Terra Mystica

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 Rhys

 
Jeu 10 Avr - 17:52
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Rhys.

♦ Passionnée ♠ Tyrannique ♦ Indépendante ♠ Inconsciente ♦ Loyale ♠ Agressive ♦ Fière ♠ Vulgaire ♦ Obstinée ♠ Ambitieuse ♦ Violente ♠ Indomptable.
Information
Surnom Numéro Neuf - quoique à manier avec des pincettes.
Âge : Neuf-cent soixante-et-un ans.
Nationalité : Zelphos
Profession : Chasseur de dragons ; elle pille les richesses de ces derniers une fois leur tête arrachée pendant dans sa gueule ensanglantée.
Camp : Indépendant – le Cercle de Maria.
Noblesse : Sans.
Croyance : Sans.
Famille : Sans.
Race
Mangkr.

Équivalent des dragons sur Zelphos, les mangkr possèdent les mêmes caractéristiques que ces derniers à la naissance, à ceci près qu’ils ne possèdent pas de forme humaine à proprement parlé avant de mettre les pieds sur Terra Mystica. Ils ont, néanmoins, ce qu’on peut qualifier de forme hybride : humanoïde à ailes draconiques, des cornes ornent leur tête et une queue écaillée s’échappe de leur chute de rein, leur donnant vulgairement une allure proche de celle des démons qu’ils côtoient sur Zelphos. Une fois sur Terra, ils acquièrent l’alternative de prendre une forme humaine complète.
S’ils viennent au Monde avec la capacité de cracher du feu, la quasi-totalité d’entre eux ne la possèdent plus ; esclavagisés sur Zelphos, on les force à avaler une pierre runique dés leur plus jeune âge pour les incapaciter. Ils en conservent cependant l’invulnérabilité à l’ignition.
Leur robe draconique varie du noir au gris, sans exceptions. Les mangkr colorés n’existent pas, ou tout du moins plus depuis bien longtemps.
Zelphos et Terra étant deux mondes parallèles, les mangrk sont liés aux dragons d’une étrange façon : même créature de deux mondes différents, il en résulte une intolérance entre les deux races lorsque deux membres de ces dernières ont le malheur de croiser la route l’un de l’autre. Phénomène baptisé ‘tourment’ par Rhys, cela ne prend effet que lorsqu’un mangkr et un dragon entrent dans une zone relativement large, à portée d’odorat des créatures respectives. Le tourment se met alors en place, s’emparant des deux personnes en les remplissant d’un malaise dérangeant, d’abord diffus, presque anodin, qu’ils peuvent interpréter de multiples façons : basiquement, ils sont mal à l’aise, ne se sentant pas à leur place, mais peuvent ne pas faire le lien avec la race opposée immédiatement. Plus ils se côtoient néanmoins et plus le sentiment s’accentue, plus ou moins rapidement selon la distance qui les sépare. L’un comme l’autre auront l’instinct de s’en éloigner car le tourment peut atteindre des sommets pernicieux, douloureux, si on lui laisse le temps de se développer. Les plus faibles d’esprits peuvent aller jusqu’à en perdre conscience suite à une exposition prolongée.
Le pire advient lorsqu’un mangkr et un dragon font l’erreur de se toucher : bien que tout ceci soit purement psychologique, le contact fait l’effet d’une brûlure chimique et s’en résulte une douleur insupportable qui, de la même manière, s’accentuera si les deux protagonistes persistent à se torturer l’un l’autre de cette façon.
Caractère

Rhys est d'une nature bilieuse constituée de pulsions agressives poussant à la transformation de son être et, à chaque instant, de la situation dans laquelle elle se trouve. Comme s'il s'agissait d'une lutte permanente pour s’affirmer, elle ne peut s’empêcher de sonder l'autre par une pique, non pas par méchanceté mais juste pour mieux le connaître ; la vie et le sentiment d'exister pour elle sont appréhendés par la révolte, la tension, l'impulsion de provoquer pour mieux connaître l'autre par la réaction qu'il aura. Louvoyant avec cette sorte d'attitude agressive ressemblant à une sournoise inquisition, elle est souvent étrangement renfermée et secrète, ressassant ses pensées tumultueuses au tréfonds de son esprit, laissant les autres perplexes ou étonnés de ce comportement quelque peu singulier.

