Terra Mystica

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 På uppdrag av Kejsaren.

 
Mar 24 Sep - 7:10
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Ce n’était pas tant l’environnement que la présence absente d’Harald qui le rendait aussi nerveux. Assis du bout du tissu sur le siège qu’on lui avait présenté, son regard troublé parcourait le petit salon sans trop savoir à quoi s’accrocher ou sur quoi déverser son intérêt ; peut-être cela aurait-il eu l’avantage de le détendre un peu. Très vite néanmoins il s’étonna de la sobriété du lieu : s’il n’avait jamais pénétré dans le château de Cardrak auparavant il s’était toujours inconsciemment imaginé quelque chose de plus luxueux, plus ostentatoire. C’était probablement stupide : ce n’était clairement pas dans les traditions de la royauté salinéenne que de jouer des apparences et encore moins l’image que le souverain actuel donnait de lui. Quelque part, Bjørn se sentit rassuré par ce maigre constat. Dans son jeune esprit, l’austérité représentait une retenue sérieuse, une sévérité implicite : un monarque qui n’avait pas besoin d’impressionner ses invités par de belles parures devait forcément intimider d’une autre manière – et il ne doutait pas de la capacité d’Harald à se faire respecter rien qu’avec son impressionnante stature. Son esprit n’était pas en reste, néanmoins ; chaque discours, chaque missive publique relatant ses paroles imposaient une admiration pour cet homme qui n’avait pas moins que le peuple le plus barbare sous sa gouverne.

Quelques semaines s’étaient écoulées depuis l’apparition de l’étrange œil rouge dans le ciel ; depuis l’arrivée d’un mage noir d’un autre Monde sur les continents de Terra Mystica. Quelques semaines depuis qu’il avait commencé à exister aux yeux d’Harald, et du haut de ses dix-neuf ans Bjørn ignorait lequel des deux faits importaient le plus à ses yeux. Il n’était sûrement pas assez sage pour considérer Aile Ténébreuse comme une véritable menace à l’heure actuelle et encore moins pour Saline qui était, de loin, la terre la mieux protégée du Monde, du moins en était-il intimement persuadé dans son patriotisme exacerbé. Ils ne s’étaient pas côtoyés longtemps, à vrai dire : le Roi avait des obligations et probablement des intérêts qui lui tenaient davantage à cœur que de retenir un jeune soldat à son chevet. Bjørn ne s’attendait pas à recevoir une invitation officielle quelques temps plus tard, le sommant de se présenter au château le lendemain pour une audience privée avec son souverain – et si durant une seconde il resta coi d’étonnement il se sentit bien vite emprisonné dans un sentiment pesant de culpabilité absurde, persuadé d’avoir probablement manqué de respect à son monarque et s’attendant à recevoir la sentence qui lui était due.

Le salinéen ne s’attendait pas non à ce qu’on l’invite à prendre place dans un petit salon cossu pour cela néanmoins et son esprit remit en doute toutes ses crainte dans le silence pesant de la pièce. L’ombre des gardes postés devant les grandes portes ouvertes ne le rassurait outre mesure et, nerveusement, il se mit à tapoter son genou du bout des doigts en comptant les secondes qui le séparait de ses retrouvailles mitigées avec Harald. Il en était à près de cent-vingt lorsqu’on finit par l’interpeller, le prévenant de l’arrivée imminente de ce dernier ; prestement Bjørn se remit debout en essuyant ses mains moites sur le tissu de son pantalon. La crainte s’effaça pour mieux laisser placer à une espèce d’impatience vicieuse et le garçon, qui n’avait jamais été très apte à attendre calmement, resta pourtant statique, le regard rivé sur le couloir au bout duquel se dessinait déjà la silhouette de la victime de son admiration juvénile. Sa respiration se suspendit tout à fait.


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Ven 4 Oct - 15:48
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Les temps changeaient irrémédiablement. Harald avait fixé l'œil céleste avec autant de surprise que de vaillance, son instinct salinéen le poussant à accueillir le signe comme un défi, une mise en garde. Le nouvel ennemi était apparu aux yeux des fils de Cardrak alors qu'ils écrasaient le précédant sous les coups meurtriers de leurs haches. La pupille gigantesque avait attiré l'attention de beaucoup, dont le Roi lui-même, et si ses reflexes lui avaient permis d'entrevoir la hallebarde fondre sur son cou, il était presque certain qu'il y aurait laissé sa peau sans l'intervention de Bjorn. Le tout jeune soldat s'était rendu l'auteur d'un geste qui dépassait ses aspirations, et sa présence dans la forteresse royale devait autant l'étonner que les évènements qui l'y avaient conduit. Il ne se distinguait d'aucun autre soldat, si l'on considérait sa loyauté et sa force, mais il fallait reconnaître que le Roi avait lu en lui un potentiel à ne pas gâcher. Reconnaissance ? Certainement, mais Harald Wallah poursuivait des valeurs et un code qui ne laissaient aucune place au sentimentalisme, il préparait quelque chose qui dépassait la compréhension de tous, ou peu alors parvenaient à lire en ses actes.

