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 Une inconnue dans l'équation [Feygor]

 
Lun 2 Juin - 1:22
Une vague.
Encore une.


Krist ouvrit les yeux.
La lueur d'argent de ses prunelles illuminant la peau pâle de son visage que l'encre des tatouages avait transformé en un crâne effrayant de réalisme. Elle se redressa, dégageant d'une main vive la finesse de ses draps, puis, une fois ses rêves et la réalité enfin séparé par une couche solide d'éveil, elle se glissa hors du large lit - être capitaine apporte certains avantages - ombre de peau ivoire dans les ténèbres de sa cabine dont le sol, ondulant sous les vagues, ne dérangeait plus depuis longtemps l'équilibre de l'elfe. Un autre avantage, celui d'une vie interminable passé sur l'eau. Traversant la minuscule pièce, elle prit d'une main sur son armure, glissant l'acier bleuté et le cuir noir sur sa peau avec délectation. Son visage décoré de façon si particulière disparut dans l'ombre de sa profonde capuche, d'autre tatouage dissimulé sous l'acier bleuté, ne laissant que la peau neigeuse du reste son corps visible... beaucoup de peau.
Après tout, d'autres forces protégeaient le corps de la Sanglante.

Celle-ci observa un instant la vue que les deux hublots lui offraient sur l'océan.
Une masse noire ondulant lentement sous le velours piqueté de diamant de la nuit. Un sourire apparut, invisible, dans l'ombre d'un capuchon.
Quelques minutes plus tard elle était sur le pont, l'aube n'allait pas tarder, après tout, les marins faisaient le dernier quart, mais la lune était haute dans le ciel et ses lueurs dessinaient sur l'onde reflets argentés. Bien derrière eux, bien plus loin que même ce que sa vue d'elfe pouvait voir elle savait qu'un groupe de navire avançait lentement. Ils ne le suivaient pas non, c'était même l'inverse...
Les convois se doutent rarement que l'ennemi puisse naviguer devant eux, dans la même direction.

Oui, un convoi.
Pour être plus précise, c'était un transport d'armes et de vivres pour les partisans de l'aile ténébreuse. Un genre de tribus payé par le pays du feu... Du moins par Faestellia mais, produit à Aeb. Si, en règle général, ces derniers passaient par la voix terrestre, il était là question d'arriver à Sen'tsura le plus rapidement possible et, aux dernières nouvelles, les bateaux allient plus vite que les chevaux sur les longues distances. Surtout en partant d'un port.
Ayant, comme tout pirate qui se respecte, des contacts dans la ville côtière, la Folle avait été mise au courant des larges quantités de biens que contenait un bateau affilié à l'Aile. Elle avait donc prévue de s'en emparer, jusque-là, rien qui sorte de l'ordinaire d'un forban.

Les problèmes étaient venus avec les deux navires de combat que l'aile avait dépêché pour protéger le transport. Si ceux-ci n'avaient pas leur souplesse habituelle - protéger un navire marchant ne permet pas toutes les libertés - la folle ne l'était pas assez pour croire pouvoir les gérer seule en combat régulier. Et chercher du renfort était hors de question : le temps de faire l'aller-retour jusqu'à sa planque, les trois navires seraient depuis longtemps à quai ou décharger de leurs marchandises.
Il ne restait donc qu'une solution :
Partir a l'avant en espérant trouver une zone d'embuscade propice.

Un siècle de piraterie avait gravé une masse importante de connaissance maritime dans la mémoire de Krist, elle savait qu'un petit archipel se trouvait le long de la côte, un peu plus loin. Rien d'intéressant, quelques îles rocheuses aux courants traitres emplis de récifs. Mais les contourner rajoutait facilement une semaine de voyage et elle avait dans l'idée que ce convoi était pressé. Si la traverser, pour un navigateur aguerris et un équipage ordonné, ne posait pas trop de problèmes, se faire attaquer à ce moment-là compliquerais fortement les choses pour organiser la défense et Krist et ses hommes pourraient sans doute éliminer l'un des deux navires guerriers sans que l'autre puisse réagir.
Un pari risqué. Mais la vie de pirate est faite de risques n'est-ce pas ?

Et de surprises aussi.
Les ombres massives et déchirées des îlots rocheux glissaient lentement de chaque côté alors que l'amoureux entrait prudemment dans son futur lieu d'embuscade.
L'aube dessinait une ligne de feu le long de l'horizon. Colorant les roches alentour d'une teinte orangée et la mer de reflets mordorés.
Elle ne l'aurait sans doute pas vu sans cela : l'ombre d'un navire. Ses hautes voiles rouges seraient restées noires dans les ténèbres nocturne, mais, éclairé par le jour naissant, elles ressortaient sur le gris vert de la roche comme une oriflamme.
La voix de la vigie résonna dans tout le navire.

« NAVIRE A TRIBORD ! »

Un piège ?
Non, le bâtiment qui lui faisait face ne ressemblait clairement pas à ceux qu'utilisait aile ténébreuse. Il semblait... ancien. Pas dans le sens obsolète ou abimé, mais d'une facture datant de longtemps... plus longtemps qu'elle-même. Intriguée par cette inconnue dans l'équation, Krist ne donna pas l'ordre d'attaquer, mais celui d'approcher le Navire. Oui, ce n'était pas le genre de la sanglante, mais se battre maintenant était loin d'être une bonne idée, ses hommes devaient être au mieux de leur forme et de leurs effectifs pour prendre d'assaut les trois vaisseaux en approche.
Krist prenait donc la voie diplomatique.
En ce moment, neigeait-il dans les Limbes ?