Le fiel semble constamment brûler ses lèvres impatientes et Rhys s’exprime violemment, sans détour ; si elle manque de tact elle n’hésite jamais à appuyer ses propos à l’aide de quelques noms d’oiseaux. Il est déjà naturellement difficile de ne pas se faire couvrir d’insulte par la jeune femme en temps normal mais celle-ci, gorgée d’un ego surdimensionné, d’une fierté indomptable, met souvent sa large susceptibilité au service de son vocabulaire. Ou alors serait-ce le contraire ? Ne vous méprenez pas ; votre mère est probablement une femme de vertu. Rhys, en revanche, n’en a cure : pour elle, toutes les génitrices du Monde sont des prostituées, tout du moins est-ce l’idée qu’elle laisse transparaître à force de les saupoudrer allégrement d’insultes tendancieuses.

Agressive, donc, et ce n’est pas peur dire : animée par une indépendance hors-norme, un besoin de liberté et d’indépendante énorme, Rhys n’hésite jamais à répondre aux affronts, que ce soit exagéré ou de légitime défense. Toutes ses relations baignent dans un rapport de force constant et Rhys, si obstinée, si tyrannique, refuse de ne pas avoir le dessus. Qu’elle ait tort et qu’on le lui prouve par A + B ? Elle ne voit pas le problème ; elle vous bouffera, de manière figurée ou propre si vous insistez un peu trop. Rhys pose son opinion et ses intérêts sur la table sans vergogne, se battant becs et ongles pour ses principes, souvent aveuglée par les choses dont elle est persuadée de la vérité et de la légitimité.

Pourtant, Rhys n’est pas une mauvaise bougre ; bien loin de là, même. Quand on a connu l’Enfer, on sait comment s’en protéger. Rhys est une femme angoissée, rongeant un frein invisible pour ne pas exploser – non pas de colère, puisque c’est ce qu’elle sait faire de mieux, mais de douleur. Elle n’a pas froid aux yeux et ne recule devant rien, mais il serait stupide de la songer insensible. Loyale et attentionnée, quoiqu’à sa manière, percer son énorme bouclier portatif est chose difficile, mais le trésor vaut la chandelle. Rhys est un mur inébranlable, aux crocs acérés, au regard dur : on ne touche pas à ses biens comme on ne la touchera jamais elle, quoiqu’il lui en coûte.

Bien sûr, Rhys aime sans limite ; possessive, elle exprime son affection par la brusquerie qui semble la caractériser, brisant son image de jolie jeune femme pour se révéler hydre et ses nombreuses tentacules enserrent ce qu’elle chérie pour avoir bien du mal à les lâcher. Complexe brin de mangkr, les épaules affaissées d’un lourd fardeau mais décidée au-delà de toute convenance à bien le mener à bout, avec ou sans autorisation. Après tout, n’est-elle pas celle qui décide de sa propre destinée ?

Physique
Rhys ne surplombe pas seulement le Monde de son regard inextinguible ; elle trône, fière et méprisante, du haut de ses jambes interminables, longues pattes charmantes et charmeuses, justification seule de sa taille honorable. Car Rhys est grande, ajoutant à sa prestance naturelle, dominant son quotidien du haut de son mètre soixante dix-neuf, régnant sur son Monde avec la grâce de son corps galbé. Portrait remarquable, presque agréable.. d’une femme qui n’en est pas réellement une, dissimulant sous son joli masque une bête dont la présence se trahit sous les mimiques agressives de son visage, sous cet ego infini qui se dessine à chacun de ses gestes, dans chacun de ses mots. Oui, peut-être mérite-t-elle les regards envieux de ces ignorants – ou peut-être les méprise-t-elle encore davantage pour cela mais elle aura beau faire la moue, elle ne saurait mieux prouver leurs torts qu’en s’exposant davantage, qu’en dévoilant ce corps pour lequel elle n’a aucune sorte de respect ou d’affection.

