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 Caché dans les bois [PV:Nawel]

 
Jeu 6 Mar - 14:42
Fin du mois de Venna

Ma vie se limite à chasser, à survivre dans ce monde où je tente de trouver ma place. Et si j’avais faux depuis le début ? Pourquoi suis-je venu au monde ? Pourquoi est-ce que je vis ?

La chasse est bonne, Zraïfa a pisté la piste d’un sanglier terré dans ses bois, sa viande est forte en gout mais pourra me servir pendant une semaine entière, sa fourrure et ses défenses pourront aussi être revendus à un bon prix. Je regarde attentivement les traces sur le sol à la recherche de notre proie. Il a été labouré, sans doute le sanglier a sans aucun doute cherché quelques truffes ou champignons, c’est récent, nous nous rapprochons.

Avec Zraïfa, nous nous avions finalement acculé notre proie, l’arbalète en main, je sifflai lentement pour signaler à ma chienne d’attaquer. Elle courut à vive allure et planter ses crocs dans le solide collier de la bête qui poussa un lourd grognement cherchant à se débarrasser de l’agile canidé. Avec précision, mon doigt appuie sur la gâchette d’acier de mon arme qui projette un carreau qui vient se planter entre les deux yeux de la bête.

Mais à ma grande surprise, l’animal n’est pas encore mort, il charge avec toute sa hargne et sa violence vers moi. Je tente de recharger mon arme mais en vain. La lourde et puissante tête du sanglier vient s’abattre contre mon torse et me fait reculer de plusieurs mètres. L’animal n’a pas encore rendu son dernier souffle, ses lourds sabots manquent de fracasser mon crâne, avec force, j’arrive à saisir sa gorge avec ma main gauche, puis de la droite, ma lame s’enfonce lourdement dans la gorge de la bête enragé qui finit par rendre son dernier soupir.

Je la repousse et la laisse s’écrouler lourdement sur le côté. Je laisse s’échapper une plainte douloureuse et pose ma main sur mon torse. Chaque respiration me brule, j’ai l’impression qu’à chaque fois que ma poitrine se soulève, on m’enfonce un poignard aiguisé entre les côtés. Je crache un peu de sang et me traîne jusqu’au tronc d’un arbre pour m’y adosser. Zraïfa accourt, elle couine et me lèche la main, je la caresse et lui murmure d’un ton rassurant :

- Chut…Chut… ça va aller… J’ai juste besoin d’un peu de repos… beaucoup de repos… J’aurais dû mieux viser ce sanglier…


Je garde ma douce chienne contre moi et respire difficilement tant le voile aiguisé de la douleur altère mes sens. Il n’y a plus qu’à espérer qu’aucun autre animal dangereux ne viendra me causer des ennuis. Je dois lutter contre cette envie de dormir, ma survie en dépend. De toutes façons, avec cette douleur qui embrase mon corps, il me serait difficile de m’assoupir.

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Jeu 6 Mar - 22:57
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Plus qu'un ou deux jours de marche, et Nawel serait enfin à Sen'tsura. Elle avait beau avoir hâte de voir Voyl pour lui faire part de sa réponse, elle sentait qu'au fond d'elle son cœur lui faisait encore mal. Arriverait-elle un jour à tirer entièrement un trait sur le passé ? Arriverait-elle un jour à oublier Mitsu ?

Penser à Mitsu raviva le souvenir de sa rencontre avec Jade. Elle était si belle, si gentille... Peut-être que...

Le bruit d'un affrontement la tira de ses pensées. Horrifiée, elle regarda partout autour d'elle, sans réussir à en capter l'exacte origine. Il y eut un choc sourd, puis plus rien.

Anxieuse, les oreilles en arrière, elle continua son chemin. La forêt ne lui faisait pas peur, ni les animaux qui la peuplaient. Après tout, sa partie renarde était sauvage, et elle connaissait la nature et les dangers qui l'habitaient. Mais si un humain ou autre créature armée se trouvait là, elle ne saurait comment réagir.

