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 Une femme sans grâce est un appât sans hameçon [PV Jehan Polghotyer]

 
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Jeu 5 Juin - 16:37
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Un vent vicieux rassemblait ses forces, glacé et violent. Il venait du désert gelé et infini qui bordait le monde. Charriant des aiguilles de glace acérés, il s’écrasa sur le flanc d’une montagne au sommet dentelé, ses pics élevés se dressant tel des épées vers le ciel, éventrant les quelques nuages qui arrivaient à se frayer un chemin à travers ses cols escarpés. Loin d’abandonner, le vent du sud parvint lui aussi à se frayer un chemin à travers les faiblesses de la montagne, ne rechignant pas à s’infiltrer dans les galeries souterraines creusées par les hommes. Le vent déboucha finalement sur une vallée encaissée, dont le climat plus doux que la toundra l’agressa immédiatement, sapant ses forces et le réchauffant délicatement. La bourrasque glacée se fit apprivoisée tandis qu’elle louvoyait le long du tracé d’une petite rivière bordée par des champs d’or, d’azur et de pourpre. Elle avait presque tout perdu de sa force lorsqu’elle arriva en vue d’un palais tout en bois de cèdre. Modeste pour une construction humaine mais impressionnant si on considérait la région désolée dans laquelle il était bâti. Il s’étalait sur une butte, ne semblant pas vouloir s’élever très haut si ce n’est la partie principale qui se dressait brièvement avant de s’écraser sous un imposant toit sculpté de fresque représentant des dieux oubliés et des batailles antiques. La partie antérieure abritait quant à elle quelques jardins à ciel ouvert, encadrés par des arcades. C’est dans l’un d’entre eux qu’une jeune fille vêtue d’une simple robe grise, étant agenouillée face à une statue de pierre usée. Le vent rassembla alors ses dernières forces pour fondre sur la jeune fille, faisant virevolter ses cheveux de cendre et lui arrachant un frisson.

-Dame Dae, l’interpella une femme d’âge mûr, depuis le couvert de l’arcade. Rentrez donc, vous allez attraper froid. En plus, notre visiteur ne devrait pas tarder.

La jeune fille ne répondit pas mais adressa une dernière prière silencieuse à l’idole avant de se redresser et de quitter le jardin. Elle décocha un léger sourire rassurant à la servante dont le visage était plissé par l’inquiétude. Certes, Lynn avait été malade pendant presque toute sa vie, mais c’était parfois fatiguant d’être ainsi surprotégé. Elle comprenait néanmoins.

Lynn s’engouffra dans le palais, dont chaque pièce était équipée d’une grande cheminée qui embaumait le château d’une douce chaleur. Au bout d’un couloir, un vieil homme, aussi fripé que les peaux qu’il portait en parure, remarqua Lynn et attira son attention d’un signe de la main.

-Dame Dae, commença-t-il encore et toujours. Votre père m’a informé que le repas de ce midi ne sera pas en compagnie de ses chefs de clan comme à l’habitué. Comme je ne parviens pas à reformuler son discours avec clarté, permettez-moi de le citer : « Je ne veux pas que cet étranger rentre chez lui en étant persuadé que nous sommes une bande de soudards baiseurs de chèvre ».

Avec un haussement d’épaule vexé, le vieil homme sembla lutter pour se souvenir où il voulait en venir.

-Vivre au bord du monde est effectivement sujet aux préjugées, déclara Lynn pour l’encourager. Père souhaite juste montrer que notre cour est digne d’être appelée ainsi.

Et pour cela, il ne fallait surtout pas montrer les « seigneurs » qui composaient cette cour ; une bande de joyeux fêtard dont les manières laissaient à désirer. Un étranger à cette table recevrait au minimum trois ou quatre provocation en duel car il serait insultant de ne pas honorer sa force. L’alcool coulerait à flot tandis que les blagues et les chants hurlés d’un bout à l’autre de la table, empêcheraient toute conversation civilisée.

Le vieil homme voulut ajouter quelque chose lorsque les lourdes portes du hall principal s’ouvrirent dans un claquement. Un géant franchit le seuil de la porte masquant presque à lui tout seul le soleil de la mi-journée. Il portait sur ses épaules un sanglier ensanglanté qui ne faisait qu’alourdir sa démarche imposante qui retentissait dans tout le hall tel le tonnerre, accompagné des cliquetis réguliers de son armure noir comme la nuit. Cette dernière était partiellement masquée par une épaisse peau de loup qui tombait sur ses épaules. Un long espadon rouge de sang battait régulièrement sa hanche rendant le personnage encore plus menaçant. Des cheveux noirs encadraient un visage carré et barbu, aux multiples cicatrices. Ses yeux était gris, mais très différents du regard doux et nacré de Lynn ; le sien avait la dureté du métal. Arrivé à hauteur de la jeune fille, il s’arrêta pour la regarder de toute sa hauteur démesurée. Sa suite, deux hommes également en armure, s’arrêta comme un seul homme, une main posée sur la garde de leur épée.

-Père, le salua-t-elle en baissant la tête et en s’inclinant brièvement.

-Lynn… Répondit-il d’une voix grave et profonde qui sied parfaitement à sa carrure. Ta robe est tachée.

Effectivement, une petite trace d’herbe maculait un pan de la robe de la jeune fille qui tenta de la cacher tant bien que mal. Elle fut cependant sauvée par le gong lorsqu’un cor retentit au loin. Le son grave et lancinant annonçant l’arrivée d’un étranger.

-Toi et maitre Ebörm vous chargerez d’accueillir notre invité, ordonna-t-il. Après tout, c’est pour toi qu’il a fait la route.

Le baron Dae se remit alors en marche réajustant la bête qui reposait sur son épaule tandis que le dénommé Ebörm invita la jeune fille à se présenter devant les portes du palais. Lynn était toute excitée de voir quelqu’un venant d’au-delà des montagnes mais elle s’efforçait de ne pas le montrer. La dignité de sa maison souffrirait de la voir adopter une autre attitude que celle dont elle se peignait. Grâce, beauté et noblesse. Elle attendait son visiteur, en haut des marches de pierre qui menait au palais flanquée de la silhouette voutée du vieil homme.


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Lun 9 Juin - 15:48
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Ah, la Toundra ... Alors qu'il parcourait les étendues encore gelées et enneigées qui séparaient Cardrak de la chaîne de montagnes de la Toundra, Jehan pestait et se demandait pourquoi diable il avait accepté ce contrat. Le prestige ... Quel prestige peuvent bien avoir des gens habitant un territoire aussi reculé ? L'argent ... Il n'en manquait pas. La renommée ... Elle se faisait et s'amplifiait déjà depuis longtemps. Le challenge ... Oui, ce devait être cela ... Il le fallait, il fallait une raison. A moins que ce ne soit sa mère ... Anne Awynthur - qu'il avait laissé à la boutique en compagnie de l'affable Tartan, ce chat lubrique et sadique - était de ces femmes qui aimaient faire plaisir aux demoiselles et en faire de belles jeunes filles à marier. A défaut d'être couturière, elle se serait plu en dame marieuse, c'était indéniable !

Pour l'heure, Jehan finissait de gravir le dernier col le séparant de sa destination, juché sur le dos large et solide d'un beau cheval aussi blanc que neige, un fier cheval de trait aux jambes chaussées de longs poils chauds et à la crinière tressées joliment. Une parfaite monture pour se fondre dans le décor de l'hiver qui s'achevait doucement. Jehan, lui, était emmitouflé dans un long manteau de fourrures foncées, et portait, comme de coutume, un pantalon en cuir noir et une chemise rouge cachée pour l'heure sous son pourpoint de cuir fin et gravé. Sa chevelure dorée brillait avec les rayons de soleil qui filtraient à travers les nuages grisâtres qui couvraient le ciel. Il commençait à neiger ... Mais son but s'apercevait déjà au loin ...

Bientôt, le cardrakien quitta la poudreuse des montagnes glacées et arriva dans la petite vallée dont la verdure luttait avec le froid pour s'en dégager. L'endroit ne valait pas Cardrak, et l'homme se demanda s'il avait bien fait de venir se perdre ici. Si ça se trouvait, la jeune cliente serait une grosse mocheté qu'il sera pénible de vêtir ... Jehan secoua la tête à cette terrible vision et préféra ne plus y songer. Se faire peur alors qu'on est sur un cheval puissant lancé au galop, ce n'était point judicieux, surtout avec ce temps ...

Le voilà arrivé devant ce qui devait être le palais ... Du bois ... C'était d'un rustique ... On était très loin de la côté de Saline. Bien loin. Trop loin au goût du couturier. Mais ce qu'il vit en haut des marche, et qui l'attendait visiblement, le rassura. Non, pas le vieux machin rabougri, mais plutôt cette jeune fille qui l'accompagnait. Si c'était elle qu'il devait habiller, alors le travail sera plaisant. Elle était loin du laideron qu'il s'était imaginé plus tôt. Heureusement. Elle avait un port altier qu'il aimait chez les nobles, sans pour autant sembler hautaine. Elle semblait parfaite physiquement, du moins de là où il se tenait après avoir mis pieds à terre.

Un palefrenier - du moins c'est ce que pensa Jehan - vint lui prendre son cheval pour le conduire à l'écurie, aussi le styliste pu sans se soucier du reste commencer à gravir l'escalier d'honneur de la bâtisse pour rejoindre ceux qui étaient là pour, visiblement, l'accueillir. ce qui le toucha et le plaça une marche plus haut sur son petit piédestal. Il aimait qu'on le considère comme une personne importante. Après tout, c'est ce qu'il était, car bon nombre de nobles n'en auraient point l'air sans son talent et se idées grandioses. Parfois, le prestige d'une cour ne tient qu'à un fil de soie ...

Solennellement et de façons tout de même assez théâtrale - mais avec un bon goût certain - Jehan s'approcha de la damoiselle, fit une petite révérence aussi masculine qu'élégante, et acheva son tour de danse d'un baise main des plus subtils, avant de saluer dignement l'homme aux côté de la jeune femme, tout en se présentant :

Sieur Jehan Polghotyer, humble propriétaire et gérant des Trois Salinéens de Cardrak, maison antique de l'art vestimentaire ... Est-ce pour vous, charmante muse, que j'ai été convoqué en ces vivifiantes terres ?



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Humain

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Mar 10 Juin - 16:11
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Un flocon dégringola sur la tempe de la jeune fille et s’agrippa à une mèche couleur anthracite. Quelques cheveux fugueurs battaient sporadiquement son visage harmonieux, aux courbes trop délicates pour accrocher le moindre flocon. Une petite brume s’échappa d’entre ses fines lèvres entrouvertes dont la pulpe cramoisie rappelait celle des baies sauvages. La jolie jeune fille frissonna par anticipation et resserra instinctivement le châle de laine qui protégeait sa nuque d’albâtre. Cependant, elle n’eut pas le temps de s’impatienter car un cheval à fier allure et son cavalier arrivèrent en battant la terre gelée de la cour. Lynn admira un instant la bête dont la carrure égalait celle des chevaux de guerre, mais dont la finesse esthétique était sans nul autre pareil. Un jeune garçon accourut vers le visiteur pour prendre sa monture et l’emmener vers l’écurie, tandis que d’autres détachaient ses affaires de la selle pour les transférer jusqu’à ses appartements libérés pour l’occasion.

Lynn profita pleinement des longues salutations de l’homme pour l’observer plus en détail. Évidemment, la première chose qu’elle remarqua fut sa beauté en tout point parfaite. Si parfaite qu’elle semblait directement sortir de l’imagination d’un artiste, libérée des contraintes du réel. De plus, l’exotisme de ses cheveux blonds le rendait presque irréel. En effet, cette couleur de cheveux n’existait pas à Mitgjörn.

Consciente que dévisager les gens était impoli, elle cessa enfin de le fixer, espérant que le jeune homme pardonnerait à la provinciale qu’elle était ses manquements à la bienséance. A son tour, Lynn attrapa un pan de sa robe et se baissa, le dos parfaitement droit. Un poing serré à quelques centimètres de la bouche était la seule variante qui faisait différer cette révérence de celles qui étaient pratiquées à la cour de Selian. Une charmante coutume du pays qui signifiait à peu près : « cette fois, ma bouche parlera avant mon poing… ». Bien sûr, ce geste avait perdu son sens premier avec l’évolution de la société de Mitgjörn, mais l’héritage perdurait toujours.

-Sieur Polghotyer, votre visite honore ma maison, répondit-elle en prenant toutes les précautions du monde pour ne pas écorcher son nom. Je suis Lynn de la maison des Dae, et je suis effectivement celle qui s’est permis de vous convoquer.

