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 "Ouvre les yeux" - [Jehan Enguerrand]

 
Sam 24 Mai - 22:03
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Que représente une semaine dans une vie ? Sept jours et six nuits. Ce n'est rien, on oublis ce qui se passe en une semaine parce qu'elle ne représente rien dans le fleuve des années. Pourtant cette semaine là fût une véritable torture pour Raviel. Et il y avait plusieurs raisons à cela.
Raison numéro un : elle vivait dans une maison close. Que peut-on faire de pire que vivre dans un établissement où vos nuits sont peuplées par les coups réguliers d'un sommier contre un mur, les gémissements ou même les cris des hôtesses, les râles de bête des hommes et par cette horrible impression que, où qu'on aille, on interrompt quelque chose qui ne devrait être ni vu, ni entendu ? Peut-être que si la nymphe avait été un peu plus au fait de ce qui se tramait dans les chambres (c'est à dire, si au moins elle avait pu l'expérimenter une fois), elle ne se serait pas sentie aussi étrangère à cet univers. Quoi que...
Raison numéro deux : Jehan l'avait planté là comme un pot de fleur et s'était enfuit dans un lieu inconnu pour aller chercher des informations. D'après lui, en tout cas. Est-ce qu'il y a quelque chose de plus désagréable que de devoir attendre quelqu'un sans avoir le choix ?
Raison numéro trois : elle n'avait pas put lui balancer quelque chose de bien senti à la figure. Quand il était entré dans sa chambre, elle avait eut un mouvement de recul un peu effrayé car il lui servait le même regard que la première fois qu'il l'avait vu. Un regard plus froid que les glaces de Saline et qui n'augurait rien de bon dans les souvenirs de la nymphe. Alors tout ce qu'elle avait put lui jeter à la figure avait été
"Fais ce que tu veux. Vas-t'en !" et il était parti. On ne frustre pas plus une femme qu'en exécutant un ordre qu'elle a donné alors qu'au fond d'elle, elle ne demande que le contraire. Comment ça c'est tordu ? Mais pas du tout ! Il faut savoir lire entre les lignes parfois !

Quoi qu'il en soit, la semaine qui s'était écoulée avant été longue...Très longue...Flora était adorable et d'ailleurs, presque toutes les filles du Nid d'Hirondelle étaient charmantes, Raviel avait beaucoup apprécié leur compagnie. Mais elle se sentait enfermée, coincée. Coincée dans la maison et coincée dans sa tête, à repenser sans cesse à ce qui s'était passé cette fameuse soirée, le baiser, la colère, ce qu'elle aurait du dire ou faire, ce qu'elle n'aurait pas du faire ou dire et milles autres choses. Le remède le plus efficace qu'elle ai trouvé était de partir le long de la côte à cheval jusqu'à une petite plage de sable où elle restait jusqu'au coucher du soleil. La mer apaisait son esprit et lui permettait de supporter, voire d'accepter, la situation. Un constat blessant était également vite entré en ligne de compte : Jehan lui manquait. Elle aurait aimé parler avec lui, sans autre but que d'être en sa compagnie et d'entendre sa voix, d'en savoir un peu plus à son sujet et pouvoir s'éloigner des considérations bassement pratiques de la mission qui les unissait. Une fois que Raviel eut fait la lumière sur ce sentiment, elle en éprouva de la honte et de une impression d'échec : était-elle si faible pour s'être laisser attraper dans de tels filets ? Reconnaître qu'elle l'appréciait plus que prévu c'était reconnaître la défaite, qu'il avait de l'emprise sur elle et qu'il pouvait ajouter son nom à sa liste de cœurs brisés. Car nul doute qu'il allait réduire le sien en miettes. A cette simple idée, elle était furieuse, contre lui et contre elle-même. En bref, elle n'avait pas manqué de sujets de réflexion et de frustration.

La lumière du jour déclinait petit à petit à mesure que le soleil s'approchait de l'océan. La journée touchait à sa fin et promettait un coucher de soleil absolument superbe. La nymphe avait passé, comme à son habitude, l'après-midi au bord de l'eau. Depuis deux jours il faisait assez chaud pour se baigner et comme l'endroit était désert, elle ne se dérangeait pas pour le faire. A défaut de pouvoir faire trempette à Flore, elle se dépensait dans l'océan. Un autre inconvénient de l'attente était cette inactivité qui finissait par la ronger. Il lui fallait bouger, faire de l'exercice, dépenser son énergie. Nager était une bonne méthode.
La jeune femme, immergée jusqu'aux hanches, profitait du mouvement apaisant de la houle. Rak ne l'accompagnait plus depuis un moment préférant passer ses journées à faire des choses de corbeau. Après un instant de calme, elle inspira et plongea pour nager près du fond. Le sable avait l'air blanc et quelques petits coquillages ornaient le tapis marin. Sans leur prêter attention, la nymphe fit quelques brasses avant de remonter à la surface et de nager vers le large sans se retourner. Si elle avait voulu, elle aurait put se faire une petite expédition en mer sous forme de dauphin ou d'otarie. Mais elle ne voulait pas trop s'éloigner, malgré son désir de liberté. Parce que Jehan devait revenir et qu'elle ne voulait pas le manquer. D'ailleurs...S'il tenait parole sur les délais, il devait arriver aujourd'hui même. Peut-être même qu'il était déjà là, réglant quelques papiers et attendant que Raviel daigne rentrer. Cette pensée amusa la jeune nymphe et elle fit demi-tour pour revenir là où elle avait pied. Il fallait profiter de ce magnifique coucher de soleil qui s'annonçait.
Dès qu'elle eut regagné la rive, elle alla s'asseoir sur un des rochers qui parsemait la plage. Dans son dos elle pouvait sentir goutter ses cheveux et si elle attendait un peu que les derniers rayons du soleil la réchauffe, elle pourrait sentir les gouttes d'eau rouler sur sa peau. Un passe temps comme un autre. Il restait environs une heure de lumière puis il serait temps de rentrer. Par réflexe comme souvent quand elle se retrouvait seule, elle se mit à fredonner un air au hasard.





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Mer 28 Mai - 22:30
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Jehan arriva dans la petite écurie qui jouxtait la maison en fin d’après-midi, soulagé d’avoir pu rentrer avant la tombée de la nuit. Le voyage l’avait épuisé et l’on pouvait aisément lire une grande fatigue dans chacun de ses traits. Il commença à desceller son cheval et s’étonna de l’absence de Neige, une magnifique jument blanche qu’il espérait revendre à prix d’or, mais ne poussa pas plus loin les investigations.

Il entra dans la maison et se fit accueillir par Plectrude, qui était vêtue d’une longue robe noire qui lui donnait un air encore plus sombre qu’à l’accoutumée. Il la salua sans effusion et demanda à ce qu’elle le rejoigne en haut, dans son salon, accompagnée de Flora : il souhaitait un rapport complet de la semaine. Eleanor vint les rejoindre dès qu’elle entendit la voix du Maître des lieux et lui proposa un repas chaux qu’il accepta avec joie. Elle prit même l’initiative d’aller lui faire couler un bain, car il émanait de lui une odeur de cuir, de cheval et de sueur qui lui déplaisait.


« Raviel est encore ici? Où est-elle en ce moment?»
« Oui, elle est restée parmi nous toute la semaine. Elle est partie se promener en début d’après-midi, mais elle ne devrait pas tarder à rentrer.»
Sans y faire vraiment attention, ses premières pensées s’étaient tournées vers la nymphe. Elle lui avait terriblement manqué pendant ce long voyage. Il était heureux de pouvoir enfin la retrouver mais craignait également ce moment. Il ne pouvait déterminer dans quel état d’esprit elle se trouvait en ce moment, et ne supporterait pas qu’elle le rejette. Elle était restée, c’est un bon début non ?

« Vous vous êtes bien occupés d’elle au moins ?»
« Comme vous nous l’avez demandé avant de partir, nous avons tout fait pour qu’elle se sente comme chez elle. Mais vous savez, elle n’est pas vraiment comme nous, elle préférait de loin passer ses journées dehors. Nous la croisions pour le déjeuner, rarement plus. »
Flora n’était pas d’accord avec se résumé mais n’osa pas contredire sa supérieure. Elle avait passé de bons moments avec la nymphe et l’appréciât encore davantage. Mais il est vrai que cette dernière ne s’était jamais vraiment sentie dans son élément… Et ce n’est pas difficile à comprendre.

« Ca s’est bien passé avec les autres filles ?»
« J’ai envoyé Katharina chez Mieszko pour être certaine qu’elles ne se croisent pas, comme vous l’aviez stipulé. Mais sinon, ça s’est plutôt bien passé avec les autres… A part avec Aélis, qui a refusé de la rencontrer.»
Aélis était une femme magnifique, avec de longs cheveux bonds ondulés, des yeux bleus clair et une plastique irréprochable. Comme toute femme qui se sait belle et désirable, elle avait très tôt apprit à se servir de ses charmes pour obtenir tout ce qu’elle désirait, pourtant, Jehan lui échappait toujours… Car là était bien le problème. Elle avait bien comprit que la nymphe était sa rivale… Le regard de Jehan ou sa manière de parler d’elle ne faisaient aucun doute. Si elle avait été certaine que la jeune femme ne puisse détecter la présence de poison, elle aurait certainement tenté de l’empoisonner… Dans le doute, elle préféra se retirer… le temps de méditer un autre stratagème…

« Et avec Hroswitha ?»
« Ses excentricités l’ont fait sourire, et sa folie ne l’a pas gênée outre mesure. Au contraire, je pense même qu’elle l’a appréciée.»
« Et Anastasia ?»
« Elle s’est montrée assez calme, pas sauvage comme à son habitude. Elle lui a même promis une séance de divination ce soir…»
« Quoi ??? Si c’est encore pour qu’elle fasse ses prédictions lugubres, autant l’annuler ! Je n’ai pas envie qu’elle lui brise le moral… Et puis elle a besoin de se reposer, nous prenons la route dès demain matin !»

Flora s’étonna des questions de son ‘patron’. Toutes portaient sur la semaine qu’avait passée Raviel. Il ne s’occupait même pas de savoir si la boutique avait bien tourné en son absence ou si certains clients s’étaient montrés violents… Elle afficha un léger sourire…
« Vous partez où ?»
« A Flore»
« Je peux venir avec vous ?» demanda-t-elle, les yeux pétillants d’espoir.
« Non»
La réponse était suffisamment sèche pour qu’elle n’insiste pas.

« Où est Neige ?»
« Avec Raviel. Neige avait besoin d’exercice et Raviel de grand air… Ca fait deux heureuses !»
Jehan la dévisagea.
« Tu lui confie un cheval que tu ne pourrais même pas t’acheter avec un an de salaire, sans aucune garantie pour qu’elle te le ramène ? T’es vraiment idiote, c’est pas possible ! Où est-elle partie ?» aboya-t-il.
« Au bord de l’eau, mais je ne sais pas où exactement…» répondit-elle d’une voix sourde.

Il se leva et quitta brusquement la pièce, manquant de bousculer Eleanor qui lui apportait son repas.
« Vous ne voulez pas manger? … … …et prendre un bain ?»


Jehan équipa à nouveau son cheval et partit au galop en direction de l’océan. Il savait qu’au sud, elle ne pourrait trouver que des falaises abruptes… Elle ne pouvait qu’être partie vers le nord. Il chevaucha un bon moment, convaincu qu’il la retrouverait… La jument n’était qu’un prétexte, il avait envie de la voir… elle…

Par chance, il aperçu la jument blanche qui s’ébrouait joyeusement. Elle n’était pas attachée et pourtant, elle ne semblait pas chercher à s’échapper. Il supposa qu’elle avait eu une conversation avec la nymphe, un truc du genre « Je ne t’attache pas, mais ne t’éloigne pas trop, d’accord ?» « Oh oui ! Merci Raviel, je pourrai aller brouter des pâquerettes tranquillement, sans être gênée par une corde. youpiii »… Un truc de nymphe quoi…

Il descendit de cheval et chercha la jeune femme du regard et l’aperçut sur un rocher, dans les lueurs du soleil couchant. Il sentit son cœur qui commençait à s’emballer et s’approcha lentement. Elle chantait. Il s’arrêta quelques instants pour l’écouter, sa voix était d’une telle pureté qu’il en eut presque les larmes aux yeux…

Il s’avança encore et posa sa main sur son épaule. Elle sursauta et tourna la tête brusquement vers lui, il lui souriait.