Les portes se fermèrent derrière Harald lorsqu'il entra dans la salle, le laissant seul avec le convoqué. Le roi de Saline jaugea un instant le jeune guerrier, la surprise et la fidélité de ce dernier lisibles dans son regard à chaque seconde. Ce salinéen l'avait sauvé, lui, le Fort, presque défait par sa propre inattention, une erreur qu'il ne pouvait se permettre de commettre de nouveau. Cet évènement lui avait fait prendre conscience d'impératifs, plus urgents que tout ce qu'il avait envisagé jusqu'alors. Lentement, il fit signe au soldat de le suivre le long d'un escalier à l'autre bout de la salle, taillé dans la roche de la forteresse, ce dernier amenait aux remparts et tours du château. Une fois sortis du couloir de roche noir, ils firent face à Cardrak et l'océan, les vents puissants gonflant leurs vêtements et fouettant leurs visages.

« Parlons bien. »

Il n'y avait aucune froideur dans son ton. Sa voix était rauque et provoquait le hurlement de l'océan, tant elle s'infiltrait entre les vrombissement  du vent. La quarantaine, et Harald Wallah portait le même œil que les plus anciens sur sa cité, son amour transpirant, sa résolution débordante.

« Le père de mon père s'est battu pour faire prospérer notre nation même dans ses heures les plus sombres. Il est de notoriété que Cardrak est imprenable, et que nos hommes sont parmi les plus braves, mais un démon nous a défié récemment. Jamais, de quelconque mémoire, un tel danger n'a menacé nos terres. Nous allons faire face à des choix, et de la même manière que mon père a protégé notre cité des pirates voilà plus d'une décennie, je protégerai Cardrak au péril de ma vie. Seulement... Il faut penser avant d'agir. Nous ne savons combien de temps nous sépare des premières batailles avec le démon, mais nous pouvons nous y préparer. »

Glissant sa main à l'intérieur de sa cape, Harald en sorti un parchemin cacheté, les quelques morceaux sortant de sa poigne, ballotés par les bourrasques.

« Les Jansson sont fidèles depuis longtemps à Cardrak, leur dévouement n'est pas assez apprécié. Voilà qui te donnera le droit de résider au château, dans les quartiers réservés à nos gardes, ainsi que ton incorporation dans nos rangs d'élite. »

Il n'avait pas besoin de comprendre, ni de chercher les raisons, elles se montreraient évidentes après un moment. Alrik Wallah allait bientôt faire face à l'épreuve que rencontre tout jeune guerrier en devenir, et la présence d'un sujet tel que Bjorn ne pouvait qu'être une bonne anticipation de sa réussite, ou de sa défaite.


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Humain

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Mar 8 Oct - 16:56
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La porte se referma lourdement et Harald le considéra de loin, sans sévérité, sans ressentiments ; la crainte que Bjørn avait pu ressentir tout au long de la matinée s’était envolée la seconde où leurs regards s’étaient croisés et, la gorgé serrée d’une émotion stupide, d’un honneur dont il n’avait jamais osé rêver, le jeune homme s’inclina. Trop respectueux envers Harald cependant, et bien trop fier d’être présenté devant lui, il ne se courba ni trop, ni trop peu : juste assez pour signifier son appartenance loyale et inconditionnelle envers le peuple de Saline dont Harald était le roi incontestable. ‘Kejsare’ lâché du bout des lèvres en guise de salutations, il se redressa, couvé de ces yeux assurés, bercé de ce signe de bras silencieux. Harald lui indiqua de le suivre et Bjørn s’exécuta, sans oser émettre un mot. Sans avoir envie d’en émettre un seul. Guidé parmi les détours de cette forteresse sombre, Bjørn laissa sa curiosité faire balader ses yeux sur les décorations sobres, sur les murs nus et sur la pierre taillée, fasciné par ce qu'il voyait sans trop le laisser paraître. Pas qu'il se souciait de conserver une certaine image face au monarque - quoique - mais plutôt par pudeur envers ce lieu qu'il n'avait toujours considéré que de loin. L'escalier donnait sur des remparts et le jeune homme laissa le vent fouetter son visage, plissant tout au plus les yeux pour ne pas laisser l'aquilon troubler sa vision.

La vue imprenable des tours du château de Cardrak le laissa coi quelques secondes et s'il était déjà persuadé de la grandeur de ses origines il se surprit à les placer en plus haute estime encore, une étrange sensation au creux du ventre : un mélange de fierté, d'admiration et de petitesse, aussi. Comment ne pas se sentir écrasé par la prestance de cette ville ?