-La Princesse Lynn, fille unique du puissant Ashnard Dae, le Croc de Glace, de l’antique famille Dae au sang de vent, l’héritière du Mitgjörn, dernier royaume des humains au sud du monde, compléta le vieux chambellan, appuyant chaque titre d’un regard insistant comme pour faire comprendre à quel point cette énumération était importante.

-Oui, voilà, confirma Lynn. Rien que ça.

Elle lui glissa alors l’un de ses charmants sourires complices, tout en chassant inconsciemment une mèche de cheveux. Elle s’écarta ensuite pour laisser à son invité le soin de gravir les quelques marches restantes, puis se plaça à ses côtés pour marcher à son bras. Chose qui n’était pas systématique lorsque l’on accompagnait un roturier, mais l’allure du jeune homme, plus noble que la sienne, rendait cet usage naturel. Et puis, ce n’est pas comme si le charme du sieur Polghotyer n’y avait rien fait.

Lynn guida son invité à travers le palais qui n’était, de toute façon, pas assez grand pour que l’on s’y perde. Le chambellan suivait docilement derrière se tenant à la disposition tant de la dame, que du visiteur pour accéder à toutes les requêtes qu’il était en mesure de satisfaire.

-J’espère que votre voyage n’a pas été trop pénible, s’enquit poliment la jeune fille. Les neiges commencent à peine à libérer les cols en cette saison.

La conversation sur fond de voyage et de météo n’ayant pour but que de divertir le jeune homme, elle parvint à le guider jusqu’au petit salon. La pièce disposait d’un immense âtre dans lequel un feu ronflait doucement, ses flammèches paresseuses faisaient osciller des formes inquiétantes sur les murs, rendant les poutres ornées de gravures de monstres et autres dieux antiques d’autant plus menaçantes. Les quelques fourrures jetées sur le rare mobilier ne suffisait pas à rendre la pièce aussi douillette qu’elle espérait. Pour rajouter à l’aspect sinistre des lieux, le Baron était penché sur une table, en grande conversation avec un officier à l’air féroce. Lynn se détacha alors du jeune homme pour interrompre son père qui daigna seulement baisser les yeux sur elle.

-Père, permettez-moi de vous présenter Sieur Jehan Polghotyer, propriétaire et gérant des Trois Salinéens de Cardrak, maison antique de l'art vestimentaire, récita-elle impeccablement. Sieur Jehan Polghotyer, voici mon père, le baron Dae.

-Le puissant Baron Ashnard Dae, le Croc de Glace, Pourfendeur des … Commença le chambellan avant de se faire interrompre durement par l’intéressé.

-Ce garçon se fout royalement de quelle bestiole puante j’ai pu embrocher ou de comment me surnomment les hommes, assena le baron de sa voix autoritaire.

D’un signe de tête, il indiqua à son officier qu’il finirait leur discussion plus tard. L’homme acquiesça et sortit de la pièce, tout en prenant son temps pour passer à côté de Jehan, le jaugeant des pieds à la tête. Le baron se redressa alors de toute son imposante stature. Moins impressionnable que sa fille, il jugeait son visiteur d’après d’autres critères. Sa musculature ciselée le laissait dubitatif. Ces muscles n’avaient sans doute jamais brandi d’épée. Ses yeux plein d’arrogances ne connaissaient pas la fièvre du combat, ni le fracas des armes. Ce qui ne signifie pas pour autant que l’homme est inoffensif.

Le baron s’approcha de Jehan en le toisant avec une impassibilité froide. Il leva alors les bras comme pour désigner le bois rustique de la pièce, les peaux de bête et les sculptures barbares.

-Bienvenue en Mitgjörn, fit-il avec ironie. Navrée de te faire venir dans le trou d’cul glacé du monde, mon garçon. Fais en sorte que ma fille ressemble à quelque chose, et je t’en serai reconnaissant. Je suis curieux de savoir comment tu vas t’y prendre, hein ?

Lynn, humiliée devant son invité, ne souffla mot, se contentant de regarder dignement devant elle. Seules ses joues légèrement rougies montraient qu’elle accusait l’affront. Le baron Dae, bourru comme il était, ne semblait même pas s’être rendu compte de l’embarras de sa fille, ni à quel point sa remarque pouvait être blessante. Il semblait plutôt attendre la réponse à sa question, même si d’aucun aurait pensé que c’était de la pure rhétorique.


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Dim 15 Juin - 22:04
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Que voilà d'étranges personnages aux yeux de l'hautain couturier ... Un vieillard inutile et ennuyeux, persiflant ses mièvres et protocolaires présentations ... Passablement énervant. Une jeune fille passive mais ayant visiblement un caractère bien trempée, qui se laisse malgré tout humilier par son géniteur ... Un challenge rêvé. Et un seigneur aux mœurs barbares qui croit bon de faire savoir sa prétendue supériorité fasse à sa fille qui un jour prendra sa place tandis qu'il fera rougir de son sang un quelconque champ de bataille ou, plus amusant, se fera embrocher par un des sangliers qu'il chasse, sans doute alors qu'il sera aussi plein que les tonneaux qu'il doit avoir l'habitude de vider ... Un déchet de l'humanité ... Mais Jehan était là pour la jeune damoiselle, le reste n'était que vaine distraction et futilités inutiles.

Baron Ashnard Dae ... Quel nom rude et peu agréable à l'oreille délicate de l'éphèbe blond. Tandis que la nomination filiale était bien plus douce et plaisante ... Lynn ... Lynn Dae ... C'était chantant. Poétique. Lyrique. Voici donc le thème qui lui siéra ! Ce sera un étalage d'étoffe propre à l'épopée des maîtres de la poésie. Un écrin pour la beauté froide de cette fleur des neiges. Oui, une belle oeuvre, qui de surcroît permettrait à l'homme lubrique de mieux observer les jeunes formes de la damoiselle, et de lier ainsi l'agréable à l'utile. Oui, Jehan était de ces hommes qui se montrent sous un jour gracieux pour ravir les vertus les plus pures. Sans honte ni remord, mais avec subtilité, plaisir, et étonnamment sans jamais se faire dresser un odieux portrait en retour ...

Chose certaine, et ce quoiqu'il se passe dans les jours à venir, c'est qu'il avait là une commande de choix, certes sans grande renommée, mais qui étendait encore plus, géographiquement, son entreprise et lui assurait un avenir. Et avec une coquette récompense ... Pour l'heure, il était temps de faire son devoir d'invité respectable et de répliquer avec finesse à son hôte aussi rustre que l'environnement dans lequel il évoluait.

... Navré de te faire venir dans le trou d’cul glacé du monde, mon garçon. Fais en sorte que ma fille ressemble à quelque chose, et je t’en serais reconnaissant. Je suis curieux de savoir comment tu vas t’y prendre, hein ?

Bien bien bien, récapitulons : tutoiement, vulgarité et familiarité ... De quoi titiller l'envie d'exercer son acerbe verbe à l'habile manieur de ciseaux à la verve aussi aiguisée que leurs lames ...

Il ne fait pas particulièrement moins froid à Cardrak, l'ami, j'ai connu bien pire lors de l'épreuve des Dix Ans ... L'eau baignant la capitale n'est pas des plus hospitalières, si vous voyez ce que je veux dire ... déclara un Jehan bouffi de fierté et élevant la vanité au rang d'art - mais également car il était vrai que cette épreuve ne laissait vivre que les meilleurs fils de Cardrak - avant de continuer, l’œil pétillant et le sourire aimable : Quant à mes méthodes, et bien, permettez-moi de garder mes petits secrets de fabrication, fit-il en ricanant subtilement, tel les marchands futés, mais soyez certains que votre fille passera, entre mes mains, du petit bouton à une fleur épanouie et sensationnelle. Elle sera amenée à chavirer tant de cœur que vous aurez parfois le regret de ce moment ... conclut-il en adressant un regard discret, mais entendu et complice à la jeune femme délaissée depuis quelques minutes.




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Mar 17 Juin - 9:36
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En retour au regard entendu de monsieur Polghotyer, Lynn répondit par son plus charmant sourire. Ce dernier n’étant nullement altéré par la honte qui l’affligeait. Elle ne perdait pas de vue sa principale préoccupation qui consistait au bien être de son invité dont l’humeur ne devait pas être au beau fixe. Au moins donnait-il le change devant son père si peu avenant.

D’ailleurs le baron n’avait pas réagi au discours du jeune homme, il se contentait de le regarder en plissant légèrement les yeux, montrant de façon presque imperceptible qu’il n’avait pas apprécié son discours impertinent. Peu importe qu’il soit son invité ou qu’il vienne de Saline, c’était un roturier s’adressant à un seigneur dans sa maison.

-De belles paroles, mon garçon, lança-t-il toujours de sa grosse voix dépourvue de chaleur. Les mots sont gravés dans le vent. Ceux qui apprennent à les manier au point d’en faire un art ont un gout prononcé pour la futilité. Des êtres creux qui s’inventent un honneur au lieu de s’en créer un par la force des actes, beaucoup moins simples à manier qu’une langue.

-Il suffit, Père, s’exclama soudain Lynn.

Le ton cassant avait interrompu le baron qui regardait maintenant sa fille comme on surveille l’insecte nuisible qui nous empêche de nous concentrer, attendant qu’il se pose pour l’écraser. Cependant, Lynn ne comptait pas laisser les deux hommes se lancer des pics indéfiniment, coupant court aussi bien aux amers propos de son père qu’à l’hypothétique réplique du couturier. Ayant appréciée un échantillon de son verbe, elle s’attendait à ce que sa prochaine locution soit plus agressive.

Lynn se mit entre les deux hommes, lançant à son père le regard le plus courroucée dont elle était capable, même si sa figure naturellement douce arrivait à peine à exprimer une légère désapprobation. Contre toute attente, le baron céda devant elle, car derrière son tempérament bourru et sa franchise impolis, il ne voulait pas lui faire de tord. Des relations compliqués entre père et fille que monsieur Polghotyer n’allait pas avoir à supporter longtemps. Du moins, Lynn l’espérait.

-Passons plutôt à table, déclara le baron en se retournant vers la grande porte du salon. Ce garçon a besoin de se remplumer, qu’on ne le renvoie pas chez lui sans qu’il ait pris 4 ou 5 livre de graisse, de peur de passer pour un affameur. Et moi, je dois arroser ce gosier qui n’a que trop jacté.

Sur ces ultimes promesses, le baron ouvrit grands les portes. Celles-ci donnaient sur un hall aux multiples entrées. Au milieu de la grande pièce, un gros sanglier était en train de rôtir. Ce dernier était entouré d’une succession de tables formant un ovale assortis de tabourets rustiques. Devant le feu se dressait un table de meilleur facture, légèrement surélevée, pouvant accueillir confortablement une dizaine d’invité et permettant à toute personne assied sur un tabouret de s’adresser directement à la table d’honneur. Contrairement à ce à quoi s’attendait Lynn, la salle n’était pas vide et silencieuse.

-Les quatre miracles de la femme : elle mouille sans toucher l’eau, elle saigne sans se couper, elle donne le lait sans brouter et elle casse les couilles sans les toucher.

L’homme qui avait gratifié l’assemblée d’une boutade aussi pimpante s’esclaffa de bonne grâce, debout sur la table, partageant son hilarité avec d’autres. La salle était pleine. Pleine de guerrier à moitié ivre, bande de soudards vulgaire, emplissant la pièce de leurs anecdotes grivoises. Si Lynn s’était senti mal à l’aise plutôt, dorénavant, on ne pouvait même pas sonder son désarroi car il masquait sa figure, toute honteuse qu’elle était de faire subir à son invité un tel spectacle. Elle couvrait son visage blême derrière ses mains délicates, tandis que le chambellan haussant les épaules d’un air las. De toute évidence, le seigneur de Mitgjörn avait changé d’avis, ce diner se ferait avec ses guerriers.

Imperceptiblement, Lynn s’était rapproché de son invité comme pour le protéger de la grossièreté ambiante. Elle l’invita à s’asseoir près d’elle, tandis que le baron s’était déjà octroyé son siège. On servit bientôt les plats ; des morceaux de sangliers fraichement abattu par le baron lui-même. Comme on pouvait s’y attendre, la plupart des guerriers ne s’embarrassaient pas avec des couverts et empoignaient les pilons à pleine main, tandis que ceux présents sur la table d’honneur disposait de couverts. Lynn s’en accommodait très bien, ainsi que son père même si ce dernier aurait surement préféré manger avec les mains comme tous les autres. Quoiqu’il en soit, le repas s’éternisait et les réserves de vin se tarissaient. Si bien que l’un des guerriers du Mitgjörn se leva finalement et invectiva Jehan.

