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 Nayris, réponds à mon appel !

 
Dim 6 Avr - 15:45
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Les préparations avaient été accomplies, les offrandes assemblées. Le fragment d’os, le fruit pourri, la mèche de cheveux et le sang avaient été recueillis. Le tout avait été soigneusement placé dans une petite boîte de sapin, réceptacle qu’il avait enterrée sous le croisement près duquel il se tenait. Assis en tailleur à même le sol, Saeros prit le temps de souffler avant d’aller plus loin.

Était-il vraiment judicieux de faire ce qu’il s’apprêtait à faire ? Était-il prêt à aller si loin ?

Il leva la tête vers les nuages, fixant la voûte céleste obscurcie depuis bien longtemps. La lumière de la lune se refléta sur le miroir opaque de ses yeux, leur donnant un éclat de vie qui n’était plus présent à l’état naturel chez lui. Ironique que ce satellite froid, lointain et distant, soit la seule chose encore capable d’animer son morne regard. Il n’y avait pourtant pas si longtemps de cela - quelques semaines tout au plus - une personne aussi étincelante que le soleil en avait été elle aussi capable. Elle était partie à présent. Saeros s’était brûlé les ailes pour la deuxième fois de sa longue existence.

Le magicien avait fait table rase du passé en faisant appel aux obscures puissances la première fois, il ferait exactement la même chose aujourd’hui.


« J'invoque Nayris, déesse des morts et maîtresse des limbes. Par la nuit, par le sang, et par la mort, je la conjure de répondre à mon appel, et d'écouter mes demandes. J'accepterai toutes ses conditions, je me plierai à sa volonté, car elle est la seule et unique Déesse de ce monde »

La seule et unique déesse ? Quelle douce blague ! Ce rituel d’invocation qu’il avait arraché de la bouche d’un des adorateurs de la déesse était vraiment pathétique. Toutes ces fadaises dithyrambiques lui laissaient un goût huileux sur la langue. Les personnes de pouvoir étaient-elles donc incapables de faire preuve d’originalité ? C’était à chaque fois la même chose : seul et unique seigneur, plus puissant des Dieux, Roi des Rois, etc... Que penserait donc son maitre, Aile-Ténébreuse, Seigneur de toutes choses sous le ciel, s’il l’entendait discourir ainsi ? Saeros sourit froidement. Peu lui importait. Tout ce qui comptait, justement, c’était qu’il ne le sache pas. Sans faire montre du moindre signe d’impatience, Saeros garda les yeux fixés sur l’embranchement.

Quel serait le prix à payer pour changer de vie cette fois-ci ?




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Elfe

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Mar 8 Avr - 19:39
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Un crissement tordit l'air d'une moiteur tangible. Une vague se fit, invisible, tordit l'atmosphère comme l'on enserre le cou fragile d'une proie. Brusquement, le paysage parut étouffer. Un nœud bouillant, un ulcère qui rongeait ses entrailles, contre-nature parmi le monde des vivants esquissa sa crête au centre de ce croisement... Le miroir des dimensions se brisa en quatre morceaux. Une brèche hurlante s'arracha au néant, plaie béante qui happait les couleurs environnantes comme un siphon de non existence. Alors quelque chose parut s'en extraire.

Des doigts noirs de nuit agrippèrent les rebords de silex coupant, raclèrent la surface de ce monde de ses longs ongles décharnés. Une forme nauséabonde glissa sa masse à moitié construite sur le sol terreux, embryon incomplet, simulacre d'humanoïde monstrueux. Cela tâchait de prendre forme. Cela grouillait de bulles de souffre prolongé d'un unique bras tordu en un angle impossible, vrillé comme si l'os en était brisé. Cela pulsait d'un spasme erratique, et chaque hoquet étranglé semblait ramasser sa silhouette en une vague découpe d'être humain... Bientôt, cela eut la même taille que l'insipide petite chose qui l'avait appelée par-delà les mondes.
Un œil roula à la surface de son faciès, brinquebalé d'une morne déglutition. L'un de ses bras flasque se rompit, s'étira de fils noirâtres où des doigts avortés bougeaient encore d'un tressautement d'agonie... La terre siffla. Et des langues de souffre léchèrent le sol en de paresseux tourbillons de miasmes.