Parlons bien dit Harald et, immédiatement, Bjørn reporta son attention sur lui, soucieux à la fois de ne pas lui manquer de rsepect et de ne pas louper un mot de ce qu'il s'apprêtait à lui dire. L'affection qui transpirait de la voix de son aîné faisait écho à sa propre résolution débordante et, plus que jamais, le salinéen se sentit tout à fait à sa place. Le Roi lui parla du démon, dont le sinistre présage avait annoncé l'arrivée quelques jours plus tôt, et si toute cette histoire lui était jusqu'ici plus ou moins sciemment passé par-dessus la tête Bjørn se résolut aussitôt à considérer cet incident comme une véritable menace. Bien plus que des confessions, les propos du monarque étaient des ordres et le garçon se sentit d'une stupidité absolue de ne pas avoir pris au sérieux cette histoire dans son manque de maturité adolescent. Courbant légèrement la nuque pour signifier sa compréhension, Bjørn suivit pudiquement des yeux le geste d'Harald, sans trop oser laisser paraître sa curiosité. Sa surprise néanmoins s'afficha impertinemment sur son visage lorsque son Roi reprit la parole et, une seconde, Bjørn sembla ne pas comprendre. Résider au château ? Intégrer les rangs d'élite de Cardrak ? C'était si soudain, si inattendu, qu'il n'eut pas réellement le temps de se demander pourquoi ni comment. Acceptant l'offrande du bout des doigts, il considéra le bout de parchemin quelques instants avant d'incliner la nuque, se soumettant à la volonté d'Harald sans se poser de questions comme si tel était là son Destin.

« - C'est trop d'honneur, Kejsare. répondit-il d'une voix étonnamment ferme ; Bjørn cependant n'était pas de ceux qui balbutiaient sous la pression, qui perdaient leurs moyens pour un oui ou pour un non. »
Il était un salinéen, de ceux qui donneraient leurs vies pour voir ces édifices de pierres noires se dresser fiérement un peu plus longtemps au milieu des glaces.
« - Je saurais m'en montrer digne. rajouta-t-il, se redressant pour plonger son regard dans celui d'Harald. »
L'ambiance intimiste le poussa probablement à se montrer plus familier qu'il n'aurait dû l'être en présence de son monarque mais, après une seconde, il rajouta avec intérêt :
« - Pardonnez ma curiosité, mais que comptez-vous faire ? Contre ce.. démon, cet étranger d'un autre Monde. »


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Mer 16 Oct - 13:51
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L'Etranger d'un autre monde, cela sonnait bien. Cet pupille abyssale n'appartenait pas à leur monde, et ce n'était pas quelconque trait du démon qui faisait penser Harald ainsi, mais la noirceur des envies qu'il exprimait. Il voulait les anéantir, il désirait tout soumettre à sa volonté, tout son être aspirait à la destruction, alors que faire ? Rien de moins que ce qu'ils avaient toujours fait ; confronter l'être à ses propres faiblesses.

« Qu'importe d'où vient cette chose et qu'importe ses forces, nous l'affronterons comme nous avons affronté n'importe quel ennemi auparavant. Elle a déjà commis l'erreur de nous présenter sa première faiblesse, son sentiment de supériorité. Elle se croit intouchable, libre d'exercer ses pouvoirs sur notre territoire, mais elle se trompe. »

Le roi était sûr de lui. En aucun cas il ne sous-estimait le danger, au contraire, mais il n'oubliait pas qu'il avait auprès de lui des guerriers que la noirceur des abysses ne suffisait pas  à décourager. Qu'on les fixe du ciel, ou du dessous des mers, les Salinéens ne flanchaient pas.

« Le combat qui nous attend est un défi, une épreuve, et il pourrait s'avérer si long que je n'en vois pas la fin. Saline a placé sa confiance en moi, et je la place en chacun des guerriers qui m'accompagnent. Tu as prouvé que tu étais digne de confiance, Bjorn. »

A ce moment, le jeune salinéen ne se doutait surement pas qu'il allait être de ceux qui suivraient Harald jusqu'au bout, car ce dernier l'avait choisi. Après des années de batailles, des dizaines de combats, le Roi avait jeté son dévolu sur ce fils Jansson.

« J'aurai besoin d'un homme tel que toi à l'avenir. Selian et Selina ont également accueilli la nouvelle de ce démon, chacun à sa manière. Il se pourrait que je te demande de t'y rendre d'ici les jours à venir, de quoi te faire au climat politique des Glaces. »

En fait, Harald avait de bien plus gros projets pour le jeune homme qu'il ne pouvait l'admettre. Après tout, il arrivait peu souvent qu'un Roi confie autant d'importance à l'un de ses guerriers, même si ce dernier lui avait sauvé la vie. Harald se rappela son père à cette pensée ; ce dernier n'aurait surement pas apprécié qu'un de ses sujets se mette entre lui et le hallebardier osant lever son arme à son encontre, simple façon de penser.

