moi. J'avais retrouvé ma famille bien aimée...

ET CE GENRE D’ÉVÉNEMENT... ÇA SE FÊTE AVEC DE LA BIÈRE !




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