« Bonsoir beauté. Tu es prête à venir à Flore avec moi ? La princesse y a été vue il y a plusieurs mois maintenant. L'info ne date pas d’hier, mais c’est une piste à ne pas négliger, n’est-ce pas ?»


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Jeu 29 Mai - 0:24
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Perdue dans ses pensées, la jeune femme n'avait même pas entendu Jehan s'approcher. Elle se retourna vivement, prête à se débattre en cas de mauvaise rencontre, mais le regard bleu du mercenaire l'arrêta dans son geste et la rassura. Il était venu la retrouver ? Et il était dans les temps !

« Bonsoir beauté. Tu es prête à venir à Flore avec moi ? La princesse y a été vue il y a plusieurs mois maintenant. L'info ne date pas d’hier, mais c’est une piste à ne pas négliger, n’est-ce pas ? »

Au diable la princesse ! Raviel se leva et sauta au cou du mercenaire. Comme ça, sans réfléchir. Parce qu'elle avait envie de le sentir contre elle, de sentir sa présence et sa chaleur, parce qu'il lui avait manqué et qu'il tombait à point nommé, parce qu'elle voulait qu'il la prenne dans les bras en retour et tant pis s'il était mouillé à cause d'elle. Il était beaucoup plus grand qu'elle, mais elle se tenait sur la pointe des pieds et refusait de le lâcher. Il sentait la sueur, le cheval et la poussière...donc il venait d'arriver de voyage ou alors, il n'avait pas prit le temps de se laver au Nid d'Hirondelle. S'était-il dépêché pour la rejoindre ? L'idée était agréable. Avec un rire, elle lui murmura à l'oreille :

« Tu empestes ! Il va te falloir un bain d'urgence. »

Elle relâcha son étreinte et lui sourit avant de s'écarter d'un pas. D'un mouvement de la tête, elle désigna la jument blanche qui broutait tranquillement près de la plage.

« Je t'ai emprunté un cheval, avec l'accord de Flora. J'aurai pu venir ici en galopant moi-même, mais je préfère me faire un peu discrète et en passant par tes écuries, j'ai remarqué cette jument. Elle s'ennuyait ferme alors je l'ai emmenée se dégourdir les sabots. J'espère que ça ne pose pas de problème. »

Et voilà qu'elle se mettait à se soucier de ce qu'elle avait le droit ou non de faire ? Cette petite semaine toute seule lui avait donné matière à réfléchir, aucun doute. En fait, à force de tourner et de retourner la situation dans sa tête, elle avait fini par reconnaître qu'elle se mettait en travers du chemin de Jehan surtout pour l'énerver. Il était ici chez lui, elle ne pouvait disposer des choses comme elle l'entendait et lui causer des ennuis plus que nécessaire. Il était temps de faire preuve d'un peu de maturité. Ce qui l'amena à autre chose, d'un peu plus gênant. Tellement plus gênant, qu'elle n'osa pas soutenir le regard perçant du mercenaire, préférant se détourner pour aller tremper ses pieds dans les vagues mourantes.

« Et je...je voulais m'excuser pour...la dernière fois. J'ai réagi vivement et je t'ai dis des choses assez...désagréables. C'est la surprise qui m'a fait dire tout ça. Je te demande pardon. »

Plus rare qu'un rayon vert au crépuscule, Raviel qui demande pardon de vive voix. A croire qu'il fallait la laisser plus longtemps toute seule ! A moins qu'il ne s'agisse d'une situation exceptionnelle applicable uniquement à Jehan... Quoi qu'il en soit, cette petite semaine lui avait ouvert les yeux, malgré son désir farouche de les garder fermés. Si elle avait été aussi contrariée par les agissements du mercenaire, c'était principalement parce qu'il ne lui avait pas laissé le choix, choix qu'elle aurait pourtant fait en sa faveur et parce qu'elle n'avait pas eut la grande scène de baiser qu'elle s'était niaisement imaginé depuis l'enfance. Le premier point était de la faute de Jehan, le second était entièrement de la sienne. Si l'idée d'être un trophée de plus était déplaisante, ce n'était pas pour autant qu'elle devait être désagréable.

« T-tu vois je n'aime pas me sentir...obligée. Ni être une parmi tant d'autres. C'est...un peu blessant de savoir qu'on est juste...un nom sur une liste. Mais ça ne justifie pas mon comportement. Je m'en excuse. »

Et maintenant l'honnêteté ? La nymphe elle-même se surprenait. Elle n'aurait jamais été si loin pour personne en temps normal. Qu'est-ce qui clochait chez elle maintenant ? Elle se sentait mal à l'aise, son cœur semblait vouloir s'échapper de sa poitrine et elle sentait ses joues devenir plus rouge de seconde en seconde. Vraiment du grand n'importe quoi ! Elle devait se ressaisir ! Esquissant un sourire détendu, elle tourna la tête pour regarder Jehan à nouveau.

« Je comptais regarder le soleil jusqu'à ce qu'il disparaisse. Il doit rester une heure à peu près...Ça ne te dérange pas ? Il n'y a pas de coucher de soleil aussi beau en forêt. Je profite de la mer autant que possible. »

Et sans attendre plus longtemps la réponse, elle entra à nouveau dans l'eau. Besoin de se rafraîchir les idées, et vite. Elle avança jusqu'à avoir de l'eau à la taille et se baissa pour plonger totalement. Voilà qui était mieux ! Quand elle émergea, elle se sentait beaucoup mieux, moins troublée et les idées en place. Elle n'avait pas dit de bêtises, mais tout ça était quand même trop étrange pour elle. Pourvu qu'il fasse comme si de rien était.





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Jeu 29 Mai - 22:36
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Il n’aurait su dire si c’était cette nouvelle piste pour retrouver la princesse ou sa simple présence qui rendit la nymphe si démonstrative, mais elle lui sauta au cou dans un élan de joie presque palpable. Il la serra contre lui, heureux de pouvoir sentir ce petit corps frêle et tant désiré au creux de ses bras. Elle se retira, trop rapidement à son goût, puis murmura à son oreille, d’un air malicieux :
« Tu empestes ! Il va te falloir un bain d'urgence. »

Il éclata de rire, ne s’étant pas préparé à une telle réplique après un accueil si chaleureux.
« Les filles m’ont fait la même réflexion. C’est qu’il doit y avoir un soupçon de vérité… Par contre, il faudra t’y faire si tu voyages avec moi.» ajouta-t-il en souriant.

Elle recentra la conversation sur la jument qu’elle avait empruntée, consciente que cette prise de liberté eut pu le gêner ou l’énerver. Elle en aurait eu la confirmation si elle avait assisté à l’échange qu’il avait eu avec Flora quelques dizaines de minutes plus tôt, mais il lui glissa doucement une réponse totalement différente :
« Ne t’inquiètes pas pour ça. Tu as bien fait, elle est restée bien assez longtemps enfermée. Et puis, elle m’a aidée à te retrouver, alors c’est pas plus mal…»

L’attitude de la jeune femme changea brusquement, elle parut bien moins assurée, presque gênée, comme si elle cherchait soudain à éviter son regard. Elle lui tourna le dos, fit quelques pas puis trempa ses pieds dans les vagues frémissantes. Il se prépara mentalement à entendre une mauvaise nouvelle : peut-être ne souhaitait-elle pas continuer cette aventure en sa compagnie, et ne trouvait pas les mots pour le lui annoncer ? Contre toute attente, elle s’excusa du comportement qu’elle avait eu envers lui le jour de leur dispute. Il resta bouche-bée, ne sachant que répondre. Pourquoi lui demandait-elle pardon alors qu’elle n’avait rien à se reprocher ?!

« T-tu vois je n'aime pas me sentir...obligée. Ni être une parmi tant d'autres. C'est...un peu blessant de savoir qu'on est juste...un nom sur une liste. Mais ça ne justifie pas mon comportement. Je m'en excuse.»
Elle avait annoncé ces dernières phrases avec une voix légèrement chevrotante, où chaque mot semblait tout droit sorti de son cœur. Elle avait l’air si fragile qu’il aurait aimé la prendre à nouveau dans ses bras. Il ne savait comment interpréter ces paroles mais pouvait en ressentir la douleur. De quelle liste parlait-elle au juste ? De la liste de toutes les femmes qu’il avait embrassées ? Mais en quoi était-ce si important, puisqu’elle l’avait rejeté ? Il voulu lui répondre mais cette dernière le coupa en changeant radicalement de sujet : elle souhaitait simplement profiter du coucher de soleil.
« On fait comme tu voudras…»

Elle plongea dans l’eau et disparut sous les flots calmes. Il enleva ses chaussures et remonta son pantalon au niveau des genoux. Il profita quelques instants de la sensation du sable mouillé qui lui caressait les pieds puis les plongea dans l’eau fraiche.
« Ouh Ouh Ouh, elle est froide !» s’exclama-t-il en dansant sur ses deux pieds, comme si ça allait l’aider à se réchauffer. « Si c’est une ruse pour que je viennes me laver, bah c’est raté !»

Il n’avait pas prit le temps de contempler de coucher de soleil depuis bien longtemps, et il resta émerveillé devant ce spectacle. Il était toujours à courir à gauche et à droite et ne profitait même plus des moments simples et parfaits comme celui-ci.
« Tu sais, il y a de très beaux couchers de soleil en montagne aussi… D’ailleurs, c’est dans des instants comme celui-ci que les montagnes de mon enfance me manquent…» Il s’était mit à parler tout seul, ne sachant pas si la nymphe l’écoutait. Elle était comme plongée dans son monde et semblait profiter de l’élément liquide au maximum. Après quelques minutes de silence, il continua :
« Par contre, il ne faudrait plus trop tarder, les chevaux n’aiment pas marcher de nuit, et c’est beaucoup plus dangereux…»

Elle sortit de l’eau pour regagner le rivage et s’approcha de lui par la même occasion.
« En tout cas, tu n’avais pas à t’excuser tout à l’heure… C’est moi qui ai eu tord sur toute la ligne, et ce n’est pas de ta faute si je suis une grosse brute qui ne sais pas refréner ses pulsions. Et puis ne te fais pas de soucis avec cette liste, pour peu que j’en tienne vraiment une, ton nom n’y apparaît pas… Aux dernières nouvelles, tu ne m’as pas rendu ce baiser… donc tu pourras encore le réserver à celui que tu aimes… Tiens, j’ai une idée, on pourra même faire un petit détour pour rendre visite à Stolon, qu’en penses-tu ?»


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Ven 30 Mai - 11:55
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« Si c’est une ruse pour que je viennes me laver, bah c’est raté !»

Raviel ne se retourna pas, mais pouffa de rire en silence. Dommage qu'il soit aussi frileux, faire trempette ne lui aurait pas fait de mal. Le soleil jetait ses derniers feux sur l'océan, transformant les vagues en une matière dorée et brillante. La nymphe écouta d'une oreille ce que disait Jehan, mais n'osa pas répondre. Elle n'avait jamais été en montagne, elle n'arrivait pas à les imaginer autrement que comme une petite ligne de bosses bleutées qu'elle pouvait voir depuis Flore les jours de beau temps. Jamais elle n'aurait deviné que le mercenaire avait passé son enfance là-bas, ça pouvait expliquer son caractère d'ours mal léché. En partie.

« Par contre, il ne faudrait plus trop tarder, les chevaux n’aiment pas marcher de nuit, et c’est beaucoup plus dangereux…»

Elle hocha la tête et revint vers le rivage. Au revoir la mer, au revoir le sable. Il était temps de rentrer maintenant.