Ses pas la conduisirent soudain dans une petite clairière. Une clairière des plus sanguines par l'écarlate qui maculait l'herbe et le sanglier qui s'y trouvait. La mort n'avait pas su gommer la puissance et la prestance de l'animal. Dans ses yeux ouverts et vitreux, la kitsune distinguait encore le courage et la volonté d'une bête qui n'avait eu d'autre choix que combattre pour survivre.

Puis ses yeux s'arrêtèrent sur l'arbalète et l'épée maculées de sang, qui brillèrent sinistrement sous le soleil couchant de cette fin d'après-midi. Son souffle se heurta, et des tremblements commencèrent à envahir ses mains.

Et, enfin, elle remarqua l'homme qui se trouvait là. Ce n'était pas qu'il était de petite taille, bien au contraire, mais il semblait presque frêle à côté de l'imposante masse du sanglier qui le surplombait. Ses cheveux blancs lui recouvraient le visage, et sa main pressée contre son ventre se recouvrait peu à peu du liquide vermeil essentiel à la vie. A côté de lui, une belle chienne couleur crème gémissait doucement.

– Chut... chut... ça va aller..., souffla l'homme à son intention, j'ai juste besoin d'un peu de repos... beaucoup de repos... J'aurais dû mieux viser ce sanglier...

Nawel aimait comment il parlait à la chienne, d'une façon douce et tendre qui montrait qu'elle comptait pour lui. Mais ses armes ne lui plaisaient pas. C'était un chasseur. Un meurtrier.

Comme s'il avait entendu ses pensées, il leva la tête vers elle. Leur regard se croisèrent. Elle frémit.

L'inconnu possédait des yeux d'une originalité troublante. L'un était rouge sang, l'autre vert feuillage. La kitsune eut la sensation que ses deux yeux étaient en réalité deux fenêtres ouvertes sur son âme. L'une évoquait sa nature de tueur, l'autre son amour envers la nature.

Mais...

Laquelle de ces deux facettes l'emportait sur l'autre ?



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Ven 7 Mar - 12:28
Alors que je vacille entre douleur et sommeil, j’avais la sensation que quelque chose ou quelqu’un nous regardait. J’avais beaucoup trop mal pour me défendre, les oreilles de ma chienne se dressèrent, elle grogna d’abord, sur la défense, puis elle s’avança et se mit à aboyer. Comme si elle demandait de l’aide vers cette chose inconnue que je n’arrivais pas à bien cerner tant ma vue était troublée par le voile du mal.

C’est alors que j’arrive à cerner quelque chose de frêle, quelque chose qui semble être terrorisée… Ce n’est pas un humain qu’est-ce donc ? J’essayai de me relever, mais chaque mouvement était si douloureux que j’avais la sensation que l’on déchirait mon corps comme une feuille de papier. Mais la curiosité était plus forte, debout sur mes deux jambes, je fis quelques pas, ma paume posée sur mon torse, j’avançais lentement mais sans mes armes cette fois, peut être aurais-je dû au moins ramasser mon épée ? Trop tard, car à quelques mètres de moi je pu distinguer ce qui m’observait.

C’était une jeune femme, on aurait même dit une jeune fille pas plus grande qu’un jeune arbre et plus maigre qu’un moineau affamé. Elle avait de fines oreilles et une queue, un peu comme celle d’un renard. Mais ce qui me marqua le plus, c’est l’expression de son regard, elle semblait avoir quelque chose en elle de brisée, un peu comme moi et cela ne me mettait pas à l’aise.

Je sentis une brulure au niveau de ma poitrine, je toussai et cracha du sang sur le sol. Zraïfa couine à mes côtés, je ne sais pas ce qu’est cette fille, mais ce que je sais c’est qu’elle dégage quelque chose qui calme mes sens et trouble mon esprit.