« Pour en revenir à des sujets plus simples, notre Reine a besoin d'un solide bras-droit pour l'accompagner en Selian demain, en compagnie de ses suivantes. Ces dames se lassent de notre simplicité, vois-tu, marmonna Harald, sur la fin. La Reine allait souvent à Selian pour ses sources d'eau chaude et retrouver ses racines. Harald l'avait déjà accompagnée, mais il avait trouvé bien plus de plaisir à fouiller la bibliothèque de la capitale qu'à se baigner. Je peux compter sur toi ? »

Lorsque Harald demandait quelque chose, on pouvait rarement le prendre autrement qu'un ordre. De ce fait, le jeune promu n'avait pas d'autres choix, mais le roi était certain que patauger en compagnie d'une demi douzaine de jeunes courtisanes salinéennes ne devait pas être un problème. La dernière fois qu'il s'était rendu à ces bains, Harald avait remarqué la vulnérabilité d'un groupe féminin isolé, sans hommes à ses côtés. Ce jour-là, personne n'avait osé approcher les femmes à la vue du mastodonte qui les gardait, mais il était d'avis que sa femme ne l'avait pas assez renseigné sur les rencontres qu'elle et ses dames faisaient lors de ces échappées en Selian. Avec un jeune gaillard comme Bjorn pour garder cette troupe, il n'y aurait pas d'opportuniste.

« A ta guise, alors, je te laisse libre de fêter la nouvelle comme tu le souhaites. Rend ta famille fière, et n'oublie pas que nos portes te sont désormais ouvertes. »


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Lun 18 Nov - 18:22
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Tout semblait aller tellement vite ; d’abord, ce laissez-passer permanent pour le château, lui assurant un privilège qu’il ne comprenait pas encore tout à fait. Sa pensée n’était plus juvénile mais encore ignare, loin des soucis politiques dans lesquels il baignerait à l’avenir, loin de l’allégeance infinie qui rongerait ses tripes et qui ruinerait longtemps, bien trop longtemps sa maigre vie sentimentale, lui qui souffrait déjà du modèle patriarcal qui lui insuffla très tôt l’envie de procréer. Retenant une seconde son souffle, les doigts serrés sur la missive comme s’il s’agissait là d’un objet sacré dont sa vie dépendait, Bjørn se décida néanmoins assez vite à hocher la tête pour acquiescer, soucieux de ne pas manquer de respect à son monarque. Un Roi à la prestance intimidante qui lui demandait presque naturellement de prendre ses aises dans une position bien plus prestigieuse que toutes celles dont il avait pu rêver et de se préparer à faire office de garde du corps à la reine et ses suivantes.. cela relevait du domaine de l’inconcevable. Comme si cela avait toujours été ainsi, comme si Bjørn, qui posait pour la première fois de sa vie ses pieds dans la zone la plus protégée de Cardrak, y avait toujours eu sa place.
« - Bien entendu, Kejsare. répondit-il de la même voix assurée qui ne laissait rien paraître du maelstrom intérieur auquel il était actuellement soumis, inclinant légèrement sa tête dans le même temps. »
Harald n’attendait pas de réponse, néanmoins et comme si l’accord du jeune homme n’était qu’optionnelle le Roi reprit, l’invitant à disposer sans autre forme de procès. Hochant à nouveau la tête pour acquiescer, le salinéen hésita une seconde avant de souhaiter une bonne soirée à son aîné, tournant les talons pour mieux retourner à sa vie habituelle, à peu de choses près. Complètement hébété, il mettra encore quelques heures et quelques félicitations malines de ses frères avant de réellement réaliser ce qui lui était arrivé.

Accompagner et escorter quelques dames de haut rang à Selian. Bjørn se répéta la chose de nombreuses fois durant la nuit agitée et irrémédiablement courte qui le sépara de l’échéance imposée par Harald. Rien de bien compliqué, tentait-il de se rassurer, pourtant rongé par le poids d’une nouvelle responsabilité. Tout cela le dépassait complètement. Était-il censé leur faire la conversation ? Cette simple idée lui procura une montée d’adrénaline désagréable alors même qu’il s’efforçait de se rendre le plus irréprochable possible d’un point de vue aussi bien hygiénique que superficiel. Il n’était qu’un humble soldat qui ne demandait qu’à servir sa patrie par les armes et on ne lui avait jamais indiqué, lorsqu’il avait signé pour s’engager, qu’il devait se préparer à discourir avec des nobles, aussi agréables pouvaient-elles être. Car il avait beau ne l’avoir aperçu que de loin, Bjørn savait qu’Agnès était une belle femme au port altier devant laquelle il se retrouverait probablement bêtement intimidé. Une simple mission d’escorte, souffla le jeune homme en faisant longuement claquer ses doigts en s’aventurant à l’extérieur. Prendre la direction du château le plongea dans un état second qu’il ne mettrait pas longtemps à transcender pour en faire un geste habituel et quotidien mais, en ce premier jour de promotion, une boule de nerf se baladait librement dans son estomac.