Les muscles se dessinent sous les couches de tissu qu’elle enfile sans réflexion et elle n’est pas une princesse à délivrer, non : son manque de sophistication parle bien mieux qu’elle lorsqu’il s’agit de prouver cette évidence. Difficile de deviner sa poitrine sous ce haut difforme, compliqué d’évaluer son fessier sous ces pantalons trop larges : Rhys ne s’exhibe pas sans intérêt, et ses intérêts ne nécessitent pas son corps.

Son visage est marqué de traits abrupts, sauvages, soulignant ce regard impertinent que Rhys se plait à darder où bon lui semble, avec l’inconscience relative à ces gens trop attaché à leur liberté pour se soucier des conséquences. De sa couleur rougeâtre se peint un Monde infini, peu avenant mais lourd d’un passé qu’il n’inspire pas de fouiller et les émotions qui y défilent constamment laissent très peu le doute quant aux arrière-pensées de la mangkr : miroir de son âme, incontestablement, son regard se rive souvent bien loin de l’évidence, berçant des espoirs et des rêves qu’elle ne sait traduire autrement qu’avec brusquerie. Sa douceur s’est perdue il y a bien des années et n’en subsiste que des élans de faiblesse durant lesquels Rhys se renferme sur elle-même, toujours métaphoriquement, souvent physiquement.

Sa forme hybride n’altère en rien ses longs cheveux roux, d’un rouge qui n’appartient pas aux terres de Terra, à ceci près qu’ils se percent de deux cornes sombres, d’un gris foncé presque noir mais teinté, encore, de touches immaculées, comme une preuve irréfutable de la volonté qu’elle conserve de la torture de Zelphos, comme un pied de nez impertinent aux bourreaux qui lui ont arrachés sa jeunesse. Ses ailes percent son dos pour se déployer majestueusement, arborant la même teinte que ses cornes ; quant à sa queue écailleuse, elle se traîne paresseusement derrière elle, fouettant l’air de ses sauts d’humeur récurrents, sombre de ne pas pouvoir se dévoiler dans toute sa splendeur.

Splendeur qui ne prend tout son sens que lorsque Rhys adopte sa forme de mangkr ; fine et agile créature, elle n’en reste pas moins un modèle de force brute, de puissance incontestable, immense créature aux crocs acérés ne désirant qu’une chose : trouver sa place et la garder, quelles qu’en soient les conséquences, quel qu’en soit le prix. Sa robe grisâtre se revêt d’écailles qui ne suffisent pas à dissimuler les cicatrices qui les parsèment, traces incontestables laissées là par ses maîtres autoproclamés au fil du temps dans un Monde moins luxuriant.
Capacités
Armes : Un cimeterre dont la lame est en forme de quart de lune ; elle manie également l’arbalète mais ne s’équipe de cette dernière qu’en traque. Elle dissimule régulièrement stylets et poignards dans ses bottes, qu'elle porte hautes.
Pouvoirs : Rhys est une mage lunaire ; en conséquence, ses pouvoirs ne sont utilisables que lorsque la lune est visible dans le ciel et dans une certaine mesure. En effet, il lui est donc impossible d’en faire usage diurne. De la même manière certaines de ses capacités ne lui sont pas accessibles n’importe quand. Avant d’en venir aux conditions requises, Rhys est globalement plus puissante sous les rayons lunaires et en retire quelques avantages : gagnant en rapidité, en endurance et en robustesse (dans la limite de l’humainement possible), sa capacité de régénération est augmentée conjointement au stade lunaire faisant office dans le firmament. Ces derniers sont d’ailleurs des paliers pour ses pouvoirs qui se débloquent au fur et à mesure du calendrier nocturne.
NB : Rhys n’a à sa disposition que son avantage de la pleine lune pour le moment, le reste sera à acheter au fur et à mesure de son aventure.