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Sam 8 Mar - 23:00
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Témoignage d'une intense volonté, l'homme se leva et esquissa quelques pas, malgré la profonde blessure qui le faisait souffrir. Il s'approcha de Nawel, qui resta là, silencieuse et immobile, tentant de toutes ses forces de ne pas reculer.

L'inconnu toussa, et quelques gouttes de sang tombèrent sur le sol. La chienne gémit une nouvelle fois, et la kitsune eut la sensation qu'elle l'implorait, ce qui la plongea dans un gouffre d'incertitude.

L'épée et l'arbalète étaient toujours là, un peu plus loin dans l'herbe mais, étonnamment, l'homme n'avait pas cherché à s'en emparer en l'apercevant. Et il était blessé... Elle ne pouvait décidément pas rester sans rien faire. Voir quelqu'un souffrir, aussi sanguinaire fut-il, était au-dessus de ses moyens. Elle le guérirait, quoi qu'il lui en coûterait.

Une fois cette promesse formulée dans ses pensées, elle s'avança, quittant la lisière du bois pour pénétrer dans la clairière, les mains bien en évidence pour montrer qu'elle n'était pas armée. La chienne jappa et se plaça devant son maître quand elle marcha dans leur direction, cependant Nawel savait que c'était plus pour le protéger que par véritable animosité envers elle.

– Ne t'inquiète pas, murmura-t-elle d'une voix douce, je ne vous veux aucun mal.

Elle approcha la main et la chienne, d'abord méfiante, se laissa caresser et se déplaça pour lui laisser voir son maître.

La kitsune se sentit rougir. De près, l'homme était encore plus grand, et elle encore plus timide. Elle déglutit discrètement avant de se lancer.

– Bonjour Monsieur, commença-t-elle, je... je suis Nawel. J'ai le pouvoir de guérir, alors... alors je pourrais peut-être... soigner votre blessure ? Si vous en avez envie bien entendu.

Ses yeux fixaient la poitrine de l'homme, n'osant regarder son visage, et encore moins ses iris si particulier. La plaie n'était pas belle à voir, mais cela n'effrayait pas Nawel. Elle avait déjà connu bien pire et n'avait pas peur du sang, seulement des armes qui le faisaient couler.

Elle reprit :

– En tout cas, si... si vous voulez que je vous aide, il faudra vous asseoir.

Elle se tut et, terrifiée, réalisa ce qu'elle venait de dire. On aurait dit un ordre, non, pire, une condition ! Elle s'empressa de rajouter :

– Vous n'êtes pas obligé. Enfin ce serait mieux, mais c'est à vous de choisir, je ne vous force pas, je...

Elle se tut une nouvelle fois, avant de terminer d'une voix presque inaudible :

– Libre à vous de décider... Monsieur.



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Mer 12 Mar - 17:21
La créature ou je ne saurais dire ce que c’était fini par sortir de la clairière, c’était bien une enfant à entendre par sa voix frêle. Que faisait-elle par ici ? Pourquoi était-elle seul ? Ou étais sa famille ses parents ? Tant de questions valsaient à une vitesse folle dans mon crâne mais la douleur était toujours là et toujours plus intense. La petite s’approcha, Zraïfa s’interposa et aboya. Mais elle ne ressenti aucunes craintes venant de cette fille-renarde, elle se laissa même caresser. C’était bien la première fois que ma chienne laissait une inconnue s’approcher d’elle et la caresser.

Puis elle s’avança vers moi, elle affirmait pouvoir me guérir, apaiser ma douleur. Mais quand je la regardais, le souvenir de ma sœur se fit plus intense m’arrachant une brève plainte douloureuse et plaquant ma main au visage. J’ai envie qu’elle s’en aille, j’ai envie qu’elle reste, quel est ce sentiment de dualité qui nait en moi ? Pourquoi ai-je l’impression de voir la même peine, la même souffrance dans ses yeux qui doivent inonder mes pupilles ? Pourquoi ai-je cette envie de calmer cette peine, de calmer le cœur meurtri de cet enfant que je ne connais même pas ?