S'approchant à portée de voix, les balistes toutefois armées et prêtes à tirer au moindre signe d'hostilité, l'Amoureuse se mit face au navire inconnu, les avirons battant lentement contre les courants pour la maintenir en place.
Sur la proue la silhouette fantomatique de Sanglante se dressa. Puis la voix de Sanglante, aux accents chantants de la race elfique, résonna entre les pierres de l'archipel.

« Je suis Krist Reddrip, Capitaine de l'Amoureuse ! »

Un instant passa.

« Et vous, sortez donc des ténèbres de cette île que je puisse lire le nom qui orne vos planches! »

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Mar 3 Juin - 1:13
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Seize longues heures. Impressionnent. C'était un nouveau record d'aussi loin que Feygor pouvait se rappeler. Le gérant du port qu'un convois de l'Aile Ténébreuse avait quitté récemment avait été enlevé dans la nuit dernière. Une séance de deux heures sur le pont principal à la merci de l'équipage l'avait poussé à apprécier la demi-heure suivante passée en compagnie du Capitaine. Refusant toujours de divulgué l'itinéraire du convois, c'est ce dernier qui envoya son captif dans la cage à gibet pendu à l'arrière du navire. Il passa dix heures à l'intérieur de cette dernière, debout, se balançant au grès des vents et marées, tout juste à porté pour que l'équipage lui fasse profiter du seau qui leur servait de latrines. Quand la déshydratation menaçait, Feygor le fit sortir, pendu par le bout des bras pendant encore une demi-heure avant que la torture ne commence. Un gobelin gabier sortit une petite trousse en cuir sale contenant tir-bouchon, pinces places, coupantes, petites échardes de bois pour les ongles et un tas d'autres outils qu'Eaglehorn ne saurait nommer. Il tint à peine une heure durant lesquelles il perdit l'usage d'un de ses doigts, d'un œil et d'autre chose de plus intime. Il finit par parler, la torture continua cependant, en avançant l'hypothèse qu'il mentait. Une demi-heure de plus durant lesquelles un fictif second homme du port affirmait le contraire du gérant afin de voir si sa version du trajet changeait. Une fois pleinement satisfait, Feygor finit par lui offrir une mort rapide tant attendu par le clair de son sabre.

« Ici » lui avait simplement dit son cartographe, un homme calme et silencieux, salement brûlé sur les trois-quarts du visage. « La parfaite embuscade serait là. Les deux escortes par le fond, on s'occupe tranquillement du vaisseau amiral » prononcèrent ses lèvre boursouflé illuminé par les chandelles de la cabine du capitaine dans lequel était réunit ces deux derniers en plus du maître charpentier, un nain bourru plutôt grand pour sa race, à la silhouette taillée dans le roc, et du quartier maître, un orc forcé de se tenir à moitié courbé dans l'espace confiné qu'offrait la cabine. Aucun des deux ne semblaient avoir d'objection. Sans doute le Bosco n'avait cure de cette carte qui ne devait pas porter beaucoup de sens à ses yeux, le nain quant à lui ne voyait que les montagnes d'or que pouvait porter un tel navire si bien protégé et n'écoutant que son envi, il hocha la tête.
« Les canons seront prêt et les voiles au vent, cap'taine » dit-il en vidant sa coupe.


Le voyage fut long, pas pour déplaire au capitaine. Quand on à l'éternité devant soi, on peut se permettre d’apprécier des jours entiers à tenir la barre de son navire, le repos n'étant qu’accessoire, ne laissant que peu d'autre que lui piloter sa Fière Noire afin de s'isoler de temps à autres dans sa cabine. Pas pour dormir non, cela faisait des centaines d'année qu'il n'avait pas fait ça. Il se contentait de s'affaler dans son fauteuil, les yeux semi-clos, sa pipe sur le bord des lèvres, il pensait. Actuellement, un de ses deux officier autorisé à naviguer tenait la barre et il placerait en ce nain une confiance total. La loyauté d'un nain est de la qualité de leur acier. Un minimum s’entretient de temps à autres et jamais, ô grand jamais il ne vous lâchera. Son menton carré posé sur son poing fermé gardait son visage rivé sur le plafond de la pièce alors que le foyer de sa pipe s'allumait à intervalle régulier enfumant lentement la cabine d'une douce odeur aux accent fruitée quand son bosco pénétra poliment à l’intérieur, effrayé quant à l'éventualité de déranger son capitaine.

« Navire à l'horizon m'sieur. Pas de drapeau, des voiles sombres. »
Conscient que le soleil ne tarderait pas à se montrer, Feygor se toisa de son tricorne et referma le col de son manteau. Il sortit sur le pont principal, peu peuplé à cette heure si matinal, ou tardive, selon la personne. Saisissant sa longue vu, il pu en effet constater la présence d'un navire venant de travers. Aucun pavillon mais ses voiles noirs ne faisait pas de lui un marchand. Il se dirigeait droit sur eux.