« Tu m'as appelé... Mortel... »

Une impossible bouche déchira la surface de cet abîme de noirceur. Parcourue de filaments liquides, vomis de mots qui avaient figure de phrase comme si cette seule prononciation lui était écœurante de dépense d'énergie... Tout cela était futile. Sa déesse seule valait ses efforts. Leur Déesse à Tous, elle, saurait écraser ce nuisible impudent, cet horrible ramassis de vie ! Que ce son de veines trop pleines était atroce, atroce à ses moignons d'oreilles, qu'il voudrait les retourner d'un ongle, faire glisser ses griffes sur ces rameaux sanglants comme de la craie crissante sur un tableau noir !
… Mais tout cela était épuisant. Et cela l'indifférait.

« Ceux qui m'appellent... M'indiffèrent... »

Son œil roula sur sa face, glissa abruptement de plusieurs centimètres. Terrible curiosité que celle que posa le Spectre des Croisements sur les prunelles horrifiques de la petite chose insipide. Alors, lentement, sa surface se gondola et un tortueux gargouillis d'agonie agita de spasmes sa forme de fœtus incomplet.
Oui, le Marchand Noir riait. Un rire spongieux, étouffé de bulles de succion qui éclataient sur son faciès en une parfaite indifférence. Sa large bouche évidée se tordit d'un sourire qui fondit d'un côté, avalé par ce trop plein de nuit.

« Ma Dame... Aime les monstres... Distrais-la... Distrais-moi... Passe un contrat. Et peut-être... Tu ne mourras pas... Pas tout de suite. »

Un autre gargouillis mourut dans ce qui lui servait de gorge déformée. Nul n'échappait au regard de Leur Déesse à Tous. Et cette vie, toute cette vie, Oh oui... Serait enfin écartelée, rompue, déchirée par les crocs des Limbes, si jouissif !

« Que désires-tu... Petit être des ténèbres qui m'indiffère ? Dis-le moi... Et je t'en donnerai le prix. »




Jeu 17 Avr - 18:21
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Si le spectre des croisements avait affirmé que ceux qui faisaient appel à ses services le laissaient indifférent, le Conseiller Noir ne pouvait en dire tout autant. Cette créature ne le laissait pas indifférent, non : elle le répugnait. Il observa avec dégoût le magma noirâtre qui la composait, les filaments informes qui émergeaient, se déchiraient et se recomposaient sans aucune logique. Saeros avait connu bon nombre de créatures peu ragoûtantes au cours de sa carrière d’invocateur, mais il devait bien admettre qu’aujourd’hui il avait touché le pompon. Cette masse désordonnée révélait un esprit malsain, vicieux, un être issu du chaos. Le magicien ne pouvait que détester viscéralement cette chose, lui qui était un agent du pouvoir… et de l’ordre.

« Ce qui t’intéresse ou non m’importe peu, répugnante créature. Tu es ici pour passer un contrat avec moi, pas pour me vomir au visage ta haine des vivants. »
Il se releva assez brusquement, refusant de rester un instant de plus aux pieds de cette… chose. Avait-il bien fait de mettre à exécution ses projets, finalement ? Si cela incluait de passer un marché avec cette abomination, il commençait à en douter.