Je finis par m’assoir au sol, mes yeux scrutant cette petite chose qui pourrait calmer l’ardeur de ma souffrance. Le ton de ma voix est sec et un peu agressive :

- Si tu as quelque chose à faire… fait le maintenant ou va-t’en…

HRP : C’est un peu court j’en suis désolé, je ferais mieux au prochain post

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Sam 22 Mar - 18:15
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Le ton de la voix de l'inconnu fit frémir Nawel. Elle entoura son corps de ses bras, comme pour se protéger de l'agressivité et de la sécheresse qui s'en dégageait.

– Si tu as quelque chose à faire, fais-le maintenant ou va t'en...

Face au sentiment évident de malaise qui envahissait l'homme en sa présence, la meilleure solution aurait sans doute été de partir. Mais elle s'était promis de le soigner. Et il s'était assis...

Elle s'agenouilla à ses côtés, évitant de regarder son visage et l'expression de souffrance qu'elle y lisait. D'une main douce, elle appuya légèrement sur la plaie et ferma les yeux.

Sa sensibilité de guérisseuse lui avait fait remarquer que ce n'était pas seulement physiquement qu'il était blessé. Son regard et sa posture montraient une autre blessure, plus profonde. Une blessure de cœur.

Et elle le sentait, ce cœur. Il palpitait tout contre sa paume, si fragile.

Déchirure. C'était une déchirure du cœur. Il était tombé sur la bonne personne. Elle saurait le réparer, le recoudre, lui rendre sa chaleur. Pour qu'il puisse tisser des liens de nouveau...

Le monde s'était figé. Rien ne restait plus que le contact de ses doigts rougis de sang sur la plaie et celui de son esprit sur son cœur. Les yeux toujours fermés, sa bouche s'entrouvrit, et un chant s'en échappa.

La mélodie, pure et cristalline, sembla gagner en hauteur, aussi légère qu'une plume, comme pour gagner le ciel. Pourtant, c'était au sol qu'elle agissait. Sous la main de la kitsune, son pouvoir agit, se déroulant dans tout le corps de l'inconnu en une vague brève mais intense.

Son chant gagna en puissance. Sa magie, tel un animal docile, s'enroula autour de la plaie avec vivacité. Le sang s'arrêta peu à peu de couler, tandis que la formidable alchimie rendait le goût de la vie à ce corps qui s'approchait de la mort.

Lentement, la plaie se referma. La peau se reforma, le subtil tracé des veines et des artères retrouva son chemin, les muscles et les os se ressoudèrent. Nawel continua de chanter. Encore...

Son pouvoir gagna le cœur, centre des énergies et des émotions. Son pouvoir capta sa fêlure, en perçu le sens et la raison. Son pouvoir s'y engouffra, lui interdit d'exister. Mais ces blessures-là étaient les plus profondes et les plus dures à guérir. Nawel ne croyait pas au miracle. Elle pouvait seulement la faire diminuer en intensité. Le reste, ce serait à l'inconnu de le faire. S'il en était capable.

Une dernière étincelle de magie pour fignoler les détails, et elle se tut. Ouvrant les yeux, elle dégagea sa main, qu'elle posa dans l'herbe. Puis, se mettant à rougir à nouveau, elle regarda l'inconnu.

Espérant trouver dans ses yeux une nouvelle lumière.



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Dim 30 Mar - 21:39
Je saurais incapable de décrire ce qui se passe alors que cette hybride pose ses mains fragiles sur ma plaie et ce chant divin qui s’échappe de sa bouche et qui apaise mes sens. Je me sens comme transporté vers un endroit céleste, un lieu éloigné de la barbarie et de la cruauté des hommes et de ceux qui tournant le dos à l’humanité. J’avais l’impression que cette enfant ne se contentait pas seulement de guérir ma blessure physique, on aurait dit que la paume de sa main s’état posée sur mon cœur à jamais meurtri.