« Carguez les voiles, ordonna alors le capitaine. Laissez les venir, ouvrez les sabords et gardez les canons prêt. »
Ses ordres furent rapidement relayé du gabier au canonnier, tous connaissaient leurs rôles. Alors que le navire se faisait de plus en plus proche, Feygor s'installa près de la barre, allumant à intervalles réguliers la seul et unique source de lumière à bord, le foyer de sa pipe.

« Je suis Krist Reddrip, Capitaine de l'Amoureuse ! » dit alors une voix provenant du navire obscure qui ne laissait peu entrevoir ce qu'il s'y passait à bord. Cependant une certaine surprise s’afficha sur le visage du capitaine lorsqu'il reconnu cette voix comme une voix féminine. D'après lui, un Homme, au sens général du terme, se faisait lui-même et rien de prédétermine personne à quoi que se soit, mais une femme capitaine, dans un monde marin si masculin et machiste, surprenant.
Le nom en revanche ne sonnait aucune cloche chez lui. L'Amoureuse... en voilà un nom pour un navire plus sombre que la nuit elle même.

« Et vous, sortez donc des ténèbres de cette île que je puisse lire le nom qui orne vos planches! »
Une invitation cavalière. La houle et le peu de vent de travers finirent tout de même par faire sortir la Fièvre Noire de l'obscurité, laissant à l'équipage d'en face le loisir de distinguer son nom inscrit à la peinture près de la proue.
Se présentant alors près du bastingage, Feygor retira son chapeau l'espace d'un instant, dévoilant son visage pâle et sa barbe brune en accord avec ses cheveux mi-long, pour se pencher en avant dans une révérence d'une apparente ironie.

« Feygor Eaglehorn, Capitaine de la Fièvre Noire. » se présenta t-il sans vraiment savoir quoi penser de la situation.
Ce qui s'avérait être une embuscade banal risque de se compliquer sous peu.

« Puis-je vous demandez les raisons de votre présence ici, Miss Reddrip ? » poursuivit-il rapidement en tentant de percer l'obscurité du navire qui n'affichait qu'un tas de silhouettes à bord, sans le moindre indice de laquelle était celle du Capitaine jusque là.


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Jeu 5 Juin - 6:43
Bourrasque.
Tension agressive.

Krist remarque l'agitation sur le navire ennemi quand elle s'en approcha.
Normal, après tout, ses hommes faisaient bien de même, balistes armée, arbalète chargée, certains de ses hommes déjà dans les cordages et si leurs armes n'étaient pas déjà braquées sur le pont de la Fièvre, c'était simplement parce qu'ils n'en avaient pas reçu l'ordre. Cependant, à l'ombre d'une action hostile, ils n'hésiteraient pas une seconde à faire pleuvoir la mort sous forme d'une volée de carreaux.
Mais nous n'en étions pas encore là.

Quoique. De ce qu'elle voyait, l'équipage d'en face était loin d'être le groupe homogène d'un navire militaire et l'armement deux navires et de ses hommes ne présageait pas des marchands. Il n'y avait pas des milliers de possibilités : Corsaires ou Pirates. Evidemment, la différence était mince, mais suffisante pour que cette rencontre se transforme en abordage surprise si la réponse ne s'avérait pas la « bonne ». Toutefois, l'elfe ne pensait pas avoir à aire à l'un des rares navires de forbans à la solde de l'aile. Après tout, s'il était là pour prévenir une embuscade, il aurait plus probablement tiré à vue qu'autre chose... un pirate près de son repère ? Elle en doutait, ces îlots n'étaient clairement pas viables et si l'un d'eux avait été emménagé elle en aurait entendu parler.
Tout cela réduisait clairement les champs des possibles.

Mais, malgré la probabilité de certaines de ses hypothèses, il ne restait qu'un seul moyen de les confirmer : demander cela au capitaine d'en face. Toutefois, si Krist était aussi brutale que frustre en combat, elle connaissait les règles de la politesse et il est mal vu de répondre à une question par une autre interrogation.
Quoi ? Une pirate qui respecte les conventions ça vous étonne ? Hum disons que d'un point de vue diplomatique, elle ne tenait pas spécialement à se battre maintenant... quoique, ce pont devait être magnifique une fois couvert de sang.
Mais ne le sont-ils pas tous ?

Krist sortit donc de l'ombre de ses voiles, montant sur sa rambarde avec défi pour faire face à la sombre silhouette l'ayant saluée. L'acuité de sa vision avait permis à l'elfe de percevoir quelques détails de son vis-à-vis, mais ce n'était qu'une envolée de chapeau et de chevelure brune. Malgré une carrure solide l'homme ne semblait pas sortir outre mesures de l'ordinaire. Cependant, ni lui ni son navire ne dégageait une impression de... normalité. Sentiment difficile à expliquer que Sanglante écarta rapidement, après tout, qui était-elle pour juger de l'étrangeté des autres ?
S'amusant des salutations bien trop formelles de l'homme, elle fit elle-même mine de soulever les pans d'une robe invisible dans l'imitation relativement réussie d'une révérence de la cour, version femme. Pour tout dire, ce n'était pas vraiment son domaine de compétence.
Il était temps de répondre.

« Enchantée. Et vous pouvez me les demander. »

Elle pencha la tête sur le côté un instant, presque joueuse.

« Vous obtiendrez même une réponse. Je viens ici attendre quelques amis, trois navires qui me suivent et avec lesquels je dois... »

La silhouette pale de Krist se courba en avant, comme pour faire une confidence, tandis qu'elle passait de façon ostentatoire les doigts sur la poignée de son sabre.