Lorsqu’il présenta le parchemin aux gardes royaux Bjørn eut peur de se faire refuser l’entrée, une seconde, juste assez pour le faire se sentir ridicule lorsqu’ils écartèrent les hallebardes pour le laisser pénétrer à l’intérieur du château et le salinéen jeta un coup d’œil par-dessus son épaule, accordant un dernier regard à Osborn, son frère aîné qui avait absolument tenu à l’accompagner, avant d’aller au devant de ce qui serait probablement un voyage pour le moins étonnant. Encore une fois, on le fit patienter dans un petit salon où il ne prit cette fois-ci pas la peine de s’asseoir ; il ignorait si Harald allait venir l’accueillir cette fois encore ou s’il devait s’attendre à voir la Reine le héler seule, se présentant d’elle-même à lui comme s’il était son égal. Évidemment qu’il l’était, quelque part : ils étaient tous frères, à Cardrak, et le Roi combattait auprès des siens comme un guerrier fier de mourir au milieu de ses hommes. Personne, néanmoins, ne pouvait prétendre ignorer la garnison d’élites qui l’entourait et le privilège qui allait de pair avec son titre le suivait telle une traînée de couleur suintant de la cape qu’il portait, symbolisant son statut royal au sein de Saline. Déglutissant sa nervosité, Bjørn ferma les yeux en espérant sincèrement avoir un intermédiaire masculin avant qu’on ne le laisse se perdre dans un bain d’œstrogènes, reprenant un souffle qu’il avait court depuis bien trop longtemps déjà pour réussir à se détendre tout à fait.




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Mar 19 Nov - 17:13
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Agnès Wallah

Agnès scrutait chacun des détails de sa tenue dans le miroir, ses sourcils s'arquant en un léger rictus crispé à chaque erreur. Elle était entourée d'une robe bleu serrée autour de ses hanches et aux longues manches. C'était un cadeau que lui avait fait l'une de ses amies de Terre, il y avait plusieurs années alors. A presque quarante ans, elle était encore assez fine pour la porter comme dans sa jeunesse, même si elle maugréait devant les quelques plis disgracieux du vêtement. Ses yeux gris s'agitaient, elle portait ses doigts à ses lèvres, comme pour empêcher ses pensées de sortir. Derrière elle, les servantes s'affairaient à vérifier que ses cheveux de jais tenaient bien en place, en ce chignon tiré à quatre épingles. Elle était prête depuis une demie heure maintenant, elle le savait, mais c'était comme s'il manquait quelque chose... rien n'était jamais parfait lorsqu'il s'agissait de se rendre à Luütra.

« Ma reine, commença l'une des servantes, dois-je prendre le...

- Oui, la coupa Agnès, nous passerons chez Emilian avant. Nous avons beaucoup à faire mesdemoiselles, alors dépêchons-nous. »

Le ton d'Agnès n'était pas sévère, ni réellement teinté d'autorité. On aurait eu plus tendance à comparer cette situation à celle d'une grande sœur conseillant ses cadettes. C'était dans la nature de la reine d'approcher maternellement les siens, et notamment les filles qui la servaient aussi bien. Dans ce château, elles avaient chacune leurs chambres, et leur situation était, de loin pour certaines, enviable. Agnès aimait ces filles, pour leur amour à servir sa personne, leur fidélité.

« J'ai oublié de vous dire ; j'ai demandé à Harald d'attacher en escorte ce garçon qui lui aurait sauvé la vie, récemment, annonça Agnès, ses yeux subitement devenus impassibles, comme si ses pupilles s'étaient refroidies au rappel de cette demande qu'elle avait formulée à son mari.

- Le fils Jansson ? demanda l'une des filles, au fond de la chambre royale.

- C'est cela. J'aimerais en apprendre plus sur lui... après tout... il aurait sauvé notre roi. »

On ne savait jamais réellement ce que désirait Agnès lorsqu'elle prenait cette attitude plus froide, celle qui faisait transparaître son esprit calculateur. Car, si elle était reine, elle était également une femme à la tête d'un petit empire commercial que les rudesses du marché avaient forgée. On avait donc toujours ce pressentiment qu'elle préparait quelque chose, mais on ne savait jamais quoi. Toutefois, et les filles connaissaient assez bien leur reine pour le savoir, lorsque cette dernière désirait connaître quelqu'un, elle voyait en cela une récurrente occasion de se rendre aux bains. Beaucoup diront qu'elle usait de ses charmes pour mieux percer à jour ses interlocuteurs, ce qui était surement vrai, d'autres ajouteront que la beauté de la quadragénaire avait en grande partie été conservée par les sources d'eau chaude de sa région natale.