- Nuit noire : il ne se passe rien.
- Nouvelle lune jusqu’au premier croissant / dernier croissant jusqu’à nuit noire : capacité de créer un projectile magique en forme de quart de lune, identique à la lame de son arme. Rhys esquisse un mouvement de bras devant elle à l’aide de son cimeterre duquel se dessine le projectile d’un gris translucide ; celui-ci partira alors en ligne droite jusqu’à s’écraser contre quelque chose ou s’évaporer après avoir parcouru une vingtaine de mètres. L’effet est le même que si elle assénait un coup de cimeterre au corps à corps. Inutilisable sous forme de mangkr, puisque absence de cimeterre.
- Premier croissant à premier quartier / dernier quartier jusque dernier croissant : capacité de créer jusqu’à deux doubles d’elle-même, illusion manigancée par la lumière de la lune. Intangibles, les coups portés passent à travers eux et ils sont incapables de blesser.
- Premier quartier jusque lune gibbeuse / lune gibbeuse jusque dernier quartier : capacité de se ‘téléporter’ ; tout du moins est-ce alors l’effet que Rhys donne en utilisant ce pouvoir. Grâce à un dash très rapide (tant qu’il donne l’impression d’une téléportation, justement), Rhys peut se retrouver en un clin d’œil derrière la personne de son choix. Cette technique nécessite absolument un être vivant, une source de vie comme cible : elle ne peut l’exécuter dans le vide, et est limitée à une zone d’effet de dix mètres. En théorie, son usage est illimité, mais c’est une véritable pompe à énergie et mieux vaut pour l’utilisateur de ne pas en abuser. Inutilisable sous forme de mangkr, puisque trop imposante.
- Lune gibbeuse à pleine lune / pleine lune à lune gibbeuse : gain d’une très forte résistance aux sorts psychiques.
- Pleine lune : capacité de canaliser la lumière lunaire alentour pour la projeter sur une cible. Cela fait office d’un jet de feu translucide aux brûlures similaires. Sous forme humaine et hybride, Rhys manipule ce sort avec ses mains ; sous forme mangkr, elle se sert de sa gueule comme si elle avait encore son propre feu interne à disposition.

Le calendrier lunaire dans lequel se déroulera les RPs de Rhys sera décidé par un jet de dés (D100), sur le schéma suivant : de 0 à 15, pas de lune ; de 15 à 40, croissant ; de 40 à 65, quartier ; de 65 à 90, gibbeuse ; de 90 à 100, pleine lune.

Familier : Nathaniel Sans.
Artefact : Sans.
Autre : Sans.
Histoire

D’aussi loin que remontent ses souvenirs, Rhys a toujours connu ce regard ; qu’il pleuve, qu’il vente et même, plus rarement, lorsque le ciel capricieux de Zelphos leur accordait du beau temps, ses yeux suivaient sa silhouette monstrueuse, son rictus dépeignant tout le mépris qu’il avait pour elle. Elle ne l’avait jamais aimé – et le lui rendait bien, au demeurant ! Elle aussi pouvait s’évertuer à le considérer avec dédain, elle aussi savait se draper d’arrogance quand bien même les barreaux de sa cage l’empêchaient de lui sauter à la gorge.

« - Hé, Sant, viens voir deux s’condes ! le timbre que sa voix employa ce jour-là s’évertue, encore, à hanter ses cauchemars les plus récurrents.
- Tu m’emmerdes Virgil. avait répondu le concerné – répondait toujours le concerné ; Sant était encore le moins détestable et s’il avait ses défauts au moins avait-il appris à Rhys toute l’ampleur de son vocabulaire fleurie. »

La jeune mangkr, encore minuscule, montra les crocs, roulant un grognement au fond de sa gorge tandis que Virgil glissait sa clé dans la serrure. Un vent brûlant soufflait en elle et Rhys, malgré son âge, savait déjà qu’ils voulaient lui enlever : les remarques, les réactions lorsqu’elle crachait du feu parlaient bien plus que tous les discours, sans compter la jalousie ambiante des autres membres de sa race qui l’observaient faire d’un œil mélancolique, presque douloureux.