« En tout cas, tu n’avais pas à t’excuser tout à l’heure… C’est moi qui ai eu tord sur toute la ligne, et ce n’est pas de ta faute si je suis une grosse brute qui ne sais pas refréner ses pulsions. Et puis ne te fais pas de soucis avec cette liste, pour peu que j’en tienne vraiment une, ton nom n’y apparaît pas… Aux dernières nouvelles, tu ne m’as pas rendu ce baiser… donc tu pourras encore le réserver à celui que tu aimes… Tiens, j’ai une idée, on pourra même faire un petit détour pour rendre visite à Stolon, qu’en penses-tu ? »
« Oh euh...Oui d'accord ! Ça lui fera plaisir je pense ! »

Et elle aurait l'occasion de lui dire vraiment au revoir, à lui aussi. Le voyage serait long et s'ils retrouvaient vraiment la princesse, elle ne quitterait peut-être pas la forêt de si tôt. Ce qu'elle ne comprenait pas vraiment c'était pourquoi il proposait ce détour tout à coup, alors que la conversation était orientée sur autre chose. Le lien logique lui échappait. Elle siffla Neige et la jument revint au petit trot pour laisser la jeune femme fouiller dans ses sacs de selle. Elle en tira une grande serviette avec laquelle elle se sécha rapidement. Avec la nuit qui tombait, elle sentait le froid venir. Puis elle enfila la longue tunique avec laquelle elle était venue. Se promener en sous-vêtements en ville n'était pas des plus discret tout de même... Ainsi vêtue, elle enfourcha sa monture et suivit Jehan sur le chemin du retour. Ils ne tardèrent pas à rejoindre le port, juste à temps puisque les premières étoiles s'allumaient dans la voûte céleste. Le Nid d'Hirondelle commençait à recevoir sa clientèle nocturne, autant dire que ce n'était pas moment de la journée que préférait la nymphe.

Les cheveux bouchonnés et nourris, les deux voyageurs purent rejoindre l'intérieur. On les y attendait avec des mines un peu inquiètes, ce qui ne manqua pas d'intriguer Raviel. Y avait-il matière à s'inquiéter ? Mais les filles les accueillirent avec un sourire, sans évoquer un éventuel problème, aussi la jeune femme ne s'attarda-t-elle pas sur cette réflexion, préférant montrer le plus vite possible vers la partie "habitation" et ne pas croiser trop d'hommes. Rak l'attendait dans sa chambre.


« Toi, tu as été à la plage. »
« Comme toujours. »
« Tu sens l'eau de mer. »

Raviel porta son bras à son nez pour vérifier les allégations de son compagnon ailé. En effet, elle sentait le sel et les algues, pas vraiment fort mais assez pour qu'on s'en rende compte si on l'approchait. Beurk ! Finalement, elle aussi aurait bien besoin d'un bain ! Elle passa la tête par sa porte et appela Jehan.

« Laisse moi de l'eau chaude dans ton bain, moi aussi je dois me laver. Je sens le mollusque, c'est horrible. »

Déclaration que le corbeau ponctua d'un croassement moqueur.





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Dim 1 Juin - 14:01
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Jehan aurait aimé venir la rejoindre au milieu des vagues, profiter avec elle de ces derniers instants avant un départ imminent. Mais il ne savait pas nager… Alors, les mollets dans l’eau, c’est déjà pas mal ! Il l’observait attentivement et s’étonnait encore de ce rapport presque fusionnel qu’elle entretenait avec la nature. Bien évidemment, il ne manquait pas non plus de détailler chaque centimètre de son corps splendide, fantasmant des scènes qui ne se produiront certainement jamais.

Il ressassait en boucles les mots de la nymphe, se demandant s’ils ne lui étaient pas directement destinés, si elle ne lui demandait pas simplement de veiller sur ses sentiments puisqu’elle était prête à lui offrir son cœur… Il voulut s’en assurer en mettant en relation ‘celui que tu aimes’ avec ‘Stolon’. La réponse tomba brutalement, c’était ‘Oui’… Il s’était encore trompé… Il ne comprenait décidemment rien aux femmes !

Une fois à la maison, il se précipita vers la salle où Eleanor lui avait fait couler un bain. Il avait hâte de pouvoir se délasser tranquillement avant de commencer les préparatifs pour le voyage à venir. Il commença par ôter son pourpoint de cuir et entendit une voix :

« Laisse moi de l'eau chaude dans ton bain, moi aussi je dois me laver. Je sens le mollusque, c'est horrible.»

Ces quelques mots le firent sourire. Il sortit de la pièce pour aller rejoindre la jeune femme. Même s’il ne trouvait pas que l’odeur était aussi repoussante qu’elle voulait le faire croire, il ne sentait rien du tout en fait, mais décida tout de même d’en jouer.
« Je ne savais pas trop d’où venait cette odeur nauséabonde, c’était de toi en fait! Je te laisse le bain, tu en as encore plus besoin que moi !»
Elle lui lança une grimace amusée puis décida de profiter du bain encore bien chaud.

Flora entra dans la pièce quelques minutes plus tard.

« Jehan m’a demandé de venir vous aider pour le bain… Comme quoi il y aurait beaucoup de travail…» Elle sourit « Il est bête parfois… Mais je crois qu’il vous aime bien…»
Sans attendre, elle lui présenta deux grandes fioles.
« Je vous propose de l’essence de fleurs des montagnes pour parfumer votre bain. Jehan adore cette odeur. Il en a acheté un tel nombre qu’on ne sait même plus quoi en faire ! Mais moi, personnellement, je vous conseille cette essence de rose, c’est ma préférée… Et elle plait beaucoup aux hommes aussi…»
Flora s’étonna du choix de la nymphe, qui préféra les fleurs de montagne. Etait-ce parce que c’était l’odeur préférée de Jehan ? Ou peut-être pour ne pas déranger, parce qu’elles en avaient en quantité plus que suffisante… Ou simplement par goût personnel… Peu importe finalement. Elle versa le contenu de la fiole dans l’eau du bain, qui embauma immédiatement l’ensemble de la pièce.

Flora s’appliquait à laver les cheveux de la nymphe quand une jeune femme entra. C’était Anastasia, une jeune femme avec des cheveux noirs qui lui arrivaient jusqu’aux oreilles, la peau claire, des yeux maquillés d’un noir prononcé et les lèvres peintes d’un rouge vif. Elle était jolie mais sa présence inspirait une sorte de crainte indescriptible.

« Je vous attends toutes les deux. Rejoignez moi dans ma chambre…»
Sur ces quelques mots annoncés plutôt sèchement, elle quitta la pièce.
« C’est vrai qu’elle voulait faire une séance de divination… Vous êtes certaine de vouloir y aller ? Moi, je n’ai jamais voulu en faire… Parce que ce sont mes rêves qui me font tenir et me donnent envie de me lever chaque matin. Je rêve d’avoir des enfants, une charmante petite maison et me marier avec Aymeric… Je ne vous ai jamais parlé de lui ? C’est le fils de l’herboriste… Ce n’est pas très gentil à dire, mais je suis presque contente quand Jehan revient blessé, parce que je peux aller chercher toutes sortes de remèdes chez lui… Je sais très bien qu’un homme comme lui ne s’intéressera jamais à moi, mais j’ai besoin d’y croire. A quoi sert une vie sans rêves ?»
Même si les explications de Flora semblèrent toucher la nymphe, la curiosité l’emporta.

Une fois la toilette terminée, elle se rendirent dans la petite chambre d’Anastasia où s’amoncelaient des centaines d’objets étranges sans aucune utilité apparente.

« Enfin, vous voilà. Assieds-toi dans ce fauteuil.» lui dit-elle en présentant de la main un large siège en velours rouge.
Une autre femme se tenait dans la pièce, une magnifique blonde aux longs cheveux ondulés. Les vêtements suggestifs qu’elle portait laissaient deviner ses courbes parfaites. Elle s’approcha de la nymphe.
« Bonjour Raviel. Nous n’avons pas encore eu l’occasion de nous rencontrer mais j’ai déjà beaucoup entendu parler de vous. Je m’appelle Aélis, heureuse de faire enfin votre connaissance.»
Elle lui fit la bise et lui présenta un large sourire chaleureux... mais ses yeux disaient tout le contraire.

Avant même qu’elle ne puisse répondre quoi que ce soir, elle sentit une piqure sur son bras. Anastasia venait de lui trouer la peau avec une aiguille.

« Ne t’inquiètes pas, j’ai juste besoin de quelques gouttes de sang pour la prédiction. Ca va bien se passer.»
Flora lui mit une main sur l’épaule, comme pour dire qu’elle était avec elle pendant cet étrange moment et qu’elle la soutenait quoi qu’il arrive. Aélis s’était reculée dans un coin de la pièce.

Anastasia versa les quelques gouttes prélevées dans une large soucoupe en bronze où brûlaient déjà une étrange mixture. Un nuage de fumée rougeâtre se répandit dans la pièce. La « prêtresse », comme on l’appelait parfois se mit à avoir quelques convulsions. Quelques secondes plus tard, les yeux toujours révulsés, elle sembla habitée par une présence inconnue. D’une voix étrange, presque inhumaine, elle se mit à parler…

« Je vois… Je vois un problème de santé… L’arbre de vie… De la lumière… Une couronne… Puis… Une bataille… Du sang… Beaucoup de sang…»
Anastasia se réveilla instantanément de ce sommeil forcé. Ses yeux écarquillés laissaient transparaitre une sorte de peur. Ayant du mal à contenir ce flux trop intense d’informations, elle quitta la pièce précipitamment.

Aélis, avec un petit sourire en coin, la suivit, attrapant au passage Flora par le bras.

« Allez Flo, il faut aller travailler maintenant! Tu ne voudrais pas que Jehan se mette en colère ?»
Elle se laissa faire, même si une partie d’elle-même ne souhaitait pas laisser Raviel seule après une prédiction aussi funeste. La nymphe regagna certainement sa chambre car personne ne la revit avant le petit matin.
Jehan n’avait pas dormi longtemps, mais ces quelques heures de repos lui furent bénéfique. Harassé par la fatigue, il avait sombré dans un sommeil sans rêves, et sans cauchemars… Comme si la simple présence de la nymphe les avaient faits disparaître.

Il s’était levé au petit matin pour finaliser les derniers préparatifs. Il était allé voir Mieszko pour lui confier la lourde mission de veiller sur son affaire en son absence. Ce dernier avait accepté sans trop hésiter, le travail se faisant rare en cette période difficile.

Quand Raviel entra dans la cuisine, Jehan était assis à la grande table en train de dévorer un petit déjeuner et Eleanor finalisait la préparation de petits pains croustillants, prévus pour le voyage.

« Bonjour Raviel, j’espère que vous avez bien dormi ? »
« C’est pas flagrant. C’est le voyage qui te donne cet air maussade ? Ou est-ce parce que tu n’es pas encore tout-à-fait réveillée ? Viens manger un petit bout, on doit prendre la route bientôt…»

Un peu plus tard, le cheval de Jehan était déjà scellé. Eleanor y attacha le dernier sac de provisions pour le voyage. Jehan se tourna vers la nymphe et lui demanda :
« Tu es prête ? Tu montes avec moi où préfères-tu te changer en oiseau ou en biche ?»
Flora déboula dans la rue, elle venait vraisemblablement de se réveiller car les signes du sommeil n’avaient pas encore totalement quittés son visage. Elle se jeta au cou de Raviel et lui chuchota à l’oreille :
« Vous savez, aucune prédiction n’est gravée dans le marbre, vous pouvez tout faire changer. Je prierai tous les jours pour que vous puissiez réussir dans votre mission. Faîtes bien attention à vous.»