Agnès descendit les marches, accompagnée de ses deux servantes, Ysabelle et Thaja. La première était brune et métissée ; elle trouvait ses origines dans des pays situés plus au nord mais elle n'avait de ses racines que son nom et son faciès. La seconde était une cardrakienne pure souche ; rousse et possédant des formes plus importantes que ses deux voisines, elle s'amusait à cacher ses pupilles vertes derrière quelques mèches rebelles. Le trio de femmes, toutes emmitouflées de fourrures épaisses aux couleurs différentes - Agnès portait une fourrure noire aux reflets bleutés, Ysabelle une grise, et Thaja une blanche - débarqua dans le petit salon où attendait Bjorn Jansson, le nouvel huscarl d'Harald.

Il n'avait à proprement parler rien de bien extraordinaire. Sa constitution semblait remarquable, mais on ne pouvait en attendre autrement d'un guerrier de Cardrak, et ses manières étaient celles dignes d'une bonne éducation. Ce fut lorsqu'il se leva qu'Agnès put remarquer une taille importante. Bien entendu, elle avait eu tout le temps de se faire à ce genre de différences avec Harald, mais c'était toujours quelque chose à noter. Le garçon était jeune, la vingtaine, aux alentours en tout cas. Son visage trahissait encore quelques traits juvéniles et sa surprise était maladroitement dissimulée ; il avait attendu impatiemment leur arrivée. Agnès avait tout à fait conscience que le salinéen attendait depuis presque une heure, mais elle avait appris à aimer profiter de ce privilège qu'avaient les femmes, de surcroit les reines, de pouvoir faire attendre les hommes et d'être toujours reçues avec le sourire.

« Ravie de vous rencontrer, Bjergsen, le salua la reine, lui signifiant bien ainsi qu'elle parlait la langue locale sans difficultés. Allons-y. »

Les filles se présentèrent à leur tour tandis qu'Agnès engageait la marche, ses bottes retombant sur le carrelage sans un bruit. Si Harald avait dans sa démarche les allures d'un ours, et c'était là un compliment, sa femme avait dans sa grâce celles d'une panthère, ses jambes légères se mouvant avec fluidité. Approchant des portes qu'on allait lui ouvrir, la reine sortit des gants de cuir noir de ses poches pour les enfiler, comme s'il avait s'agit d'une deuxième peau, et fit face au vent frais sans un sourcillement. Sous l'escorte de plusieurs soldats qui vinrent fermer la marche, ils descendirent jusqu'au port afin d'embarquer sur un navire comme peu de Cardrakiens en avaient. C'était une frégate de Selian, longue et plus décorée que les navires de guerre de Saline. A son bord, un équipage d'hommes à l'accent divergeant, des fils de Luütra. Agnès les salua puis s'engouffra dans les étages inférieurs du navire, invitant Bjorn à la suivre.

A l'intérieur, il faisait déjà plus chaud. La décoration était toute autre que celle du château ou de la plupart des navires qu'avait surement pu voir le jeune homme. Plus luxueux, surement. La pièce dans laquelle ils s'installèrent était un salon avec en son centre une table d'un bois noble et lustré. Les chaises étaient des œuvres à elles seules, ce qui n'empêcha pas les filles de s'y installer avec une certaine familiarité. Agnès, elle, préféra prendre la place dans un fauteuil, plus loin, situé au dessous d'une large fenêtre horizontale qui donnait sur le port. Dans le dos de la reine, une bibliothèque qui prenait toute une largeur de la pièce. Les ouvrages étaient toutes plus riches les unes que les autres et on y trouvait un mélange d'auteurs de pays complétement opposés. A l'opposé, fixée à la moquette pourpre, une harpe vermeille. Thaja vint défaire Agnès de son manteau et le déposa dans une armoire, près de l'entrée, soufflant au passage à Bjorn qu'il pouvait prendre place.

« Oui, prenez vos aises, Bjergsen. Le voyage va nous prendre quelques jours jusque Luütra. D'ici là, l'Opale est votre nouvelle demeure. Vos quartiers sont plus bas. Vous y trouverez d'autres vêtements, s'il vous vient l'envie de vous changer, rajouta Agnès. »

La reine observait l'extérieur, son visage entier tourné vers la lumière blafarde du jour ; des nuages couvraient de plus en plus le ciel et quelques gouttes perlèrent déjà contre le verre. Dans les entrailles de l'Opale, on était coupé du monde, aucun son ne perçait, et il en était de même pour ceux de dehors.