Origa, je ne pourrais jamais oublier ta mort, ton absence est ce qui me pèse le plus sur la conscience. Mais pas seulement, je dois porter en moi les cicatrices de ma sauvagerie que j’ai infligé contre celle que j’aimais. Pourquoi est ce que je vis en ce monde ? Pourquoi est ce que je continue de respirer l’air que j’ai privé à d’autres ? Pourquoi est ce que je m’accroche ?

Le chant s’arrête, ma plaie est soignée, quand à mon cœur il semble un petit peu plus léger et teint d’une reconnaissance envers cette enfant. Zraïfa s’approche vers moi et aboie joyeusement avant de venir me lécher le visage. Quand à mon regard de pierres précieuses, il ne cesse de fixer cette fille, bénie de divins et qui a, par je ne sais quelle magie, guérie ma plaie, mais aussi tenté d’alléger mon cœur blessée.
D’un ton plus humble, je laisse échapper ces quelques mots, encore sous le choc :

- Tu… Tu m’as sauvé…

Ma chienne vient à la rencontre de l’enfant renarde et vient réclamer quelques caresses et jappe de bonheur. Pourquoi est ce que je sens germer en moi, cette envie de lui être plus que redevable ? Voilà bien des années que je n’avais rien senti de tel. Mon ton est plus doux mais reste grave lorsque je la remercie :

- Je ne sais pas comment te remercier, je me suis montré rude avec toi, mais je m’en excuse… Je n’ai pas grand-chose à t’offrir à par mes remerciements les plus sincères et …

J’hésite un bref instant, puis je finis par lui demander :

- Est-ce que… Je peux t’offrir quelque chose en retour ?


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Mar 1 Avr - 12:11
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– Est-ce que… je peux t’offrir quelque chose en retour ?

– L'amitié.

Le mot avait échappé à Nawel avant même qu'elle pense à la retenir. Avant même qu'il ait pris forme dans son esprit. Et, à l'instant où elle le prononça, elle en saisit les subtils nuances, en caressa la douce saveur et se rendit compte que c'était exactement ce qu'elle désirait.

Amitié. Un unique mot qui signifiait tout.

La vérité était que, si elle avait tiré un trait sur son passé, elle ne s'en sentait pas moins seule. Elle avait terriblement besoin de contact humain, de chaleur, de tendresse. Comme n'importe qui, après tout.

Et, si elle avait fait des rencontres, très belle au demeurant, cela n'avait pour l'instant pas continué assez longtemps. Ce qu'elle désirait, c'était une relation durable sur laquelle elle pourrait compter. C'était déjà un peu le cas avec Voyl, le dragon protecteur, ou Jade, la jeune fille aux yeux verts, mais son cœur n'était pas totalement rempli. Il lui restait encore tant de place pour s'attacher, tisser des liens et aimer !

Mais, alors que l'évidence éclatait dans son esprit en mille papillons de joies et que l'ivresse la submergeait, elle s'aperçut que ce n'était peut-être pas ce qu'avait demandé l'inconnu. Il voulait sûrement parler de quelque chose de concret, pas d'un sentiment impalpable impossible à matérialiser.

Oui, en réalité, elle avait été terriblement grossière et maladroite.

– Je... je suis désolée, balbutia-t-elle en rougissant. Ma réponse était très impolie, j'aurais du me maîtriser.

L'inconnu avait sûrement des affaires plus importante que de se préoccuper de quelqu'un d'insignifiant comme elle l'était. Et puis l'amitié n'était pas sur commande ! Il avait certainement ses propres amis qui attendaient son retour.

Quoique... elle avait lu dans son cœur. Elle y avait vu un vide immense, presque autant que le sien. Mais contrairement à elle, c'était volontairement qu'il avait décidé de se couper des autres pour ne plus souffrir.

La gorge de la petite kitsune se serra, et ses oreilles se baissèrent. C'était un solitaire. L'amitié ne l'intéressait pas. A quoi bon lui demander quelque chose en quoi il n'éprouvait aucun goût ?