Par sa fenêtre, Aélis regarda Jehan et Raviel s’éloigner. Elle se mit à sourire. Pendant la nuit, elle avait prit soin de changer l’eau d’une des gourdes pour le voyage en une infusion à la violette que Jehan n’appréciait pas vraiment… et l’avait empoisonnée…
« Adieu ma jolie…»


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Mer 4 Juin - 1:23
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La nymphe aurait pu se vexer, si elle n'avait pas lu l'éclat malicieux dans le bleu des iris du mercenaire. En guise de réponse, elle lui tira la langue accompagné d'un "gnagnagna...Et c'est toi qui dit ça." qui ne parvint pas à dissimuler son sourire. C'était un de ces précieux mais trop rares instants où elle se sentait le plus proche de lui. La cuve pleine d'eau chaude semblait l'appeler et sans hésiter elle se glissa dedans avec un soupir d'aise. Durant les voyages, on regrette trop vite de ne pas avoir prit de bain en partant, ce genre de luxe étant parfaitement impensable. Au mieux on faisait sa toilette dans le cour d'un ruisseau bien froid. Elle allait se saisir du savon quand Flora entra pour lui proposer deux essences différentes pour l'eau. Curieuse, la nymphe demanda à les sentir avant de faire son choix, bien qu'en son for intérieur elle sache déjà laquelle prendre. L'aide de la jeune fille fut la bienvenue et Raviel eut l'impression de revenir quatre ans en arrière.

L'arrivée un peu abrupte d'Anastasia la fit presque sursauter, mais elle n'en tint pas rigueur à la demoiselle. Cette étrange humaine avait des manières un peu brutales et paraissait venir d'un autre onde, ce qui en effrayait plus d'un, mais elle avait une certaine douceur dans le regard qui contredisait son ton et qui mettait la nymphe en confiance.


« Je vous attends toutes les deux. Rejoignez moi dans ma chambre… »

Elle hocha la tête avec un petit sourire. Jamais elle n'avait croisé de personne capable de lire l'avenir et l'expérience promettait d'être intéressante ! Elle écouta les crainte de Flora avec bienveillance mais ne renonça pas à se rendre chez la "voyante" après s'être rhabillée.
La pièce avait un côté un peu oppressant, mais Raviel ne sut dire si cela venait de la décoration ou de la présence d'une femme qu'elle n'avait jamais vu jusqu'à présent. Elle était grande et belle, mais quelque chose en elle dérangeait. La nymphe lui rendit son sourire sans se défaire de cette impression de malaise. Aelis lui faisait penser à un serpent et elle ne nourrissait pas beaucoup d'affection pour cet animal. Cependant, Anastasia détourna vite son attention. Assise dans la pénombre, face à une grande coupe de métal, elle s'adonna à ses rituels tandis que la nymphe prenait place dans le siège qu'on lui avait désigné, curieuse de voir ce qui allait se passer. Elle ne s'attendait pas à voir la prophétesse réagir aussi violement et se demanda un instant s'il ne fallait pas lui venir en aide. Mais une voix désincarnée la cloua sur place.


« Je vois… Je vois un problème de santé… L’arbre de vie… De la lumière… Une couronne… Puis… Une bataille… Du sang… Beaucoup de sang… »

Raviel n'osait même plus respirer. Tout le monde quitta la pièce sans qu'elle s'en rende vraiment compte et elle resta seule avec ses pensées. La prédiction était-elle chronologique ? Quand prendrait-elle effet ? Quel était cet arbre de vie ? La couronne désignait forcément Eolia mais si elle était associée à une bataille...Se pourrait-il que la princesse trouve bientôt la mort ? Les questions se bousculaient dans sa tête et elle finit par se lever pour rejoindre sa chambre. Rak attendait de l'autre côté de la vitre pour qu'on lui ouvre. Il se percha sur le dossier d'une chaise et étudia un moment l'expression de son amie qui était assise sur son lit, les yeux perdus dans le vide.

« A quoi est-ce que tu penses ? »
« A l'avenir... »
« Ce n'était pas aujourd'hui que devait revenir l'humain au sale caractère ? »
« Si. D'ailleurs il est revenu. Nous avons eut une petite discussion, les choses sont arrangée. »
« Alors pourquoi cette mine ? »

Raviel posa son regard argenté sur le corbeau et lui sourit avant de tendre la main pour l'inviter à se poser dessus. Elle caressa les plumes de l'oiseau du bout des doigts en lui racontant ce qu'elle venait de vivre.

« Je ne sais pas à quel point on peut se fier à cette prédiction, mais je n'ai parler de la mission à personne, alors cette histoire de couronne m'inquiète. Pour le problème de santé, je ne me fais pas trop de soucis, ça peut être un simple rhume, ce qui ne m'étonnerait pas vu le temps que j'ai passé en mer alors qu'il y avait du vent. Les éléments les plus effrayants sont l'arbre de vie et la bataille sanglante... »
« Je trouve ça facile d'annoncer une bataille dans un monde en guerre. »
« Elle a annoncé une bataille dans mon avenir. Qu'est-ce que j'irai faire dans un conflit ? Je suis bonne à rien avec mes pouvoirs, je fuis les situations dangereuses alors pourquoi il devrait y avoir autant de sang dans mon avenir ? »
« C'est inévitable pour les deux-pattes de se retrouver un jour ou l'autre dans un combat, même pour les nymphes comme toi. Il va falloir t'y préparer. »
« J'espère que cette bataille n'aura rien à voir avec la princesse...J'imagine que c'est à elle que faisait référence l'image de la couronne. »
« Tu pars dès demain à sa recherche, je suis certain que nous la retrouverons vite. Peut-être que nous pourrons changer cette prédiction ? »
« Nous verrons bien. »

Les deux amis discutèrent encore un moment avant que la jeune femme ne s'endorme, fatiguée par sa journée et les derniers événements. Pour une fois, son sommeil fut troublé par des visions inquiétantes. Ce n'étaient pas vraiment des cauchemars, mais à son réveil, elle avait l'impression de ne pas s'être totalement reposée. Comme si son esprit avait travaillé durement pour fuir son inquiétude. C'est donc habillée de pied en cape mais la mine un peu froiss&e que Raviel avait rejoint la table du petit déjeuner. Tout le monde était déjà là.

« Bonjour Raviel, j’espère que vous avez bien dormi ? »
« Oui, merci »
« C’est pas flagrant. C’est le voyage qui te donne cet air maussade ? Ou est-ce parce que tu n’es pas encore tout-à-fait réveillée ? Viens manger un petit bout, on doit prendre la route bientôt…»

La nymphe lui adressa un sourire un peu tendu mais n'ajouta rien. Manger lui redonna des forces et elle chassa ses idées noires. Ce n'était pas le moment de se ronger les sangs, il ne fallait pas prendre ces prédictions pour quelque chose de vrai et immuable. Rak avait sans doute raison, si elle faisait attention, elle pouvait évier le pire.
Dehors il faisait beau et le soleil l'accueilli avec douceur. Le cheval de Jehan, quoi que lourdement chargé, était un animal solide avec de l'endurance, elle décida donc de monter derrière le cavalier. Au moment où elle allait se hisser en croupe, Flora sortit en trombe de l'établissement pour la serrer dans ses bras. Raviel sourit et lui rendit son étreinte. Elle aussi était triste de devoir la quitter si vite.


« Merci pour tout Flora. Je reviendrais te voir, je te le promet. Et n'hésite pas à aller le voir, ce beau garçon, tu es jolie comme un cœur alors il ne peut que tomber sous ton charme. Sois heureuse, tu le mérite. »

Et elle monta derrière le mercenaire qui talonna sa monture. Un étrange pressentiment lui serrait le coeur, mais elle ne savait pas de quoi il s'agissait. Alors elle entoura la taille de Jehan de ses bras, posa sa joue contre son dos et attendit qu'ils soient arrivés. Elle lui avait indiqué la route à suivre, ce n'était pas bien loin. En deux heures ils arrivèrent à destination : le petit village niché entre deux collines, presque au bord de l'eau, se réveillait tranquillement. La nymphe mit pied à terre une fois qu'ils furent dans les rues et elle conduisit le cheval par les rennes jusqu'à une impasse que le lierre marin avait envahit, lui donnant un petit côté féérique. On pouvait entrevoir les murs blanchit à la chaux entre les feuilles vertes. Elle toqua à la porte qui se trouvait tout en fond, un large sourire aux lèvres.

« J'arrive ! » répondit une voix de stentor depuis l'intérieur.

Stolon était un garçon à la carrure d'ours, grand comme une armoire, les cheveux blonds cendrés et un air de profonde gentillesse gravé dans son sourire. Malgré les battoirs qui lui servaient de mains, il était capable de beaucoup de douceur, de patience et de minutie. Quand il ouvrit la porte et découvrit qui se cachait derrière, son regard vert sombre s'illumina et il sortit pour attraper la nymphe par la taille et la soulever aussi facilement qu'une enfant. Son rire grave roula contre les murs de la petite ruelle.

« Raviel ! Je ne pensais pas te revoir si vite ! C'est un bonheur que tu sois revenue ! »
« Je te l'avais promis ! Je suis moi aussi heureuse de te revoir Stolon ! »

Ils s'étreignirent un instant avant qu'il ne la repose par terre et l'invite à entrer d'un geste. A ce moment là, il aperçu Jehan un peu plus haut dans la rue. Son regard se fit interrogateur.

« Viens ! Je ne peux pas faire les présentations si tu restes aussi loin. » lança Raviel avec un sourire en tendant la main vers Jehan.

Dès qu'il fut à ses côtés, elle reporta son attention sur son ami. Les deux hommes étaient bien plus grands qu'elle et faisaient d'ailleurs sensiblement la même taille, pourtant le guérisseur donnait l'impression d'être encore plus grand que le mercenaire. Son sourire s'était fait moins chaleureux, mais il restait poli.


« Stolon, je te présente Jehan. C'est celui dont je t'ai parlé en venant ici, il m'aide dans mes recherches. Jehan, voilà Stolon, le guérisseur qui m'a hébergé avant que je ne te rejoigne. »

Le géant blond tendis une main à son invité et la lui serra (peut-être un peu plus fort qu'il n'aurait dû) avant de les faire entrer tout les deux. L'intérieur était plutôt spacieux, propre et assez dépouillé bien que les murs soient agrémentés de nombreuses petites étagères où reposaient des bocaux et des fleurs séchées. La nymphe entra sans hésiter, inspirant profondément comme pour se réapproprier l'odeur de plante légèrement entêtante qui régnait.

« Je vais vous préparer quelque chose de chaud à boire. »
« On ne va pas te déranger longtemps, ne t'en fais pas. En fait, je passais pour te dire au revoir. »

Stolon pencha la tête sur le côté avec la même expression que celle qu'ont les chiens quand ils ne comprennent pas ce qu'on leur demande. Pourquoi au revoir puisqu'elle venait d'arriver ?

« Je pars pour Flore aujourd'hui avec Jehan. Ma route continue là-bas et nous ne nous reverrons pas avant un moment. »
« Oh...C'est donc un au revoir pour longtemps. Est-ce que tu reviendras ? »
« Oui, dès que ça me sera possible. Maintenant, je sais où tu vis et je n'oublis pas que je t'ai fais une promesse. »
« Bah, oublis, ce n'est pas grave ça. Si tu reviens, je serai plus heureux que ce soit pour me revoir que pour m'apprendre des choses ! »
« Mais bien sûr que ça sera pour te revoir, bêta. Ne t'en fais pas, je repasserai par ici. »

Le guérisseur sembla satisfait de la réponse et hocha la tête. Il était content qu'elle ai pensé à lui avant de s'en aller. Une idée lui vint alors à l'esprit et il demanda à la nymphe de le suivre. Sous entendu, Jehan pouvait prendre racine dans la cuisine, il n'était pas invité. Les deux compères se retrouvèrent dans la pièce où étaient préparées les décoctions. Stolon fouilla un instant puis se retourna pour mettre dans les mains de Raviel une toute petite fiole contenant un liquide doré, semblable à du miel. La jeune femme sembla émerveillée.