« Echanger quelques biens avec eux. »

La totalité de l'Amoureuse était en tension, prêt à réagir au quart de tour en prévoyance d'une éventuelle attaque de la Fièvre Noire. Après tout, si Krist avait fait de mauvaise estimation et que ce navire était l'un des - très - rares corsaires soumis à l'Aile Ténébreuse, les canons risquaient de sonner en moins de temps qu'on en a besoin pour dire « Feu ! ». Malgré tout, comme si cette atmosphère électrique ne la touchait pas, elle ajouta, haussant les épaules d'un air presque bonhomme.
Un sourire, invisible derrière son gorgerin, marquait ses lèvres, mais il se percevait dans sa voix.

« Alors mon cher Feygor, vous pouvez regarder, vous pouvez partir, c’est votre choix. »

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Jeu 5 Juin - 20:59
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« Échanger quelques biens avec eux. »
L'expression le fit sourire. Pas vraiment le genre de sourire contagieux qui donne envie de montrer sa dentition à son tour, le genre de sourire dont on doit se demander l’honnêteté. Premier véritable signe d'émotion que le capitaine affichait, restant autrement de marbre face à son interlocutrice qu'il pouvait maintenant distinguer plus ou moins. Elle portait une tenu des plus... étrange pour une vie de commandante à bord d'un navire qui ne pouvait qu'être celui de pirates.

« J'ai peur ici d'être en désaccord avec vous, ma chère... commença Feygor en connaissant pertinemment l'effet qu'aurait de telles paroles sur l'équipage du vaisseau d'en face. Jetant pour lui-même un coup d’œil à travers la trappe béante sur le pont inférieur qui contenait les canons de 18 livres, il s'assurera que deux d'entre eux étaient actuellement pointés sur l'Amoureuse, chargés, les canonniers tenant leurs boutefeux près de la lumière prêt à enflammer la poudre.

« Va le dépendre. » dit-il à son quartier-maître qui se trouvait juste derrière lui, une de ses larges mains fermée sur un de ses hachoirs qui pendait à sa ceinture. Il hocha la tête et se dirigea vers la proue du navire en jetant un regard goguenard aux hommes qui croisaient le sien. Après avoir contredit ouvertement son interlocutrice, la tension entre les deux bateaux était à son paroxysme. Un combat ne profiterait à aucun, mais nul ne contaient lâcher le morceau.

« Voyez-vous, pas que je tienne ce convoi dont vous parlez dans mon cœur, bien au contraire. »
Il se décala d'un pas pour laisser son Bosco balancer le cadavre putride d'un homme, à cheval sur le bastingage, les bras et la tête pendant mollement dans le vide. La dépouille était couverte de sang coagulé, assailli de mouches et autres vermines en tout genres.
« Je vous présente monsieur... Gallow il me semble, de... qui-en-à-quelque-chose-à-carrer, une ville côtière sous l'Aile Ténébreuse. Il était en charge du port là-bas. »
Comme s'il pouvait encore confirmer ses dires, Feygor attrapa les cheveux souillés du cadavre pour amener son visage près du sien. Le rictus qu'affichait le mort privé de la moitié de son visage inondé sous un flot écarlate en disait long sur ses souffrances.

« Son utilité est arrivé à son terme quand il nous révéla un itinéraire qui nous tenait à cœur, affirma t-il en poussant le cadavre par dessus bord du bout de la botte. Ce dernier tomba mollement sous la houle qu'offrait les îles alentours pour sombrer à pic immédiatement, atteint de raideur cadavérique et chargé de plusieurs centaine d'asticots grouillant.
Les impératifs de guerre oblige donc nos... « Amis communs » à charger leurs navires à outrance, et je compte bien alléger celui-ci moi-même. »

Se battre pour la prise permettrait à celle-ci de se glisser entre les mains des chasseurs belliqueux qui ne pourront que la contempler prendre le large à l'horizon. Pour aucun des deux c'était la solution à adopter. D'après ses informations le convoi était attendu à une demi-douzaine de nautiques d'ici, dans deux heures. À une vitesse respectable de neuf nœuds pour une tel cargaison, il serait ici, sur le lieu d'embuscade, dans une heure tout au plus. Si à ce moment là l’éventuel bataille est terminée, rien n'étant moins sûr, le survivant serait sans doute loin de pouvoir éliminer deux escortes et aborder le vaisseau amiral. C'est l'impasse, et sans doute l'elfe était arrivé aux mêmes conclusions.

« On a donc un problème  statua t-il en se grattant la barbe, pensif. Dis-moi, Krist, une chose m'intrigue. Si je ne connais peu de mes confrères, j'ai cependant entendu parlé d'un certain prince des pirates, allié à l'Aile Ténébreuse. Je ne sais pas vraiment ce qui se passe là-haut, sur l’archipel mais... tu ne sembles pas être de son avis. » avança t-il alors que les premiers rayons de soleils commençaient à percer entre les reliefs de l’île pour venir se poser sur son dos. Malgré sa tenu épaisse et l'ombre de la voilure, se contact était des plus désagréable pour lui. Comme pour répondre à une agression, et d'une façon tout aussi inexpliqué que le fonctionnement de l'arme qui se trouvait à la prou du navire, une brume commença à s'élever depuis les flots en apparence si calme. Actuellement à seulement quelques centimètre de la surface, d'ici une heure, un épais brouillard se sera formé autour de la fièvre noire. En attendant, le soleil dominait toujours.