« - Quoi, qu’est-ce qu’il y a encore ? râla Sant en croisant les bras, s’adossant à la porte désormais ouverte de la cellule, lorgnant sur sa locataire qui restait là, ancrée sur ses pattes, à ronronner il ne savait quelles velléités.
- C’est Neuf. Elle a encore tout fait cramer. J’crois qu’on ne peut plus att- hé, couché, sale bête ! aboya Virgil en reculant bien vite d’un pas, échappant aux crocs déjà acérés de la bestiole qui tenta de le faucher dans son élan.
- Tu m’emmerdes, Virgil. Qu’est-ce que tu veux que j’te dise ? Arrête de lui filer des putains d’couvertures, la procédure, c’est la procédure, mon gros. Elle en est à quoi ? Sept, huit ans ?
- Bientôt neuf.
- Dix ans, pas avant, tu risquerais d’me la tuer ; on manque déjà de représentants, si tu m’abîmes mes femelles, j’te saigne comme un porc. »

Sant cracha son haleine putride sur le sol et jeta un coup d’œil à Neuf ; dans son regard rougeâtre s’animait une flamme qu’il ne savait pas définir, quelque chose que les autres mangkr ne possédaient pas, quelque chose qui traduisait sûrement tous les ennuis qu’elle lui apportait depuis que Quatre l’avait mise au Monde. Rebelle dans l’âme, hein.. Sant s’en foutait : si Virgil ne faisait pas son taf correctement, alors il prendrait quelqu’un d’autre à sa place. Ces animaux étaient bien trop précieux pour qu’il se soucie de l’incompétence d’un de ses sous-fifres.

« - Sant, j’suis prêt à cracher sur la moitié de mon salaire. tenta Virgil, précautionneusement, se risquant à croiser le regard de son employeur, presque inquiet de sa réaction – mais il avait vu juste, Sant lui accordait du crédit.
- .. Le trois quart. marchanda celui-ci en un sourire vénal, arrachant un soupir de soulagement au démon qui hocha vivement la tête, presque heureux de se séparer ainsi de ses revenus pour palier à la peur que Neuf lui inspirait. »

Bien qu’il préférerait probablement mourir que de l’admettre, songea-t-il amèrement en attrapant au vol la pierre runique que Sant lui envoya d’un mouvement de poignet nonchalant. Ce chiot enragé.. elle aurait sa peau, s’il la laissait faire ; elle était encore ridicule, comparé aux autres, mais elle grossissait à vue d’œil, c’était indéniable. Combien de temps avant qu’elle ne lui arrache la tête ? Combien de temps avant qu’elle ne le brûle vif ? Généralement les mangkr n’étaient pas si précoces, mais celle-ci.. elle semblait se débattre pour échapper à sa destinée toute tracée, sautant les étapes de son développement, refusant de se plier malgré les coups et les insultes. Enfilant ses gants ignifugés, Virgil esquissa un sourire satisfait en s’avançant vers l’animal immobile, ancré sur ses pattes, prête à en découdre.

« - Mais j’ai pas changé d’avis. T’es un homme mort si elle te claque entre les doigts. »

Elle lui brûla la moitié du visage, goûta à son sang, lui brisa probablement quelques phalanges mais Rhys n’échappa pas à son sort – pas encore : pendant des semaines elle gémit, alitée, malade et faible dans un coin de sa cage, recroquevillée sur elle-même, se lamentant de la sensation du désespoir qui déferlait alors en elle. Bientôt, son feu s’éteignit, étouffé par la magie runique de ses geôliers. Et Virgil se pavanait comme un paon, la regardant de haut à chaque fois qu’il passait devant sa cellule ; bien sot qu’il était, encore inconscient que Rhys n’aurait probablement pas survécu sans cette volonté inextinguible, ce désir puissant de ne pas céder à la souffrance, cette certitude qu’elle le boufferait, un jour ou l’autre – et que rien, absolument rien ne l’empêcherait de bouffer tout ce qui se mettrait sur son chemin.

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Ses pupilles se dilatent tandis que ses écailles se résorbent et Rhys remuent ses doigts, touchant un courant d’air invisible tandis que son corps, lentement, prend une forme humanoïde. Il est rare qu’elle reprenne sa forme originelle et la transformation lui arrache un frisson tandis qu’elle regrette presque de devoir l’abandonner, bête puissante sous laquelle elle se sent bien plus en sécurité, bien plus elle-même. Mais tel était la vie sur Zelphos : si elle voulait garder son secret, alors elle se devait de revêtir une forme incognito lorsqu’elle retournait en ville. Sa forme ‘démoniaque’, avec laquelle on l’acceptait à bras presque ouverts au sein d’une société de laquelle elle était auparavant exclue.. simple apparence hybride qu’elle méprisait pourtant, représentation d’une personne qu’elle n’était pas ; mais c’était nécessaire, n’est-ce pas ? Du moins était-ce ce qu’elle se répétait sans cesse.