-Messire du nord, commença-t-il en titubant. J’aimerais bien savoir si vous maniez l’épée aussi bien que la fourchette.

L’homme fit un moulinet menaçant avec sa hache, sous les commentaires hilares de ses compères. Tous avaient envie de voir ce que valaient les compétences martiales de l’étranger.

-Vous n’êtes pas obligé, messire Polghotyer, lui indiqua Lynn d’un ton guindé.

La jeune fille bouillait de rage, mais savait se retenir. Elle n’humilierait pas son invité en déclinant, en son nom, le duel amical qui lui était proposé. Ce n’est pas de sitôt qu’un étranger aussi raffiné que lui remettrait les pieds en Mitgjörn ; terre barbare parmi les pires.


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Mar 24 Juin - 19:36
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Des barbares. Voilà ce qu'étaient ces gens de la Toundra pour Jehan. Des barbares sans manières, sans bienséance, sans savoir-vivre en société. Du moins en société qui ne serait pas la leur ... Ceux-là étaient d'un acabit propre à couper en deux le couturier ... Oh, on pas que Jehan soit un gringalet ... pas en temps normal en tous cas, car ici il en faisait l'office avec perfection ... Il était musclé, pour un artisan vestimentaire. Il avait toujours travaillé son corps. D'abord parce qu'il était née cardrakien, et que ça, ça ne pardonne pas. Sans muscles rompus à l'exercice de l'effort, sans une bonne condition physique, on ne gagne pas l'île qui fait d'un gamin de dix ans un vrai citoyen de Cardrak. On coule et on prie pour que ça aille vite. Or, Jehan ne gisait pas au fond de l'eau. Mais ici, au cœur de la Toundra, au fond de cette vallée brute, cet exploit, on s'en tamponnait ... allègrement, même ... Bien ...

Ce garçon a besoin de se remplumer, qu’on ne le renvoie pas chez lui sans qu’il ait pris 4 ou 5 livre de graisse, de peur de passer pour un affameur. Et moi, je dois arroser ce gosier qui n’a que trop jacté.

Et que pourrais-je bien faire de graisse, cher Baron ? Le muscle est bien plus important pour se mouvoir et ne point couler sous la glace ... répliqua le styliste, ravi de cette petite joute dont il se savait inextricablement vainqueur, tout en pénétrant dans la grande salle et écoutant malgré lui la plaisanterie salace qui parvint à ses oreilles ...

Des rustres sans cervelle plus occupés à se baffrer et à se baffer sans comprendre la beauté de ce monde. Même les rudes cardrakiens savent respecter les femmes, celles qui donnent la vie, celles qui nourrissent les futurs hommes. Jehan fut piqué par sa langue déliée mais la proximité soudaine de la jeune femme, qu'il aurait largement apprécié en d'autres circonstance, l'en empêcha. Il se contenta de hausser un sourcil, la figure dubitative, tandis qu'il avançait vers son siège désigné. Dont il goûta la situation géographique à la table des plus "civilisés" de ces barbares.

Le repas presque conclu, il fut visiblement l'heure des défis, et Jehan fut donc naturellement la première cible de cette auguste coutume des gens qui ne connaissent que la rudesse de leur environnement et croient par leur esprit étroit que le monde entier est fait comme eux ...

Messire du nord, j’aimerais bien savoir si vous maniez l’épée aussi bien que la fourchette !

Ha ! S'il savait ...

Le grassouillet guerrier imbibé tenta de faire valoir son adresse qui somme toute était à deux doigts de faire mourir de rire l'invectivé. Jehan ne ferait qu'une bouchée de cet abruti, même s'il n'était pas complètement saoul ...

Vous n’êtes pas obligé, messire Polghotyer.

La jeune fille était si mignonne et innocente. Il serait amusant de s'en occuper ... mais plus tard, le moment n'était point à la bagatelle. Loin de là. Sans mot dire, Jehan fit un signe de la main à sa cliente, lui faisant comprendre que ça allait, qu'il n'allait rien lui arriver de fâcheux. Il en était par ailleurs fortement convaincu. Et, sans s'en rendre compte, Jehan était en outre en train de jouer avec sa fourchette, justement ... Et il lui vint une idée fulgurante ! Une de ces idées qui illuminent l'esprit. Avec vivacité et rapidité, surtout aux yeux avinés qui le regardaient, il se leva, visa le poignet de son interlocuteur titubant et lança l'instrument qui vint se planter dans la manche de l'homme puis dans la table, le clouant ainsi sur le bois ... et lui clouant le bec au moins pour quelques secondes.

Vous voulez dire aussi bien que cela ? questionna-t-il, plus rhétoriquement qu'autre chose, avec l’œil sournois et le rictus satisfait, s'appuyant sur le dossier de son siège dans une attitude de vainqueur. Se faisant, il attrapa son couteau, joua avec et regarda celui qui avait voulu le défier : Voulez-vous que je vous montre ce que je fais avec une petite lame, cela vous donnera une meilleure idée de mes talents ?

Oui, Jehan savait se battre à l'épée, comme n'importe quel cardrakien qui se respectait. Bien qu'il préférait le marteau de guerre, comme son défunt père ... Et ce défi, bien que passablement ennuyeux car prononcé par un ivrogne patenté, avait un côté amusant et divertissant.



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Mer 25 Juin - 10:40
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Le seigneur du Mitgjörn ne souciait pas de ce qui se passait autour lui, se contentant de dévorer la viande dont la graisse huilait sa grosse barbe poivre et sel. Les duels étaient courants dans la salle commune. C’était la distraction habituelle qui ne voulait rien de plus que de raviver l’ambiance pendant que les scaldes réaccordaient leurs instruments. Son attention fut toutefois attirée par la fourchette qui vola à travers la pièce. Le baron s’arrêta alors de manger et redressa son visage sinistre vers la scène. Ce combat là l’intéressait plus qu’un autre.

Tout le hall éclata de rire lorsque le guerrier du Mitgjörn se retrouva épinglé contre la table. Ce dernier cligna des yeux d’un air incrédule, puis suivit ses camarades dans un ricanement enivré. Il se dégagea ensuite en tirant un bon coup, arrachant la moitié de sa manche dans l’opération.

-On dirait que tu vas devoir me faire une robe à moi aussi, s’esclaffa le guerrier.

Les rires repartirent de plus bel. L’homme ne semblait pourtant pas vouloir en rester là. Il soupesait toujours sa hache avec impatiente, brûlant de faire siffler l’acier. Un tel acharnement était compréhensible dans la mesure où tous connaissait la réputation de Saline. Une nation de guerriers ? La contrée la plus froide du sud ? Foutaise ! Seule la toundra connaissait le véritable sens du mot « froid ». Il n’y avait qu’elle pour créer des hommes forts et résistants. Malheureusement, le manque de guerre entre voisins, rendait ce fait impossible à prouver pour le moment.

-Aller, qu’on donne une vraie épée au nordien ! Piaffa le guerrier. La princesse ne sera pas contente si on casse l’argenterie.

Encore une nouvelle poussée de mugissement sonore, qu’on qualifiait ici de rire, retentit dans la salle. Hélas, tout le monde se battait à la hache ici, et il semblait bien intégré qu’il y avait peu de chance pour que l’invité sache la manier. La demande resta donc sans réponse jusqu’à ce que le seigneur du Mitgjörn, un sourire carnassier aux lèvres, se lève, attirant tous les regards par son immense stature. Le géant dégaina sa gigantesque épée et la jeta sur la table, écrasant les aliments qui giclèrent sur les convives, Lynn compris.

-Voici une épée pour que Polghotyer te ridiculise, déclara-t-il en pointant un doigt accusateur vers le guerrier à la hache. Même si n’importe qui pourrait te battre en te jetant une outre de vinasse à la gueule.

Encore des rires… Même si le baron semblait plaisanter et rire de bon cœur avec ses guerriers, ce n’était pas pour se joindre à la bonne humeur ambiance qu’il était intervenu. Un rictus mauvais anima son visage alors que le puissant seigneur se rasseyait dans son siège. La lame reposait de tout son long sur la table. Elle était aussi longue qu’une lance et plus large que Lynn. Son acier bleutée ne brillait pas à la lueur des chandelles et semblaient avoir été directement sculptée dans l’acier de la montagne. Dieu qu’elle était lourde ! Les espadons sont faits pour être manié à dos de cheval, pour briser une formation de piquier, ou pour faire le vide autour dans soi dans un champ de bataille, mais en aucun cas pour se battre en duel. Seule la taille impressionnante du baron et sa maitrise de la magie lui permettait de se servir de l’épée aux proportions démesurées.

-Père, vous… commença Lynn.

-Silence… Femme…

L’ambiance de la salle se refroidit quelque peu sous le ton glacial du baron. Bouche bée, Lynn ne pensa même pas à répliquer et se cala au fond de son siège, totalement abasourdie par la façon dont elle venait de se faire réduire au silence. D’un geste impatient, le baron balaya cet interlude pour revenir où nous en étions. Il décocha alors un regard froid à Jehan Polghotyer. Regard qui dériva ensuite sur l’espadon étalé devant lui, puis sur le guerrier à la hache.


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Mer 9 Juil - 17:29
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Oh, tu veux jouer au plus malin ? Parfait, j'aime jouer, mais nous allons suivre mes règles ! Jehan était piqué au vif dans son orgueil et sa fierté. On le pensait freluquet incapable de se battre, on le jugeait inapte à vivre dans cette région ... Mais que connaissaient ces brutes pleins de gras de la vie à Cardrak ? Certes, la Toundra était une terre hostile et dure pour ceux qui osaient y vivre, mais ce qu'on faisait subir aux enfants de Cardrak, aux futurs hommes qui la protégerons, n'était pas une promenade de santé. Et il était indéniable que même eux, ces adultes croyant être les plus forts parce que leur carrure en impose, ne seraient pas même capable de nager un quart de la distance que lui, du haut de ses dix ans, avait parcouru jusqu'à l'île de Sven, dans ces eaux glacées et mortelles qui prenait sans vergogne la vie de ses camarades pas assez solides pour devenir des vrais cardrakiens. Oui, Jehan n'était pas une montagne de muscle. Même s'il s'entretenait parfaitement et s'il savait bien manier les armes de son peuple, il n'en restait pas moins un homme mince et trop svelte pour faire partie de la catégorie "poids lourd" que semblait adorer les gens de cette vallée perdue entre l'ignorance et la bêtise. Mais il avait survécu, il avait nager, sans s'arrêter, sans se retourner, sans se poser de question, sans même s'attarder sur la vision de ceux qui étaient en train de se noyer. Aucune pitié, aucun compassion, juste lui et la mer, juste son corps apprivoisant le froid au lieu de simplement lutter contre lui. Jehan était un cardrakien, et tous le reconnaissaient comme tel, qu'il soit couturier et mage n'était qu'un détail insignifiant. Aussi, ce n'était pas lui, Jehan Polghotyer, qui venait d'être irrespectueusement défié, mais la force de Cardrak.

Oh oui, il allait en découdre, mais ce baron gras et ingrat pourrait remballer sa grosse aiguille à tricoter quand le couturier lui aura montrer que même sans ses mains autour de la garde il pouvait faire mouche. Il avait un plan. Un plan parfait, pensait-il. Il l'espérait. Il n'était pas venu ici pour se battre, encore moins pour se faire humilier. Si d'aventure ce baron voulait encore habiller sa fille après cela, la note lui sera indéniablement salée. La vengeance, dit-on, est un plat qui se mange froid ... Et le froid, à Cardrak, on maîtrise bien ...

Aussi, Jehan afficha rapidement, à mesure que ses pensées s'enchaînaient à toute allure sous son crâne, un sourire narquois, de ce rictus de défi qu'un futur vainqueur acquiert avec ardeur. L'homme n'avait pas précisé qu'il devait porter l'épée, une chance donc que le couturier avait lui aussi un atout magique ... Lestement, il ôta son manteau fin et le replia précautionneusement avant de le tendre à la jeune fille devenue muette.

Prenez-en soin, je ne voudrais pas le salir.

Après quoi il fit craquer un à un tous ses doigts ainsi que l'entièreté de ses deux mains. Il lampa une dernière gorgée de son vin, puis, enfin, se racla cérémonieusement la gorge. Après quoi il claqua des doigts en accompagnant le geste d'une mine enjouée et radieuse, de celles qu'on a lorsqu'une idée de génie nous frappe :

Il manque un peu de chansonnette, ne trouvez-vous point ?