« On devrait discuter de nos options, mais dans de meilleurs conditions. Les conventions voudraient que je vous invite à bord mais je suppose que vous seriez plus à l'aise dans votre cabine, sachant vos Hommes à quelques pas de là, non ? »


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Ven 13 Juin - 19:06
Brume et Spectres.
Superstition et légendes.

Marin superstitieux tiendrait presque du pléonasme. C'est un fait avéré dans tous les pays et sur tous les navires, les histoires de fantômes de monstres et de malchance y circulent plus vite que la vérole... et ce n'est pas peu dire !
Enfin bref, inutile donc de dire que, lorsque la brume surnaturelle naquit autour de la fièvre, une bonne partie des hommes de Krist resserrèrent leurs poings et affermirent leur prise sur leurs armes. Il n'y eut pas de hurlement de peur ou même de surprise, même si quelques front se couvrirent de sueur froide, après tout, les hommes de la sanglante étaient des durs à cuire... et la magie n'était pas chose inconnue pour ces hommes !

Malgré tout un vent d'inquiétude souffla sur le pont de l'elfe et cette dernière sentit que l'autre capitaine venait de prendre, mine de rien, un ascendant psychologique. Amatrice de ce genre de jeux, notre chère pirate quant à elle, n'avait pas une seconde craint les volutes vaporeuses qui s'élevaient autour de l'autre navire. Certes, c'était joli et cela possédait une aura spectrale qu'elle appréciait grandement, mais ils n'étaient pas les seuls à avoir de quoi « amuser » la galerie.
D'un geste rapide à ses hommes elle fit signe à son navire d'avance. Lentement ils s'approchèrent du navire embrumé.

« Voyons mon cher, il est trois Navires qui arrivent et nous savons tous deux que, peu importe qui coulera en ces eaux, il ne sera pas assez en forme pour affronter deux équipages de l'Aile quelques minutes après... »

Quoi ? Le jeu diplomatique de « on se dit tout avec le sourire et en tournant autour du pot » n'était pas vraiment du goût de Krist après tout, elle avait toujours préféré les gestes aux paroles. Et elle s'apprêtait à le prouver alors même que son navire se glissait lentement sur le flanc de la Fièvre Noire, gardant une dizaine de mètre d'écart.
Elle était désormais suffisamment proche pour mieux étudier tant l'équipage que le capitaine, tout en leur offrant le même « présent ». Krist penchant lentement la tête sur le côté, continuant son discourt d'une voix presque amusée.

« Nous sommes donc non face à un problème, mais face à un choix : Soit on s'entretue pour le butin, probablement maigre, que l'autre pourrais nous rapporter, soit nous attaquons de concerts ces navire. »

Elle eut une sourire carnassier, bien qu'invisible.

« Certes d'autre dirais qu'abandonner cette proie à l'autre est un troisième chois mais, soyons sérieux, aucun de nous ne l'a ne serait-ce qu'effleuré... Quand aux négociations... »

Une ombre blanche dévala le mat.
Chevaline et pâle, la créature galopait joyeusement sur le large tronc inclinée de l'amoureuse, sautant les derniers mètres en un arc gracieux pour atterrir sur le pont, au côté de sa maîtresse.
Cianide offrit à l'équipage de la fièvre son immuable sourire tandis que la main gantée d'acier de sa maitre caressait doucement son encolure.
Celle-ci, d'un geste dont la fluidité trahissait une très longue habitude, monta à cru le dos si lise de son familier. Elle ne put cependant apprécier la douceur de sa peau serpentine comme elle en avait l'habitude, ses cuisses couverte par son invisible armure d'air.

« Nous les ferons sur votre navire. »

Soudain le familier s'élança.
Quelques pas, une série de claquement qui jaillit dans l'air, puis une ombre blanche s'élance, traçant dans les airs une courbe gracieuse, sa queue vaporeuse comme une trainée de ténèbres tandis que montée sur lui, Krist prend des airs de Valkyrie survolant le champ de bataille.
Cet instant sembla durer bien plus longtemps que les quelques battements de coeur qu'il fallut à Cianide pour bondir d'un bastingage à l'autre, un saut d'un peu plus de cinq mètres - rien de sur-chevalin - avant d'atterrir avec un silence surnaturel sur le pont de la fièvre.
Faisant face au capitaine de celle-ci, dressée du haut de sa monture, Krist lui jetât un regard amusé.

« A moins que cela vous dérange bien sûr... »

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Sam 14 Juin - 11:33
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« Ça capitaine, c'est pas naturel. » nota son bosco de sa voix bourru.

Bien qu'il était de son avis, Feygor n’appréciait pas le ton mal assurer qu'il avait employé. L'amoureuse était plus proche que jamais maintenant, et sa capitaine venait d'enfourcher cette créature aux allure d’expérience raté qui se tenait près du bastingage. On lui demanderait, Eaglehorn serait de ceux qui choisiraient de mettre fin à la pathétique parodie d'existence de cette chimère difforme. Une sorte de cheval croisé avec une anguille ou quelque chose de la sorte, il avait vu plus effrayant, mais jamais aussi laid.