Voilà des années qu’elle avait fui sa prison crasseuse, échappant au fouet et aux humiliations ; une opportunité en or, offerte par un Virgil un peu saoul, un peu moins prudent que d’habitude. Un frisson parcourut l’échine de Rhys lorsqu’elle se rappela sa vie entre ses griffes, son crâne entre ses crocs, ses hurlements délectables au goût de vengeance. Les mangkr sauvages étaient rares, bien plus encore que ceux en captivité ; elle avait mis du temps à tomber sur eux, reclus qu’ils étaient, mais au moins lui avaient-ils tout appris : sa nouvelle forme, la chaleur d’une famille, la compassion d’une race similaire.. son prénom. Neuf était devenue Rhys, abandonnant le numéro pour devenir une entité à part entière, aussi sauvage que le premier jour, aussi indomptable que si elle avait toujours parcouru les contrées désolées mais sauvages de Zelphos.

Elle n’était pas restée longtemps auprès d’eux, non : vivre caché n’était pas quelque chose qu’elle savait faire. Avide de liberté, elle voulait respirer le grand air, se mouvoir à sa guise, côtoyer des gens. Rhys refusait de sombrer à la fatalité de sa race, à l’injustice qu’on leur imposait ; peu importe si elle prenait des risques en vivant en ville, elle avait le droit de vivre comme tout un chacun et impossible d’éteindre cette flamme de fierté qui brûlait en elle, à défaut d’encore avoir celui, naturel, qu’elle pouvait cracher il y a de cela bien longtemps. Dernièrement, ils parlaient d’une faille ; d’un autre monde et d’un portail qui permettrait d’y aller. Rhys ignorait tout de ces contrées, ou même de la manière dont cette terre parallèle pouvait marcher, mais elle était certaine d’une chose : rien ne pouvait être pire que Zelphos et elle ferait tout ce qui est en son pouvoir pour faire partie de l’expédition. Tout, plutôt que de rester ici toute sa vie.

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Rhys reprit sa respiration, vibra au rythme de l’eau frôlant ses blessures, serra les dents à la brûlure qu’elle ressentait encore, inlassablement, au creux des jambes. Les dragons.. les dragons étaient des bêtes, se répéta-t-elle en s’immergeant de nouveau, profitant du coin d’eau pour simuler sa propre noyade à la faveur de la nuit. Et celui-là était probablement le pire de tous, se répéta-t-elle en plaquant ses mains sur son estomac, appuyant avec force comme pour en rejeter toutes les traces qu’il y avait laissé. Ses gestes étaient encore maladroits et elle se sentait à bout de force, la tête encore pleine du tourment, les membres tremblants de la douleur qui semblait s’y être gravé. C’était la première fois qu’elle expérimentait l’intolérance physique entre mangkr et dragon ; et quelle fois ! Rhys souffla son affliction sous l’eau, laissant quelques bulles trahir sa présence jusqu’à la surface. Alors, même ici, elle n’avait pas sa place ? Grognant sa révolte, Rhys se le refusait : non, non. C’était eux, les fautifs ; les dragons appartenaient bien plus à Zelphos que ses pairs, c’était à elle de rétablir l’ordre des choses.

Lorsqu’elle était passée à travers la faille de Zelphos, probablement la seule mangkr à avoir eu l’audace de désobéir ainsi, elle était restée quelques temps en Ciel avec les siens, déboussolée, perturbée par ces couleurs, ces paysages, ces natures à couper le souffle. Très vite néanmoins elle avait compris que les intentions d’Azraël, Aile Ténébreuse comme il se faisait désormais appeler, étaient viles : un an plus tard elle désertait pour rejoindre une vie nomade, embrassant la rébellion sans toutefois trop s’en mêler. Elle avait tant de choses à découvrir, à apprendre ! Qu’elle soit contre les objectifs des colons de Zelphos n’était pas sa priorité, inconsciente qu’elle était de la situation, encore bien loin de s’imaginer comment les choses allaient tourner.