La demande, qui n'en était pas vraiment une, fut immédiatement suivie par les mots justement placés du styliste sur un air particulièrement grivois, habilement choisi pour l'occasion :

Levez les fourchettes puis les couteaux
Frappez les écuelles sur les tonneaux
Lancez les verres et puis les assiettes
V'la c'que l'Baron Dae demande !
Visez les jambes et aussi les bras
Lancez les os sur l'ennemi là-bas
Verser l'huile sur le feu qui s'éteint
Que les braises jaillissent sur eux !
Videz dessus de l'huile bouillante
Martelez-les d'une perche broyante
S'ils en restent, chose étonnante
Qu'ils hurlent dans l'entrée et se pende.
V'là ce que l'Baron Dae demande !

Et tandis qu'il chantait cela, il guidait son pouvoir par la pensée, concentrant son esprit sur tout ce qui dans la grande pièce ressemblait à une épée ... et surtout sur celle qui pesait lourdement sur la table devant lui. La magie était bien plus aisée à manier pour Jehan qu'une arme qu'il ne connaissait pas, aussi lui fut-il facile de donner ses ordres mentaux à celles qu'il envoûta par son babillage chanté.

Tout d'abord, la grande épée du baron vibra et lévita. Puis, toutes les épées des convives sortirent de leur fourreau et se levèrent pour mettre en garde leur propriétaire. Tous virent leur propre épée se maintenir point en haut sur leur gorge grasse et poisseuse. Enfin, au prix d'une bonne dose de concentration, l'espadon imposant se dressa à son tour et vint danser entre celui qui le commandait et celui pour qui il avait été fait. L'arme lourde se stoppa près de son propriétaire et se positionna parfaitement horizontale, à presque deux mètres du sol. Et, sans cesser de chanter pour conserver son pouvoir en place, Jehan questionna son hôte, toujours sur le même air :

Voulez-vous monsieur que nous en restions là ?
Croyez bien que j'me fatigue pas comme ça
Il sera aisé pour moi de vous montrer
Tout c'que je suis capable de faire.
Tailler le gras de vos amis
Ou bien fendre ainsi un crâne ou deux
Mais convenez que c'est inutile
De verser du sang sur vos dalles.
Je ne suis pas v'nu ici pour ça
Mais croyez bien que je sais me battre
Si vous comptez être mon client
Il va falloir être un peu plus prudent ...
V'là ce que moi j'vous demande !

Après quoi, ne tenant point encore à laisser tomber les armes, il recommença au premier couplet en nuançant parfois ses mots, commandant par la pensée aux armes des convives de reculer un peu pour laisser les hommes respirer. Mais nullement le couturier ne relâcha sa pression sur l'arme de son hôte.



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Ven 11 Juil - 11:15
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Lynn craignait le pire alors que l’étranger lui donnait son manteau. Les mœurs du peuple de Mitgjörn étaient brutales et grossières. Ces mœurs pouvaient même entrainer la mort si elles étaient mal interprétées. La jeune fille espérait simplement que sir Polghotyer se rappelait qu’il était dans un hall remplis de guerriers et qu’il devrait payer le prix du sang s’il avait le malheur de le verser. Elle le regarda donc avec une certaine appréhension tandis qu’il faisait craquer ses doigts avec nonchalance, tout en se disait que ce serait sans doute la dernière fois qu’un artiste voudrait bien venir à la cour de Mitgjörn.

La chanson du cardrakien commençait à être entonnée sur un ton grivois qui n’était pas ce à quoi on s’attendrait de la part du personnage. Les guerriers commencèrent alors se regarder entre eux, alors que les épées décoratives sur les murs de la salle ainsi que les dagues assez longues pour ressembler à des épées prenaient vie. Quelques hommes froncèrent les sourcils lorsque les armes se mirent à les menacer, leur donnant des petits coups avec les quignons de pain et autre morceaux de nourriture qu’ils avaient en main, pour tenter de les chasser comme un insecte gênant. Les autres écoutaient avec intérêt la chanson tout en continuant de mâcher d’un air absent.

Le baron quant à lui ne semblait par ravi de découvrir les pouvoirs magiques de son invité. Il observa son immense épée s’élever fébrilement dans les airs et ne fit rien pour l’empêcher de se positionner au-dessus de sa tête. Il se contenta seulement de fixer Jehan avec un sourire carnassier, le défiant de faire ce dont il le menaçait.

Lorsque Jehan répéta le premier couplet, la plupart des guerriers tentèrent de le suivre, frappant la table en rythme.

Levez les fourchettes puis les ….haut
Frappez les nanas sur les mar…tonneaux
Lala les verres et puis les lala
V'la c'que l'Baron Dae demande !
Lala lala nanana lalala !
Nana lala lala lalala !

N’ayant pas retenu la moitié des paroles, ils se mirent tous à fredonner la chanson avec énergie, plongeant la salle de banquet dans une cacophonie innommable.

-Suffit, annonça simplement le baron.

Une brève mais forte bourrasque souffla dans la salle, éteignant la plupart des bougies et faisant voler les assiettes vides. Les convives surpris cessèrent leur chant tandis que le Baron Dae récupérait son épée qui flottait au-dessus de lui pour la remettre au fourreau. Le guerrier expérimenté s’était vite rendu compte que la magie du tailleur venait de son chant. Il s’en était douté lorsqu’il avait senti que l’envie de chanter et danser s’était faite de plus en plus pressante.

Le Baron Dae se rassit calmement à sa place et rompit le pain pour saucer le jus de viande. Suivant l’exemple de leur seigneur, les guerriers s’étaient rassis eux aussi, même celui qui avait défié Jehan un peu plus tôt, comprenant que ce qui venait d’arriver dépassait le simple duel amical.

-Lynn ! Appela le Baron de sa voix gutturale.

La petite princesse s’était figée, se demandant ce que le seigneur avait décidé cette fois-ci, puis elle se leva en retenant un soupir d’exaspération.

-Père ?

-Emmène monsieur Polghotyer avec toi, qu’il passe un bon séjour chez moi. J’ai à faire de mon côté alors je ne serai pas là pour t’aider à choisir tes robes. Maintenant embrasse ton père et sors.

Trop heureuse de soustraire enfin Jehan au giron de son père, Lynn déposa un baiser sur la joue mal rasé de son paternel et revint vers le tailleur, son manteau serré dans ses bras.

-Si vous voulez bien me suivre, monsieur Polghotyer, pria-t-elle, d’un regard appuyé.

Au passage du tailleur, le Baron leva son pouce dans sa direction sans pour autant lever le nez de son assiette. La signification de ce geste étant libre d’interprétation de la part de l’invité, Lynn l’entraina hors de l’atmosphère suffocante de la grande salle en passant par une des nombreuses portes qui donnait sur cette dernière. Ils débouchèrent sur une cour ressemblant à un cloître ; une galerie d’arcade encadrant un petit jardin intérieur. Quelques petits sapins s’élevaient çà et là pour donner un peu d’intimité à une statue représentant une femme qui ressemblait beaucoup à Lynn.

La jeune fille s’arrêta devant l’une des arcades qui encadrait le jardin et tendit son manteau à son invité. La petite princesse profita d’être sorti de cette salle pour chasser l’odeur de rôtisserie si forte qu’elle imprégnait les vêtements. Elle passa ainsi une main dans ses cheveux à la teinte cendreuse, remettant de l’ordre dans sa coiffure dérangée.

-Nos coutumes sont particulières, expliqua la jeune fille en guise de préambule. Notre contrée a été coupée du monde pendant très longtemps et je comprends que nos manières puissent sembler… exotiques.

« Sauvage » aurait été un terme plus juste qu’« Exotique » mais Lynn n’était pas disposée à cracher sur son propre pays. En bonne diplomate, elle essayait simplement de présenter ses excuses tout en évitant de se compromettre.

-Mais je vais essayer de faire en sorte que votre séjour ne soit pas trop désagréable. Que voudriez-vous faire ? Je peux vous proposer une petite promenade digestive ? Mais peut-être que vous êtes fatigué de votre voyage et que vous désirez vous reposer dans votre chambre où vous attendent vos bagages. Ou bien, souhaitez-vous nous mettre au travail tout de suite ?

Lynn lui décocha un petit sourire timide. Il avait le choix maintenant. Sans doute apprécierait-il d’avoir l’initiative pour une fois.


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Jeu 17 Juil - 15:27
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Enfin un peu de calme et de répit. Cet acte aurait pu coûter cher mais Jehan misait sur le bon sens du baron. Et il avait bien fait. Ce retour aux bonnes mœurs n'était pas pour lui déplaire, mais à coup sûr le baron saurait se venger à sa façon plus tard ... Restait donc à faire du très bon travail et à embellir la jeune fille suffisamment bien pour que son rustre de père jette l'éponge sur tout ça. Mais pour autant, le couturier de regrettait pas son tour de passe passe. Il avait montré que le muscle ne triomphe pas sur l'esprit et qu'il avait plus d'un tour dans sa besace.

Quoiqu'il en fut, Jehan fut soulagé de ne pas avoir à jouer à la guéguerre avec pareilles brutes épaisses. Et il suivit de bon cœur Lynn, ne prêtant qu'un regard désinvolte au geste de son père. Si c'était de l'approbation, il n'en avait cure, en vérité : car il était venu parce qu'on le lui avait demandé, pour une commande, rien de plus. Les jeux politiques ne l'intéressait guère, tout ce qui comptait était sa propre renommée et la qualité estimée de son travail. Et en cela, il avait une confiance aveugle et sans faille. Tel était l'apanage de ceux qui savent ce qu'ils valent.

Nos coutumes sont particulières. Notre contrée a été coupée du monde pendant très longtemps et je comprends que nos manières puissent sembler… exotiques.

Si peu, pensa le styliste. Tu parles d'un exotisme ! Jehan était hilare intérieurement. Cette enfant était à mille lieues de son père. A croire que dans cette vallée les femmes avaient acquis l'intelligence et le bon sens, et que les hommes n'avaient eu que les miettes de bêtise à se mettre sous la dent ...

Mais je vais essayer de faire en sorte que votre séjour ne soit pas trop désagréable. Que voudriez-vous faire ? Je peux vous proposer une petite promenade digestive ? Mais peut-être que vous êtes fatigué de votre voyage et que vous désirez vous reposer dans votre chambre où vous attendent vos bagages. Ou bien, souhaitez-vous nous mettre au travail tout de suite ?

Jehan adressa son plus respectueux sourire amical, s'approcha de la jeune demoiselle pour reprendre son manteau, avec délicatesse, qu'il enfila à nouveau sur lui. Puis il plaça sa main droite sur son menton en signe de réflexion, après quoi il laissa son visage s'animer d'un voile joyeux.

Et si vous me montriez vos toilettes actuelles, que je me fasse une meilleure idée de vos goûts et des habitudes de votre contrée, damoiselle Lynn ?

Sur ces mots agréablement prononcés, Jehan proposa son bras à Lynn pour le temps que devrait durer le trajet ...



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Lun 21 Juil - 14:35
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Lynn fut quelque peu déstabilisée par la demande de son invitée. Elle était pourtant pleine de sens mais la jeune fille n’avait tout simplement pas pensée à cette éventualité. Elle hocha donc vigoureusement la tête en signe d’approbation.

-Certainement. Si vous voulez bien me suivre jusqu’à ma chambre, je vous montrerai le contenu de ma penderie.

Lynn prit la tête pour montrer le chemin, profitant que Jehan ne voit que son dos pour se mordre nerveusement la lèvre. N’allons pas jusqu’à dire que la petite princesse avait honte de sa garde-robe, mais elle n’avait rien d’exceptionnel, ses atours étaient bien loin des jolies robes de bal de Selian. La toilette de Lynn était des plus communes, et celles qu’elle utilisait pour les grandes occasions avaient jadis appartenu à sa mère. En résumé, ce n’était pas pour rien qu’elle avait besoin des services d’un couturier.

La jeune fille le guida donc une nouvelle fois à travers le palais de bois dont l’odeur de résine avait depuis longtemps laissé la place à l’odeur de la fumée s’échappait des nombreux âtres allumés en permanence. Ils montèrent quelques escaliers avant de déboucher sur la chambre de la princesse. Cette dernière ressemblait plus à une chambre de petite fille qu’à celle d’une jeune femme de dix-sept ans. Quelques poupées de porcelaine se battaient pour avoir la meilleure place sur les étagères tandis que de nombreux objets décoratifs pendaient du plafond. Mais le plus insolite étant sans doute sa bibliothèque qui prenait à elle seule tout un pan de mur du sol au plafond, et qui devait contenir un bon millier d’ouvrage au bas mot.