« Tu as réussi ? »
« Oui. Ca a été difficile, mais je suis en train de retenter l'expérience et si elle est concluante, je pense que je pourrais ajouter ça à la liste des produits que je vend. Chez bien sûr, c'est beaucoup plus dur à réaliser que je ne pensais et la quantité de plantes est assez importante comparée au résultat mit en bouteille...Mais j'ai déjà testé son efficacité. Les résultats sont excellents. »

Depuis longtemps, l'herboriste travaillait sur une formule très spéciale de contre-poison universel. Un produit qui serait capable de neutraliser la plupart des toxines, ou au moins d'éviter la mort à la victime. Il fallait un nombre ahurissant de réactifs et la préparation demandait beaucoup de patience et d'attention, qu'il s'agisse tu temps de cuisson ou de la quantité, mais grâce à l'aide de Raviel le jeune homme était parvenu à un bon résultat. Pour faire mieux, il lui fallait demander l'aide d'un alchimiste ou d'un magicien.
La nymphe prit la fiole avec reconnaissance et remercia pour ce précieux cadeau. Le guérisseur croisa les bras, un peu gêné.


« Alors comme ça...C'est ce type, Jehan ? Et tu vas vraiment voyager avec lui malgré ce qu'il t'a fait ? »
« J'ai confiance en lui, ça se passera bien. »
« J'imagine que c'est mieux que de faire le trajet toute seule...Mais promet moi de faire bien attention à toi quand même. J'aurais été plus rassuré si tu avais choisi quelqu'un d'autre. »
« Il est le seul qui puisse vraiment m'aider. »
« Je ne pensais pas à ce genre de choix, ma belle. Je suis peut-être un peu benêt pour certaines choses, mais la lueur dans ton regard ne trompe personne. Alors fais bien attention à ce drôle d'oiseau. Il n'a pas le droit de te faire du mal. »

La jeune femme rougit un peu mais sourit. Elle comprenait où voulait en venir son ami et hocha la tête pour lui signifier qu'elle prenait ses paroles en compte. L'herboriste lui rendit son sourire et tout deux rejoignirent la cuisine où se trouvait le mercenaire. Stolon ouvrit la porte et laissa sortir Raviel après l'avoir serré contre lui, se mettant volontairement entre Jehan et la sortie. La nymphe se dirigea vers le cheval resté à l'extérieur et son grand ami en profita pour se retourner et toiser le mercenaire.

« Je vous conseille de prendre bien soin d'elle si vous ne voulez pas avoir à faire à moi. Elle mérite au moins ça. Notre monde compte trop peu d'être aussi purs et fragiles, il faut préserver ces créatures quand nous le pouvons. Son cœur a déjà trop souffert, si vous le brisez ça ne sera pas sans conséquences pour vous non plus. »

Il s'écarta pour laisser le champ libre au mercenaire et malgré le défi qui transparaissait dans son regard, il lui tendit la main pour le saluer. Une façon de sceller aussi la promesse que le mercenaire devait faire de préserver la jeune femme. C'était son travail de se salir les mains, alors qu'il le fasse. Stolon ne pouvait qu'être un peu déçu que Raviel ne reste pas en sa compagnie, une présence aussi douce que la sienne, surtout pour un herboriste proche de la nature, était une vraie bénédiction. Mais elle avait déjà destiné son cœur à quelqu'un d'autre et il ne pouvait rien faire de plus que lui souhaiter du bonheur et de la chance.

Les deux voyageurs se remirent en route. Ils ne firent pas vraiment de pause, préférant un rythme plus lent et plus régulier pour économiser le cheval que de galoper vers leur destination. Il fallait compter au moins trois bon jours de marche avant d'arriver à la lisière de Flore. Le soleil leur donna vite soif et la nymphe s'occupa de sortir la gourde des sacs. L'odeur de violette était assez forte pour que Jehan la sente et fronce le nez avec un air de dégoût. Tiens, pourquoi avait-on remplit une des gourdes avec une infusion ? Raviel supposa que cette attention lui était destinée puisqu'elle aimait ce genre de boisson. Elle laissa donc la deuxième gourde à son compagnon et bu de longues gorgée de la sienne. Un étrange goût un peu amère la surprit, mais elle le mit sur le compte d'une infusion mal préparée ou de la gourde en elle même. Il se passa à peine quelques minutes avant qu'elle ne se sente pas très à son aise. Sa bouche était sèche comme une vieille semelle alors qu'elle venait d'étancher sa soif et elle se sentait étourdie.


« Jehan, est-ce qu'on peut s'arrêter un moment ? J'ai besoin d'une pause... »

Ses mains tremblaient et dès qu'elle descendit de cheval, ses genoux faillirent se dérober sous elle. Sa poitrine lui faisait également mal, elle se sentait essoufflée sans savoir pourquoi. Mais pourquoi le sol tanguait-il aurait ? Elle décida de s'asseoir dans l'herbe et se laissa tomber plus qu'autre chose. Le monde continuait de tourner autour d'elle de façon menaçante. Elle se prit la tête à deux mains et tenta d'inspirer profondément en fermant les yeux. Ce n'était qu'un coup de chaud, elle retrouverait vite le contrôle d'elle-même. Le sang battait à ses tempes comme si elle avait couru sur plusieurs kilomètres, ses membres tremblaient plus forts. Elle ne pouvait pas s'arrêter trop longtemps ! Il fallait qu'elle retrouve la princesse avait qu'il ne lui arrive malheur ! La soudaine sensation que quelque chose de terrible était arrivé la saisi à la gorge et la panique monta en vagues successives. C'était dément, pourquoi avait-elle l'impression d'être en danger tout à coup ? Elle devait se calmer, respirer ! Mais l'impression ne faisait que grandir et elle gémit, se recroquevillant sur elle-même sans pouvoir échapper à son esprit. En quelques minutes son état était passé de légèrement molesté à vraiment inquiétant. Raviel, agenouillée par terre, les mains sur les oreilles, tentait de faire taire la panique qui s'en prenait à elle. Elle s'était mise à marmonner les paroles d'une chanson que Sienna chantait quand elle faisait des cauchemars, enfant, et entrecoupait sa litanie par des paroles apaisantes que les adultes servent souvent aux enfants pour les calmer. Pourquoi avait-elle l'impression que si elle ouvrait les yeux, la bête qui se tapissait dans son dos allait lui sauter à la gorge ? Parce qu'il y avait une bête derrière elle, elle en était convaincue, elle pouvait la sentir respirer sourdement.

« Jehan...Je t'en supplie, fais-la partir...Je t'en supplie... » se mit-elle à implorer, les larmes aux yeux.





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Lun 9 Juin - 19:48
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Jehan regrettait déjà d’avoir proposé cette visite chez Stolon avant leur départ pour Flore. Qu’est-ce qui lui était passé par la tête ? C’était une idée vraiment stupide, il aurait mieux fait de se mordre la langue au lieu de dire de telles âneries! S’il avait pu faire marcher son cheval à reculons, il l’aurait certainement fait tant l’idée de rencontrer l’homme qui avait ravit le cœur de sa belle le rebutait. Même en trainant le pas, le voyage ne fut pas très long, à peine deux heures. Raviel semblait enchantée et arborait un large sourire réjoui qui rendit Jehan encore plus sombre.

La vue de Stolon le déstabilisa : il pensait pouvoir le dominer d’au moins une ou deux têtes, l’avait imaginé fin, presque frêle, mais cet homme avait une carrure presque identique à la sienne, voire plus imposante encore. Il se renfrogna en observant leur scène de retrouvailles, et constata presque avec dégoût qu’ils allaient bien ensembles. Il s’apprêtait à faire demi-tour quand la nymphe le rappela à l’ordre et lui demanda de s’approcher. Prit au piège, il s’exécuta.

Elle fit de rapides présentations. Son rival lui serra la main fermement, trop fermement à son goût. Il avait comprit le message, malgré son air jovial, Stolon semblait aussi enchanté que lui de le rencontrer. Jehan le dévisagea tout en lui rendant un sourire un peu forcé. Leur hôte les invita à entrer dans la grande pièce principale et se proposa de leur servir une boisson chaude. Pour le plus grand plaisir de Jehan, Raviel annonça presque d’emblée leur départ imminent pour Flore et il s’amusa de l’apparente incompréhension du guérisseur. Par contre, l’échange mielleux qui suivit fit aussitôt tomber sa soudaine bonne humeur. C’était l’évidence même qu’elle reviendrait, alors pourquoi jugeait-il bon de s’en assurer ?

Stolon demanda à la nymphe de le suivre dans une autre partie de la maison, sans même se soucier du mercenaire qu’ils abandonnèrent au milieu de la cuisine. Jehan s’offusqua quelques instants de ce manque de considération puis se radoucit, c’était peut-être mieux de rester seul ici plutôt que de tenir la chandelle aux tourtereaux. Peut-être avait-il déjà eu droit au baiser qu’elle rêvait de lui offrir ? A cette pensée, son cœur se serra et ses poils se hérissèrent puis son visage se teinta d’une mine sombre. A quoi bon espérer ? Il savait très bien qu’elle méritait un homme mieux que lui, un homme qui saurait la rendre heureuse et prendre soin d’elle… Il s’assit autour de la grande table centrale et patienta pendant quelques minutes qui lui parurent durer des heures. D’ailleurs, il attendait toujours sa boisson chaude !

Quand ils apparurent à nouveau dans la pièce, les joues rosies de Raviel lui donnèrent un frisson. Stolon raccompagna la nymphe à la porte et la laissa partir après l’avoir serrée chaleureusement contre lui. Jehan se leva, heureux de pouvoir enfin quitter cette maison mais se heurta à un mur.

« Je vous conseille de prendre bien soin d'elle si vous ne voulez pas avoir à faire à moi. Elle mérite au moins ça. Notre monde compte trop peu d'être aussi purs et fragiles, il faut préserver ces créatures quand nous le pouvons. Son cœur a déjà trop souffert, si vous le brisez ça ne sera pas sans conséquences pour vous non plus.»

Le guérisseur lui avait tendu la main mais il refusa de la lui serrer. A la place, il le regarda droit dans les yeux, comme pour montrer que son air de défi ne l’impressionnait pas. Il avait certainement un avantage sur son rival : lui était capable de tuer.
« Je prendrai soin d’elle et je veillerai à ce qui ne lui arrive rien… Quant-à toi, je te conseille de ne plus me menacer comme tu viens de le faire. Ca m’embêterais qu’elle ait à verser des larmes quand je me serai débarrassé de toi. »
Stolon crispait ses mâchoires, l’on pouvait sentir qu’il tentait de se contenir. Jehan lui fit une petite tape sur l’épaule et s’éloigna avec un demi-sourire.

Ils reprirent tranquillement la route sans parler. Jehan n’était pas vraiment d’humeur à soutenir une conversation. Le soleil commençait à chauffer, rendant le trajet un peu plus difficile. La nymphe sortit les gourdes et en tendit une à Jehan. Elle sentait la violette et il la refusa avec dégoût lui préférant celle qui ne comprenait que de l’eau.


« Jehan, est-ce qu'on peut s'arrêter un moment ? J'ai besoin d'une pause...»
Cela ne l’enchantait pas, le rythme étant déjà lent et il ne voulait pas encore ralentir. Cependant, il n’insista pas et la laissa descendre de cheval…

La jeune femme s’écroula presque sur l’herbe et tremblait. Jehan descendit de cheval et s’approcha pour comprendre ce qu’il se tramait. Elle se mit à fredonner doucement, malgré sa respiration haletante, entrecoupée de paroles inaudibles. Il se passait quelque chose d’anormal et il commença à s’inquiéter.

« Je crains que tu nous fasses une petite insolation ma belle !»
« Jehan...Je t'en supplie, fais-la partir...Je t'en supplie...»
De quoi parlait-elle ? Il s’approcha encore et posa sa main sur son épaule, elle tremblait beaucoup plus qu’il ne l’aurait pensé. Au contact de sa peau, elle se mit à crier, ce genre de cri qui fait froid dans le dos, empli de douleur et de peur. Puis elle commença à se débattre, comme si elle luttait contre un ennemi invisible. Jehan tenta de lui attraper les bras pour la calmer mais elle le griffa jusqu’au sang au niveau du cou. Sous l’impulsion de cette douleur aigüe, il s’écarta brusquement, ne sachant que faire. Aussi fort soit-il, il se sentait impuissant devant la détresse de la jeune femme. Il s’approcha à nouveau et la serra contre sa poitrine, malgré les vaines tentatives de la nymphe pour le rejeter.
« Je suis là, on ne te fera rien, je te le promets… Calme toi...»