« Alors, racontez-moi, Bjergsen. Votre vie. »

La reine avait détourné son visage pour fixer le salinéen. Derrière elle, la pluie commençait à s'abattre sur la cité, plongeant la pièce dans une certaine obscurité que Thaja et Ysabelle vinrent à contrer par l'ajout de quelques bougies sur les meubles les entourant. En même temps qu'elle lui avait fait cette demande, Agnès l'avait invité à prendre place face à elle, dans un fauteuil jumeau au sien.


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Dim 4 Mai - 1:12
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Été 103.


« - Tu te souviens de notre première rencontre ? »

Elle ronronnait presque, emmitouflée dans la couverture, laissant son regard mutin dépasser des draps pour mieux le darder de sa curiosité puérile ; ses prunelles se devinaient à peine sous ses mèches rousses rebelles mais cela ne l’empêcha pas de les plonger clairement dans celles de l’interpellé qui haussa un sourcil, partagé entre l’amusement et la curiosité. Les couloirs s’animaient et la ville, qu’il percevait depuis sa fenêtre ouverte, commençait à se faire bruyante ; il était en retard et le savait depuis une demi-heure, déjà, mais Thaja avait cette mauvaise habitude de se remettre de son épuisement orgasmique à l’instant précis où Bjørn se décidait à se rhabiller, le ramenant sans vergogne entre ses bras et lui faisant miroiter des excuses savoureuses compensant la pointe de culpabilité qui allait de pair avec les reproches dont Harald allait inévitablement le couvrir. Le salinéen esquissa un mouvement pour s’éloigner du lit mais la jeune femme ne le retint pas, raisonnable dans son bonheur capricieux et le châtain continua alors à enfiler ses vêtements tout en lui répondant.

« - Évidemment, pourquoi cette question ? répondit-il en lui jetant un coup d’œil intrigué, lui arrachant un gloussement amusé alors qu’elle s’enroulait dans les draps, roulant jusqu’aux bords du lit pour mieux l’observer de sa position allongée, presque suave ; s’il la devinait nue, là-dessous, Bjørn détourna rapidement le regard pour se concentrer sur ses priorités.
- Tu étais tout jeune et intimidé, je me souviens avoir trouvé ça.. mignon. la jeune femme papillonna des paupières en le provoquant du regard, espérant probablement le vexer assez pour qu’il revienne clamer vengeance mais le concerné, tout au plus, s’en montra assez amusé pour en rire, fouettant l’air de sa main comme pour mieux chasser ce souvenir de sa mémoire.
- Tout jeune.. ? C’était il y a trois ans, à peine, Thaja. »

La riposte avait des allures de prétexte et la jeune femme en ricana, glissant un bras hors des couvertures pour tirer sur la main de son amant avec obstination ; elle savait qu’il pouvait s’en dégager aisément s’il le désirait et se plaisait à mesurer l’affection qu’il avait pour elle de cette manière, comme toutes ces femmes qui cherchaient un symbolique là où il n’y en avait pas pour mieux se rassurer de la légitimité de leur amour. Trois ans, déjà.. aux nombreux regards échangés au détour d’un couloir, à se tourner autour comme des adolescents surveillés d’un peu trop près, à flirter sans jamais oser sauter le pas – jusqu’à il y avait peu, quelques jours tout au plus, et dans les yeux de Bjørn, exclusif et passionné, elle apparaissait déjà être la femme parfaite ; rasséréné par cette évidence juvénile il se laissa attirer de nouveau, oubliant pour quelques temps encore le Roi à qui il avait prêté allégeance.


Hiver 107.


« - Tu te souviens de notre première rencontre ? »

Pris au dépourvu par la question, Bjørn reste quelques secondes interdit avant d’hocher la tête en signe de dénégation ; Thaja comprit, néanmoins, que ce n’était là pas une quelconque réponse mais une manière pour le huscarl d’exprimer sa lassitude. ‘Arrête de faire l’enfant’ l’entendait-elle presque lui rabâcher et si la rouquine pouvait tuer d’un simple regard sans doute le concerné serait-il déjà six pieds sous terre, rongé par un état de décomposition qui s’accorderait avec l’image qu’elle avait désormais de lui. Rageusement, Thaja essuya ses larmes d’un revers du poignet, vibrante de fierté, refusant de montrer davantage la souffrance que la réponse précédente de Bjergsen avait laissé dans son sillage. Elle aurait pu insister, mais ce n’était pas son genre ; d’habitude, on lui courrait après bien plus qu’elle ne perdait de temps à essayer de retenir. Peut-être que cela aurait pu être différent, cette fois-là. Dans d’autres circonstances, dans une autre vie.