Non, aujourd’hui, elle prenait une toute autre voie : si le Destin farceur s’évertuait à lui faire comprendre à l’aide d’un tourment cruel que mangkr et dragon n’étaient pas compatibles, alors c’était son rôle de faire en sorte qu’il n’en soit plus ainsi. Quelqu’un de plus sage, de moins bilieuse que Rhys aurait probablement réfléchi à un moyen magique, intellectuel ; mais Rhys ne faisait pas dans la délicatesse et comptait bien passer par la manière forte. Elle ne réalisait pas encore l’ampleur que cela prendrait, ni quelles vies elle allait sauver en leur donnant une raison concrète de vivre, de se venger, de s’exprimer ; pour le moment, elle était seule, et le resterait bien longtemps encore, salissant ses mains de créatures dont elle ne réalisait pas la dimension vivante, obnubilée par la Justice qu’elle mettait en œuvre, lentement mais sûrement, tissant sa propre toile sur le tableau de son Destin.

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« - Tu m’emmerdes, Nath. »

Le jeune homme fronça les sourcils mais ne releva pas l’innombrable injure, constamment rabroué par Rhys. Celle-ci grogna sa frustration, faisant craquer sa nuque avec impatience, pianotant la table du bout des ongles. Ils se débrouillaient très bien tous les deux, après tout, n’est-ce pas ? Le garçon approcha sa main de son bras mais la mangkr se déroba, lui assénant un regard furieux tandis que le sang continuait de coaguler ; la démangeaison était presque insupportable mais ça n’avait pas d’importance. Être blessée sans avoir pu tuer, s’handicaper ‘pour rien’ en revanche, Rhys ne le supportait pas.

« - Fais pas ton petit con ! Pas sur moi ou j’te bouffe. »

Bien sûr elle le protégeait bien plus qu’elle ne se protégeait elle-même mais Nathaniel ne réalisait peut-être pas encore à quel point. Créer une Guilde, hein. Monter un rassemblement de péquenauds aux mêmes idéaux.. et puis quoi encore ? Pour se retrouver avec la moitié sur le coin de la gueule s’ils apprenaient qui elle était réellement ? Nathaniel avait déjà eu du mal à avaler la vérité et Rhys ne se sentait pas de s’exposer au premier étranger qui croiserait sa route, rejoignant sa folle croisade pour.. peu importe les raisons qui les inciteraient à les rejoindre. Mais au fond, quelque part dans sa sagesse dissimulée, celle qui lui permettait d’être cette trappeuse redoutable malgré son caractère explosif, elle savait qu’il avait raison.

« - Tu m’emmerdes, putain, je te jure que tu m’facilites le transit intestinal. rajouta-t-elle en un soupir plus résigné, ses traits s’adoucissant alors qu’elle se saisissait d’un bout de tissu pour recouvrir la plaie béante de son avant-bras. Tu te démerdes pour monter ça et ne compte surtout pas sur moi pour trouver un nom à cette.. peu importe le truc. C’est clair ? »

Le Cercle de Maria. Quel nom stupide, avait songé Rhys la première fois qu’elle l’avait entendu pour mieux rester silencieuse, respectant le passé de Nathaniel autant qu’elle méprisait le sien. Il y avait des promesses, dans ce patronyme ; la certitude d’un avenir meilleur, la volonté de vivre, de trouver sa place, de ne plus jamais avoir à se plier devant qui que ce soit.
Ouaip, pensa-t-elle en un fin sourire, ce petit con avait décidément de bonnes idées.


Citation :
Raconte comment tu t'es habilement mêlée à l'armée d'Aile Ténébreuse et aux soldats enrôlés, et comment tu as pu passer le portail sans que ton identité ne soit dévoilée.

Dans la réalité

Âge : Vingt-trois ans.
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Vos passions : Recréer les Power Rangers sur Terra ; quand Bjørn est la force jaune, Jihad la force bleue et Clydwen la force verte, il leur manquait un leader, le charismatique force rouge, désormais incarné par Rhys la toute puissante ! Tremblez, manants !
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Phrase fétiche : FILS DE CATIN !
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