« Tu s'rais pas en train de t'faire dessus ? » demanda Malakai, le maître charpentier au quartier maître.

Une certaine rivalité existait entre les différentes races à bord. Les orcs, les plus belliqueux, avaient quelques contentieux avec l'unique nain à bord et les gnolls pour la plupart. Ces petites querelles étaient en général oubliées pour un but commun: l’appât du gain. C'est ce qui permettait à tant de cultures différentes de cohabiter dans un espace si restreint et d'une façon indivisible. Une sorte de compétition s'était organisé poussant chacun à se surpasser. On parle même d'une course au collier d'oreille le plus garni entre les orcs et les gnolls.
Il lui fallait cependant couper court à cette dispute qui se profilait entre son bosco et son charpentier :

« Assez, statua le capitaine. Quartier maître, allez voir l'équipage. Demandez-leur si un foutu canasson suffit à les impressionner maintenant.
Ah. J'oubliais, ajouta t-il alors que la créature prenait son envole vers le pont de la fièvre noire, dites leur que si il préférerait leur capitaine avec des formes plus aguichantes, ils peuvent essayer de rejoindre l'autre navire.
 
»

Voir la moitié de ses matelots la langue pendante devant la quasi nudité de cette Reddrip l'agaçait au plus haut point. Sa proposition pourrait sembler honnête venant de n'importe qui d'autre, cependant, sortant de la bouche du capitaine Eaglehorn ou bien celle de son bosco taillé comme une montagne sonnait plus comme :
« Essaye de rejoindre l'autre navire histoire de voir si ta tête suivra belle et bien ton cadavre de l'autre coté. »
Lorsque Feygor se retourna, elle se trouvait là, montée sur sa bestiole, évoquant le dérangement occasionné par l'organisation des négociations sur son navire. Une réaction prévisible. Mettre le doigt où sa fait mal, sa fierté, et évoquer ce qu'elle préférerait, elle fera tout l'inverse. Comment son cartographe appelait ça déjà ? Psychologie retournée, ou quelque chose du genre.

Il observa Krist de haut en bas en affichant une mine des plus neutre qu'il connaissait alors que celui qui le précédait, le nain, ne cachait aucunement son aversion vers la bestiole. Il fallait avouer cependant que dans le rôle de la cruelle pirate séduisante, elle était parfaite. On pourrait associer ce charme mortel à celui d'une sirène, ou plus d'une Sirkën, une splendide créature conçu pour la chasse et les combats.
Retirant sa pipe de ses lèvre en douceur pour vider les cendres du fourneaux par dessus bord, il secoua la tête.

« Bien sûr que non. Votre compagnie sera des plus apprécier à bord. En revanche, lui, il reste dehors, » affirma t-il en pointant du menton la monture de Reddrip.

Écartant sans ménagement un gnoll qui obstruait les escaliers -ce dernier fut par ailleurs vivement réprimandé par le bosco d'une vive claque derrière les deux oreilles- , Feygor se fraya un chemin jusqu'à la cabine, son équipage faisant place devant son arrivé qui, une fois avertit, regardait l’elfe à la peau albâtre avec plus de méfiance que de fascination. Ouvrant la porte pour cette dernière, il la suivit à l’intérieur avant de clore sa cabine.

Dépassant sa partenaire d'affaire, il se dirigea droit vers l'imposant bureau du fond de la pièce pour s'installer dans le fauteuils qui trônait derrière lui. Se trouvant encore à l'entrée à proximité de la banquette et des autre meubles entourés des tableaux variés représentants des créatures maritimes légendaires, il invita l'autre capitaine à s'avancer et à prendre place sur une des chaises qui lui faisait face. Repliant quelques cartes, fermant quelques livres afin de faire de la place, il remplit deux coupes d'argent de cette liqueur mentholé dont l'équipage raffolait pour en placer une de l'autre coté du bureau, à porté de Krist.

« Évitons de perdre du temps que l'on n'a pas miss Reddrip. Partage équitable, parts égales, mais que recherchez vous avant tout. J'ai un léger faible pour ce qui explose, la poudre et les cannons qui seraient encore en état, de plus j'ai des connaissances qui seraient ravies de se procurer quelques hommes vigoureux, mais tout dépends de vous. »

Plus vite le partage des gains potentiels sera réglé, et plus vite ils pourront aborder la stratégie à employer.


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Jeu 3 Juil - 16:05
Sourires invisibles
Regards prédateurs


Krist glissa du dos de son familier avec une grâce irréelle, posant ses bottes sur le pont dans un léger cliquètement d'acier.
Un frisson parcouru son dos, une tension délicieuse régnait sur le navire depuis son arrivée, ou peut-être un peu avant : agressivité, méfiance, autre chose aussi, de plus sombre, comme une flamme au fond des yeux, la naissance hésitante d'un désir charnel. L'elfe avait l'habitude, elle le provoquait volontairement, à loisir. Mais les êtres capables de lui rendre un écho de ces envies ne couraient ni les rues ni les navires et elle se contenta de lancer un regard amusé à l'équipage de la fièvre, caressant de ses doigts couvert d'acier la peau serpentine de Cianide.