« Qu’exigerais tu de moi, spectre, si je te demandais de me dévoiler le secret de la perception des auras ? Il émit un petit reniflement méprisant. Si cela est dans tes compétences, bien entendu… »
Les yeux plissés, Saeros continuait à observer cet être qui se disait « envoyé de la déesse ». Avait-il réellement le pouvoir de réaliser ses vœux ? Et si c’était bien le cas, le prix serait-il raisonnable ? Une autre question… plus pressante, le rongeait. Le ton un peu plus hésitante qu’auparavant, il éleva à nouveau la voix

« Que se passerait-t-il si jamais je décidais, disons… de me passer de tes services, finalement ? »

Les rumeurs étaient nombreuses à ce sujet, et peu rassurantes. Certains affirmaient que les personnes qui faisaient se déplacer l’envoyé n’en sortaient jamais indemnes, mais que ceux qui reculaient après l’avoir invoqué étaient des morts en sursis. On parlait d’assassins, de créatures surnaturelles qui se faufilaient dans vos chambres au crépuscule. Des êtres que les plus hauts des murs, les plus escarpés des fossés, ne parvenaient à arrêter. Les bras armés de Nayris.

« Réponds-donc. Tu as une langue, n’est-ce pas ? Enfin… façon de parler », se ravisa-t-il en se rappelant la forme physique qu’adoptait l’envoyé.




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Elfe

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Sam 26 Avr - 21:05
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« Si cela est... Dans mes compétences... ? »

Le ton interrogatif était vaguement perceptible dans cette voix d'outre-tombe qui n'avait plus ni âge ni timbre, morne agonie d'un intérêt vague suscité par cette petite chose fragile et insipide. Les mortels... Étaient si éphémères... La gloire seule des morts était éternelle, transcendante, et le baiser glacial de Nayris valait le plus terrible des plaisirs...
La Marchand Noir eut un déséquilibre du corps, et sa masse sombre et tordue se brisa d'un angle dérangeant, incapable de se pencher de sa silhouette fractionnée. Alors sa voix s'éleva-t-elle à nouveau, lentement, détachant les mots comme des bouts de silex qui jaillissaient péniblement de son simulacre de bouche :

« Je ne suis... Rien... Nayris est... Tout... Fou serait celui qui douterait de ses compétences... »

L'imbécilité latente des êtres vivants l'emplissait d'une joie obscure dans tout ce vide de sentiment. Car le spectre des croisements n'était que gouffre infâme, un abîme par lequel Nayris refermait ses serres d'oiseau lugubre sur cette horrible usurpation qu'était le monde créé par Yehadiel...
Son œil eut un frémissement de prunelle, réapparut sur sa face dans ce qui semblait être une difficile déglutition.

« Ta contrepartie... Sera celle-ci, petit elfe... »

A nouveau l'air s'emplit d'un froissement désagréable, un sombre renversement des dimensions si contre-nature à cette réalité. Une excroissance se forma à la lisière de son œil extatique, grossit jusqu'à jaillir de son corps en un répugnant bruit d'éclatement. Sur le sol tomba une silhouette. Trempée de ce noir de nuit, écumante de filets liquides et spongieux qu'elle peinait à décoller de son pelage.

« Tu devras... Garder ceci avec toi... »

Un poro sembla enfin se distinguer au cœur des langues fumantes de miasme. Anormal. Son poil noir n'était guère commun à sa race, et si l'aspect mignon avait subsisté par-delà les Limbes il en paraissait à présent dérangeant, étrange à lui-même comme à ce monde.

« … En toutes occasions. »

Et cela aurait bien été là une trace d'humour si le Marchand Noir n'en avait jamais été capable. Lui revenait en réminiscences le désastre qu'avait été cette boule de poils dont Leur Déesse à Tous s'était lassée. Un jeu cassé ne l'amusait guère longtemps. Et cet animal fou, suractif, insupportable touche de pseudo vie dans la beauté morte du paysage, avait été une épine dans leur pied... Rien de plus agréable que de pourrir l'existence des créations dégénérées du faux dieu. Car il serait incontrôlable.
Quoi de plus risible que la prestance d'un Conseiller Noir ravagée par la présence d'un être mignon fauteur de troubles ?