Elle était agitée mais ses forces semblaient la quitter. Ses mouvements étaient plus lents, plus faibles. Contre lui, il sentit le cœur de la nymphe battre la chamade… Le rythme était beaucoup trop rapide ! Il lui caressa les cheveux et l’embrassa sur le front. Elle se calma, comme si elle abandonnait la lutte et ouvrit vers lui des yeux absents, emplis de larmes. Ses pupilles étaient extrêmement dilatées et son teint étonnement rouge.
« Qu’est-ce qui te fait peur comme ça? » demanda-t-il d’un ton doux. « je te protégerai quoi qu’il arrive…»
« J’ai… J’ai tellement mal…»

Il ne savait pas si elle pouvait l’entendre, mais il parvenait parfaitement à sentir les peurs et les craintes qui émanaient d’elle. Son petit corps frêle se mit à trembler de plus belle. Soudain, il repensa à la gourde d’infusion à la violette. C’était après avoir bu son contenu qu’elle s’était sentie mal. Il posa délicatement la jeune femme sur l’herbe et attrapa la gourde incriminée. Il la renifla puis s’en versa une goutte sur la langue. Du ‘Datura stramoine’, il en mettrait presque sa main à couper, un narcotique puissant qu’il vendait dans son arrière-boutique, peut-être mêlé encore à autre chose. Il renversa le contenu de la gourde par terre et la jeta au loin.

Il reprit sa place aux côtés de Raviel, visiblement en proie à des cauchemars terrifiants. Il lui attrapa le visage et lui glissa deux doigts au fond de la gorge pour lui faire recracher le poison. Il recommença la manipulation plusieurs fois, malgré les violentes contestations de la nymphe, qui le mordait au passage. Elle devait se sentir attaquée, violentée par lui, inconsciente de ce qu’il se tramait réellement. Il la reposa un peu plus loin sur l’herbe et lui nettoya délicatement la bouche. Elle semblait agoniser, sa respiration rapide émettait un râle terrifiant.

Jehan commençait à paniquer, il voyait l’état de la nymphe se dégrader à vue d’œil mais ne savait plus quoi faire. Il vendait des poisons sans jamais en connaître les antidotes et le regrettait amèrement. Peut-être qu’il aurait pu la sauver… Complètement impuissant devant la détresse de la femme qu’il aimait, quelques larmes commencèrent à perler sur son visage.

« Je t’en prie Raviel. Ne me laisse pas maintenant, pas comme ça !!! Je t’en supplie, réveille toi !»

Il la prit encore une fois dans ses bras puis la souleva. Elle ne pesait presque rien et sentait encore l’odeur de fleurs de montagne qu’il affectionnait tant. Il monta à cheval en la brusquant le moins possible. Elle délirait complètement et accumulait les phrases incompréhensibles. Elle ne bougeait presque plus, comme si elle était abandonnée par la vie elle-même.
« Tiens le coup ma belle ! On va y arriver !»

Il fit galoper son cheval et s’en retourna vers le village côtier où officiait Stolon. Il était sa dernière chance.

Il déboula chez le guérisseur sans frapper et chercha un lit pour y déposer la jeune femme qui avait perdu connaissance depuis une dizaine de minutes. Il croisa rapidement Stolon qui lui indiqua la chambre.

« Qu’est-ce qui s’est passé ?»
« Elle a été empoisonnée. Du Datura stramoine en grosse quantité. Soignez là, j’ai tenté de lui faire recracher ce qu’elle avait bu, mais ce n’était visiblement pas suffisant. Il n’y a plus que vous qui puissiez faire quelque chose.»
« Vous êtes sûr que c’est la plante qu’elle a avalé ?»
« Il y avait peut-être autre chose avec, je ne suis sûr de rien, c’est vous le spécialiste non ?»
Stolon rassembla son matériel et demanda à Jehan de sortir. Ce dernier obtempéra à contrecœur et quitta la pièce en jetant un dernier regard à la nymphe.

Il chevaucha jusque chez lui et entra comme une furie dans la maison. Il entra dans la cuisine où se tenait Eleanor et la frappa violemment au visage. Elle s’effondra sur le sol. Il la releva par les cheveux et la plaqua contre le mur. Il s’écria :

« Pourquoi as-tu fait ça ? C’était moi que tu visais ?!»
« Je… Je ne sais pas de quoi vous voulez parler…» bredouilla-t-elle tant bien que mal.

Sa réponse ne parut pas satisfaisante puisqu’il la gifla à nouveau. Le bruit alerta les autres habitants de la maison qui débarquèrent dans la cuisine.

« Qu’est-ce que tu as mis dans la gourde ? Pourquoi ? POURQUOI ?!!»
Il s’apprêtait à la frapper encore mais son coup fut retenu par Mieszko.
« Arrête Jehan, calme toi! T’as déjà abimé Kat, ne va pas les abimer toutes ! Qu’est-ce qu’il se passe ?»

Jehan fit quelques pas en arrière et se laissa tomber contre un mur. Sa fureur se transforma en tristesse intense. Ses yeux devinrent brillants.
« Vous n’avez pas le droit de me la prendre. Vous n’avez pas le droit… Vous n’avez pas le droit…» ajouta-t-il d’une voix absente.
« De quoi tu parles Jehan?»
« Laissez-moi tranquille… Partez, tous autant que vous êtes… Partez. PARTEZ !!!»

Personne n’avait jamais vu Jehan dans cet état. Flora s’inquiéta et Aélis se félicita intérieurement : elle avait réussi… En le voyant si éprouvé, elle avait eu raison d’agir si rapidement ! Ils sortirent de la pièce aussi rapidement qu’ils étaient entrés et laissèrent Jehan affronter seul sa détresse.

Une fois son calme retrouvé, Jehan alla trouver Flora et lui demanda de prendre des affaires, elle partait avec lui. Etonnée et un peu apeurée, elle s’exécuta sans discuter. Tous deux arrivèrent un peu plus tard chez Stolon et entrèrent dans la chambre.

« Comment va-t-elle ?»
Stolon regardait la nouvelle venue, ce demandant pourquoi elle accompagnait le mercenaire.
« Voici Flora, elle s’occupera de Raviel pour les choses plus intimes, comme le bain par exemple… Au cas où cette situation perdure.»
« Bonjour» compléta Flora qui rougissait devant le regard du beau guérisseur qui la salua en retour.
« Elle s’est réveillée, mais elle délire encore… C’est assez violent parfois…»

Flora s’avança près du lit et observa la nymphe qui semblait souffrir terriblement. Elle lui attrapa la main et des larmes commencèrent à courir sur son visage.
« C’est bon Flora, je ne t’ai pas ramenée ici pour que tu te mettes à pleurer !»
« Excusez-moi… Mais elle a l’air si mal… Qu’est-ce qu’elle a eu ?»
« Empoisonnée. Avec une plante qui se nomme Du Datura Stramoine, mais qu’on appelle aussi ‘herbe du diable’. Elle porte bien son nom n’est-ce pas ? C’est une drogue puissante qui donne des hallucinations et de terribles crises d’angoisse. En ce moment, c’est comme si elle vivait dans un cauchemar, tout lui semble abominablement réel. Son cœur peut lâcher à tout moment devant l’intensité de ce qu’elle vit. Elle combat l’horreur en ce moment même… La seule consolation que l’on peut avoir, c’est qu’il est probable qu’elle ne se souvienne de rien si elle s’en tire… Mais pas toujours malheureusement… Je jure que je ferai payer la personne qui a fait ça !»
Flora serra un peu plus fort la main de la nymphe, retenant autant qu’elle le pouvait ses sanglots.
« Je lui ai donné un antipoison universel. C’est encore au stade expérimental, mais ca semble faire son effet…»
« C’est pas flagrant non plus…»
« Grâce à ça, elle est quand même sortie de son coma je vous signale !»

Deux jours passèrent sans que la nymphe ne sorte de cet état second, bien que les crises se fassent plus rares et moins intenses. Depuis plusieurs heures maintenant, elle s’était plongée dans un sommeil qui semblait calme et paisible.

Jehan avait décidé de la veiller nuit et jour, faisant attention à chacun de ses mouvements, à chacune de ses paroles. Il lui tenait la main inlassablement. Il ne quittait pas sa chaise malgré les protestations de Flora qui le sommait d’aller dormir un peu. Il avait perdu l’appétit et n’avait rien mangé depuis le triste incident. Il s’endormait parfois une dizaine de minutes mais se réveillait en sursaut, craignant qu’il soit arrivé quelque chose à la nymphe pendant sa courte absence. Il voulait être là pour elle, qu’elle puisse sentir sa présence et sa force pour l’aider à lutter contre les innombrables cauchemars qui l’assaillaient.

Il quittait le chevet de la jeune femme seulement quand Flora effectuait sa toilette, mais revenait précipitamment lorsqu’elle en avait fini. Faire manger la nymphe était presque un parcours du combattant, mais elle acceptait parfois d’ingurgiter de petites portions de nourriture.

La mine blafarde et les yeux cernés, Jehan luttait inlassablement contre la fatigue. Il la regardait avec tendresse, heureux de la voir enfin calme. Elle était tellement belle ! Il lui caressa longuement les cheveux et lui reprit la main avec douceur. Depuis la pièce d’à côté, il pouvait entendre Flora qui minaudait avec le guérisseur. Son attirance pour lui était à peine dissimulée. Il s’appliquait à lui expliquer quelques décoctions qu’elle mémorisait du mieux qu’elle pouvait avec émerveillement. Jehan aurait voulu l’appeler, jaloux de l’attrait que Stolon pouvait exercer sur les femmes, mais n’en fit rien. Il était bien trop faible pour cela.




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Mar 24 Juin - 18:18
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Lentement, très lentement, la conscience de Raviel refit surface. S'extirpant des brumes du poison, elle luttait pour se frayer un chemin et prendre assez de forces pour s'imposer. Le premier réflexe de la nymphe fut d'ouvrir les yeux, une épreuve presque surhumaine vu le peu d'énergie qu'il lui restait. Elle ne voyait rien d'autre que de la lumière pour commencer, un grand écran brun-orangé et lumineux, très flou. Son cerveau tournait au ralentis, elle se sentait molle, fatiguée et dans un état second. Quand elle voulut déglutir, sa langue lui sembla lourde et sa gorge était en feu, ce qui eut pour effet de lui arracher une plainte à peine audible de protestation contre cette douleur inattendue. Un bruit sourd et lointain sur sa droite attira son attention et son esprit passa à la vitesse supérieur. En deux battements de cil elle fit la mise au point et distingua les nœuds du bois dans le plafond qu'elle contemplait. Et ce bruit c'était quoi ? Sa nuque était un peu raide, mais elle parvint à tourner la tête et vit quelqu'un assis à côté d'elle. Le côté mémoire de son cerveau peina au démarrage, mais finit par faire son travail et elle identifia le visage de Jehan. Une vague de soulagement la traversa comme un courant d'eau fraîche et elle se sentit plus légère, un sourire vint même éclairer son visage.