« - C’est tout ? Tu me quittes pour ça ? se risqua le châtain après un flottement, brisant le silence lourd de reproches qui planait alors entre eux et qu’il ne supportait déjà plus, la gorge serrée mais le visage fermé, presque dur d’impassibilité.
- Répond clairement à la question ! la réponse fut immédiate mais crachée avec dédain et Thaja le fusilla de ces mêmes pupilles qu’il avait tant et tant chéri qu’il en avait presque sous-estimé la vilénie sous l’éclat charmeur.
- Je ne peux pas répondre à ça, Thaja ! Je ne peux tout simplement pas ! il avait haussé le ton, juste assez pour la faire reculer d’un pas, mais bien vite il comprit qu’il avait fait une erreur : elle s’empara de la faiblesse sans vergogne, prête à leur faire regretter cet instant pour des décennies encore pour satisfaire son besoin stupide d’une vérité, qu’au fond, elle ne désirait pas connaître.
- C’est simple, Bjørn ; très simple, vraiment, il te suffit d’admettre que tu ne m’aimais pas suffisamment – ou que tu m’aimes assez pour aller lui dire entre quatre yeux que ta vie privée importe autant que..
- Tiens ta langue, Thaja ; c’est de mon Roi dont tu parles ! »

La jeune femme écarquilla les yeux, presque étonnée que Bjergsen puisse lui rugir dessus de cette manière, avant de réaliser ; il était hors de lui. Les poings serrés, les sourcils froncés, les dents serrées, la respiration bruyamment erratique.. tous ces signes qu’il accumulait pour tenter en vain de se calmer n’étaient au fond que des preuves qui s’accumulaient, trahissant sa fureur sourde, et si elle avait toujours été persuadé qu’il ne lèverait jamais la main sur elle, elle en douta sincèrement durant une seconde. Thaja ouvrit la bouche, ressassant ses paroles, et enfin comprit ce qu’elle, au fond, avait toujours su sans jamais se l’admettre : quand les huscarls vantaient ‘leur’ Roi, Bjergsen parlait de ‘son’ Roi. Toujours. Lorsqu’elle tourna les talons, Bjørn ne chercha même pas à la retenir. En fait, il ne la regarda plus jamais de la même façon.


Nelnurr 100.


« - Alors, racontez-moi, Bjergsen. Votre vie. »

Bjørn arracha son regard troublé de la rouquine qui, au fond, l’observait avec le spectre d’un sourire étrange sur les lèvres et reporta son attention sur la Reine, comme s’il se réveillait d’un très long sommeil si réaliste qu’il lui fallait prendre le temps de retrouver ses repaires. L’ascension jusqu’au bateau, au final, s’était fait sans encombre ; il n’avait pas eu à parler plus que nécessaire et il avait même commencé à se détendre, entouré par toutes ces femmes au rang bien supérieur au sien, aux manières plus distinguées que les siennes. Sans doute ne comprendrait-il pas tout à leur vocabulaire également, dans un premier temps, sans oser le leur avouer. Après tout, il n’était pas là pour leur faire la conversation, ni pour écouter ce qu’elles avaient à se raconter entre elles, mais simplement à assurer leur protection. Quelque chose lui disait, au fond, qu’il n’était là que pour s’assurer les bonnes grâces d’Agnès qui avait sans doute tant à dire qu’il ne pouvait en imaginer le quart, mais Bjergsen n’était pas de ceux capables de feindre ; après tout, il n’avait même pas eu le temps de se préparer.

« - J’ai bien peur qu’il n’y ait pas grand-chose à en dire, votre Majesté. répondit le salinéen, précautionneusement, ignorant si telle était là la façon de s’adresser à une Reine, mais sans hésitation pour autant – il n’était pas intimidé et si le respect suintait de ses mots, il semblait vouloir l’honorer en la regardant dans les yeux plutôt qu’en s’agenouillant devant elle. Je suis le troisième fils d’un modeste serviteur de Cardrak ; sans doute avez-vous entendu parler de mon aîné, Osborn Jansson, capitaine de l’Okhean. D’aussi loin que je me souvienne j’ai toujours souhaité être un guerrier pour servir ma patrie et j’ai rejoint l’armée dés que je fus en âge. Je suis un fils de Saline, ma Dame, et je n’ai rien à vous apprendre de plus que vous ne savez déjà : j’aime ce pays et ce qu’il a fait de moi et bien que je ne comprends pas encore exactement ce qu’on attend désormais de moi je ne compte pas vous faire défaut. un temps, tandis que le jeune homme réalisait qu’il n’avait pas réellement réalisé la requête de la Reine. Quoique je me ferais un plaisir de répondre à toutes vos éventuelles questions à mon sujet. »




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