Lynn fouilla dans sa penderie, cherchant une robe plus représentative que les autres. Elle en sortit une de sa housse en fourrure et l’exhiba en l’étalant sur son corps. La robe était plutôt simple. D’un gris perle ouverte au niveau des épaules, elle tirait plutôt sur le blanc une fois que l’on se trouvait sous la ceinture noires où étaient entrelacés quelques éclats de minéraux orangée. Ce qui laissait de longues étendues de tissu sans rien, donnant une allure un peu trop simpliste à l’ouvrage.

-Voici la robe que je porte lorsque nous recevons la visite d’un vassal de mon père ou bien une honorable personnalité des Glaces.

Lynn rougit légèrement en s’imaginant que Jehan pourrait se vexer qu’elle ne la porte pas pour lui. Aussi se hâta d’elle de se rattraper précipitamment.

-Je parle de dignitaire politique, bien sûr.

Lynn étendit la robe sur son lit tandis qu’elle enfonçait de nouveau la tête dans sa penderie à la recherche d’autres trésors cachés. Elle sortit une autre robe et la présenta de la même façon que la précédente. C’était encore une robe blanche, à croire que Lynn n’ait que ça. Cette fois, elle semblait un peu plus complexe. Manches longues évasées au niveau des poignets, un décolleté un peu moins voyant avec une épaisse fourrure le bordant. Des surpiqures en fils d’argent parcouraient toute la surface de la robe formant runes et arabesques complexes. La jupe descendait à mi mollet où des échardes de métaux bleutés tombaient tels des stalactites vers le sol.

-Mes autres robes sont des plus banales, monsieur Polghotyer, j’en ai peur.

Elle le regarda d’un air contrit, espérant qu’il ne se moque pas trop de la garde-robe, bien dépouillée, d’une fille de Baron de la toundra.


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Jeu 24 Juil - 16:01
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Jehan observa avec attention les toilettes de sa jeune cliente, se retenant de hurler à chaque faute de goût qu'il percevait. Il faisait la moue, il était désappointé. C'était ... Comment expliquer cela ? C'était comme si vous vous attendiez à des merveilles, à l'extase, et que vous tombiez sur ... une chaussette sale ... Oui, le couturier avait la critique acerbe et parfois mesquine. Ne tenant pas à en voir plus défiler vulgairement devant lui, le mage se dirigea vers la penderie, intima l'ordre silencieux à la jeune fille de se pousser et fouilla lui-même dans les frusques féminines qu'il trouva ...

Mouais, j'aurais du m'en douter, pensa-t-il à voix haute.

Bien, il allait avoir un énorme pain sur la planche, mais ce n'était pas la première fois qu'il avait eu pareil chantier à réaliser. Et puis, au moins, le modèle était plaisant à regarder, ça changeait des vieilles biques de Saline ... Certes, les femmes de Cardrak étaient de belles femmes bien faites, mais quand la vieillesse les touchait, parfois, cela faisait très peur ...

Bien, dites-moi Lynn, le blanc, c'est pas que vous aimez porter cette teinte, ou parce que ce sont les coutumes de votre contrée ? Il y a des couleurs qu'i font mauvais genre par chez vous ? D'autres qu'il est bon de trouver chez une jeune femme de votre âge et de votre naissance ? Je vous écoute ! conclut-il en s'asseyant sur le lit et en dégainant son carnet et son stylet.



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Ven 25 Juil - 16:53
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Lynn fut coupée par le styliste qui s’engouffra dans sa penderie à sa place. Un peu déséquilibrée, elle tenta un atterissage d’urgence sur son lit qu’elle sentait contre ses mollets. Elle s’y assit avec plus ou moins de grace. Observant de ses grands yeux candide ses affaires passer sous le regards inquisiteur de Jehan, elle accusait une grimace pathétique à chaque fois qu’une exclamation était lancée à l’encontre d’un robe trop vieille, trop usée, trop laide…

Encore une fois Jehan lui posa une question qui allait la laisser pantoise. Pourquoi le blanc ? C’était une bonne question et les réponses étaient multiples. Mais surtout, elles étaient plus ou moins pertinentes. Lynn assise sur son lit regardait le styliste en contre-plongée, accentuant son air de chien battu à qui on donne des ordres impossible à satisfaire. Finalement, elle pointa un doigt vers son œil.

-La couleur de mes yeux ? couina-t-elle timidement, comme si elle demandait si c’était la bonne réponse. Le blanc s’accorde avec la couleur de mes yeux.

En fait, c’était surtout son père qui lui choisissait ses vêtements, ou bien ses nourrices. Elle n’avait pas grand-chose à dire puisque son avis n’avait pas grande importance de toute manière. Le choix des vêtements n’était pas non plus très vaste.

-Hum, je dois représenter mon pays lorsque je rencontre une délégation étrangère, ajouta-t-elle en citant son père. Le blanc est une couleur très présente sur nos bannières. Ainsi que l’argent. Les couleurs chaudes sont rares. A part la guède, nous n’avons pas beaucoup de pigments naturels ici.

Bien que Lynn n’essayait pas de faire comprendre au styliste qu’elle était un drapeau vivant, il est vrai que le blanc était très présent sur le blason des Dae. Il s’agissait d’un faon d’argent empêtrée des dans ronces, le tout sur un fond blanc immaculé.

Une autre raison qu’elle-même ignorait, était que cela représentait sa pureté. Probablement la seule qualité à mettre en avant pour la petite princesse qui en douze ans de convalescence dans un pays reclus, n’avait pas eu le temps de développer un caractère très affirmé, voir intéressant.


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Sam 26 Juil - 14:42
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la couleur de vos ? ... Ah, je vois.

Jehan était décontenancé. Il avait envie de se frapper le front de sa main, mais évidemment se retint. Non seulement les habitants de la Toundra étaient visiblement des rustres et des soiffards, mais en plus ils n'avaient aucun sens de l'esthétique. Et il allait devoir faire avec ça ... Mais soit, aucun projet n'était trop compliqué pour lui, et comme à l'accoutumée il allait prendre ça comme un challenge digne de lui. Et puis qui sait, le blanc autre que pour les cérémonies nuptiales ou les linceuls, ça pourrait revenir à la mode ...

Jehan jeta un regard à la jeune fille qui récitait bien les préceptes de son paternel. Dans son fort intérieur il espérait qu'elle ne fut pas aussi inintéressante jusqu'au bout et qu'elle se déride un peu ... C'était bien sa veine : soit il tombait sur des vieilles fripées qu'il répugnait à toucher ne serait-ce que pour prendre des mesures, soit c'était sur une jeune donzelle qui n'avait jamais vu le loup et ne connaissait rien à la vie. Ah ça, il était loin de Cardrak et de ses femmes si belles et si et présentes par leur caractères forgé par le froid et les embruns ! Il en aurait presque versé une larme à cette pensée ... mais ce n'était point le moment de se laisser aller à la mélancolie, il y avait du travail. Beaucoup de travail !

Le blanc, l'argent, et le bleu pastel ... Hum ...

Il s'était mis à croiser ses bras et semblait songeur et perplexe ...

Oui, c'est faisable ! Si l'on agrémente de fourrures mordorées, cela pourrait même être magnifique ... BIEN ! Maintenant, la coupe.

Il observa à nouveau les orbes, puis Lynn. Puis les robes à nouveau. Lynn. Les robes. Lynn ...

Peut être désirez-vous quelque chose de plus ... comment dirais-je ... qui fasse femme quoi ? Non parce que là, ce que je vois est digne d'une garde robe de fillette, c'est trop ... trop ... Pas assez. Voilà. Cela manque d'audace, de féminité. Votre père veut qu'on vous rende prête à marier c'est cela ?



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Mar 29 Juil - 16:36
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Lynn gratifia son invité d’un sourire désolé. Effectivement, les gens d’ici ne cherchaient pas très loin en ce qui concerne l’esthétique. Sans doute trop occupé à survivre dans le froid et parmi les créatures monstrueuses de la toundra. Le tailleur du Mitgjörn avait probablement réfléchi à la couleur qui siera le plus à sa jeune princesse alors qu'il se faisait dévorer la jambe par une énième créature repoussante. Cardrak était-elle donc une terre si hospitalière pour que l’art y soit à ce point développé ?

Lynn laissa Jehan réfléchir à haute voix et se leva plutôt du lit pour qu’il puisse l’observer comme il le fesait depuis quelques minutes. Son regard passa de ses robes jusqu’à elle, sans doute pour se les imaginer gonflées par ses formes. La coupe comme il disait. A son tour, elle se regarda alors que Jehan lui proposait quelque chose de plus féminin. Cette fois elle décocha un coup d’œil malicieux au couturier.

-Je ne suis pas contre mettre en valeur un peu de ma féminité, tant que je ressemble pas à une fille de bordel.

Jehan Polghotyer était célèbre mais pas toujours dans le bon sens du terme, du point de vue de la jeune fille en tous cas. Habiller des prostituées était une chose, mais habiller la fille d’un baron en est une autre. Elle se sentait capable de séduire un homme sans montrer plus qu’il n’est nécessaire de son corps. Pourtant, Lynn l’encouragea d’un sourire. Il pouvait toujours faire des propositions, tant que cela ne dépassait pas les frontières de la vulgarité. Frontières qu’elle était la seule à fixer, car à la fin, elle était seule à décider.

D’ailleurs, d’autres frontières étaient sur le point d’être franchis. Lynn se sentait obligé de remettre certaines choses sur leurs rails avant que celles-ci n’échappent à son contrôle.

-Ce que mon père veut faire de moi n’entre pas en ligne de compte, monsieur Polghotyer, lui dit-elle avec douceur. Ce n’est pas pour faire plaisir à mon père que je vous ai fait venir. Mes ambitions vont au-delà de cette vallée encaissée.

Elle jeta malgré elle un regard vers la muraille de montagne qui était le seul horizon visible dans ce pays gêlé. La plupart des habitant d'ici n’avait jamais rien vu d’autre qu’un soleil dévoré par les crocs acérés des monts plusieurs heures avant que le soleil ne se couche dans une explosions de couleur pastels.

-Les gens d’ici me surnomment le Joyaux du Mitgjörn.

Lynn regarda le jeune homme et écarta les bras d’un air désespéré avant d’être secouer par un petit rire nerveux. Celui-ci mourru aussi vite qu’il était apparu, ses yeux prenant soudain toute la dureté du métal, jusqu’à ressembler à son père pendant quelques fugaces instants.

-J’ai besoin de le devenir, reprit-elle sérieusement. Il n’y a qu’à travers moi que mon pays pourra sortir de son anonymat. Je ne sais pas encore comment m’y prendre, mais je sens que j’ai besoin de vous pour cela. Si vous trouvez que je ressemble à une fillette ou que mes goûts vestimentaires sont à revoir alors faites selon votre convenance pour m’embellir. Un joailler ne demande pas au diamant brute comment il veut se faire tailler il me semble. Rendez-moi belle et si vous êtes aussi bon que je l’espère, alors je le serai…

Elle le regardait toujours intensement alors que sa bouche se fermait sur le dernier mot de son discours. Puis la dureté s’évaporait alors que la candeur reprenait peu à peu ses droits sur le visage de la jeune fille.

-S’il vous plait ? Rajouta-t-elle avec une petite grimace gênée.


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Sam 9 Aoû - 16:02
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Jehan écouta avec attention les paroles prononcées d'une voix douce par la jeune femme. Elle avait, c'était certain, des goûts affirmés malgré ce qu'elle tentait de faire paraître, et sa personnalité n'était pas aussi malléable qu'elle le semblait. Et cela plaisait au couturier. La fillette qu'il avait vu au départ devenait une femme attrayante à ses yeux, car au-delà de l'apparence, Jehan avait également des goûts affirmé pour les fortes personnalités.

Jehan écouta donc Lynn sans souffler mot aucun. Il imprima en son crâne chaque consigne sous-jacente de la jeune femme. Il commençait à avoir un millier d'idées qui fourmillaient déjà dans son esprit tortueux. Il écouta et son sourire revint lorsque la voix agréable de la jeune femme lui lança une ultime supplication :

S’il vous plait ?

Point besoin de vous rabaisser devant moi, jeune Lynn, vous m'avez fait mander, alors j'exécuterais la commande. Et je suis ravi que vous ayez ainsi de grandes ambitions pour vous-même, je dois avouer que vous m'êtes très intéressante comparé à ce que vous laisser transparaître de vous-même aux autres.

Jehan Fit quelque pas avec une moue de réflexion profonde, puis, comme mu par une grande idée, refit face à Lynn.

Vous avez raison sur le fait que c'est à moi de vous embellir puisque telle est la tâche que vous me confiez, mais ... une fleur telle que vous a aussi son mot à dire, car ce qui rend beau est avant tout le sentiment d'être bien, et vous pouvez me croire, être engoncée dans un vêtement qui ne vous plaira pas ne vous rendra pas belle, bien au contraire. Du reste, belle vous l'êtes déjà, je ne peux rien faire d'autre que souligner ce que la nature vous a offert, et je le ferais avec votre seul accord.