Tout en caressant le beau pelage crème de la chienne, elle réfléchit à une réponse qui pourrait convenir, l'inconnu voulant visiblement la remercier pour ses services. Cependant, rien ne lui vint. Il n'avait pas à se sentir redevable.

– Vous n'avez pas besoin de me donner quoi que ce soit, souffla-t-elle, contemplant ses mains qui effectuaient des aller-retours dans le poil soyeux de l'animal. Ce que j'ai vu dans votre cœur et vos yeux m'a suffi.



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Mer 2 Avr - 11:40
L’amitié ? Serait-ce ça le prix que demanderait cette hybride ? Cette renarde était décidément bien étrange, une guérisseuse qui demande à son patient de devenir son ami ? On croirait entendre le début d’une fable ou d’un conte. Je pensais refuser poliment son offre, du simple fait qu’elle trouvera sans aucunes difficultés un ami moins sombre que moi. Qui se lierait d’amitié avec un lycan qui a le sang des innocents sur ses mains ?

C’est alors que l’enfant me fait une déclaration qui me paralyse et fait trembler ma voix :

- Tu… as lu dans mes yeux et… mon cœur ?

Un frisson aussi glacé qu’une flèche d’acier virevolta à travers tout mon corps. Quelle magie avait-elle donc utilisé pour voir le mal en moi ? Je n’étais pas à l’aise et je ne savais pas comment réagir, j’avais envie qu’elle parte, qu’elle me laisse pour avoir osé fouiller en moi comme un brigand crochète et pille un coffre. J’avais envie de la rassurer, qu’elle ne soit pas terrifiée par la noirceur et des profondes lacérations de mon cœur.

J’étais pris d’une dualité écrasante. Tout comme le sont le rubis et l’émeraude que sont mes pupilles et qui reflètent si bien mon âme tourmentée. Je finis par prendre la parole d’une voix hésitante et essayant de paraître le moins gêné et troublé possible :

- Si… Tu as vu ce qu’il y avait dans mon cœur… alors tu ne devrais pas vouloir être ami avec moi… Je ne suis pas quelqu’un de bien…

Du moins, c’est ainsi que je me vois. Je marche sur la voie de la solitude et même si mon âme et mon cœur aurait besoin d’être soulagé par toute cette peine qui me ronge, je ne sais pas si je serais capable de revivre à nouveau au sein d’une meute, d’une communauté… Cette enfant a deviné que le mal qui est en moi est plus profond et les regrets qui s’y écoulent sans cesse telle une plaie qui suppure.

Cette fille est la première personne qui en plus de me cerner et de ne pas me traiter de monstre, reste là et semble peut être désiré m’être proche. J’ai peur et c’est d’une voix tremblante que j’affirme à la jeune fille renarde :

- Je te suis sincèrement reconnaissant pour ce que tu as fait pour moi, mais je ne veux pas te blesser… Je ne veux plus blesser personne…


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Ven 11 Avr - 20:12
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– Ce que j'ai lu ne m'a pas fait peur.

Encore une fois, les mots de Nawel avaient jailli avec une spontanéité qui la surprenait elle-même. Elle ressentait le besoin d'aider cet inconnu qui semblait si triste et si seul. Voir quelqu'un au mal être si profondément enraciné en lui était quelque chose que le cœur d'or de la kitsune ne pouvait pas supporter.

Et c'était justement son cœur qu'il lui fallait ouvrir. Il lui fallait se livrer. Pour qu'il se livre en retour.

Elle continua, la voix hésitante mais les paroles sûres :

– J'ai... j'ai peur de... de beaucoup de choses pourtant... J'ai peur des... des armes surtout, comme... comme cette épée et cette arbalète là-bas. J'ai... j'ai peur des partisans d'Aile Ténébreuse, parce qu'ils ont... parce qu'ils ont brûlé l'auberge où j'habitais et qu'ils ont tué tous ceux qui m'étaient chers. J'ai aussi... aussi peur de la méchanceté et de la cruauté... car elles croupissent dans le cœur des hommes et rient de nos pleurs et nos cris. J'ai peur de tellement d'autres choses en réalité...