« Jeha... »

Sa voix se brisa nette et elle porta sa main gauche à sa gorge avec une grimace. Ses cordes vocales étaient abîmées comme si elle avait passé de heures à crier. Elle déglutit à nouveau et inspira profondément. Mieux valait chuchoter. Le visage du mercenaire lui paraissait très marqué, des cernes noires creusaient ses yeux et il était voûté, comme accablé de fatigue. Elle fronça les sourcils, inquiète de le voir dans cet état. Sans trop y penser, elle tendit les mains vers lui pour qu'il se penche. Alors elle lui prit le visage et l'observa un moment encore avant de lui faire remarquer dans un souffle :

« Tu devrais dormir...Tu as l'air épuisé... »

Mais un sourire éclairait son visage marqué alors ce n'était peut-être pas si grave. Qu'est-ce qui s'était passé ? Pourquoi elle se sentait aussi fatiguée ? Où étaient-ils ? Son esprit était très confus sur tout ce qui s'était passé après le départ en voyage...Ah oui, ils devaient aller à Flore pour...pour un truc important. Et pourquoi ils n'y étaient pas ? Sa mémoire ne voulait pas lui offrir des souvenirs précis, les images étaient floues, dans le désordre et parasitées par des sensations trop étranges encore. Bah, ce n'était pas important pour le moment. Elle sentait que le sommeil la rattrapait déjà et qu'il ne lui restait que quelques derniers instants de lucidité. Sa force l'abandonnait et ses paupières étaient à nouveau trop lourdes pour rester ouvertes. Mais elle voulait demander encore une chose :

« Dors avec moi...Jehan... J'ai sommeil... »

Elle ne sût pas la réponse et replongea dans les bras de Morphée.
Son corps avait rejeté le poison à l'aide de la préparation de Stolon, mais il était ressortit épuisé du combat et le manque de nourriture n'aidait en rien. Mais petit à petit, Raviel se remit, commençant par faire de très longues nuits de sommeil sans cauchemars et des repas plus réguliers, même s'ils étaient frugales. Il lui fallut deux autres jours pour être ragaillardit et quand elle ouvrit les yeux le matin du troisième jour, elle se sentait en bien meilleure forme.

Le soleil entrait à flot par la petite fenêtre et elle resta un moment immobile pour apprécier la chaleur des draps. La nymphe finit tout de même par se redresser pour se mettre assise et découvrit Jehan, assis sur une chaise à côté du lit, plié en deux et la tête reposant sur ses bras croisés sur matelas. Il avait dû s'écrouler de fatigue pendant sa veille. Raviel se rappela alors qu'il était toujours là quand elle ouvrait les yeux, même si ce qu'elle avait fait ou dit pendant sa convalescence était encore très flou dans son esprit. Quoi qu'il en soit, elle était heureuse de le voir dès son réveil. Il avait toujours une sale mine, même si elle ne savait pas encore ce qui avait causé cet état. En douceur, elle glissa une main contre sa joue avant de passer les doigts dans ses cheveux et dans sa nuque. Il avait l'air paisible et elle n'osa pas le réveiller. Alors elle sortit tout doucement du lit par l'autre côté. On lui avait enfilé une longue chemise sans manches et elle avait les cheveux un peu en bataille, mais c'était surtout la faim qui la tenaillait et on dit souvent que l'appétit est le reflet de la santé. En se tenant au mur pour ne pas tituber, elle gagna la porte et se glissa dans le couloir pour rejoindre la pièce à vivre. L'odeur lui permit de reconnaître la maison de Stolon et des dizaines de questions tourbillonnèrent dans sa tête. Il faudrait attendre avant de les poser. Le guérisseur était à table avec Flora et se leva brusquement quand il vit la nymphe entrer. Il se fendit d'un large sourire en se précipitant vers elle pour la soutenir jusqu'à ce qu'elle s'installe.


« Tu ne devrais pas quitter le lit ! Tu ne mange presque rien depuis quatre jours, ménage toi. » la gronda le guérisseur.
« Ne t'inquiète pas, je me sens bien et je meurs de faim. »

Flora s'était levée elle aussi et s'accrocha au cou de la nymphe, en larme. Elle avait été très inquiète visiblement et la jeune femme lui rendit son éteinte en la rassurant du mieux qu'elle pouvait. La période critique de sa maladie ne lui revenait toujours pas, mais elle avait comprit qu'elle avait frôlé la mort.

« Vraiment, tu devrais retourner te mettre au lit. Je te monte quelque chose à manger, on pourra discuter là-bas. Où est Jehan ? »
« Il dort, je préfère qu'on parle ici pour ne pas le réveiller, il avait l'air d'en avoir besoin. »
« S'il se réveille et qu'il ne te trouve pas, il est capable de retourner toute la maison...Mieux vaut le réveiller pour lui dire que tu vas bien et qu'il puisse aller se coucher. » soupira Stolon. Visiblement la cohabitation avait été un peu difficile.

Raviel hocha la tête et accepta l'aide de Flora pour retourner dans la chambre. Elle s'assit sur le bord du lit à côté du mercenaire et se pencha vers son oreille en passant une main dans sa nuque avec tendresse, sans se soucier du regard des autres.


« Jehan...Jehan réveille toi. Il faut te mettre au lit, tu vas te faire mal au dos en restant comme ça. Ouhou, Jehan... »

Quand il ouvrit les yeux elle lui fit un sourire. Le pauvre devait être au bord de l'épuisement.

« Aller courage, grimpe au moins sur le lit et allonge toi, les chaises ne sont pas faite pour dormir dessus, tu sais ? »





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Jeu 3 Juil - 19:14
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En proie au sommeil, Jehan luttait désespérément pour ne pas sombrer tout en se demandant laquelle de ses filles avait rempli la gourde de poison. Toutes avaient mille raisons de vouloir le tuer, mais de là à passer à l’acte… Ce n’était pas un enfant de cœur, mais elles auraient pu tomber sur bien pire que lui, et elles le savaient.

« Jeha…»
Jehan sursauta, il ne s’était pas attendu à entendre la voix de la nymphe, aussi faible soit-elle. Il se tourna vers elle : elle avait les yeux ouverts et regardait dans sa direction en souriant. Il lui rendit son sourire et s’approcha doucement d’elle. Il la laissa attraper son visage de ses deux mains. Le contact de sa peau délicate le fit frissonner, il avait oublié cette douceur, plus habitué aux griffures ou aux coups. D’une voix tiraillée qui semblait lui demander d’intenses efforts, elle ajouta ces quelques mots :
« Tu devrais dormir...Tu as l'air épuisé... »

Un vif sentiment de joie l’ébranla soudain et il afficha un sourire franc : c’était la première fois qu’elle prononçait une parole sensée depuis le triste incident et ses gestes étaient redevenus doux comme si elle avait cessé de chasser les terrifiants cauchemars qui la hantaient depuis plusieurs jours maintenant. Tout en lui caressant les cheveux, il lui répondit d’une voix qui se voulait rassurante :
« Ne t’inquiètes pas pour moi, je vais bien, très bien même.»
« Dors avec moi...Jehan... J'ai sommeil... »
« On peut faire bien d’autres choses que dormir ma jolie…» ajouta-t-il avec un sourire en coin.

Il regretta presque immédiatement cette dernière parole. Pourquoi se sentait-il obligé de prononcer de tels mots dans un moment pareil ? Heureusement, elle n’avait pas réagit et semblait s’être déjà rendormie. Il déposa un baiser sur son front, réajusta la couverture puis se leva pour aller rejoindre Flora et Stolon qui se trouvaient dans la cuisine. Sa tête tournait et semblait si lourde que sa démarche en fut lourdement affectée...
« Juste avant de se rendormir, elle a prononcé quelques mots rationnels, c’est bon signe n’est-ce pas ?»
Il regarda Stolon en attente d’une réponse, ce dernier acquiesça de la tête. Flora afficha un sourire radieux et demanda aussitôt :
« Qu’est-ce qu’elle a dit?»
« Que j’avais une sale tête.»
« Elle n’a pas tout-à-fait tord sur ce point ! Vous devriez manger un peu… je vous sers un bol de ragoût si vous voulez ?»
« Si c’est la même chose que ce que tu as servi à midi, très peu pour moi !»
Flora fit une moue boudeuse et compléta, comme pour se justifier :
« C’est une recette que j’ai appris à Flore, et je suis sûre que ça a fait très plaisir à Raviel de retrouver un goût et des senteurs de chez elle… D’ailleurs, c’est peut-être une des raisons pour laquelle elle s’est réveillée. »
« Je suis plutôt d’accord avec toi, ton truc aurait même pu réveiller les morts ! T’as pas du suivre la recette à la lettre… En tout cas, je sais maintenant pourquoi ce n’est pas toi qui cuisine à la maison !»
« J’avais pas tous les ingrédients, mais c’était bon quand même, non ?»
Dubitatif, Jehan haussa les sourcils. Stolon s’approcha de Flora, posa sa main sur son épaule et annonça d’une voix douce :
« Rassures toi Flora, c’était très bon.»

Cette simple phrase énerva Jehan. Déjà parce que c’était clairement un mensonge pour faire plaisir à Flora et aussi parce que la simple présence du guérisseur l’irritait… Et la fatigue n’arrangeait pas les choses, bien au contraire. Stolon s’éclipsa pour aller vérifier comment se portait Raviel et Jehan ne put s’empêcher de dévisager Flora durant de longues minutes, comme s’il lui reprochait sa sympathie pour le guérisseur, comme si elle avait tord et que son attitude était réprimandable. Terrifiée, elle baissa les yeux, ne comprenant pas tout-à-fait ce qu’il lui reprochait. Sans un mot, il quitta la maison et déambula dans les rues à la recherche d’une boulangerie.

Jehan retrouva son poste de garde pendant les quelques jours qui suivirent. Raviel se réveillait régulièrement, suffisamment pour effectuer de menus repas. Son état de santé s’améliorait indéniablement, au plus grand soulagement de tous. Restait à déterminer si elle garderait des séquelles de ces jours de terreur. Jehan ne pouvait s’empêcher de se sentir responsable de ce qui était arrivé à la nymphe et ne cessait de se reprocher de n’avoir pas su la défendre. Depuis qu’il l’avait rencontrée, on ne pouvait pas dire qu’il lui avait simplifié la vie… Plusieurs fois, il s’était mit à prier Yehadiel pour qu’elle se rétablisse rapidement.

Sans s’en rendre compte, il n’avait pas résisté à l’appel de Morphée qui se faisait de plus en plus oppressant. C’est la douce voix de la nymphe qui le réveilla de son lourd sommeil sans rêves. Elle se tenait à côté de lui, plus rayonnante que jamais, comme si la vie l’habitait à nouveau. Sonné par son réveil, il resta quelques instants devant cette vision enchanteresse puis se releva brusquement avant de la serrer un peu fortement dans ses bras, heureux de la sentir si vivante contre lui.

« Jehan, Raviel a raison, vous devriez aller vous reposer, surtout si vous comptez reprendre la route de Flore dans les prochains jours. Rassurez-vous, on va bien s’occuper d’elle.»

La fatigue l’avait assailli d’un coup. Il desserra son étreinte et déposa un baiser sur le front de la nymphe, comme il l’avait si souvent fait ces derniers jours, sans se rendre compte de tout ce qu’il pouvait symboliser une fois qu’elle était éveillée.
« Content de te revoir parmi nous Raviel. Tu es radieuse.»
Après avoir adressé un sourire à la nymphe, il se retourna en chancelant vers la porte pour rejoindre sa chambre de fortune, installée à la hâte pour les invités. Avant de quitter la pièce, il se tourna vers Stolon et Flora et les salua d’un signe de tête.
« Vous avez raison, je vais aller me reposer quelques heures. Prenez bien soin d’elle.»

Flora s’avança vers la nymphe et déposa un plateau sur le lit, garni de brioches, de différents pains, de miel, de confiture et de jus de fruits.
« Essayez de manger un peu, le temps que je vous prépares un bain chaud, qui vous fera, j’en suis certaine, le plus grand bien. Mangez tout ce que vous souhaitez, il en reste encore plein à la cuisine. Depuis mon ragoût, Jehan s’est borné à aller chercher quantité de pains et de brioches tous les matins, pour être certain que vous ayez quelque chose de bon à manger à votre réveil… Personnellement, j’en ai tellement mangé que je ne tarderai pas à ressembler à une barrique !»
Elle lui lança un large sourire avant de s’éclipser pour aller chercher des sceaux d’eau chaude qu’elle ne tarda pas à verser dans le bain situé au fond de la pièce, derrière un rideau de lin blanc.