Jehan reprit son carnet, dessina rapidement une silhouette féminine, puis leva son stylet et regarda droit dans les yeux la demoiselle.

Bien, je vous écoute : jusqu'où puis-je faire descendre vos décolletés pour que cela aille avec vos ... valeurs ? Quelles couleurs voudriez-vous réellement porter ? Avez-vous des préférences concernant le toucher des tissus - car après tout, il faut que cela vous soit confortable et agréable - ou des matières que vous voudriez avoir sur votre peau ? Voulez-vous que je reste dans du classique - sans aller dans le fade évidemment - ou accepteriez-vous la simple originalité de mon esprit ? Allons damoiselle Lynn, c'est votre cœur que je veux entendre là, il est temps de vous affirmer et de devenir vous et non plus celle qu'on veut que vous soyez !

Concluant ses propos avec ferveur, Jehan gratifia la jeune fille d'un de ses plus beaux sourires.



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Lun 11 Aoû - 16:34
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Lynn dardait son regard opalin sur Jehan, appréhendant fortement sa réaction quant à son saut de caractère soudain. Ce n’était pas le genre de la petite princesse de sortir de sa discrétion, mais le tailleur semblait vouloir la pousser hors de sa coquille. C’était une chose qu’elle n’était pas censée faire. Lynn devait rester sage et soumise, en parfaite fille à marier. Une chose que Jehan lui avait rappelée et qui faisait bouillir son sang.

Pourtant, elle n’allait pas se faire remarquer maintenant alors qu’elle était à un tournant critique dans sa vie. Elle se devait d’être belle à défaut d’être aussi cultivée que ces grandes dames au verbe si agile. Lynn ne voyait pas plus loin que ça. La toundra n’était pas le cocon idéal pour faire un beau papillon. Heureusement, qu’elle avait encore assez de jugeote pour s’en rendre compte.

-Ça ne me dérange pas de découvrir ma poitrine, mais je trouve ça vulgaire quand on voit entre les seins, déclara-t-elle un peu plus à l’aise. Ou plutôt quand c’est à nue, car voir à travers un lacet ou un tissu ne me dérange pas. En ce qui concerne la couleur, je ne sais pas trop car je n’ai connu que le blanc et le bleu et je ne vois pas ce que d’autres couleurs pourraient donner sur moi. J’aime aussi l’indigo mais je n’arrive pas à me représenter ce que ça pourrait donner sur un vêtement.

Lynn fit une pause pour que le tailleur ait le temps d’assimiler ses indications puis reprit son soliloque.

-J’aime les tissus précieux. Père m’avait fait toucher un tissu très doux sur lequel on pouvait même peindre et qui était fait avec les cocons des papillons. J’ai trouvé cela si poétique, mais je ne rappelle plus du nom de cette matière… Je voudrais bien voir ce dont votre originalité est capable, mais je ne sais pas si je serais capable d’assumer quelque chose qui sorte trop du commun. C’est donc avec un peu de regret que je vais choisir quelque chose de plus classique même si j’aurais aimé voir votre talent s’exprimer librement. Vous avez toutes les informations dont vous avez besoin ? J’espère n’avoir rien oublié.

Elle lui décocha un sourire en écho à celui qu’il lui avait fait. Lynn avait hâte de voir le résultat.


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Mer 20 Aoû - 14:16
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Jehan écouta avec attention les dires de la jeune femme. Voilà, elle s'affirmait, c'est ce qu'il voulait. Mais ce n'était hélas point en core assez. Elle restait pesamment dans sa coque de jeune fille sage, trop sage. Mais soit, tant pis, il n'était après tout là que pour la vêtir, non la dévêtir ... Et à vrai dire, elle l'ennuyait déjà. Trop gentillette, trop ... sage, voilà.

De la soie, Damoiselle Lynn, on appelle ce tissu de la soie. Et votre toucher est sûr, la soierie est une matière bien agréable, à travailler comme à porter. Et je puis, en effet, en peindre la trame. Bien, je puis faire à la fois original et classique. La coupe sera de la deuxième catégorie, je vous ferais des toilettes pratiques, nobles de port, mais dans lesquelles vous ne vous sentirez point prisonnière. Et pour que vous puissiez jouer avec les matières, je ferais en sorte que chaque toilette puisse être divisible, à la façon des bliauds et des surcots des dames du peuple. L'originalité, je l'installerais dans la couleur. Vous retrouverez le blanc et le bleu qui vous sied tant, mais un bijou comme vous se doit d'avoir un écrin qui la mette en joie, et l'on obtient rien en se limitant à deux teintes qui ne parlent que de froidure. Il faut réchauffer votre garde-robe, Damoiselle Lynn ! Et je vais m'y employer !

Le couturier nota fébrilement tout cela dans ses notes, griffonnant à gauche, ajoutant des mots à droite, zigzaguant entre les phrases. Puis il se redressa, fier comme un paon, fit quelques pas, puis se fixa devant la jeune femme, le regard grave et la mine sévère. Il la toisa de haut en bas puis de bas en haut, en long en large et en travers. Un œil habitué à son manège comprendrais qu'il était simplement en train de mentalement prendre les mesures de la jeune femme. Puis, il griffonna à nouveau sur son calepin. Se raclant la gorge bruyamment, il se dégagea de sa contemplation et se rapprocha à nouveau de la garde-robe d'où il extirpa une robe qu'il reconnut pour être portée très ajustée près du corps, lâchant au passage un sec et très bref "Parfait !". Il plaça précautionneusement la robe sur son bras gauche puis revint à hauteur de Lynn.

Bien, j'ai tout ce qu'il me faut. Si j'ai bien prévu, j'ai exactement ce qu'il me faut pour vous confectionner plusieurs habits qui je l'espère vous conviendront. Je vais me retirer, si vous me le permettez, dans ma chambre pour travailler. J'y prendrais tous mes repas, je déteste sortir de mon ... atelier ... quand je travaille.

Il griffonna - encore - sur une page blanche de son carnet qu'il déchira puis tendit à Lynn.

Voici ce que je mange habituellement à chaque repas. Je tiens à conserver ce régime qui fait ma parfaite santé. Ah et je vous ferais mander à différentes étapes de chaque toilette pour en ajuster les mesures. Y a-t-il autre chose que vous voudriez ajouter avant que je ne commence ma tâche ?



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Mar 26 Aoû - 15:36
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Lynn écouta d’un air neutre les projets du couturier. Elle était presque soulagée qu’il ne lui pose plus de question. Qu’on essaye a tout prix de la faire sortir de sa réserve la mettait mal à l’aise à défaut de l’irriter. La jeune fille tentait de s’imaginer ce que le couturier comptait faire à l’aide de ses pauvres notions en termes d’habillement. Ce qu’elle parvenait à discerner lui plaisait. Il ne parlait pas un étrange langage de styliste incompréhensible et il n’envisageait pas de l’habiller de bouts de tissu placés aléatoirement sur son corps au nom de la sacro-sainte créativité. Parfait !

La princesse tenta de masquer son appréhension alors que le couturier dardait sur elle un regard peu avenant. Elle le voyait la scruter sur tous les angles, sans se douter que le jeune homme était capable d’apprécier ses mensurations à l’œil nu. Il attrapa tout de même une de ses robes pour ne pas se tromper et exprima l’envie d’aller immédiatement se mettre au travail.

Avec une défiance et un étonnement non dissimulée, la châtelaine attrapa la liste que lui tendait son invité et l’étudia avec circonspection. Il y avait beaucoup d’aliments qu’on ne trouvait pas dans la Toundra ou qu’on n’arrivait tout simplement pas à élever et à faire pousser, mais les cuisiniers trouveront bien un équivalent qui satisferait aux besoins alimentaires du cardrakien. Lynn rangea la liste dans un coin de sa tête avec un demi-sourire coupable. Elle sentait que Jehan n’allait pas apprécier l’inconfort du royaume le plus reculé du monde.

-Je n’ai rien à ajouter, monsieur Polghotyer, lui répondit-elle sans se départir de son sourire. Je me tiendrais bien entendu à votre disposition dans la limite de mes disponibilités. Bon courage dans votre travail.

Lynn sortit avec Jehan de la pièce jusqu’à trouver un serviteur en train d’ajouter du bois dans la cheminée. Elle le héla et lui confia son invité pour qu’il le guide jusqu’à sa chambre. Elle lui fit alors un petit signe avant de retourner à ses propres occupations qui, disons le franchement, n’avaient rien de très prenantes. Autant dire qu’elle serait parfaitement disponible pour répondre aux moindres désirs et caprices de son invité fantasque.

Les quelques jours qui suivirent l’arrivée du couturier se déroulèrent dans la passivité que l’on imagine d’un château, plus utilisé comme une salle de banquet que comme un lieu de vie pour la cour. De plus, avec le baron en déplacement, Lynn était seule pour gérer le château, ainsi que les moindres désirs du cardrakien qui se révélait exigeant sur des requêtes qu’elle se retrouvait bien en peine d’exaucer.

Heureusement, le seigneur des lieux rentra bientôt de son expédition, victorieux cela va de soi. Sans doute avait-il fallu massacrer quelques sauvageons affamés qui profitaient de la fonte des glaces pour tenter de passer par les cols. Lynn ne faisait que spéculer car la guerre ne la concernait pas. C’était une affaire d’homme comme aimait lui rappeler régulièrement son paternel. Quoiqu’il en soit, après avoir tué et s’être rassasié, le seigneur du Mitgjörn voulait maintenant voir sa fille avec les atours hors de prix qu’il allait devoir financer. C’est donc une Lynn un peu paniquée qui se présenta à la chambre de Jehan. Elle attendit qu’il vienne lui ouvrir pour lui décocher un sourire de circonstance.

-Monsieur Jehan, le seigneur Dae est rentré d’expédition et veut voir votre travail, j’avais cru comprendre que vous aviez bientôt fini donc…

Elle laissa sa phrase en suspens espérant que Jehan lui fasse le plaisir d’accéder à sa demande sous-jacente. Elle aurait bien aimé hâter les essayages pour montrer le résultat à son père tant qu’il était de bonne humeur. Le ventre rempli de viande et de bière ainsi que l’épée encore humide du sang des vaincus, il ne faisait aucun doute que le géant était dans les meilleures dispositions possibles pour apprécier la beauté de sa fille ainsi enjolivée.


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Ven 5 Sep - 18:45
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Couper, coudre, couper, coudre ... Durant des jours entiers Jehan s'affairait, et afin de garder le secret de ses dons, il devait à chaque toquade sur la porte de sa chambre fait mine de n'utiliser que ses propres mains. Pour cela il avait toujours avec lui, en voyage, une vraie paire de ciseaux de couture en argent et quelques aiguilles. Et puis même s'il usait de ses pouvoirs pour aller plus vite, il savait fort bien coudre lui-même de façons exemplaire et ingénieuse. Après tout, il était tout de même réellement un génie dans son domaine !

Quand la jeune Lynn vint s'enquérir de son travail, le couturier finissait les derniers centimètres d'un ourlet dans lequel une de ses aiguilles magiques avait fait un pli maladroit. Il accueilli avec joie la damoiselle et la fit entrer et se mettre au centre de la pièce.

Damoiselle Lynn, vous tombez bien ! On puit dire que j'ai terminé, en effet, mais je ne considérerais ma tâche accomplie qu'une fois les robes essayées et ajustées dans le moindre détail. Puisque votre père veut voir le résultat, j'ajusterais avec de simples aiguilles pour fignoler plus tard, mais si nous voulons convaincre votre géniteur, autant faire en sorte que tout ceci soit parfaitement à vos mesures !