Ce dernier semblait lui aussi très heureux des regards qu'on lui jetait, teinté par endroit d'une pointe de peur superstitieuse. Un délice. Facétie de la créature, elle tendit brusquement sa tête vers le plus proche des marins, claquant sa mâchoire dans l'air avec un bruit sec. L'homme, bien que surpris ne recula que d'un pas et ne cria pas, la main déjà sur son arme.
Hum, ce n'était pas des rigolos.
Satisfaite par ce petit « test » elle s'exprima d'une voix étrangement douce, contrastant avec ses cris de capitaine et le ton de sa négociation.

« Cesses donc de jouer, retourne sur l'Amoureuse, tu vas leur faire peur. »

Un bruit étrange, comme une série de côtes qui se brisent, résonna dans la gorge de la silhouette chevaline. Un rire, mais pourtant rien ne semblait plus éloigné de la démonstration de joie spontanée.
Puis, sans un mot ni un son de plus, il fit d'un bond gracieux le chemin inverse, libéré du poids armure de sa maitresse il bondit même quelques pieds plus haut, atterrissant presque milieu du pont, de l'autre côté. Krist d'une main légère lui fit un léger coucou, adressé aussi à son équipage, qui semblait bien plus calme que celui du dénommé Feygor. Combien de fois avaient-ils vu l'effet de Cianide sur les autres marins ? Combien de fois avaient-ils vu leur capitaine couvrir, même seule, un pont de sang chaud et épais. Certes elle n'était pas une déesse de la guerre ou quoi que ce soit, mais aucun, à tort ou à raison, ne doutait qu'elle puisse tenir le temps que le reste de l'équipage arrive.
Elle les avait bien dressés.

Offrant à l'équipage de la fièvre une démarche si chaloupée qu'elle en était presque reptilienne, mettant en mouvement chaque parcelle de son corps d'une façon sensuelle, elle se glissa à la suite du capitaine.
Il faut bien jouer.
L'intérieur était étrangement spacieux - les navires avaient, en général, peu de place - la décoration était très...classique, c'était à l'image même de son capitaine, le genre d'homme que l'on qualifiait de marin au premier coup d'oeil et de pirate au second. Non, il n'avait définitivement pas une aura de fermier. Mais elle non plus, pour tout dire.
Krist s'installa, provocante, sur le coin du massif bureau, mais elle délaissa la coupe. Elle n'avait rien vu de suspect, mais une odeur de menthe peut cacher bien des choses et elle se trouvait dans la cabine d'un forban pas dans la taverne du coin. L'endroit était sombre d'ailleurs et, d'un geste, elle ouvrit son gorgerin, posant la pièce de métal sur la table, avant de rabattre sa capuche, levant la dernière ombre qui pesait sur son visage.

La plupart des gens sont surpris en voyant son visage, la finesse de ses traits elfiques perdues, modelés par l'encre et l'aiguille en un crâne aussi beau qu'effrayant, illuminé par le gris presque blanc de ses iris, ses longs cheveux d'ébène encadrant la pâleur de sa peau et les ténèbres des tatouages.
Mais l'elfe se doutait que ce pirate-là ne broncherais pas, dans ses yeux on voyait l'expérience que seules les années peuvent créer.
Toutefois, le temps n'était pas à l'analyse profonde des yeux de son vis à vis : il fallait écouter ses paroles. Puis y répondre

« Hum... vous voulez les canons et la poudre... »

Ces derniers n'intéressaient pas du tout Krist - la poudre à la limite - mais elle leur préférait mille fois ses baliste, plus sûre, plus précise et bien plus discrètes, elle pouvait donc les lui laisser sans réfléchir... ou pas.

« Cela m'intéresse aussi je vous l'avoue... mais si vous y tenez absolument... »

Elle fit mine de réfléchir, avec un sourire qui ne trompait pas.

« Je me contenterais, en échange, des armes "individuelles". Quand a ce qui est des marchandises plus... agitées : J'ai mes propres moyens d'écoulement et je pense que faire part égale serait le meilleur moyen pour nous deux. Et nous ferions de même pour les vivre. Personne ne veut priver son équipage de sa part d'alcool et de victuailles n'est-ce pas ? »

Pour le siens - et une partie de celui de Feygor au vu des quelques inhumains - le « bétail » bipède que l'on trouverait faisait sans doute partie du festin, mais ils le savaient tous les deux.

« Pour ce qui est de l'attaque... je pense que la meilleure solution serait de faire feu croisé sur le navire de transport, visant la voilure. Vous avez des boulets à chaîne n'est-ce pas ? De mon côté, je tirerais des traits enflammés, histoire de réduire au maximum sa vitesse sans le couler. Puis on aborde chacun l'un des navires d'escorte, on en finit rapidement et on va chercher notre paye ensemble. Qu'en pensez vous ? »

La Sanglante avait volontairement prit un plan qui requérait une certaine maîtrise de son navire mais qui ne faisait d’aucun des deux une cible en attendant que l’autre agisse – ce genre de mise en place n’amenais qu’a une chose : la trahison.
Elle sourit, plus prédatrice que joyeuse.

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Mar 15 Juil - 16:22
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Le réaction de Krist face au verre le fit doucement glousser. Elle se trouvait actuellement en territoire inconnu, accompagné d'un capitaine aux intentions bien cachée, sur le navire et entourée de l'équipage ce dernier, plutôt loin du sien, mais tout même espérait-elle que cette coupe contienne du poison ? Cessant cette raillerie, Feygor haussa les épaules et après avoir bu la petite dose du spiritueux qu'il avait dans son verre, il s'empara de celle intacte de sa consœur qui le réchauffa au plus profond de ses entrailles. Pas assez pour être ivre, suffisamment pour aiguiser ses sens, du moins c'est ce qu'il supposait.