Une fois le petit déjeuner terminé, Flora attendit que la nymphe soit totalement immergée dans le bain chaud pour demander, d’un ton hésitant :

« Puis-je vous demander quelque chose ?»
Raviel acquiesça d’un signe de tête.
« Etes-vous certaine de vouloir poursuivre cette quête à Flore ? Anastasia vous avait prédit ce problème de santé… Vous sentez-vous prête à vous lancer dans une bataille où jaillira certainement beaucoup de sang ? »
Flora attendit quelques instants avant d’ajouter :
« Je ne vous en avais pas parlé, mais Jehan a reçu une prédiction qui ressemblait étrangement à la vôtre. Si je me souviens bien, c’était “Erreur de jugement, couronne, bataille... et mort... par ses propres armes.”»
Elle regarda la nymphe avec un air triste puis baissa les yeux. Elle se releva puis quitta la pièce en prétextant devoir aller chercher un nouveau sceau d’eau chaude.


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Lun 14 Juil - 15:07
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La nymphe accepta l'étreinte et le baiser avec une légère surprise, peu habituée aux marques d'affection de la part du mercenaire. Au moins il se montrait raisonnable et allait prendre du repos. Elle ne savait pas pourquoi il était dans un tel état, ni ce que elle-même faisait dans un lit avec la faim au ventre et la tête lourde, mais Stolon lui expliquerait certainement tout ça. Le petit-déjeuner fut le bienvenue et Raviel remercia avant de se mettre à table. Son corps avait besoin de refaire le plein d'énergie pour se rétablir totalement, elle pouvait le sentir. Sans compter que l'odeur du pain au miel était divine. Stolon s'assit sur le bord du lit et posa une main sur son front avant de prendre son pouls à son poignet pour vérifier que la fièvre était bien tombée.

« Une belle frayeur que tu nous a fait. Je crois que mon contre-poison est assez réussi finalement, sans lui tu y serais passé en quelques heures. »
« De quoi tu parles ? »
« J'imagine qu'il ne te reste plus beaucoup de souvenirs...De quoi tu te rappel au juste ? »
« On est venu te dire au revoir et tu m'as donné une fiole d'antidote...Ensuite on est parti vers Flore. Il faisait chaud, je me suis sentie un peu mal et ... je ne sais plus ce qui s'est passé. Je garde une impression désagréable, comme un danger imminent, j'avais peur, mais je ne sais plus de quoi. Pourquoi sommes-nous revenu sur nos pas ? »
« Tu as été empoisonnée. Apparemment une de vos gourde était pleine d'un distillat d'herbe du diable. En général, on l'utilise comme drogue à petites doses, mais une fois raffiné et en grande quantité, il provoque une accélération cardiaque et des hallucinations qui finissent par entraîner la mort. C'est une méthode assez horrible, vouer quelqu'un à mourir de peur... »

Raviel bu une gorgée du jus de fruit posé sur le plateau et réfléchit. Elle faisait un effort pour rassembler des bribes de souvenirs, mais c'était assez difficile malgré tout d'avoir une vision claire des événements.

« Je crois que je me souviens de la gourde. Celle de Jehan ne contenait pas de l'eau et il n'en a pas voulu parce qu'il n'aimait pas ça, je crois. Nous avons échangé. Ça veut dire que quelqu'un à essayé de le tuer ? Qui ? »
« J'ai un peu réfléchi à la question et quelque chose me chiffonne : pourquoi avoir mit dans sa gourde une boisson qu'il n'aime pas alors qu'il devait la boire pour être empoisonné ? Le Datura stramoine n'a pas d'odeur et son goût n'est reconnaissable que par une personne sachant l'identifier. Donc même s'il l'avait reconnu au goût, ça aurait été trop tard pour lui. S'il a suffit de l'odeur pour le rebuter, c'est que le plan est incroyablement mal fichu...ou que Jehan n'était pas visé... »

La jeune femme haussa les sourcils avec surprise : elle, la cible d'un assassinat ? C'était le monde à l'envers ! Pourquoi en voudrait-on à sa vie ? Elle ne représentait de menace pour personne, elle n'était rien et même sa mission était dérisoire puisqu'elle n'avait pas de piste sérieuse. C'était ridicule de penser qu'on avait voulu la supprimer. Non, c'était plus probable que l'assassin se soit trompé et ai échoué à tuer Jehan. Elle sourit à Stolon en secouant la tête.

« Non, je crois pas. Je ne représente une menace pour personne, ma mort est totalement inutile. Qu'est-ce qu'une nymphe pourrait menacer ? C'est une théorie un peu trop tirée par les cheveux. Dis moi plutôt ce qui s'est passé. Avoir un trou de mémoire aussi important est très désagréable.»
« Jehan t'as forcé à vomir tout ce que tu avais bu, mais il t'a quand même ramené ici en urgence. Je t'ai administré le contre-poison et tous les soins nécessaires, puis nous avons prié pour que ton cœur tienne le coup. Tu délirais en permanence, soit éveillée soit dans ton sommeil, tout ce qui t'entourait te terrorisait et tu avais l'air de revivre des moments pénibles. Pour te nourrir, c'était une sacré épreuve et je crois que tu as presque passé ton garde du corps à tabac les premiers temps. C'était il y a cinq jours maintenant. Il est resté avec toi tout le temps, un vrai pot-de-colle ! Et têtu comme une mule avec ça, il a refusé de dormir correctement, j'ai cru qu'il allait fusionner avec sa maudite chaise à force de rester assis dessus ! Mais je dois lui reconnaître de la patience parce qu'il s'est entêté à te veiller malgré que tu l'ai griffé et mordu une ou deux fois. »

Le guérisseur remonta sa manche et découvrit le haut de son bras. Quatre griffures, fines mais assez profondes pour avoir saigné, lui barraient le biceps. Il sourit et ébouriffa la tête de sa patiente avec affection.

« Ça s'est quand j'ai essayé de te faire avaler de l'eau le deuxième jour. Je ne sais pas ce que tu étais en train de vivre, mais tu t'es débattu comme une possédée. Ne t'en fais pas, tu n'as pas fais beaucoup de mal, tu es plutôt frêle, mais c'est assez impressionnant de voir quelqu'un comme toi changer du tout au tout pour se transformer en furie. J'avais peur que tu ne te change en loup ou en ours pour nous attaquer, mais le poison devait annuler tes pouvoirs. »
« Je...je suis désolée...Je ne voulais pas faire de mal...Je devais être dans un état second pour avoir oublié mes principes à ce point. »
« Ne t'en fais pas, je te promet que tu n'as pas fait beaucoup de dégâts. Si Jehan a quelques bleus, c'est uniquement parce qu'il n'a pas voulu te maîtriser brutalement. Vu son gabarit, il aurait pu le faire sans mal pourtant. Mais il savait que te brusquer c'était brusquer ton cœur et on ne pouvait pas risquer de te faire avoir une attaque. »

La jeune femme hocha la tête sans beaucoup de conviction et le guérisseur se leva en lui conseillant de bien manger sans trop en faire pour économiser ses forces. Après avoir terminé son plateau (ce qui représentait une belle quantité de viennoiseries ), Raviel se déshabilla derrière le paravent improvisé et se glissa dans l'eau avec un soupir d'aise. C'était bon de pouvoir se laver soi-même après cette convalescence. Elle restait choquée de savoir que le poison lui avait fait perdre la tête au point de renoncer à son principe de non violence. Mais peut-être que si sa vie était en danger, elle agirait par réflexe et frapperait en retour, renonçant alors consciemment à ses valeurs ? On ne l'avait encore jamais confronté à une situation où la fuite n'était pas possible, alors elle ne pouvait pas vraiment l'affirmer. Cependant, le témoignage du guérisseur attestait qu'elle était capable de se défendre, si son esprit se libérait du carcan de pacifisme qu'elle alimentait depuis la naissance.
Flora s'approcha pour lui demander si elle comptait vraiment poursuivre sa route.


« Je ne vous en avais pas parlé, mais Jehan a reçu une prédiction qui ressemblait étrangement à la vôtre. Si je me souviens bien, c’était “Erreur de jugement, couronne, bataille... et mort... par ses propres armes.”»

La nymphe resta interdite devant cette nouvelle prophétie. Encore la mort et la désolation autour d'elle ? Non, il devait y avoir un moyen d'empêcher ça. On lui avait annoncé des ennuis de santé, mais elle avait été empoisonnée, ce qui à ses yeux n'était pas la même chose. D'ailleurs, Anastasia n'avait jamais précisé que ces événements se produiraient les uns derrière les autres. Ni qu'ils étaient à prendre au pied de la lettre. Et rien n'était écrit dans le marbre, il était toujours possible de changer le cours des choses. Jehan pouvait se battre avec d'autres armes ou tout simplement ne pas venir...oui, ça c'était une bonne idée ! S'il ne venait pas, il ne se retrouverait pas au milieu d'une bataille et ne risquerait pas sa vie ! Mais il était le seul à avoir les indices sur l'endroit où se trouvait la princesse...

Raviel se laissa aller en arrière jusqu'à plonger la tête sous l'eau et elle resta ainsi, immobile. Retrouver l'élément liquide c'était retrouver la sérénité. Pour le moment elle devait se concentrer sur son rétablissement afin de pouvoir repartir rapidement, elle avait perdu trop de temps et le pauvre Stolon était obligé de les héberger tous, ce qui devait représenter une charge de travail supplémentaire. Connaissant Flora, elle devait aider, mais c'était de tout même une invasion de sa maison. Et puis la piste était si mince que plus elle refroidissait, plus elle risquait de disparaître. Voilà, son objectif principal était fixé, restait à s'occuper un peu l'esprit pour ne pas repenser sans cesse à ces histoires de prophéties morbides.
Quand elle ressortit la tête de l'eau et que Flora revint avec en seau, elle lui dit simplement que pour l'instant, elle devait se remettre sur pied, que sa mission était trop importante pour qu'elle l'abandonne, mais que la participation de Jehan n'était pas obligatoire.


« Je vais essayer de le dissuader de venir. Et puis l'avenir n'est jamais décidé à l'avance. Un ennui de santé n'est pas tout à fait la même chose qu'un empoisonnement, tu ne trouves pas ? Je suis certaine qu'on trouvera comment contourner la prédiction. »

La nymphe termina de faire sa toilette avant de s'habiller pour descendre dans la pièce principale de la maison. Elle avait envie de se rendre utile elle aussi, se remuer un peu lui ferait du bien. Comme Flora s'occupait du ménage et que Stolon était dans son atelier en train de refaire son stock, elle se proposa pour faire le déjeuner. Manger des brioches devait être lassant et au moins elle s'occuperait les mains. Son soigneur grommela un peu puis l'autorisa à faire quelques courses pour cuisiner. Satisfaite, Raviel sortit après s'être un peu couverte et prit la direction de la place du marché du village. Elle acheta de quoi préparer un plat de viande, cédant à son envie de protéines. Croire qu'une nymphe ne mange que de la salade est une grossière erreur, surtout quand elle sort d'un long séjour au lit sans rien avaler ou presque. Quand elle revint, elle se sentait un peu fatiguée, mais n'en laissa rien paraître et se mit au travail. La pièce de viande était de belle taille et elle la laissa mijoter avec des légumes et quelques herbes aromatiques. Au moins il y aurait du pain pour saucer ! Stolon vint rôder près des fourneaux, attiré par l'odeur, mais elle le renvoya dans son atelier en le menaçant de sa cuillère en bois. Pas touche tant que ce n'était pas parfaitement cuit ! Heureusement pour lui, le feu était vaillant et à l'heure de manger, le plat était fin prêt. La viande reposait sur une belle planche à découper, tendre et juteuse, tandis que les légumes cuits dans un jus un peu épais embaumait toute la maison. Raviel servit toutes les assiettes que Flora avait déjà sortit et cacha son impatience à commencer le repas. Peut-être que l'odeur attirerait le mercenaire hors du lit ? Elle voulait lui parler en tête à tête à propos de la mission une fois le déjeuner terminé.





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