Ainsi, Jehan présenta à la jeune femme les toilettes en question. Elles étaient toutes placées de façon à bien les voir, qu'elles soient accrochée à un portant, une porte d'armoire ou posée sur le lit ... Sur le lit, par exemple, puisqu'on ne parle, se trouvaient deux robes simples sur le même modèle : la première, à manches longues, était en coton bleu roi agrémenté de rubans blanc brodés au fil d'or, et les manches très près du corps se fermaient par des boutons rond en métal doré : la deuxième, à manches trois quart évasées à leur bout, était aussi en coton d'un bleu plus clair et lumineux, et celle-ci portait des rubans bleu foncé brodés de fil d'argent ; les deux robes possédaient une ceinture brodée aux mêmes couleurs que les rubans avec lesquels elles étaient accordées. L'armoire à double porte montrait trois autres robes. A droite, sur la porte, s'exhibait une sous-chemise bleue nuit en coton légèrement élastique et son surcot blanc brodé lui aussi d'or et d'argent, sur la poitrine et le milieu du dos, aux armoiries de la famille Dae ; de chaque côté du surcot, des liens en soie dorée servaient à ajuster le surcot selon les goûts de la porteuse. Au milieu, pendue sur un cintre, se tenait une robe que l'on pouvait qualifier comme étant une robe de bal. Elle était en soie blanche et satin bleu ciel dans toutes ses parties, et décorée de beaux motifs en dentelle noire et agrémentée de perles nacrée rappelant l'argent. Tandis que les trois premières robes avaient un col rond plutôt simple et chaste, celle-ci arborait un décolleté suffisamment convenable pour ne point choquer mais tout autant échancré pour souligner la féminité de Lynn. A gauche, sur l'autre porte, une autre robe tout aussi riche d'aspect, tout en blanc cette fois. Il était ardue de la décrire mais pour ceux qui vivent en Glaces elle pouvait aisément rappeler la neige qui tombe et place son manteau sur le monde. Elle était aérienne, fluide, et très agréable autant que pratique. De près on pouvait admirer de fines arabesques brodées en fil immaculé. Enfin, au mur, sur un portant simple, la dernière robe, plus commune que les deux dernières mais pas moins noble, mais surtout plus colorée. Jehan avait choisi un rouge sombre rappelant le sang qu'il avait rehaussé de fourrure sombre sur le col et les poignets. Mais le plus ostentatoire sur cette robe étaient les broderies dorées qui la parsemaient en rappelant les armoiries familiales.

Jehan avait obéit aux désirs de la jeune femme : les coupes étaient classiques mais si ajustées et bien faites qu'elle souligneraient avec brio les courbes de la jeunette tout en les mettant en valeur. l'originalité de Jehan s'exprimait dans les tissus, les matières, les broderies, les décors. dans ces robes, Lynn aurait l'air à la fois femme fatale et damoiselle chaste, à la fois humble et noble, à la fois fragile et forte, à l'image des femmes des Glaces. Elle allait pouvoir représenter la force et la douceur de son peuple. Et surtout, elle ferait à coup sûr chavirer les cœurs.

Alors, par laquelle on commence ?



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Jeu 11 Sep - 18:05
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Lynn entra sur invitation, laissant son regard se balader sur ce qui l’entourait. Jehan avait bien transformé la chambre d’invité. Elle ressemblait maintenant à un atelier de couture avec tous ses précieux tissus réduis en lambeaux ou troués sur toute leur longueur façon pochoir. L’homme avait bien travaillé durant ces quelques jours et Lynn n’osait pas imaginer combien tout ceci avait couté, rien qu’en matière première.

La princesse était bien aise que le couturier confirme ses dires. Elle allait pouvoir montrer au baron son travail alors qu’il était dans les meilleures dispositions. Cependant, il lui restait encore à découvrir ce qu’il lui avait confectionné. Elle n’appréhendait pas ce moment. Sa confiance était totale et acquise, c’était dans sa nature. Elle s’apprêtait plutôt à apprécier son petit plaisir à elle. Le regard d’ivoire se mit alors à parcourir les robes étalées sur le lit. Un sourire de ravissement se mit alors à fleurir sur son visage de poupée. Qu’elles étaient belles ! Qu’elle serait belle dedans !

Elle avait bien une préférence pour la robe de bal car la soie luisante à la lumière du jour lui donnait envie de la toucher, pourtant, elle trouvait la robe blanche absolument fabuleuse. C’est exactement ce qu’elle voulait ; légère, agrémentée de détails presque imperceptibles, sans opulence ni artifice. Aussi simple et immaculée que l’âme de Lynn. C’était surement le travail de Jehan dans lequel Lynn se retrouvait le mieux. A chaque nouvelle robe que la jeune femme découvrait, elle se trouvait une nouvelle préférée. Peu importe, elles allaient toutes lui appartenir. Cette simple pensée lui donnait envie de sauter de joie. Toutefois, elle eut une réaction plus discrète et contenue.

-Vos travaux sont superbes, lui assura-t-elle. Nulle doute que mon père sera de mon avis et qu’il vous rétribuera selon votre prix. Il est souvent de très bonne humeur en rentrant de la guerre.

Il avait intérêt s’il ne voulait pas se retrouver avec une petite tempête dans son château. Les colères de Lynn étaient plutôt rares mais elles s’avéraient très destructrices et elle voulait ses robes à tout prix. Tout en essayant de contenir sa joie et son enthousiasme, elle s’approcha des robes pour caresser les tissus avec un respect quasi religieux.

-Celle-ci ! Rétorqua-t-elle immédiatement à la question de Jehan, avec un enthousiasme débordant.

Elle froissa une nouvelle fois la soie de la robe de bal avant de la désigner avec un sourire d’envie. Tandis qu’elle laissait Jehan s’occuper de la préparer, elle trottina jusqu’à la porte entrouverte pour faire dépasser sa tête. La princesse appela alors une suivante qui allait l’aider à s’habiller et commença donc les essayages. La jeune fille était absolument ravie et avait de plus en plus de mal à masquer sa joie derrière un écran de dignité. En effet, à chaque fois qu’elle enfilait une robe, elle la voyait plus belle encore. Et quand elle pensait qu’elle était parfaite et qu’il n’y avait rien à ajuster, Jehan trouvait toujours un petit détail à corriger qui faisait toute la différence.

-Bien ! S’exclama Lynn avec bonne humeur. Nous pouvons y aller.

La princesse s’adressait autant à Jehan qu’aux serviteurs qui n’avaient pas pu s’empêcher de s’accumuler à l’entrée de l’atelier pour voir ce qui se passait à l’intérieur. Ces derniers s’exécutèrent alors, prenant chacun une robe dans une main tandis que deux autres se chargeaient d’emmener le lourd paravent en bois. Le cortège savait où aller tandis que Lynn et Jehan n’avait qu’à suivre.

Dans l’habituelle salle de banquet, les guerriers étaient de nouveau réunis autour d’un grand brasier où rôtissait du gibier et un porc bien gras. Le baron et quelques-uns de ses fidèles était assis sur l’estrade des officiels, qui eux, avait droit à une vrai table. Ce qui leur donnait presque l’air civilisé. Presque…

-J’te jure, Gram, tu aurais vu la tête qu’il faisait. Il suivait ta hache du regard avec des yeux ronds comme des billes et j’suis persuadé de l’avoir vu continuer alors qu’il avait déjà la tête tranché.

-J’en sais rien, j’ai pas vu, répondit l’intéressé. J’avais du sang dans les yeux, c’était un coup de bol.

Des rires s’élevaient dans un grondement sourd. C’est alors qu’alerté par le raffut des grouillots qui déployaient le paravent dans un coin de la salle, le baron se retourna sur sa chaise au moment où Lynn et Jehan arrivaient.

-Ma fille ! Ma superbe fille ! Viens voir ton père, ma petite !

Avec un sourire, Lynn se dirigea vers le baron qu’il l’attrapa dès qu’elle fut à portée, lui embrassant le front et lui ébouriffant les cheveux comme il l’aurait fait avec une enfant. Ashnard Dae était de fort bonne humeur. Ses yeux pétillaient et sa voix était claire et débarrassée des fantômes sombres qui lui obscurcissaient parfois le timbre. Il se leva de son « trône » de chêne pour aller saluer Jehan. Il lui présenta une grosse main alors que la deuxième se mit à lui labourer copieusement l’épaule.

-Aaaah, ce bon Polghotyer, s’exclama le baron avec une affection bourrue. J’espère que vous avez fait des merveilles avec ma fille. Heureusement que j’ai récupéré le butin que ces salopards de sauvages nous avaient dérobé. Il faudra bien ça pour vous payer. A propos, les cols sont complètement dégagés maintenant, votre voyage de retour sera sans doute moins pénible que l’aller. J’espère quand même que vous avez passé un bon séjour sous mon toit.

Lynn fit un discret clin d’œil au cradrakien accompagné d’un sourire entendu. Elle l’avait prévenu que son père était de bonne humeur en rentrant de la guerre mais sans doute ne s’était-il pas attendu à que ce soit à ce point.


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Lun 22 Sep - 16:19
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Jehan goûta son plaisir quand la jeune femme se laissa aller à l'émerveillement devant les atours qu'il lui avait conçu sur mesure. C'était la partie de son travail qu'il préférait. A chaque fois il pouvait voir dans les yeux de ses clients une lueur pétillante qui parfois s'accompagnait de "oh" et de "ah" de joie et de bonheur. Et c'est en cela qu'il se sentait bien plus magicien que lorsqu'il faisait vivre ses outils de travail. Faire naître d'aussi belles émotions et faire ainsi briller les yeux des personnes qui d'ordinaire n'affichaient qu'un léger sourire et un port soutenu, là était la véritable magie ! Parfois même, surtout lorsque les habillés étaient des enfants, il lui arrivait même de décider d'une remise du prix total rien que par la réaction du porteur du vêtement magique. Là, il hésitait ... Aussi se laissât-il le temps de l'essayage et de l'ajustement, et peut être encore de la réaction du paternel ... Oui ... peut être ...

Vos travaux sont superbes. Nul doute que mon père sera de mon avis et qu’il vous rétribuera selon votre prix. Il est souvent de très bonne humeur en rentrant de la guerre.

Tant mieux, songea le couturier. Car après l'humiliation tentée qu'il avait avortée, l'homme de Cardrak comptait bien faire payer le prix fort à son hôte, en faisant élégamment passer ça sous le fait d'un travail très rapide qui mérite compensation - car après tout il avait passé nombres d'heures à regarder ses instruments travailler à la maigre lueur d'une bougie - et pour le très long déplacement. Il fallait savoir se faire respecter, et faire comprendre qu'on ne faisait pas venir le Polghotyer sans y mettre le bon prix. Souriant à sa propre pique de méchanceté envers ce noble, Jehan acquiesça alors que Lynn s'accapara sa première robe pour aller l'essayer. Le couturier fut ravi de voir que peu de choses devraient être ajustées, il avait toujours un œil efficace pour juger des mesures, même si, pour faire bonne figure et montrer ostentatoirement ses talents il adorait palper la chair de ses clientes, surtout lorsqu'elle étaient bien en forme et à la peau douce et fruitée. Mais là, il était question d'une jeune fille à marier, et il ne voulait point s'attirer les foudres du paternel en attouchant de trop près sa pupille. C'était le même instinct de conservation qui lui faisait laisser prendre les mesures par sa mère lorsque ces messieurs accompagnaient leur dame à la boutique - ça et le respect de la paix des ménages propre à Cardrak.

Toujours était-il que Jehan s'ttela, à chaque essai, à épingler les tenues ne prenant garde à ne point piquer la demoiselle, et à faire en sorte que cela ne se produise pas non plus ni quand elle retirerait la robe ni même lorsqu'elle la réessaierait devant son père. Cela faisait mauvais genre. Et puis il aurait été dommage de salir pareils tissus par quelques gouttelettes de sang ... Une fois la dernière parure ajustée, la demoiselle lança les festivités en faisant tout prendre par ses domestiques, et en entraînant le couturier vers la salle où le baron tenait - encore - banquet après sa chasse visiblement plus que fructueuse. Une nouvelle fois, le manque de raffinement heurta Jehan en pleine tête. En plein nez même.

Ma fille ! Ma superbe fille ! Viens voir ton père, ma petite !

Et voilà le baron en pleine forme et agréablement plus enclin aux politesses. Jehan afficha un sourire forcé des plus naturels et fit mine d'adorer se faire ainsi frapper le dos d'une manière si amicale qu'on aurait pu croire que lui et le baron avait gardé les bouquetins ensemble. Quelle rudesse, quel manque de retenue. Ah, que Cardrak était loin ...

Aaaah, ce bon Polghotyer. J’espère que vous avez fait des merveilles avec ma fille. Heureusement que j’ai récupéré le butin que ces salopards de sauvages nous avaient dérobé. Il faudra bien ça pour vous payer.

Ah, pour sûr mon salaud !, voulu répondre l'aimable couturier qui se contenta de rire grassement à la blague du baron, que celui-ci avait l'air de trouver particulièrement réussie ... Quel humour douteux ...

A propos, les cols sont complètement dégagés maintenant, votre voyage de retour sera sans doute moins pénible que l’aller. J’espère quand même que vous avez passé un bon séjour sous mon toit.

Il est vrai que ce sera toujours ça de pris. Non pas qu'il n'aimât pas la neige mais sa monture n'était pas du même avis. Et puis surtout : ça rendrait le trajet beaucoup plus rapide, et ça, c'était ce qui importait le plus. Plus vite parti, plus vite rentré !