« Si tu venais... A vouloir te passer de mes services... Petit elfe... »

Son corps se rétracta d'un ultime spasme. Se réarrangea soudainement d'une configuration violente, se façonnant en un miroir parfait de l'odieuse créature qui avait osé l'appeler. Son visage se contracta, régurgita un second œil tandis qu'un sourire tout de dents fendait ses traits de fac-similé...
Seule sa peau noire de nuit resta telle qu'elle sur la copie conforme de Saeros.

« Tu le regretterais... Sans doute... »

Il tendit un doigt rassi, bizarrement crochu. Et sa main même prit des allures de pattes griffues, monstrueuses d'imitation, longeant le visage de l'elfe comme une lame de rasoir effilée. Qui s'arrêta à hauteur de ses prunelles démoniaques, vestige d'une blessure abominable en une proximité qui ne laissait rien envisager de bon...
Pure psychologie si l'on prenait en compte l'intangibilité du Marchand Noir.

« Certains rêvent... D'arracher ces jolis yeux... Nayris viendra à toi. Avons-nous donc... Un marché, petit elfe qui m'indiffère ? »




Lun 28 Avr - 23:52
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Un frémissement parcourut le corps de Saeros des pieds à la tête. Avec une horreur non dissimulée, il observa les griffes de l’apparition longer les contours de ses yeux, tressaillant à chaque fois que les lames de rasoir frôlaient la peau. Les traits de son visage se crispèrent, à mi-chemin entre stupéfaction, colère… et peur. Il avait beau savoir que ce corps n’était pas le sien, que toute ce à quoi il assistait n’était qu’artifice et mise en scène, les souvenirs qui remontaient à la surface de sa mémoire, eux, étaient bien réels. La douleur fantôme qui le démangeait n’était pas un effet de sa débordante imagination. Ses canaux lacrymaux, endommagés, incapables de verser une larme sur son sort ou celui des autres, étaient un constant rappel d’un fait bien simple : la plaie… était encore à vif. Et voilà que cette immonde créature venait de jeter une pleine poignée de sel sur la blessure. Sa colère l’emporta brutalement sur le reste.

« Comment… osez-vous… »

Sa rage était si intense qu’il avait du mal à articuler. Il crispa ses mains en deux poings serrés, si serrés que ses jointures en blanchirent. Le sourire sardonique que la créature affichait depuis tout à l’heure, un sourire que lui-même se plaisait bien souvent à arborer, s’élargit. Son sang ne fit qu’un tour. Un tel sourire était insupportable !

« Ne te moque pas de moi ! »

Sans la moindre hésitation, il dressa la main droite en direction de la tête du spectre. Une décharge d’énergie fusa sans prévenir, déchirant sur son sillage l’obscurité crépusculaire. Le magicien avait bien visé, mais il avait oublié dans son aveuglement à qui il avait affaire. Le projectile traversa aisément la créature, transperçant sa silhouette intangible sans lui faire le moindre dommage. Les lèvres de Saeros se retroussèrent en un rictus haineux, dévoilant des dents blanches et parfaitement alignées.

« Pars, je te congédie ! Récupère ton animal de compagnie, et va-t’en ! »

La respiration haletante sous le coup de l’émotion, le Conseiller Noir était à peine capable d’aligner une pensée cohérente. Lui qui se félicitait de son sang-froid et de sa clairvoyance, lui qui avait toujours considéré la colère comme le stigmate d’un intellect inférieur, semblait avoir perdu l’esprit. Une seule chose comptait à ses yeux en cet instant précis : l'apparition devait souffrir, et ses rêves - si elle en avait - devaient être réduits à néant. Peut-être alors comprendrait-elle.