Au fur et à mesure qu'elle parlait, son ton se fit plus assuré. On aurait dit une sorte de cri qui provenait du plus profond de son être, trop longtemps retenu et qui se libérait. Un cri de l'âme.

Un cri du cœur.

– Mais dans votre cœur à vous, je n'ai rien vu de tout cela... j'y ai vu la solitude, la tristesse, la douleur. Vous êtes seulement quelqu'un avec qui la vie a été dure et qui n'a pas eu de chance. Cela ne fait pas de vous une personne mauvaise, au contraire.

Elle s'interrompit, hésita, baissa la tête. Et continua :

– Je... je pense que vous êtes quelqu'un de bien. Je ne sais pas lire dans les pensées, je ne sais pas les épreuves que vous avez traversé, ni quelle a été votre vie. J'en vois seulement le résultat dans votre âme. Et cette âme... cette âme...

Elle se tut et ferma les yeux. Elle n'arrivait pas à mettre des mots sur ce qu'elle souhaitait exprimer. Comment expliquer cela ? Comment...

– Cette âme est humaine. Tout simplement.

Elle se tut. D'ordinaire, un aussi long discours l'aurait fait rougir et trembler jusqu'à ce qu'elle soit à bout de force. Mais pas cette fois-ci. Cette fois-ci, elle avait la sensation d'avoir fait le bon choix. Une étonnante paix l'envahissait, tandis qu'elle attendait, sereine, la réponse de l'inconnu.

Étrange, cette impression de s'être relevée alors qu'elle n'avait même pas eu conscience d'avoir chuté.

Étrange, cette impression d'avoir retrouvé le bon chemin alors qu'elle n'avait même pas eu conscience de s'être égarée.



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Ven 25 Juil - 14:51
- Je n’ai rien d’humain petite… J’attends juste le moment où une âme généreuse m’ôtera le fardeau de ma vie… Je n’ai pas d’autre but…

Les choses sont ainsi, la petite renarde n’a fait que retarder l’inévitable. Même si j’adore ma chienne Zraïfa, mon existence en cette terre est futile, je n’ai pas de meute, pas de famille, il me reste juste la mélancolie et la rancœur qui me laisse un sinueux poison qui coule lentement dans mes veines. Je ne peux pas en vouloir à cette fille de m’avoir sauvé, de toutes façons c’est trop tard pour avoir des regrets…
Tout en caressant le doux pelage de ma chienne, je dis d’un ton soupirant :

- Il semblerait que le jour de ma mort ne sera pas aujourd’hui…

Je m’adosse un peu plus confortablement contre le tronc de l’arbre où je reprends peu à peu mes forces. Puis, je décide de briser la glace entre cette enfant et moi, en lui souriant timidement et lui affirmant d’un ton plus doux :

- Mais je tiens à te remercier, si tu veux j’accepte d’être ton ami, même si je pense qu’un ami comme moi n’est pas des plus utiles. Je m’appelle Ionos au fait…

C’est bien la première fois que je donne mon nom à quelqu’un, à une inconnue, une femme-renarde, même si cette dernière m’a sauvé la vie, je ne peux pas m’empêcher de me demander ce qu’elle fait ici, seule. Elle aussi a subi la méchanceté et la cruauté de viles personnes qui se repaient des souffrances et du sang des autres pour combler une âme vide sans fond. Elle me comprend sans doute mieux que quiconque, mais je ne veux pas la mêler à ma vie.