Pour ça, Seigneur Dae, vous pouvez être sûr que votre fille sait ce que sont les devoirs d'un hôte qui se respecte : je n'ai manqué de rien et elle a su satisfaire à tous mes souhaits - ou peu s'en faut - avec une aisance propre aux dames de bonnes familles. Je crois que certains Jarls salinéens vous jalouseraient d'avoir une fille aussi bien éduquée ! Mais assez de tergiversations, vous n'attendez point après mes paroles : les robes sont prêtes, à quelques fignolages près, et votre fille et moi-même serions enchantés de vous montrer ses nouveaux atours qui à coup sûr vous ramèneront bien des prétendants - j'espère que vous vous y êtes bien préparé messire ! conclu-t-il en souriant et en se retenant de rire grassement une fois encore, laissant ce plaisir coupable à son hôte qui avait déjà de gras son menton.

Damoiselle Lynn, je vous propose de commencer par la plus simple pour finir par celle qui sera surtout pour les grandes occasion, voulez-vous ? adressa-t-il enfin à la jeune femme en lui tendant la-dite robe qu'il venait de chiper des mains d'une servante docile.



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Mer 24 Sep - 15:16
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Le baron hocha la tête en signe assentiment et agita une main pour faire signe au couturier de procéder pendant qu’il retournait à son morceau de viande, la barbe luisante de jus de graisse fondue. Pendant ce temps-là, Lynn obtempérait et attrapa une robe que lui tendait Jehan avant de disparaitre derrière le paravent. Certains hommes lancèrent des regards curieux, puis repartaient dans leurs conversations sans s’intéresser plus que ça aux allées et venues de leur princesse et de l’étranger.

Lynn revint finalement une minute plus tard et elle dut rappeler son existence à son père qui mastiquait en écoutant les exploits guerriers de ses hommes. Le géant se retourna lors vivement, comme pour faire semblant qu’il ne l’avait pas oublié et agita la tête d’un air impressionné en avisant le vêtement.

-Très joli ! Confirma-t-il. C’est du bon travail. Maintenant va te changer et rejoins-nous avec ton invité on va manger, boire et parler argent.

-Père. Il y en a d’autres, précisa Lynn. Beaucoup d’autres… et je les veux toutes.

La jeune fille lui décocha un sourire éclatant pour faire passer son exigence plus facilement. Le baron, lui, haussa un sourcil surpris. Il n’avait pas compris que le couturier allait lui refaire toute sa garde-robe. Mais peut-être que cette petite incompréhension résultait du fait qu’il n’en avait absolument rien à faire de prime abord. Quel piètre papa ours il ferait s’il ne cédait pas à tous les caprices de sa fille unique.

-Eh bien, montre-nous donc, s’exclama-t-il avec enthousiasme et en haranguant ses hommes. Hé ! Les soiffards ! Fermer vos mouilles et regardez par ici !

Le baron dut cogner contre la table pour attirer l’attention des derniers bavards. Enfin, lorsque tout le monde eut les yeux fixés sur le Joyau du Mitgjörn, celle-ci commença à se promener dans la salle avec un sourire radieux sur les lèvres, visiblement fière de pouvoir se montrer aussi bien vêtue. Elle évoluait avec aisance et assurance mettant parfaitement en valeur le travail de Jehan par sa démarche féminine. Elle effectuait parfois quelques poses du plus bel effet lorsqu’elle esquivait une main grasse qui tentait de toucher la soie et autres tissus hors de prix. Puis, elle revenait derrière le paravent accompagné de braillements d’appréciation. Les robes qui portaient le symbole de la maison Dae était sans doute celles qui étaient les plus appréciées, presque toutes accompagnées d’un « Hoï ! » victorieux et d’un concert de martèlement sur la pauvre table officiant comme tambour.

Cependant, l’ambiance commença à se changer alors que Lynn révélait de plus en plus sa féminité. Le baron se calait au fond de son fauteuil d’un air songeur tandis que seuls ses yeux sombres suivaient les mouvements de sa fille. Les hommes, quant à eux, retenaient leur souffle, s’en voulait un peu d’éprouver du désir pour leur princesse. Heureusement, ils n’étaient pas hommes à s’empourprer pour si peu.

-Hé, Stengar ! Si ta femme avait la même robe, t’aurais p’têt moins envie de baiser tes chèvres !

Des rugissements de hilares retentirent tandis qu’une bagarre se déclenchait presque immédiatement, l’homme insulté ayant jeté sa pinte pleine à la tête de son offenseur. Lynn revint donc vers Jehan en accélérant le pas pour ne pas se prendre une éclaboussure sur sa jolie robe. Elle ne semblait pas affectée par la bagarre et décocha plutôt un sourire ravi à Jehan.

-Ça leur a beaucoup plu !

Un rugissement retentit comme pour confirmer les dires de la princesse alors que l’un des belligérants venait d’être jeté dans le feu. Une autre série de rire repartit de plus belle alors que les guerriers jetaient leur bière sur l’homme qui se roulait désormais sur le sol pour éteindre les quelques bouts de fourrure de ses frusques qui s’étaient enflammés. Enfin, lorsque la bagarre cessa et qu’on parvint à sauver le bonhomme, le baron reporta son attention sur Jehan, lui faisant signe d’approcher. Bien entendu, Lynn arriva également, prête à défendre ses intérêts devant son père.

-Très belles robes, monsieur Polghotyer, consentit Ashnard d’une voix égale. Alors, combien cela va-t-il nous couter ? Nous aimons bien payer en argent ici, mais si vous préférez les Ailes, on en a aussi.

Le baron croisa ses doigts sur son ventre et attendit le prix du couturier d’un air sceptique.


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Lun 13 Oct - 18:16
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Jehan leva les yeux aux ciel face au désintérêt total du baron pour les choses de la mode vestimentaire tout autant que pour sa fille ... Incompréhensible ... Heureusement que cette jeune damoiselle avait un caractère fort et suffisamment tempétueux pour tenir tête à son barbare de père. Le ballet des tenues put donc réellement commencer, au grand bonheur du couturier.

Eh bien, montre-nous. Hé ! Les soiffards ! Fermer vos mouilles et regardez par ici !

Bon, évidemment, les mœurs de ce monde détonnèrent, mais au moins, le talentueux artisan put montrer ses œuvres. Quel public ... Oh, cette petite était vraiment douée ! Jehan la voyait déjà sur un de ces grands podiums de certains événements mondains , il la mettrais en fin de défilé, avec le grand final bien connu de la mariée ! Oh oui ! Les blagues graveleuses des hommes de la Toundra le tirèrent de sa rêverie.

Hé, Stengar ! Si ta femme avait la même robe, t’aurais p’têt moins envie de baiser tes chèvres !

Par Akaor Mir, ces gens étaient d'une bêtise sans nom ... Heureusement que la petite princesse du froid n'était pas du même genre, et il lui rendit son agréable sourire quand celle-ci vint préciser ce qu'il avait compris par l'effervescence des tablées et par le rugissement d'un immolé involontaire ... Oui, drôles de mœurs ...

Après une bagarre qui semblait si banale, le Baron revint vers le couturier ... L'heure décisive du jugement ...

Très belles robes, monsieur Polghotyer. Alors, combien cela va-t-il nous couter ? Nous aimons bien payer en argent ici, mais si vous préférez les Ailes, on en a aussi.

Bien bien bien ... La douloureuse, comme on disait dans le milieu, allait être salée. Six robes, riches et élégantes, ce n'était pas rien. Généralement, et dans les commandes mondaines, Jehan fixait chaque robe de ce genre entre soixante-quinze et cents Ailes de Bronze. Mais quand on lui faisait une grosse commande, l'homme de talent savait se montrer généreux, le "sens du commerce" disait-il. Mais là, il y avait aussi le déplacement ... et l'accueil qu'il avait moyennement aimé. Mais le modèle était charmant et radoucissait son ire ... Hum ...

Si l'on ne comptait que par robe, il vous en coûterait bien trop pour que ce soit honnête ... Ainsi je vous fais un prix, puisque la commande est conséquente et que le modèle est d'une tenue impeccable - d'ailleurs, ma Damoiselle, vous avez du être faite pour porter mes œuvres ! - et que j'ai tout de même été bien à mon aise en votre demeure. Je ne peux cependant vous exempter des frais de déplacements, sinon je serais en déficit ... Voyons ...

Jehan fit mine de calculer de tête une facture compliquée. Il compta chaque robe à cinquante Ailes de Bronze, en ôta une pour arriver à deux cent et cinquante, puis décida de descendre à deux centaines. ça faisait l'équivalent de deux robes en moins, tout de même ! Maintenant les frais de déplacements ... Il rajouta donc un petit pourcentage ...

Et bien, je pense que nous pouvons nous mettre d'accord sur la somme de deux cent et vingt Ailes de Bronze ... ou l'équivalent en argent, si cela vous sied, évidemment. Cela vous convient-il, Baron Dae ?



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Mar 4 Nov - 20:55
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Le regard sombre du baron ne quittait pas le couturier dont la moue songeuse trahissait le calcul mental ; la somme qu’il estimait mériter pour son travail. Et quel travail ! En un temps record, le salinéen avait refait toute la garde-robe de la princesse. Cela méritait salaire et pas uniquement pour les robes. Il serait très profitable que le couturier s’en retourne dans sa contrée avec le sentiment que le lord de Mitgjörn est généreux et bon payeur.

On pourrait presque se prendre à rêver que la visite de Jehan soit la première d’une longue série où les artisans étrangers viendraient honorer le Mitgjörn de leur talent. Malheureusement, Ashnard était totalement étranger à ce genre de considération et seule Lynn avait l’esprit assez aiguisé pour comprendre le possible investissement qui consisterait à ne pas se montrer avare cette fois-ci.

Lorsque l’addition tomba, la princesse la trouva plutôt honnête, mais c’était parce qu’elle avait conscience du travail sous-jacent. Il était peu probable que le baron Ashnard partage son sentiment. Déjà, elle voyait son nez se retrousser en une grimace désappointée, signe qu’il allait se lancer dans une négoce digne d’un commerce de verroterie. Les gens du Mitgjörn, bien que sauvages et bestiaux, avaient quand même développés des talents de commerçant à force de se faire escroquer par Selian sur le prix de leur métaux. Avec l’expérience, Mitgjörn était presque arrivé à négocier un prix honnête avec leurs intraitables voisins.

-C’est un prix très honnête, monsieur Polghotyer, déclara Lynn. Bien que l’honneur que vous nous faites par votre visite soit bien au-delà de toute estimation, il nous faut le prendre en compte. Vous avez été très généreux dans votre facture et je vous en remercie.

Même si Lynn semblait s’adresser à Jehan vers qui elle s’était tournée pour prodiguer ses remerciements, elle lorgnait son père à qui elle tentait de faire accepter la pilule sans rechigner. Cependant, le géant la regarda avec un air de bœuf, et secoua lentement la tête de dépit, comme s’il peinait à accepter ce qu’il venait d’entendre. Avec un dernier regard las sur sa fille, il se retourna vers Jehan et esquissa un sourire moqueur.

-Voila pourquoi on ne laisse pas les femmes négocier les prix, se gaussa joyeusement le baron. Elles n’ont pas compris que le but du marchandage est de baisser les prix. Quand on est du côté de celui qui paye en tous cas, hein ?! Héhéhé !

Ashnard réajusta son assise en prenant l’expression d’un gros chat satisfait.

-Vous avez bien fait de choisir l’argent comme mode de paiement, bon Jehan, son cours est plus élevé dans votre contrée que par chez nous, et je suis sûr que cette plus-value remboursera largement vos frais de déplacement. Quant à votre séjour – il écarta largement ses grosses paluches – tous frais payés dans un cadre paradisiaque.

Le baron fut secoué d’un rire que se transforma en une toux grasse et glaireuse. Il en expectora d’ailleurs une partie qui atterrit sur la braise dans crépitement tonitruant.

-Donc, j’aimerais que la note s’en tienne au prix des robes. Disons… deux cents Ailes en argent pour faire un compte rond. Une fois de l’autre côté des montagnes, vous en obtiendrez facilement les deux cents vingt que vous réclamez.

L’affaire presque entendue et parfaitement serein sur ses talents de marchandage, Ashnard attrapa sa chope de bonne mélusine et la leva pour célébrer l’affaire.

-Je complèterai le prix avec mon propre pécule, s’insurgea Lynn.

-Tu fais ce que tu veux de tes deniers ma fille, déclara-t-il en lui adressant un regard agacé. Après tout, c’est en se faisant avoir qu’on apprend.

Suite à ce pic, Ashnard leva un sourcil interrogateur en direction de Jehan tout en le gratifiant d’un sourire carnassier.


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