Une elfe. Ça expliquait comment une femme pouvait s'imposer comme capitaine d'un navire pirate, l’expérience. Les elfes sont connus pour leur longévité bien que l'age de celle-ci soit insondable. Le capitaine de la Fièvre Noire s'était cependant attendu à découvrir une balafre, un visage tuméfié, quelque chose qui justifierait la présence d'une telle contre-mesure qu'était sa capuche. Ce n'était pas le cas, des traits agréables et séduisants, au diapason du reste de sa personne si vous demandiez à Feygor qui se contenta de se débarrasser de son chapeau sans afficher la moindre surprise face au visage de l'Elfe.

« Ça me va concernant le partage du butin, » confirma t-il avant que la pirate n'entame le plan de bataille à adopter.

Le capitaine Statch, qui se faisait encore appeler Eaglehorn s'affala dans son fauteuil en écoutant non sans sourire comment Krist voyait les choses. C'était un plan qui pouvait fonctionner mais qui ne correspondait aucunement à sa façon de faire.

« Des boulets à chaînes ? rit-il. Bien sûr, et j'ouvre mes bouteilles avec une masse de cinq livres, de temps à autres. Il y a rarement de quoi boire après ça en revanche.. »

Les boulets chaînés pour détruire des voiles relevait du gâchis pur et simple, ce genre de projectiles cassent les vergues et arrachent les cordages afin d'immobiliser un navire sur le long terme, et l'obliger à de longues réparation sans le couler. Ici, des canons chargés ras-la-gueule de shrapnels, de morceaux de verres et de ferrailles pourraient non seulement faire le ménage sur le pont mais déchireraient les voiles comme du papier, des voiles qu'ils n'auront de toute façon pas le temps de rapiécer, ou de changer.

« Laissez-moi m'occuper de mes canons, je serais quoi en faire, lui assura t-il. Quant à "mon" escorte, celle que je dois éliminer, quitte à renoncer à ma part du butin... vivant, je me contenterais de le couler. »

Un abordage n'était pas à prendre à la légère et Feygor n'estimait pas nécessaire de perdre son temps à nettoyer un pont à la flèche et au couteau en risquant de perdre du temps, des hommes et ce pour l'infime butin que portent ces bateaux en général. Ça n'en valait pas la peine à ses yeux. Il comptait bien envoyer cette barque par le fond pour se concentrer très vite sur ce qui l’intéressait, le vaisseau amiral.

« Aucun problème avec ça ? » demanda t-il sans vraiment attendre de réponse, terminant alors son verre d'une traite, prêt à en découdre.

* * *

La brume avait finis par s'installer durablement dans le passage étroit de l'embuscade. Discerner quoi que ce soit à plus de cent mètres relevait de l'exploit. Même en connaissant sa position, Feygor avait du mal à discerner l'amoureuse depuis la barre de son propre navire. Ses canon avaient tous été placés à bâbord, le fût remplit de fragments meurtriers prêts à jaillir lorsque la poudre explosera. Le canon incendiaire à l'avant avait lui subit quelques dernières vérifications afin de s'assurer que le clou du spectacle sera réussit. Le capitaine de la fièvre noire comptait bien -après avoir immobilisé sa proie-, faire frire comme il se doit l'escorte qui oserait la défendre.

Les armes s'aiguisaient à bord, un raclement régulier de l'armurier se faisait entendre alors que les sabres, haches et autres outils de mort étaient distribués parmi les hommes qui trépignaient d'impatience, désireux de montrer à leurs rivaux de quel bois ils se chauffaient. Les arbalètes se chargeaient tour à tour dans les voiles, faisant claquer le loquet de verrouillage qui gardait la corde et l'arc tendu, tout deux parés à libérer leur projectile barbelé meurtrier qui ne désirait que goûter aux entrailles d'un partisan de l'empire. Toutes les lampes étaient éteinte et la Fièvre n'apparaissait uniquement comme une sombre silhouette perdu dans le brouillard, ses voiles toujours carguées, prêtes à être relâcher lorsque la proie pénétrera dans le piège qui lui était tendu.

Elle finit d'ailleurs par se présenter, une voilure légère au vent afin d'adopter une vitesse raisonnable par une visibilité si réduite. Un trois mats d'après la forme que l'on pouvait distinguer grâce aux nombreuses lanternes flamboyantes sur le pont du navire en ébullition. Le contrôle de fond semblait se faire à chaque instants, prudent. Il ne s'agirait pas d'échouer un navire chargé de tels richesses sur un banc de sable passé inaperçu à cause du brouillard. Vinrent alors dans son sillage ses deux escortes voguant elles aussi à allure réduite. De petit navire plus chargés d'occuper un éventuel agresseur pendant que leur protégé se met à l'abri qu'un réel adversaire pour des corsaires tel que Reddrip et lui. Ils n'aillaient cependant pas lui laisser ce temps nécessaire et comptaient bien le mettre hors circuit avant quoi que ce soit. Il n'attendait que le signal de Krist pour se mettre en chasse et déchirer les voiles du vaisseau.


Ses succès :


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Partie IRL
Crédit avatar : Alissya ♥
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