« Tu vas dire… à ta déesse… que je l’attends. Tu vas lui dire que je défie ses sbires de me punir pour le fait que je me sois " passé de tes services ", comme tu l’as si joliment formulé. »

Alors qu'il parlait, une idée germa dans son esprit, une idée née de la colère et alimentée par la colère. Depuis le début de cette rencontre, son souhait avait autant été d’obtenir de nouveaux pouvoirs que d’en apprendre un peu plus sur Nayris et ses représentants. Si le prix s’était révélé trop élevé, il aurait de toute façon refusé l’offre du spectre. S’occuper d’une boule de poils gluante et surexcitée ne semblait si compliqué, mais il était hors de question qu’il accepte de passer contrat avec l’immonde abomination qui se trouvait en face de lui. A présent que les relations diplomatiques étaient plus ou moins rompues, autant profiter de la situation à son maximum. Qu’ils viennent, après tout ! Cela lui épargnerait le souci de les traquer lui-même…

« Oui… qu’ils viennent. »




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Elfe

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Mar 29 Avr - 14:16
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Le spectre ne cilla pas. Seule sa silhouette continua à gondoler dans une parfaite indifférence de son environnement. Un frisson le prit, indécelable, et le trait de magie le traversa de part en part comme s'il y prenait un plaisir tout particulier... Quel délice que la colère des être vivants. Quel délice que de savourer la haine, la peur, et tout le panel d'émotions négatives si puissantes et dévastatrices chez les créations du faux dieu ! Sa bouche s'élargit d'un vaste sourire, et sa langue noirâtre râpa ses lèvres décharnées, imitation de plus en plus saugrenue de son hôte. Ça et là ses rebords coulaient, s'évasaient en corolles de fumée sombre. Et ses pseudo os crissaient d'une pression invisible, rétractés, forcés de se contenir pour maintenir cette apparence humanoïde qu'il exécrait tant, mais si drôle à torturer.

« Il en sera fait... Ainsi... »

Aucune trace de verve dans sa voix. Le Marchand Noir n'était pas plus vivant que l'étaient les limbes, et les émotions qu'il pouvait expérimenter se limitaient parfois à l'ennui et à la joie morbide qui émanaient de Nayris par intermittence... La perspective de retrouver le petit elfe dans un lieu plus propice lui était délectable. Alors... Alors il pourrait le toucher. Insérer ses ongles le long de cette peau trop vivante, déliter cette forme comme l'on déchire les rebords d'une feuille. Le Conseiller Noir n'avait pas la moindre idée de ce qui l'attendait là-bas, dans l'ombre abyssale des Limbes. Un grouillement sans fin de créatures monstrueuses et dégénérées qui raclaient jusqu'au rebord de leur monde afin d'atteindre la dernière goutte de sang, tendant les griffes dans l'espoir d'attraper un jouet vivant...
Et Saeros serait ce jouet vivant. Les Adorateurs de Nayris y veilleraient.

« A très bientôt... Petit elfe qui m'indiffère... »

Et un rire guttural à demi étranglé agita légèrement sa silhouette, songeant par avance à la gaieté de sa chère Déesse lorsqu'elle saurait l'affront qui lui avait été fait... Ô elle n'était pas Déesse à s'en vexer définitivement. Bien au contraire... Ses tendres Limbes allaient s'éclairer d'un tout nouveau passe-temps. Comment allait-elle le traquer ? Mettrait-elle longtemps pour le casser à son tour ? Le Marchand Noir en était fébrile d'attente...

La frontière entre les mondes raisonna d'une vibration ténue. Une fêlure plus longue que les autres apparut, brisa l'horizon d'une ligne folle et distendue. Un souffle exhala sa puanteur gelée, et le Spectre des Croisements se résorba en une série de claquements secs écœurants. Après un temps infime, le Poro incertain subit le même sort, absorbé par le siphon des dimensions... Les langues noirâtres se virent dissoutes dans l'herbe en petits copeaux de végétation morte, et peu à peu les couleurs environnantes reprirent leurs droits. La pression atmosphérique s’amoindrit. Les sons alentours revinrent comme si tout ceci n'avait jamais existé, simple cauchemar dans l'esprit torturé du Conseiller Noir...

Seul subsistait dans l'air un vague murmure.

« A très bientôt... »





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