Et pourtant, pourquoi est-ce que je ressens une envie de l’avoir près de moi ? De la protéger ? De lui dire que rien n’est perdu, il y a encore un faible espoir. Ça ne me ressemblerait pas, et pourtant elle a un air de petite famille, quelque chose qui me donne un souffle ardent de vie dans mon cœur meurtri, elle est comme une petite sœur…

HRP:
Spoiler:
 

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Dim 17 Aoû - 0:44
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L'inconnu lui répondit. Il lui avoua qu'il ne se pensait pas humain, lui révéla qu'il attendait simplement que la vie le laisse en paix, en conclut que ce ne serait pas aujourd'hui que cette vie le quitterait. Nawel aurait voulu se récrier, dire que la mort n'était pas un sort enviable et qu'il fallait profiter du bonheur tant qu'il en était encore temps... Tellement, tellement de choses à dire qu'elle ne sut y mettre les mots. Elle resta muette. L'esprit en miette.

Puis...

– Mais je tiens à te remercier, si tu veux j’accepte d’être ton ami, même si je pense qu’un ami comme moi n’est pas des plus utiles. Je m’appelle Ionos au fait…

Son cœur implosa en une myriade d'autres cœurs palpitants. Il l'acceptait ! Cette demande, ce vœux, ce souhait illusoire formulé du bout des lèvres, échappé de sa bouche comme un oisillon de son œuf, il avait fini par y croire lui aussi. Ou, tout au moins, de lui faire assez confiance pour essayer d'apprivoiser un tel sentiment. Elle non plus ne se pensait pas utile, elle non plus ne connaissait pas véritablement l'amitié. Mais cela était sans importance. Tant qu'ils seraient deux à tenter de le découvrir, le reste n'était que futilité.

– Moi, je m'appelle Nawel, se présenta-t-elle à son tour dans une légère révérence. Et je ne pense pas qu'une amitié doive être utile. Qu'elle soit vraie suffit amplement...

Elle sourit et agita les oreilles, heureuse. Elle se sentait rassurée auprès de Ionos. Il avait beau être assis contre le tronc, encore faible, et elle debout face à lui, elle se sentait protégée par sa présence et ses mots. De par sa promesse, il...

Dans un pépiement aigu, une volée d'oiseau ondula dans le ciel, battant des ailes à toute vitesse, comme effrayée par une menace pour l'instant imperceptible. Inquiète, elle les regarda disparaître à l'horizon, s'interrogeant sur ce qui avait bien pu les faire fuir ainsi.

Et soudain...

Un martèlement saccadé fit gémir la terre. Très proche, bien trop proche. Zraïfa s'agita, mais aucun d'entre eux n'eut le temps de réagir. L'action se déroula avec une rapidité aveuglante, dans une explosion de bruit et de sauvagerie.

Les buissons hurlèrent. Les feuilles poussèrent un cri d'agonie, se déchirant sur le passage de la bête. Celle-ci franchit la barrière invisible séparant la clairière du reste de la forêt et se planta face à la kitsune. Nawel frémit, retenant à grand peine une exclamation de surprise. Face à elle se tenait un énorme sanglier, presque aussi gros que celui mort non loin d'eux. Ses petits yeux ivres de colère étaient plantés dans les siens, et un souffle rauque, pesant, agitait son immense poitrine à chaque respiration. Ses pattes, pour l'instant fermement ancrées dans le sol, étaient parcourues de tremblements de rage, et nul doute qu'il allait bientôt charger si aucun d'eux ne réagissaient dans les secondes qui allaient suivre.

Immobile, figée à la manière des statues de marbre qui décoraient les cités, la petite guérisseuse n'osait faire le moindre geste. Elle ne connaissait pas les mœurs des sangliers, ne s'y étant jamais intéressé. Mais elle avait pris conscience, en revanche, que si ce sanglier là était le compagnon de l'animal défunt, Ionos et elle avaient du soucis à se faire...



Couleur : #ff6600

Ses succès :


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Kitsune

Partie IRL
Crédit avatar : Signature d'Anima, avatar de Luz et Léandre ♥
Double compte : Délyë
Vitesse de réponse : Moyenne



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